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Bulletin du FMI: Actualité

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Un travailleur dans une aciérie à Qingdao, en Chine

Un travailleur dans une aciérie à Qingdao, en Chine. Les perspectives de l’économie mondiale souffrent d’une croissance inférieure aux prévisions dans les pays émergents (photo : STR/AFP/Newscom).

PERSPECTIVES DE L’ÉCONOMIE MONDIALE

Le ralentissement dans les pays émergents aggrave encore les maux de l’économie mondiale

Bulletin du FMI

9 juillet 2013

  • Le FMI prévoit une croissance mondiale d’un peu plus de 3 % en 2013, inchangée par rapport à 2012
  • Le fléchissement dans les pays émergents pèsera sur les perspectives de la croissance mondiale
  • Les risques pesant sur la croissance restent faibles dans les pays avancés, mais ils sont plus préoccupants dans les pays émergents

La croissance de l’économie mondiale est inférieure aux prévisions, et les risques augmentent en particulier dans les pays émergents, note le FMI dans une mise à jour de son rapport sur les Perspectives de l’économie mondiale (PEM). Le FMI prévoit maintenant une croissance mondiale de 3,1 % en 2013 et de 3,8 % en 2014, soit une révision à la baisse de ¼ point de pourcentage chaque année par rapport aux prévisions figurant dans l’édition d’avril 2013 des PEM.

La croissance mondiale n’a progressé que légèrement au premier trimestre de 2013, au lieu de continuer de s’accélérer comme prévu lors de la publication des PEM d’avril 2013. Ces résultats insuffisants s’expliquent par une croissance qui reste inférieure aux prévisions dans les principaux pays émergents, une récession plus profonde dans la zone euro et une expansion plus lente que prévu aux États-Unis. Par contre, la croissance a été plus vigoureuse que prévu au Japon.

Le FMI s’attend à ce que ces freins s’atténuent, mais seulement progressivement. Aux États-Unis, l’assainissement budgétaire ralentit et la demande privée reste solide : la croissance devrait passer de 1¾ % en 2013 à 2¾ % en 2014. Au Japon, la croissance devrait atteindre 2 % en 2013, soit 0,5 point de pourcentage de plus que dans la dernière édition des PEM, en raison des effets positifs des récentes mesures de soutien sur la confiance et la demande privée. La zone euro devrait rester en récession en 2013, la croissance reprenant en 2014. L’activité dans la région continue de souffrir des effets conjugués d’une demande faible, d’une confiance en berne, de marchés financiers fragmentés, de bilans fragiles et de l’assainissement budgétaire.

La croissance dans les pays émergents et les pays en développement devrait ralentir à 5 % en 2013 et à environ 5½ % en 2014, soit environ ¼ point de pourcentage de moins que prévu dans les PEM d’avril 2013. La détérioration des perspectives s’explique à des degrés divers par des goulets d’étranglement dans les infrastructures et autres contraintes de capacité, un ralentissement de la croissance des exportations, une baisse des cours des produits de base, des craintes sur le plan de la stabilité financière et, dans certains cas, un affaiblissement du soutien de la politique monétaire. En Chine, la croissance atteindra en moyenne 7¾ % en 2013-14, soit ¼ et ½ point de pourcentage de moins en 2013 et 2014, respectivement, que la prévision d’avril 2013.

De vieux risques subsistent et de nouveaux apparaissent

La volatilité sur les marchés financiers a augmenté à l’échelle mondiale en mai et en juin après une période de calme depuis l’été dernier. Les pays émergents ont généralement été les plus touchés. Les hausses récentes des taux d’intérêt dans les pays avancés et la volatilité des prix des actifs, conjuguées à la faiblesse de l’activité dans les pays émergents, ont entraîné des sorties de capitaux, des baisses des cours des actions, une augmentation des rendements locaux et des dépréciations monétaires dans les pays émergents.

Les prévisions des PEM supposent que la hausse de la volatilité et des rendements s’inversera en partie, car elle s’explique dans une large mesure par une réévaluation ponctuelle des risques par les investisseurs sur la base de la détérioration des perspectives de croissance de ces pays et une incertitude temporaire quant à la sortie de la relance monétaire aux États-Unis. Mais si la vulnérabilité sous-jacente persistait et que la volatilité restait élevée sur les marchés financiers, cela pourrait accroître les sorties de capitaux et ralentir la croissance dans les pays émergents.

De manière plus générale, les perspectives restent exposées à des risques, anciens et nouveaux. La mise à jour des PEM note les risques accrus d’un ralentissement de la croissance plus prolongé dans les pays émergents. Ces risques tiennent à la possibilité de retournements des flux de capitaux et d’effets plus prolongés des contraintes de capacité nationales, d’un ralentissement de la croissance du crédit et de la faiblesse de la conjoncture extérieure.

Des mesures propices à une croissance vigoureuse

La détérioration des perspectives de croissance des pays émergents et les nouveaux risques qui apparaissent à l’échelle mondiale soulèvent de nouvelles questions en ce qui concerne la croissance mondiale, l’emploi et le rééquilibrage de l’économie mondiale. Dans tous les pays, les dirigeants doivent redoubler d’efforts pour s’attaquer à ces problèmes et rétablir une croissance vigoureuse, note le rapport.

Les priorités des grands pays avancés qui étaient présentées dans les PEM d’avril dernier restent d’actualité. Ces pays doivent maintenir un dosage macroéconomique qui soutient la croissance à court terme, ancré par des mesures visant à placer leur dette publique sur une trajectoire viable à moyen terme. Une communication claire en ce qui concerne la sortie de la relance monétaire contribuera à réduire la volatilité sur les marchés financiers mondiaux.

Dans la zone euro, un examen des actifs bancaires devrait recenser les actifs à problèmes et quantifier les besoins de fonds propres, avec une recapitalisation directe par le mécanisme européen de stabilisation si nécessaire. En s’appuyant sur les accords récents, les dirigeants devraient aussi avancer dans la mise en place d’une véritable union bancaire, notamment avec un mécanisme unique de restructuration des banques.

Bien que la situation actuelle et les facteurs de vulnérabilité varient parmi les pays émergents et les pays en développement, un affaiblissement de la croissance et les risques de sorties de capitaux soulèvent de nouveaux problèmes. Le ralentissement de la croissance dans certains de ces pays pourrait s’expliquer par une croissance potentielle inférieure aux prévisions. Ces pays pourraient donc avoir moins de marge de manoeuvre budgétaire que prévu.

En général, un assouplissement de la politique monétaire devrait donc être la première ligne de défense contre les risques de dégradation. Cependant, les taux directeurs réels sont déjà faibles, et les sorties de capitaux et les effets de nouvelles dépréciations monétaires sur l’inflation pourraient limiter les possibilités d’assouplissement. Par ailleurs, beaucoup de pays font face aussi à des risques en matière de stabilité financière étant donné la menace que font peser sur la qualité des actifs le ralentissement de la croissance et l’expansion rapide du crédit observée précédemment. Dans ces conditions, il est peut-être nécessaire de mettre à niveau les dispositifs de réglementation et de contrôle.

Enfin, tous les grands pays doivent opérer des réformes structurelles afin de rehausser la croissance mondiale et d’en favoriser le rééquilibrage. Comme par le passé, il s’agit d’accroître la demande intérieure dans les pays qui dégagent un excédent courant élevé (comme la Chine et l’Allemagne) et d’améliorer la compétitivité dans les pays qui affichent un déficit courant élevé.


  

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