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DISCOURS À JACKSON HOLE

Lagarde : utilisons de façon avisée le temps que la politique monétaire nous a permis de gagner

Bulletin du FMI

23 août 2013

  • Les dirigeants doivent tenir compte des retombées locales et mondiales
  • Le retrait des politiques non conventionnelles doit être fonction du rythme de la reprise
  • Les dirigeants mondiaux doivent mieux collaborer pour pérenniser la stabilité et la croissance

Les politiques monétaires non conventionnelles des banques centrales ont permis aux dirigeants du monde entier de disposer du temps et de l’espace dont ils avaient besoin pour exécuter les réformes nécessaires afin de jeter les bases d’une croissance durable, a déclaré la Directrice générale du FMI, Christine Lagarde, lors du symposium économique de Jackson Hole.

Ces politiques, telles que l’achat d’actifs par des banques centrales pour soutenir la stabilité financière et stimuler l’activité, ont permis à l’économie mondiale de se sortir des profondeurs de la crise financière. Mme Lagarde a appelé les dirigeants à « utiliser ce temps de façon avisée », en soulignant deux points.

Premièrement, les dirigeants doivent mieux travailler ensemble pour mieux comprendre les effets de ces politiques non conventionnelles, au plan local comme au plan mondial, et ce qu’il faut en conclure pour les stratégies de retrait. Deuxièmement, « il incombe aux décideurs du monde entier, qu’ils aient des responsabilités nationales ou internationales, de prendre toutes les mesures nécessaires pour rétablir la stabilité et la croissance ».

Retombées sur l’économie mondiale

Selon l’évaluation du FMI, l’impact des politiques monétaires non conventionnelles a été positif jusqu’à présent, a noté Mme Lagarde. Globalement, ces politiques ont bénéficié à tous les pays, tout d’abord en réduisant les risques de turbulences financières, ensuite en stimulant la croissance.

D’après des estimations, l’assouplissement quantitative — l’achat d’actifs par la Réserve fédérale américaine — a dopé la production mondiale de plus de 1 %. Bien que les politiques monétaires non conventionnelles aient produit le plus d’effets positifs pendant les premières phases, elles ont été un succès, a déclaré Mme Lagarde.

Tout en soulignant qu’il ne faut pas « abandonner précipitamment » ces politiques, Mme Lagarde a déclaré que cette période de politique monétaire exceptionnellement souple devra prendre fin. Les circonstances de chaque pays en détermineront le moment exact. « En Europe par exemple, les politiques monétaires non conventionnelles peuvent être encore très utiles. Au Japon aussi, un retrait n’est sans doute pas d’actualité. »

«Une chose est sûre : le retrait sera, et devra être, fonction du rythme de la reprise, cette dernière atténuant les effets négatifs potentiels du retrait », a ajouté Mme Lagarde.

Territoire inexploré

Comme ce fut le cas pour l’adoption des politiques monétaires non conventionnelles, leur abandon nous fera entrer dans un territoire inexploré, a noté Mme Lagarde. « Le FMI et les responsables doivent donc dès maintenant engager une réflexion sur la forme que prendra le retrait des politiques non conventionnelles. » La Directrice générale a souligné quelques aspects de cette réflexion :

Équilibre entre stabilité et prise de risque : Le FMI s’emploie notamment à déterminer comment équilibrer au mieux le besoin de stabilité et la prise de risque. D’une part, a noté Mme Lagarde, de longues périodes de politique monétaire très souple et de taux d’intérêt extrêmement bas, conjuguées à la recherche de rendements plus élevés, pourraient encourager la prise de risques inconsidérés. D’autre part, si les banques centrales n’avaient pas eu recours à des mesures non conventionnelles, cela aurait pu facilement se traduire par des taux de croissance moins élevés et aggraver le risque de difficultés financières.

Retombées : Le FMI examine aussi les retombées sur les autres pays, a noté Mme Lagarde, par exemple l’augmentation des flux de capitaux, ainsi que des prix des actifs, du levier financier des entreprises et des risques de change dans certains pays émergents après le lancement des mesures monétaires non conventionnelles. Mme Lagarde a souligné qu’il convient d’être attentif au risque de retour de l’instabilité financière, ajoutant que « la situation peut se retourner très vite, comme nous l’avons vu dans certains pays émergents ces derniers jours ».

Cependant, elle a noté aussi qu’il est difficile de faire la part des effets des politiques monétaires non conventionnelles et des autres facteurs influant sur les résultats économiques. «Les avis divergent quant à l’ampleur et même à la direction des retombées. Il importe de concilier ces points de vue, ou en tout cas de les rapprocher, pour déterminer l’orientation de nos actions futures », a déclaré Mme Lagarde.

Moment du retrait : Il sera important de définir exactement ce que l’on entend par retrait, a noté Mme Lagarde, car les politiques monétaires conventionnelles et non conventionnelles sont souvent regroupées. Le retrait portera sur les deux types de politiques : cependant, il est probable que les aspects plus «conventionnels» (par exemple les indications sur l’évolution future des taux directeurs ou les achats futurs d’actifs) seront les premiers concernés. En conséquence, « selon toute vraisemblance, le retrait des mesures non conventionnelles sera plus lent et demandera plus de temps qu’on ne le dit souvent, et qu’on le craint », a déclaré Mme Lagarde.

Communication claire : Il est impératif aussi que les banques centrales communiquent clairement « les risques pour la reprise d’un retrait trop rapide des mesures non conventionnelles, et les risques pour la stabilité financière d’un retrait trop tardif », a-t-elle noté. «Même s’il est bien géré, le retrait des mesures non conventionnelles pourrait imposer aux autres pays, à ceux qui n’ont pas adopté ce type de mesures, une difficile course d’obstacles ». Mais ces pays disposent des outils pour faire face, a déclaré Mme Lagarde, en évoquant le recours à des mesures macroprudentiels et microprudentielles, les mesures de gestion des mouvements de capitaux et la flexibilité du taux de change.

Une meilleure combinaison de politiques

Si la politique monétaire fait partie de la solution à la crise actuelle, elle « ne peut pas fournir toutes les réponses », a déclaré Mme Lagarde. Les politiques monétaires non conventionnelles doivent être complétées par un ensemble plus large de politiques nécessaires pour réaliser une croissance durable et équilibrée. Mme Lagarde a averti aussi que les durs efforts des banques centrales pourraient se révéler vains si l’action reste insuffisante sur les autres fronts.

Dans les pays avancés qui appliquent une politique monétaire non conventionnelle, il s’agit de faire avancer les réformes budgétaires, financières et structurelles à moyen terme.

Dans les autres pays, il convient d’approfondir les réformes pour créer les conditions d’une croissance durable à moyen terme, une réalité confirmée par les inquiétudes qui se sont fait jour récemment au sujet du ralentissement de la croissance potentielle dans les pays émergents.

Coordonner pour de meilleurs résultats

«Les politiques économiques et leur coordination n’ont pas encore atteint le niveau souhaitable », a noté Mme Lagarde. « L’absence d’actions concertées au niveau mondial, chaque pays apportant sa pierre à l’édifice, pourrait menacer la reprise économique mondiale. En agissant, par contre, nous pouvons amener l’économie mondiale sur la voie d’une croissance vigoureuse, durable et équilibrée. »

« Nous devons tous mieux travailler ensemble », a déclaré Mme Lagarde. « Dans le monde interconnecté d’aujourd’hui, les retombées des politiques nationales, y compris celles des pays qui ont adopté des mesures monétaires non conventionnelles, peuvent fort bien avoir des ramifications qui reviennent jusqu’à leur point d’origine », a-t-elle ajouté, notant que chaque pays a intérêt à se soucier des effets de ses actions au-delà des frontières.

Le symposium économique annuel de Jackson Hole, qui se tient dans une station de montagne de l’État américain du Wyoming, donne l’occasion à des banquiers centraux, des experts et des universitaires de se pencher sur des questions et tendances d’actualité. Les dimensions mondiales des politiques monétaires non conventionnelles en sont le thème cette année.


 

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