Solidité du système financier
Les crises financières de la fin des années 90 ont mis en évidence les liens entre l’évolution macroéconomique et la solidité du système financier. En fait, la fragilité des institutions financières, les carences de la réglementation et du contrôle bancaires, ainsi que le manque de transparence étaient au cœur de ces crises. C’est pourquoi le FMI a intensifié ses efforts afin d’aider les pays à définir et à mettre en œuvre des mesures propices à la création de systèmes financiers solides. |
Pourquoi la solidité des systèmes financiers est-elle importante?
Le système financier d’un pays comprend les banques, les bourses de valeurs mobilières, les fonds de pension, les assureurs, la banque centrale et les instances de réglementation nationales — toutes sociétés et institutions qui constituent le cadre permettant d'effectuer les opérations économiques et de canaliser l’épargne vers l’investissement. Un système financier solide est donc essentiel à la croissance économique. Les problèmes du système financier peuvent diminuer l’efficacité de la politique monétaire, peser lourdement sur le budget en raison du renflouement des institutions financières en difficulté, provoquer la fuite des capitaux et aggraver les récessions économiques. Par ailleurs, les déficiences financières d'un pays peuvent rapidement déborder les frontières et contaminer d’autres pays.
Que fait le FMI pour promouvoir la solidité des systèmes financiers?
Les principaux instruments qui permettent au FMI de promouvoir la solidité des systèmes financiers dans ses pays membres sont l’exercice régulier de la surveillance multilatérale et bilatérale, la formulation de programmes de prêt et les concours d’assistance technique. En septembre 2005, le FMI et la Banque mondiale ont publié un "manuel d'évaluation du secteur financier" en vue de fournir aux autorités du secteur financier des informations sur les principales questions et pratiques optimales se rapportant à l'évaluation des systèmes financiers et à l'élaboration de réformes dans ce domaine.
On entend par surveillance le dialogue que le FMI entretient régulièrement avec ses pays membres et les conseils qu’iI a pour mission de leur fournir sur l’évolution de la situation et des politiques macroéconomiques et financières de chacun d’eux. Le FMI s’efforce de perfectionner ce mécanisme en approfondissant son examen des questions associées aux systèmes financiers et, en particulier en encourageant le Programme d’évaluation du secteur financier (PESF) (voir ci-après). Ces efforts ont pour objectif de mieux cerner les forces et les vulnérabilités du système financier, et par là de diminuer la fréquence et l’intensité des problèmes susceptibles de les perturber.
Les programmes appuyés par le FMI comportent souvent des mesures visant à consolider les systèmes financiers des pays membres. Outre l’assistance financière qu’il apporte à ses membres, le FMI les aide aussi à recenser et à diagnostiquer les déficiences du système financier, à concevoir — en collaboration avec la Banque mondiale — des stratégies de réforme systémique et de restructuration bancaire, et à veiller à ce que ces stratégies s’inscrivent dans la ligne de politiques macroéconomiques et structurelles appropriées et s’appuient sur elles.
L’assistance technique du FMI aide les pays membres à appliquer des mesures spécifiquement conçues pour renforcer leurs infrastructures financières. Cette assistance peut revêtir plusieurs formes : formation et conseils sur la façon d’améliorer la gestion monétaire et budgétaire; développement des marchés des changes et des capitaux; conception de systèmes de paiements et d’assurance des dépôts; mise en place d’une législation bancaire, de règles prudentielles et de moyens de supervision; stratégies de restructuration du système bancaire.
Programme d’évaluation du secteur financier (PESF)
Le Programme d’évaluation du secteur financier (PESF) est une initiative conjointe du FMI et de la Banque mondiale qui a pour but de fournir aux pays membres une évaluation approfondie de leurs systèmes financiers. Le programme a été lancé en 1999, en partie suite à la crise asiatique et en réponse aux appels lancés par la communauté internationale préconisant l’intensification des efforts de coopération pour renforcer le suivi des systèmes financiers.
Objectifs et instruments: le PESF a pour objectif de porter à l’attention des autorités nationales les vulnérabilités potentielles du secteur financier — qu’elles soient d’origine nationale ou étrangère — et de les aider à élaborer des mesures susceptibles de les réduire. Le PESF met l’accent sur la prévention et l’atténuation plutôt que sur la résolution des crises. Dans le même temps, il recense les besoins de développement du secteur financier. Il fait appel à divers indicateurs de solidité financière et à des tests de résistance macrofinancière pour analyser l’évolution, les risques et les vulnérabilités du secteur. D’autres éléments structurels de la stabilité financière — dispositifs de liquidité systémique; cadre institutionnel et légal pour la gestion des crises et le recouvrement des prêts; structures favorisant la transparence, l’obligation de rendre compte et la gouvernance — sont également examinés pour que l’évaluation des besoins en termes de stabilité et de développement soit exhaustive. Dans le cadre de ce processus, le PESF produit des évaluations sur l’observation de diverses normes du secteur financier universellement acceptées qui s’inscrivent dans un contexte institutionnel et macroprudentiel plus vaste.
Les rapports du PESF sont conçus pour évaluer la stabilité du système financier dans son ensemble, et non celle d’institutions spécifiques. Par ailleurs, les avis qu’ils contiennent sont ceux de l’équipe d’évaluation, qui ne reflètent pas forcément les vues des autorités ou des Conseils d’administration du FMI ou de la Banque mondiale.
Implications pour les travaux du FMI et de la Banque mondiale: le PESF favorise l’harmonisation des analyses et des conseils que prodiguent le FMI et la Banque sur le secteur financier, optimise l’utilisation des rares ressources spécialisées, et réduit la duplication des tâches grâce à une coopération plus étendue et à l’intervention d’experts d’organismes nationaux et internationaux. Il apporte des informations utiles pour le processus de surveillance du FMI et les autres activités de la Banque dans le secteur financier. Il sert de fondement aux programmes appuyés par le FMI et à l’assistance technique.
Dans le cadre du PESF, le FMI s’attache tout particulièrement aux liens qui existent entre la solidité et le fonctionnement du secteur financier et les résultats macroéconomiques, ainsi qu’à la promotion des politiques qui permettent aux systèmes financiers de mieux résister aux chocs ou de réduire la probabilité et la gravité des crises financières. Pour sa part, la Banque mondiale centre son attention sur la consolidation du secteur financier à l’appui du développement économique et de la réduction de la pauvreté. Les travaux du PESF consacrés aux pays industrialisés relèvent entièrement de la responsabilité du FMI, même si la Banque détache parfois des spécialistes dans des domaines particuliers.
Progrès: à la fin juin 2005, 120 pays, soit les deux-tiers des pays membres du FMI, avaient participé ou participaient au PESF. Parmi les pays qui ont mené le programme à terme, environ les deux-tiers ont accepté de publier les évaluations de la stabilité du système financier sur le site Internet du FMI. Treize mises à jour du PESF ont été demandées et réalisées.
