Fiche Technique
Aide d’urgence du FMI : appuyer la reconstruction à la suite de catastrophes naturelles ou de conflits armés
le 30 de Septembre 2010
En temps de crise, les pays ont besoin d’aide rapidement. Le FMI accorde aux pays des prêts d’urgence pour les aider à faire face à des besoins pressants de financement de leur balance des paiements à la suite d’une catastrophe naturelle ou d’un conflit armé. L'aide financière d’urgence est censée être décaissée rapidement et s’accompagne de conseils de politique économique ainsi que, dans de nombreux cas, d’une assistance technique. Pour les pays à faible revenu, la facilité de crédit rapide, qui fait partie du nouvel ensemble de mécanismes du FMI en faveur des pays à faible revenu, remplace l’usage bonifié de l’aide d’urgence pour les pays admissibles au fonds fiduciaire RPC.
Une réaction rapide du FMI aide les pays à mobiliser davantage de fonds
Depuis 1962, le FMI accorde des concours d’urgence aux pays victimes de catastrophes naturelles — telles qu’inondations, séismes, cyclones ou sécheresses. Cette assistance permet de satisfaire les besoins de financement immédiats résultant, par exemple, d’un déficit des recettes d’exportations et/ou d’une hausse du coût des importations, ce qui évite ainsi d’épuiser les réserves extérieures.
En 1995, la politique d’aide d’urgence du FMI a été étendue aux pays sortant d’un conflit. Cette assistance, apportée dans le cadre de l’Aide d’urgence post-conflit (AUPC), est limitée aux cas où le pays membre ayant un besoin urgent de balance des paiements se trouve incapable de formuler et de mettre en œuvre un programme économique global parce que ses capacités ont été endommagées par le conflit, mais dispose néanmoins d’une capacité suffisante de planification et d’exécution de la politique économique. Les apports financiers du FMI peuvent aider un pays directement, mais aussi en catalysant les concours provenant d’autres sources puisque l’assistance de l’institution doit entrer dans le cadre d’un effort global au niveau international pour pallier les répercussions d’un conflit.
Depuis mai 2001, pour les pays sortant d’un conflit admissibles aux mécanismes de prêts concessionnels du FMI, le taux d’intérêt est bonifié, les bonifications étant financées par les dons de bailleurs de fonds bilatéraux. À compter de janvier 2005, une bonification similaire de l’aide d’urgence en cas de catastrophe naturelle est accordée sur demande du pays membre. En janvier 2010, la réforme des mécanismes de prêts concessionnels du FMI permet de ramener le taux bonifié à 0 % jusqu’à fin janvier 2012 et à 0,25 % par la suite, sur tous les encours de prêts octroyés dans le cadre des aides d’urgence à la suite de catastrophe naturelle ou post-conflit aux pays admissibles au fonds fiduciaire RPC. Etant donné l’efficacité de cette réforme, la facilité de crédit rapide (FCR) remplace l’usage bonifié de l’aide d’urgence.
Rapidité et souplesse
Les prêts d’urgence sont en général décaissés rapidement et ne sont pas subordonnés à des critères de réalisation . Lorsqu’un pays membre sollicite une aide d’urgence, il est tenu d’indiquer les grandes lignes des mesures correctrices de politique économique qu’il se propose de mettre en œuvre. L’aide est en général limitée à 25 % de la quote-part du pays membre, bien que, dans certaines circonstances, le montant puisse atteindre jusqu’à 50 % de la quote-part. En mars 2004, le Conseil d’administration a avalisé une proposition visant à porter la durée de l’assistance aux pays sortant d’un conflit à trois ans, le montant de cette assistance pouvant aller jusqu’à 50 % de la quote-part, mais dans la limite de 25 % de la quote-part par an.
L’aide est en général limitée à 25 % de la quote-part du pays membre, bien que le montant puisse atteindre jusqu’à 50 % de la quote-part dans certaines circonstances, ce qui a déjà été le cas. En mars 2004, le Conseil d’administration a avalisé une proposition visant à porter la durée de l’assistance aux pays sortant d’un conflit à trois ans, le montant de cette assistance pouvant aller jusqu’à 50 % de la quote-part, mais dans la limite de 25 % de la quote-part par an. Les prêts au titre de l’assistance d’urgence sont assortis du taux de commission de base et doivent être remboursés dans un délai de trois ans et trois mois à cinq ans.
Les conseils de politique économique, portant sur tous les aspects de la politique macroéconomique et les mesures structurelles d’accompagnement, constituent une composante fondamentale de l’aide d’urgence du FMI. Dans le cas des pays sortant d’un conflit, l’assistance technique est elle aussi extrêmement importante pour permettre de rétablir les capacités d’exécution de la politique macroéconomique. L’assistance technique est axée sur la reconstitution des capacités statistiques et le rétablissement et la réorganisation des institutions budgétaires, monétaires et de change qui aideront à restaurer les capacités de recouvrement des recettes fiscales et des processus de dépenses, ainsi que les opérations de paiements, de crédit et de change.
Pays ayant reçu une aide d’urgence depuis 1995
Les tableaux 1 et 2 font état des concours d’urgence accordés depuis 1995 par le FMI après des catastrophes naturelles ou à la sortie d’un conflit.
Tableau 1. Aide d’urgence à la suite de catastrophes naturelles, depuis 1995
| Pays | Année | Catastrophe | Montant (Millions de $ EU) |
% de la quote-part |
| Bangladesh | 1998 | Inondations | 138.2 | 25.0 |
| République Dominicaine | 1998 | Cyclone | 55.9 | 25.0 |
| Haïti | 1998 | Cyclone | 21.0 | 25.0 |
| Honduras | 1998 | Cyclone | 65.6 | 50.0 |
| Saint-Kitts et Nevis | 1998 | Cyclone | 2.3 | 25.0 |
| Turquie | 1999 | Séisme | 501.0 | 37.5 |
| Malawi | 2002 | Pénurie alimentaire | 23.0 | 25.0 |
| Grenade | 2003 | Cyclone | 4.0 | 25.0 |
| Grenade | 2004 | Cyclone | 4.4 | 25.0 |
| Maldives | 2005 | Tsunami | 6.3 | 50.0 |
| Sri Lanka | 2005 | Tsunami | 158.4 | 25.0 |
| Bangladesh | 2008 | Inondations | 217.7 | 25.0 |
| Dominique | 2008 | Cyclone | 3.3 | 25.0 |
| Belize | 2009 | Inondations | 6.9 | 25.0 |
| Saint Kitts-et-Nevis | 2009 | Cyclone | 3.4 | 25.0 |
| Pakistan | 2009 | Inondations | 451,0 | 28,7 |
Tableau 2. Aide d’urgence à la sortie d’un conflit, depuis 1995
| Pays | Année | Montant (Millions de $ EU) |
% de la quote-part |
| Bosnie/Herzégovine | 1995 | 45.0 | 25.0 |
| Rwanda | 1997 | 12.2 | 15.0 |
| Albanie | 1997 | 12.0 | 25.0 |
| Rwanda | 1997 | 8.1 | 10.0 |
| Tadjikistan | 1997 | 10.1 | 12.5 |
| Tadjikistan | 1998 | 10.0 | 12.5 |
| Congo, Rép. du | 1998 | 9.6 | 12.5 |
| Sierra Leone | 1998 | 16.0 | 15.0 |
| Guinée-Bissau | 1999 | 2.9 | 15.0 |
| Sierra Leone | 1999 | 21.4 | 15.0 |
| Guinée-Bissau | 2000 | 1.9 | 10.0 |
| Sierra Leone | 2000 | 13.3 | 10.0 |
| Congo, Rép. du | 2000 | 13.6 | 12.5 |
| Yougoslavie, Rép. féd. | 2000 | 151.0 | 25.0 |
| Burundi | 2002 | 12.7 | 12.5 |
| Burundi | 2003 | 13.4 | 12.5 |
| République centrafricaine | 2004 | 8.2 | 10.0 |
| Irak | 2004 | 435.1 | 25.0 |
| Haïti | 2005 | 30.3 | 25.0 |
| République centrafricaine | 2006 | 10.2 | 12.5 |
| Liban | 2007 | 76.8 | 25.0 |
| Côte d’Ivoire | 2007 | 62.2 | 12.5 |
| Côte d’Ivoire | 2008 | 66.2 | 12.5 |
| Guinée-Bissau | 2008 | 5.7 | 25.0 |
| Liban | 2008 | 37.6 | 12.5 |
| Comores | 2008 | 1.7 | 12.5 |
| Guinée-Bissau | 2009 | 2.7 | 12.5 |
