Fiche technique - septembre 2005

Le FMI et l'environnement

Des liens importants existent entre l'environnement et les principaux domaines de compétences macroéconomiques du FMI. Seule une croissance économique durable -- objectif central des conseils de politique économique de l'institution -- peut permettre de mobiliser le complément de ressources nécessaires pour remédier aux problèmes écologiques. Parallèlement, échapper à cette responsabilité peut s'avérer fort coûteux sur le plan économique. Les politiques macroéconomiques peuvent contribuer de manière non négligeable à décourager ou à éviter les trajectoires de croissance dommageables pour l'environnement.

Interactions entre la croissance, la pauvreté et l'environnement

La croissance économique -- c'est-à-dire l'expansion durable des ressources disponibles pour satisfaire les besoins de la société -- constitue le meilleur contexte pour répondre aux enjeux écologiques. Dans la plupart des cas, le premier obstacle qui empêche de résoudre des problèmes courants tels que la pollution de l'air et de l'eau est simplement le manque de ressources. Toutefois, la croissance à elle seule ne suffit pas, puisque certaines trajectoires de croissance économique sont néfastes pour l'environnement, notamment lorsque les pollueurs ne sont pas rendus pleinement responsables des coûts de leurs activités. En pareils cas, la meilleure solution consiste à améliorer la trajectoire de la croissance et non à abandonner la croissance en tant qu'objectif.

La pauvreté peut à la fois aggraver les problèmes écologiques et être aggravée par eux. Par exemple, la pauvreté peut s'ajouter à la pression démographique et entraîner ainsi l'exploitation inefficace et non viable des forêts et autres ressources naturelles. En retour, de nombreux problèmes écologiques sont particulièrement funestes pour les pauvres. Du fait qu'ils tendent à vivre dans les zones les moins favorisées, ce sont les pauvres qui souffrent sans doute le plus de la pollution de l'air et de l'eau et des conséquences des catastrophes naturelles.

Dans l'idéal, les cercles vertueux sont bénéfiques à l'environnement, puisque la croissance durable fait reculer la pauvreté et accroît les ressources disponibles pour améliorer l'environnement, évolution qui est elle-même favorable à la croissance.

Environnement et politiques macroéconomiques

Même si nombre des interactions entre l'environnement et l'économie mentionnées plus haut ne sont pas du ressort du FMI, d'autres relèvent expressément de ses compétences.

Premièrement, favoriser une croissance économique viable représente l'un des objectifs fondamentaux des travaux du FMI et c'est essentiellement par ce moyen qu'il influe sur les conditions écologiques. En particulier, le FMI fournit aux pays ses conseils et son appui financier pour les aider à surmonter les répercussions des crises financières en appliquant des politiques viables et propices à une prospérité durable.

Deuxièmement, les mesures qui se justifient pour l'environnement sont très souvent aussi souhaitables du point de vue de la gestion économique d'ensemble. Par exemple,

  • dans de nombreux pays, les subventions et les exonérations fiscales en faveur des intrants agricoles -- tels que les engrais, les pesticides, et l'irrigation -- sont inefficaces, ponctionnent lourdement les budgets et sont dommageables pour l'environnement.

  • La fiscalité (ou la suppression des subventions) peut servir à décourager les activités nuisibles au plan écologique et, dans certains cas, peut dégager des montants substantiels de recettes publiques. Entre autres, les taxes sur les combustibles fossiles peuvent jouer un rôle non négligeable dans la recherche de solutions aux problèmes locaux ou nationaux, tels que la congestion routière ou la pollution de l'air, ou à caractère mondial tels que les changements climatiques.

  • Gérées convenablement, plusieurs types de les ressources naturelles renouvelables telles que les forêts et la pêche, peuvent représenter une source importante et durable de recettes fiscales et de revenus pour le secteur privé. Tout comme pour l'exécution des politiques générales de l'environnement, la bonne gestion publique et l'efficacité des institutions juridiques et administratives sont très importantes à cet égard.

Troisièmement, les dépenses publiques sont indispensables pour répondre à toute une série de problèmes dans le domaine de l'environnement et de la gestion des ressources, par exemple en ce qui concerne les transports publics, la distribution d'eau et l'enlèvement des ordures. Les politiques macroéconomiques doivent faire en sorte d'assurer une mobilisation suffisante de ressources pour couvrir ce type de dépenses, car les problèmes écologiques qui sont ignorés aujourd'hui exigeront probablement davantage de dépenses publiques par la suite. Parmi ces problèmes figurent les conséquences de la pollution sur la santé et de la déforestation sur les inondations, ou encore celles des cataclysmes naturels, plus fréquents et plus dévastateurs, qui sont associés aux changements climatiques.

Dimension écologique des travaux du FMI

Le dialogue qu'entretient régulièrement le FMI avec ses pays membres et les programmes qu'il appuie couvrent naturellement très souvent nombre des interactions entre l'environnement et les questions macroéconomiques, ces aspects étant abordés avant tout d'un point de vue macroéconomique. Tel est le cas par exemple des mesures concernant la fiscalité, les prix et les subventions de l'énergie. Par ailleurs, le dialogue entretenu avec de nombreux pays membres fait largement place à la gestion des ressources sylvicoles, piscicoles et autres ressources naturelles en raison de leur contribution potentielle aux ressources publiques et à la viabilité de la croissance.

Une petite équipe du Département des finances publiques du FMI est spécialement chargée du suivi des questions écologiques qui relèvent des travaux du FMI. Cette équipe cherche à sensibiliser l'opinion au sein de l'institution, ainsi qu'à maintenir le dialogue avec la société civile, les milieux universitaires et d'autres instances. Les relations avec la Banque mondiale sont extrêmement importantes parce que celle-ci dispose de compétences considérables dans le domaine écologique.

Le FMI collabore en outre étroitement avec d'autres organismes et institutions publiques nationales sur les questions relevant de son mandat qui ont des liens manifestes avec l'environnement. À l'heure actuelle, cette collaboration porte principalement sur les sujets suivants : le rôle des mesures fiscales et budgétaires dans la recherche de remèdes aux problèmes écologiques; la relation entre pauvreté, environnement et ressources naturelles dans les pays en développement; et les problèmes liés au réchauffement de la planète et aux émissions de gaz à effet de serre dans le contexte du récent accord de Kyoto.


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