Fiche technique - février 2008

L'or au FMI

L'or a été l'élément central du système monétaire international jusqu'à l'effondrement du système de parités fixes de Bretton Woods en 1973. Depuis cette date, l'importance de l'or a progressivement diminué. L'or demeure toutefois un avoir de réserve de premier plan pour de nombreux pays et le FMI figure toujours parmi les principaux détenteurs officiels d'or au monde.

Avoirs en or du FMI

Le FMI détient 103,4 millions d’onces (3.217 tonnes) d’or, qui sont confiées à des dépositaires désignés. La valeur totale de cet or, comptabilisée au bilan et calculée sur la base du coôt rétrospectif moyen, s’élève à 5,9 milliards de DTS (environ 9,2 milliards de dollars). Au 20 février 2008, les avoirs en or du FMI se chiffraient à 95,2 milliards de dollars (aux prix courants du marché à cette date). Une partie de ces avoirs —12,97 millions d’onces (403,3 tonnes)— ont été acquis depuis le deuxième amendement des Statuts du FMI, adopté en avril 1978, et avaient une valeur de marché de 11,9 milliards de dollars au 20 février 2008. Comme signalé plus loin, cette partie des avoirs en or du FMI n’est pas sujette à restitution aux pays membres.

Le FMI a acquis la majeure partie de ses avoirs en or avant le deuxième amendement des Statuts, dans le cadre de quatre grandes catégories de transactions. Premièrement, il avait été établi que 25 % des souscriptions initiales et des augmentations ultérieures de quotes-parts devaient être réglées en or. Cela a représenté la principale source d’avoirs en or du FMI. Deuxièmement, toutes les commissions — c’est-à-dire les intérêts acquittés sur l’encours des crédits du FMI aux pays membres — étaient normalement payables en or. Troisièmement, un pays membre souhaitant acquérir la monnaie d’un autre pays membre pouvait vendre de l’or au FMI. Les ventes d’or au FMI par l’Afrique du Sud en 1970–71 représentent les plus importantes des transactions effectuées dans cette catégorie.

Enfin, les pays membres avaient la possibilité de rembourser en or les crédits accordés par le FMI.

Politique actuelle du FMI concernant l'or

Le deuxième amendement des Statuts du FMI, adopté en avril 1978, a mis fin à l'utilisation de l'or comme dénominateur commun dans le système de change instauré après la deuxième guerre mondiale et comme base d'évaluation des droits de tirage spéciaux (DTS) . Le prix officiel de l'or a également été aboli et l'emploi de l'or dans les transactions entre le FMI et ses membres a cessé d'être obligatoire. L'amendement exigeait en outre du FMI qu'il s'abstienne de diriger le cours de l'or dans ses transactions ou de lui attribuer un cours fixe.

Les Statuts du FMI limitent désormais l'utilisation de l'or dans ses opérations et transactions. Le FMI peut vendre de l'or directement au cours du marché; il peut accepter de l'or de la part d'un pays membre en paiement de ses obligations, la transaction étant effectuée à un prix convenu sur la base du cours du marché au moment de l'acceptation. Ces transactions sur or requièrent une décision à la majorité de 85 % du nombre total de voix attribuées. Le FMI n'est toutefois pas autorisé à utiliser de l'or pour d'autres transactions telles que les prêts, les prêts sur or et les swaps, ni comme garantie; il n'est pas non plus autorisé à acheter de l'or.

Les Statuts prévoient également la restitution aux pays membres du FMI à la date du 31 août 1975 de l’or détenu par le FMI à la date du deuxième amendement. La restitution fait intervenir la vente d’or à ce groupe de pays membres à l’ancien cours officiel de 35 DTS l’once, étant entendu que l’or serait vendu aux pays membres qui accepteraient de l’acheter au prorata de leurs quotes-parts à la date du deuxième amendement. Toute décision de restitution d’or doit être approuvée par une majorité de 85 % des voix totales attribuées. Les Statuts ne prévoient pas de restitution de l’or acquis après la date du deuxième amendement. La politique du FMI dans ce domaine est régie par les principes suivants :

  • L'or, actif sous-évalué détenu par le FMI, confère une solidité fondamentale à son bilan. Toute mobilisation d'avoirs en or du FMI devrait éviter d'affaiblir sa position financière globale.

  • L'institution doit continuer à détenir une quantité d'or relativement importante parmi ses actifs, non seulement par souci de prudence, mais aussi pour faire face à des situations imprévues.

  • Il a pour responsabilité systémique d'éviter de perturber le fonctionnement du marché de l'or.

  • Les gains réalisés sur toute vente d'or doivent servir dans la mesure du possible à créer un fonds de placement dont seuls les produits seraient utilisés.

Comment et dans quelles circonstances le FMI a-t-il eu recours à l'or?

Le FMI a procédé à des cessions d'or en vertu de ses statuts d'origine, sous la forme de ventes d'or contre devises et de versements au titre de la rémunération et des intérêts. Depuis l'adoption du deuxième amendement des statuts, les cessions d'or ne peuvent avoir lieu que sous forme de ventes directes. Les principales transactions sur or ont été les suivantes :

  • Ventes pour reconstitution des avoirs (1957-70). Le FMI a vendu de l'or à plusieurs reprises durant cette période pour reconstituer ses avoirs en devises.

  • Or sud-africain (1970-71) Les ventes d'or du FMI à ses pays membres correspondaient à peu près à la quantité d'or acheté à l'Afrique du Sud durant cette période.

  • Placements sous forme de titres publics des États-Unis (1956-72). En vue de mobiliser un revenu pour compenser les déficits opérationnels, le FMI a vendu de l'or aux États-Unis et placé le produit de cette vente en titres d'État américains. Par la suite, face à une accumulation importante de ses réserves, le FMI a été amené à racheter cet or au gouvernement des États-Unis.

  • Adjudications et «restitutions» (1976-80). À la suite d'un accord intervenu avec les pays membres pour réduire l'importance de l'or dans le système monétaire international, le FMI a vendu environ le tiers (50 millions d'onces) de ses avoirs en or de l'époque. La moitié de ce volume a été restituée aux membres au cours officiel de l'or, qui était alors de 35 DTS l'once; l'autre moitié a été vendue par adjudication publique pour financer le Fonds fiduciaire, qui servait à appuyer les prêts concessionnels du FMI aux pays à faible revenu.

  • Transactions hors marché sur or (1999-2000). En décembre 1999, le Conseil d'administration a autorisé des transactions hors marché consistant à vendre jusqu'à 14 millions d'onces d'or pour financer la participation du FMI à l'Initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE). De décembre 1999 à avril 2000, des transactions distinctes mais étroitement liées portant sur la vente de 12,9 millions d'onces d'or au total ont eu lieu entre le FMI et deux pays membres (Brésil et Mexique) dont les obligations financières envers le FMI arrivaient à échéance. Dans un premier temps, le FMI a vendu de l'or au pays membre au cours du marché et a versé le produit sur un compte spécial de placement au profit de l'Initiative PPTE. Dans un second temps, il a accepté de racheter immédiatement au pays membre concerné la même quantité d'or, au même cours du marché, en règlement de ses obligations financières venant à échéance. Ces transactions ont donc permis de laisser inchangé le solde des avoirs réels en or du FMI.


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