Le FMI et la Banque mondiale
Le FMI et la Banque mondiale sont des institutions jumelles qui font partie du système des Nations Unies. Elles partagent un même but : relever le niveau de vie des leurs pays membres. Leurs approches à cet égard sont complémentaires : le FMI cherche à assurer la stabilité du système financier international et la Banque mondiale se consacre au développement économique à long terme et à la lutte contre la pauvreté. |
Quelle est la finalité des «institutions de Bretton Woods»?
Le Fonds monétaire international et la Banque mondiale ont tous deux vu le jour lors d'une conférence internationale réunie à Bretton Woods dans le New Hampshire (États-Unis) en juin 1944. Les participants à cette conférence avaient pour ambition d'établir un cadre de coopération et de développement économiques qui jetterait les bases d'une économie mondiale plus stable et plus prospère. Bien que cet objectif demeure fondamental pour les deux institutions, leurs activités ont évolué en réponse à la mutation et aux nouveaux enjeux de l'économie mondiale.
Le FMI œuvre en faveur de la coopération monétaire internationale et offre aux pays des conseils de politique économique et une assistance technique pour les aider à bâtir et à maintenir des économies vigoureuses. Il leur consent également des prêts et les aide à élaborer des programmes d'action en vue de résoudre leurs problèmes de balance des paiements — dans les cas où ils ne peuvent pas obtenir de financements suffisants à des conditions abordables pour régler leurs paiements internationaux. Les prêts accordés par le FMI sont assortis d'échéances relativement courtes, et sont financés essentiellement sur les ressources issues des souscriptions de quotes-parts des membres. Les services du FMI se composent avant tout d'économistes disposant d'une vaste expérience en matière de politiques macroéconomiques et financières.
La Banque mondiale favorise le développement économique à long terme et la réduction de la pauvreté en accordant aux pays des concours techniques et financiers pour les aider à conduire des réformes sectorielles ou à réaliser des projets spécifiques — construction d'écoles et de centres sanitaires, alimentation en eau et en électricité, lutte contre les maladies, protection de l'environnement, par exemple. L'aide qu'elle consent s'inscrit généralement dans la durée; elle est financée à la fois par les contributions des pays membres et par l'émission d'obligations. Les services de la Banque mondiale sont souvent spécialisés dans des domaines, des techniques ou des secteurs déterminés.
Comment le FMI et la Banque mondiale font-ils œuvre commune?
Le FMI et la Banque mondiale collaborent régulièrement et sur de nombreux plans dans le cadre de l'aide aux pays membres et ont lancé en commun plusieurs initiatives. Les conditions régissant leur coopération ont été définies dans un concordat en 1989, afin d'assurer une coopération efficace dans les domaines où leurs responsabilités se recoupent. Ces conditions ont depuis été traduites en directives portant sur des questions précises, mais ce processus se poursuit : un comité externe d'examen est en train de réexaminer de façon approfondie la collaboration FMI-Banque mondiale à la lumière des nouvelles activités que les deux institutions exercent — parfois en parallèle — dans des domaines tels que le secteur financier. Le comité fera des recommandations sur la façon dont le FMI et la Banque mondiale peuvent continuer de coopérer efficacement pour répondre aux besoins de la communauté mondiale.
Collaboration régulière : la collaboration dans le cadre de l'assistance aux pays prend appui sur des réunions qui se tiennent régulièrement entre les services du FMI et de la Banque mondiale, ainsi que sur des échanges fréquents d'informations. En outre, les deux institutions organisent parfois des missions parallèles dans les pays et procèdent à des échanges de personnel dans ce contexte. Les évaluations du FMI sur la situation et les politiques économiques générales d'un pays apportent à la Banque des informations qui lui permettent d'étudier d'éventuels projets de développement ou de réforme. Parallèlement, le FMI tient compte dans ses avis de politique économique des conseils dispensés par la Banque sur les réformes structurelles et sectorielles. Les services des deux institutions coopèrent également en ce qui concerne la conditionnalité associée à leurs programmes de prêts respectifs.
Le Directeur général du FMI et le Président de la Banque mondiale se réunissent à intervalles réguliers pour examiner les grands dossiers. Ils publient des déclarations communes et co-signent parfois des articles dans la presse mondiale. Ils se sont en outre rendus ensemble dans plusieurs régions ou pays.
Initiatives communes : au cours des années 90, Le FMI et la Banque mondiale ont lancé conjointement deux grandes initiatives conçues pour aider les pays pauvres. En 1996, les deux institutions ont créé l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE) pour alléger le fardeau de la dette extérieure des pays pauvres les plus lourdement endettés. En 1999, elles ont instauré le dispositif des documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) — c'est-à-dire une stratégie pilotée par les pays eux-mêmes et visant à coordonner les politiques nationales, le soutien des bailleurs de fonds et les réalisations en matière de développement nécessaires pour réduire la pauvreté dans les pays à faible revenu. Les DSRP forment le fondement de l'initiative PPTE et des prêts concessionnels du FMI et de la Banque mondiale.
En juillet 2004, le FMI et la Banque mondiale ont lancé le Global Monitoring Report (rapport de suivi mondial). Ce rapport annuel fait le point sur l'état d'avancement des mesures et des actions nécessaires pour atteindre les Objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) de l'Organisation des Nations Unies visant à réduire la pauvreté de moitié entre 1990 et 2015. Le rapport examine en outre dans quelle mesure les pays en développement, les pays développés et les institutions financières internationales apportent une contribution efficace au partenariat pour le développement et à la stratégie pour la réalisation des OMD réaffirmés à Monterrey en 2002.
Le FMI et la Banque mondiale allient également leurs efforts pour assurer la solidité et la bonne réglementation des secteurs financiers dans leurs pays membres. Le Programme d'évaluation du secteur financier (PESF) a été mis en place en 1999 pour recenser les forces et les faiblesses des systèmes financiers nationaux et recommander les mesures correctives appropriées.
Coordination de haut niveau : l'Assemblée annuelle des Conseils des gouverneurs du FMI et de la Banque mondiale offre aux deux institutions une autre instance de collaboration. Les gouverneurs s'y concertent et présentent les vues de leurs pays respectifs sur les questions économiques et financières internationales d'actualité. Les Conseils des gouverneurs se prononcent sur la façon d'aborder les problèmes économiques internationaux et approuvent les résolutions correspondantes.
Un groupe de gouverneurs du FMI et de la Banque mondiale se réunit également durant les réunions semestrielles du Comité du développement. Celui-ci a été créé en 1974 pour fournir des avis consultatifs aux deux institutions sur des problèmes cruciaux de développement — et sur les moyens financiers nécessaires pour promouvoir le développement économique dans les pays à faible revenu.
Les administrateurs qui siègent au Conseil d'administration du FMI et au Conseil des administrateurs de la Banque mondiale — dont les réunions ont lieu au moins trois fois par semaine au siège des deux organisations à Washington — se concertent régulièrement. Quelques pays ont un seul administrateur, qui siège aux Conseils des deux institutions.
On trouvera de plus amples renseignements sur les sites Internet des deux institutions : www.imf.org/external/fra/index.asp et www.banquemondiale.org/.
