Fiche technique - avril 2005

Le FMI et les Objectifs du millénaire pour le développement

Les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) sont les cibles que la communauté internationale s'est données en vue de réduire de moitié la pauvreté dans le monde et d'améliorer la situation des plus démunis d'ici 2015. Le FMI contribue à cet effort par les conseils de politique économique, l'assistance technique et les prêts qu'il propose à ses membres, ainsi que par le rôle qu'il joue dans la mobilisation de l'aide des bailleurs de fonds. Avec la Banque mondiale, il évalue les progrès accomplis vers la réalisation des OMD dans le cadre du Rapport de suivi mondial.

Quels sont les objectifs du millénaire pour le développement ?

Lors du Sommet du millénaire organisé par les Nations Unies en septembre 2000, les dirigeants de la planète se sont accordés sur huit objectifs de développement spécifiques et mesurables — appelés aujourd'hui Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) — à atteindre d'ici 2015. Les sept premiers visent à éradiquer l'extrême pauvreté et la faim; assurer l'éducation primaire pour tous; promouvoir l'égalité des sexes et l'autonomisation des femmes; réduire la mortalité infantile; améliorer la santé maternelle; combattre le VIH/sida, le paludisme et d'autres maladies; et assurer un environnement durable. Le huitième objectif concerne la mise en place d'un partenariat global pour le développement assorti d'objectifs en matière d'aide, de relations commerciales et d'allégements de dettes. Un pas important vers les OMD a été accompli à Monterrey (Mexique) en mars 2002, lorsque la communauté internationale a adopté une stratégie reposant sur deux piliers, selon laquelle les efforts économiques soutenus consentis par les pays à faible revenu dans un contexte de bonne gouvernance doivent être appuyés par une aide internationale plus importante et plus efficace.

Comment le FMI aide-t-il les pays membres à se rapprocher des OMD ?

Le FMI aide de diverses manières les pays pauvres à connaître la croissance durablement élevée qui est nécessaire pour créer les conditions d'un recul de la pauvreté — par ses conseils de politique économique, l'assistance technique, le soutien financier et l'allégement de la dette, notamment. Il s'efforce aussi de faire en sorte que les pays développés mènent une politique économique de nature à étayer les efforts de développement des pays pauvres en préconisant une augmentation de l'aide extérieure, l'ouverture des marchés aux exportations des pays en développement et le maintien d'un climat économique international sain et propice au développement.

Les pressions qui s'exercent afin que les OMD soient atteints d'ici 2015 ont conduit le FMI à recentrer encore plus l'action qu'il conduit pour aider les pays membres à évaluer l'impact macroéconomique d'une intensification de leurs propres efforts et de l'aide financière extérieure. Il les encourage à élaborer et analyser différents scénarios possibles pour atteindre les OMD et inscrire leur stratégie de réduction de la pauvreté dans ce cadre. En règle générale, un scénario inclut une projection réaliste, qui repose la mise en œuvre satisfaisante des mesures prévues et sur le maintien de l'aide des bailleurs de fonds à un niveau fondé sur les tendances et les anticipations actuelles. Une autre projection, plus ambitieuse, tiendra compte des contraintes d'absorption et de capacités administratives et s'efforcera d'identifier les mesures à prendre pour y remédier, afin de placer le pays sur un sentier de croissance plus rapide. Ce dispositif peut aider les pays à utiliser les OMD pour définir leurs politiques et donner des indications utiles aux bailleurs de fonds qui évaluent si un pays peut absorber une aide accrue et en faire bon usage.

On s'accorde de plus en plus à reconnaître que la stabilité macroéconomique et la croissance dépendent beaucoup de facteurs structurels et institutionnels. Pour aider les pays membres à atteindre les OMD, le FMI travaille donc en collaboration étroite avec ses partenaires institutionnels, la Banque mondiale bien sûr, mais aussi d'autres prestataires d'aide et bailleurs de fonds multilatéraux et bilatéraux.

Le Rapport de suivi mondial : mesurer les progrès

Le Rapport de suivi mondial (RSM) est un rapport annuel visant à évaluer, à travers le monde, les progrès des politiques à adopter et des actions à mener pour atteindre les OMD et les résultats connexes. Il est produit conjointement par la Banque mondiale et le FMI en collaboration avec d'autres partenaires internationaux.

RSM 2004 – les perspectives des OMD : des raisons d'espérer, mais aussi de grands sujets de préoccupation

La première édition du RSM, publiée en juin 2004, a montré que, si les tendances actuelles se confirmaient, la grande majorité des pays n'atteindraient pas la plupart des OMD. Des progrès avaient certes été enregistrés, mais ils étaient inégaux et trop lents. Selon le rapport, le premier objectif — réduire de moitié la pauvreté entre 1990 et 2015 — serait sans doute atteint au niveau mondial, mais l'Afrique subsaharienne resterait loin du compte. Les risques pesant sur les objectifs de développement humain étaient bien plus répandus à travers le monde. On s'attendait notamment à constater des retards considérables au regard des objectifs d'ordre sanitaire et environnemental — mortalité maternelle et infantile, accès à l'eau potable et aux installations d'assainissement de base. Dans le meilleur des cas, rares seraient les régions qui atteindraient les objectifs de réduction de la mortalité.

Le RSM 2004 concluait que, pour atteindre les OMD, il faudrait dépasser les tendances actuelles et qu'il était urgent, pour ce faire, que toutes les parties prenantes élargissent leurs interventions. Dans le cadre d'une revue exhaustive et synthétique des programmes de développement mondiaux, le RSM classait en trois volets les priorités que les pays en développement, les pays développés et les institutions internationales devaient se fixer : 1) accélérer les réformes, afin de dynamiser la croissance; 2) donner plus d'autonomie aux pauvres et investir dans ce segment de la population en renforçant et en améliorant les principaux services axés sur le développement humain ou liés à cet objectif; et 3) accélérer la mise en œuvre du partenariat de Monterrey en veillant à ce que les pays en développement qui intensifient les réformes bénéficient, dans cet effort, d'une aide accrue des pays développés et des institutions internationales.

RSM 2005 : de la phase du consensus à celle de l'élan

À partir des conclusions et des recommandations de l'année précédente, qui avaient fait l'objet d'un vaste consensus, l'édition 2005 du RSM cherche à savoir comment susciter l'élan nécessaire pour progresser plus vite et atteindre les OMD dans les délais convenus. Cinq années se sont écoulées depuis la Déclaration du millénaire et seulement dix nous séparent de 2015 : l'année 2005 marque donc une étape importante. Le rapport met tout particulièrement l'accent sur l'Afrique subsaharienne, car c'est cette région qui est la plus éloignée des OMD et où l'accélération des progrès se heurte aux plus redoutables obstacles.

Le rapport propose un programme de mesures en cinq points que les pays développés et en développement devraient s'efforcer de mettre en œuvre de façon rapide et concertée : (1) rattacher les initiatives visant à réaliser les OMD aux stratégies de développement pilotées par les pays; (2) créer l'environnement propice à une croissance économique soutenue et tirée par le secteur privé; améliorer les politiques économiques et la gestion des affaires publiques; (3) renforcer le développement humain et les services connexes essentiels; (4) démanteler les barrières commerciales; et (5) accroître de façon sensible le niveau et l'efficacité de l'aide.

Progresser plus vite vers les OMD : un programme en cinq points
Rattacher les initiatives visant à réaliser les OMD aux stratégies de développement pilotées par les pays
  • Mettre en œuvre les OMD dans le cadre de stratégies de réduction de la pauvreté contrôlées et pilotées par les pays et rattachées aux cadres budgétaires à moyen terme. Les bailleurs de fonds devraient se servir de ces stratégies pour aligner et harmoniser leurs activités d'assistance.

Créer l'environnement propice à une croissance économique soutenue et tirée par le secteur privé
  • Renforcer les politiques macroéconomiques en mettant l'accent sur la gestion budgétaire et la structure des dépenses publiques.

  • Rendre le climat des affaires favorable à l'initiative privée en éliminant les obstacles réglementaires et institutionnels et en développant les infrastructures.

  • Renforcer la gouvernance en améliorant la gestion du secteur public, en luttant contre la corruption et en rendant les activités du secteur public plus transparentes.

Renforcer le développement humain
  • Accélérer la formation de prestataires de services qualifiés (personnel médico-sanitaire, enseignants).

  • Fournir le financement accru, souple et prévisible nécessaire au fonctionnement de ces services récurrents et coûteux.

  • Gérer la fourniture des services de sorte que les dépenses soient suivies de résultats.

Démanteler les barrières commerciales
  • Obtenir dans le cadre du cycle de Doha des résultats ambitieux correspondant pleinement aux promesses de développement faites dans ce forum (à commencer par une réforme de grande ampleur de la politique commerciale agricole des pays à haut revenu) et achever le cycle au plus tard en 2006.

  • Accroître l'aide aux pays pauvres, afin d'éliminer les contraintes pesant sur leur capacité commerciale au-delà des frontières, notamment par le biais d'investissements dans les infrastructures importantes liées au commerce.

Accroître de façon sensible le niveau et l'efficacité de l'aide
  • Doubler l'aide publique au développement dans les cinq prochaines années à l'appui de la réalisation des OMD, tout particulièrement dans les pays à faible revenu et en Afrique subsaharienne — grâce à une augmentation des budgets d'aide et au recours à des mécanismes novateurs. Aligner le rythme de l'accroissement de l'aide sur l'évolution des capacité d'absorption des bénéficiaires de cette aide.

  • Améliorer la qualité de l'aide (en accélérant les efforts d'alignement et d'harmonisation) et les modalités de la fourniture de cette aide pour en accroître la souplesse et la prévisibilité.

  • Mener à bien en 2005 les projets existants d'allègement supplémentaire de la dette. Tout surcroît d'allégement de la dette ne doit cependant pas se faire au détriment de l'attribution de nouveaux financements nécessaires.


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