Fiche Technique
Documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP)
le 30 septembre 2012
Pour que le plan national de lutte contre la pauvreté soit efficace, il faut qu'il soit prise en charge par le pays et reçoive un large appui de l'opinion publique. Le DSRP contient une évaluation de la pauvreté et décrit les politiques et les programmes macroéconomiques, structurels et sociaux qu'un pays mettra en œuvre pendant plusieurs années pour promouvoir la croissance et réduire la pauvreté; il expose aussi les besoins de financement extérieur et les sources de financement connexes. Les DSRP sont établis par les gouvernements des pays à faible revenu selon un processus participatif dans lequel s'impliquent à la fois les parties prenantes au niveau national et les partenaires extérieurs du développement, dont le FMI et la Banque mondiale.
Il revient au pays de définir les priorités de la lutte contre la pauvreté
Le dispositif des DSRP, mis en place en septembre 1999 par le FMI et la Banque mondiale, est concrétisé par des stratégies générales de réduction de la pauvreté pilotées par les pays. Ce dispositif a été établi en reconnaissance de l’importance de l’internalisation des programmes de réformes et de la nécessité de s’appliquer davantage à faire reculer la misère. Les DSRP visent à assurer un lien essentiel entre les actions des autorités nationales, les concours des bailleurs de fonds et les résultats requis pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) de l’Organisation des Nations Unies visant à réduire de moitié la pauvreté entre 1990 et 2015. Les DSRP servent de cadre aux prêts concessionnels et d’allégement de dette du FMI et de la Banque mondiale ainsi qu’à l’Initiative en faveur des pays très endettés (PPTE). Les DSRP des pays qui ont consenti à leur diffusion peuvent être consultés sur les sites respectifs duFMI et de la Banque mondiale.
Principes fondamentaux du dispositif des DSRP
Cinq grands principes régissent le dispositif des DSRP. Les stratégies de réduction de la pauvreté doivent être :
- pilotées par les pays et aptes à favoriser l’internalisation des stratégies grâce à une large participation de la société civile;
- axées sur les résultats et les mesures susceptibles d’avoir un effet bénéfique sur les pauvres;
- globales, dans la mesure où elles reconnaissent la nature multidimensionnelle de la pauvreté;
- orientées sur le partenariat via la participation concertée des partenaires du développement (gouvernement, parties prenantes au niveau national et bailleurs de fonds extérieurs);
- et inscrites dans une perspective à long terme du recul de la pauvreté.
Les bailleurs de fonds soutiennent la mise au point de plans réalistes et les réformes de la gouvernance
Aujourd’hui, le dispositif des DSRP est bien en place dans un grand nombre de pays. Il contribue à promouvoir une véritable internalisation, à accroître la place accordée à la réduction de la pauvreté dans les débats de politique économique et à favoriser l’ouverture du dialogue national. À la fin de février 2012, les DSRP complets d’un peu plus de 110 pays avaient été communiqués au Conseil d’administration du FMI, ainsi que 57 DSRP préliminaires (ou «intérimaires»). Les DSRP étant maintenant en place dans une grande partie des pays à faible revenu, l’attention ces dernières années a surtout porté sur la mise en œuvre effective des stratégies.
Le dispositif des DSRP fait l’objet de réexamens périodiques par les services du FMI. Les principaux thèmes des rapports précédents sont les suivants : importance de l’internalisation; nécessité de faire preuve de réalisme et de souplesse et de mieux définir les priorités dans le choix des objectifs et des cibles; et besoin d’élargir les débats sur les stratégies alternatives. Le rapport souligne aussi que les bailleurs de fonds doivent améliorer globalement l’efficacité de leur aide, d’une part en l’alignant davantage sur les priorités des DSRP, d’autre part en harmonisant et en simplifiant leurs politiques et leurs pratiques. La dernière évaluation approfondie effectuée par les services du FMI et de la Banque mondiale soulignait que les DSRP peuvent faciliter la recherche d’un équilibre entre des tendances contradictoires inhérentes au processus de formulation des stratégies de développement nationales, telles que le réalisme et l’ambition ou la responsabilisation au plan national — étroitement liée à l’internalisation — et la responsabilisation au plan extérieur vis-à-vis des bailleurs de fonds et d’autres partenaires pour le développement. Le réexamen effectué en 2007 du rôle du FMI dans le processus des SRP et sa collaboration avec les bailleurs de fonds a permis de clarifier les paramètres de la participation des services du FMI au processus des DSRP, soulignant que l’appui du FMI doit surtout porter sur les aspects techniques de la conception des cadres macroéconomiques et des réformes structurelles cruciales dans une perspective macroéconomique.
Les services du FMI et de la Banque mondiale commentent les DSRP avec franchise en communiquant aux pays un avis consultatif conjoint (JSAN. Les deux institutions s’efforcent, en outre, d’aligner davantage leurs opérations de prêts sur les stratégies et priorités définies par les pays pour lutter contre la pauvreté.
Depuis la réforme, en 2009, des facilités que le FMI réserve aux pays à faible revenu, les DSRP pilotés par les pays restent la base de leurs relations suivies dans le cadre des programmes au titre de la Facilité élargie de crédit et de l’instrument de soutien à la politique économique, une marge de souplesse supplémentaire a été ménagée en ce qui concerne la documentation à communiquer et les délais à respecter. De plus, les programmes soutenus par les facilités de prêts concessionnels du FMI incluront si possible des objectifs quantitatifs spécifiques pour préserver les dépenses sociales et prioritaires définies dans les stratégies nationales de lutte contre la pauvreté. De manière à améliorer l’efficacité du processus des DSRP, le FMI continuera à :
- aider les pays à concevoir des cadres macroéconomiques réalistes, mais souples, liés aux stratégies et budgets nationaux;
- aligner plus étroitement ses opérations et travaux sur les programmes sur les cycles nationaux de préparation des DSRP et du budget;
- renforcer la gestion des dépenses publiques pour en maximiser l’impact sur la réduction de la pauvreté;
- s’efforcer, en concertation avec les autres bailleurs de fonds, de mieux coordonner l’assistance, afin de la rendre plus efficace et de rationaliser les concours apportés à l’appui de la mise en œuvre des DSRP.
