Documents de stratégie
pour la réduction de la pauvreté (DSRP)
Les documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) sont établis par les gouvernements des pays à faible revenu selon un processus participatif dans lequel s'impliquent à la fois les parties prenantes au niveau national et les partenaires extérieurs du développement, dont le FMI et la Banque mondiale. Le DSRP décrit les politiques et les programmes macroéconomiques, structurels et sociaux qu'un pays mettra en œuvre pendant plusieurs années pour promouvoir la croissance et réduire la pauvreté; il expose aussi les besoins de financement extérieur et les sources de financement connexes. |
Quel est l'objectif des documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP) ?
L'expansion continue de l'économie mondiale depuis quelques décennies est à l'origine d'une grande prospérité, qui a permis de tirer de la misère des millions de personnes, notamment en Asie. Dans les 25 années à venir, cependant, la population de la planète devrait s'accroître de quelque deux milliards d'êtres humains, qui naîtront en majorité dans des pays en développement ou des économies de marché émergentes. À moins que les pays ne s'efforcent, de façon concertée, d'adopter les politiques avisées qui les aideront à s'aider eux-mêmes et que la communauté des partenaires du développement ne vienne appuyer ces efforts en augmentant ses concours, nombre de ces populations resteront condamnées à vivre dans la pauvreté.
Le dispositif des DSRP, mis en place en septembre 1999 par le FMI et la Banque mondiale, est concrétisé par des stratégies générales de réduction de la pauvreté pilotées par les pays. Ces stratégies assurent un lien essentiel entre les actions des autorités nationales, les concours des bailleurs de fonds et les résultats requis pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développemente (ODM) de l'Organisation des Nations Unies visant à réduire de moitié la pauvreté entre 1990 et 2015. Les DSRP forment la base des opérations de prêts concessionnels et d'allégement de dette du FMI et de la Banque mondiale dans le cadre de l' Initiative en faveur des pays très endettés (PPTE). Les DSRP des pays qui ont consenti à leur diffusion peuvent être consultés sur les sites respectifs du FMI et de la Banque mondiale.
Principes fondamentaux du dispositif des DSRP
Cinq grand principes régissent le dispositif des DSRP. Les stratégies de réduction de la pauvreté doivent être :
pilotées par les pays et aptes à favoriser l'internalisation des stratégies grâce à une large participation de la société civile;
axées sur les résultats et les mesures susceptibles d'avoir un effet bénéfique sur les pauvres;
globales, dans la mesure où elles reconnaissent la nature multidimensionnelle de la pauvreté;
orientées sur le partenariat via la participation concertée des partenaires du développement (gouvernement, parties prenantes au niveau national et bailleurs de fonds extérieurs);
et inscrites dans une perspective à long terme du recul de la pauvreté.
Bilan actuel des DSRP
Aujourd'hui, le dispositif des DSRP est bien en place dans un grand nombre de pays. Il contribue à promouvoir une véritable internalisation, à accroître la place accordée à la réduction de la pauvreté dans les débats de politique économique et à favoriser l'ouverture du dialogue national. À la fin août 2005, les DSRP complets de 49 pays avaient été communiqués au Conseil d'administration du FMI, tandis que 11 autres pays avaient élaboré des DSRP préliminaires (ou «intérimaires»). L'attention de ces pays est désormais centrée sur l'action future et la mise en œuvre effective des stratégies.
Le dispositif des DSRP est sans cesse affiné : sa mise en œuvre fait l'objet d'examens réguliers et d'évaluations plus approfondies. Le dernier rapport sur la mise en œuvre du dispositif a été terminé en septembre 2004. La deuxième évaluation approfondie a été achevée en septembre 2005 par les conseils d'administration du FMI et de la Banque mondiale.
Les principaux thèmes des rapports précédents sont les suivants : importance de l'internalisation; nécessité de faire preuve de réalisme et de souplesse et de mieux définir les priorités dans le choix des objectifs et des cibles; et besoin d'élargir les débats sur les stratégies alternatives. Le rapport souligne aussi que les bailleurs de fonds doivent améliorer globalement l'efficacité de leur aide, d'une part en l'alignant davantage sur les priorités des DSRP, d'autre part en harmonisant et en simplifiant leurs politiques et leurs pratiques. La dernière évaluation approfondie tire les enseignements de la démarche SRP en tant que modèle de coopération renforcée et recense les mesures et pratiques optimales à prendre pour l'améliorer. L'évaluation révèle que des progrès ont été accomplis en vue de transformer la démarche en un cadre opérationnel permettant d'intensifier les efforts déployés pour réaliser les OMD. L'évaluation souligne aussi que les SRP peuvent faciliter la recherche d'un équilibre entre des tendances contradictoires, telles que le réalisme et l'ambition ou la responsabilisation au plan national — étroitement liée à l'internalisation — et la responsabilisation au plan extérieur vis-à-vis des bailleurs de fonds et d'autres partenaires pour le développement.
À la suite des évaluations et des examens précédents, le dispositif des DSRP a été modifié pour donner aux pays plus de latitude dans la définition et l'application de leurs stratégies — et, partant, pour atténuer l'impression selon laquelle le processus est dicté par les exigences du FMI et de la Banque mondiale. Ainsi, l'approbation explicite du DSRP par les conseils d'administration des deux institutions n'est-elle plus nécessaire pour les prêts accordés au titre de la FRPC. Les services du FMI et de la Banque mondiale commenteront les DSRP avec franchise en communiquant aux pays un avis consultatif conjoint (JSAN), qui remplacera l'évaluation conjointe par les services de la Banque mondiale et du FMI (JSA). Les deux institutions, en outre, s'efforceront d'aligner davantage leurs opérations de prêts sur les stratégies et priorités définies dans les DSRP.
L'alignement des programmes soutenus par des prêts concessionnels du FMI dans le cadre de la FRPC sur le dispositif des DSRP représente un bon point de départ. De manière à améliorer l'efficacité de ses opérations et à répondre aux besoins des pays membres, le FMI aura pour tâches prioritaires à court terme :
d'aider les pays à concevoir des cadres macroéconomiques réalistes, mais souples, liés aux stratégies et budgets nationaux;
de prêter davantage attention aux sources de la croissance, aux obstacles auxquels elle se heurte, à l'incidence de la politique économique sur la croissance et aux effets de répartition de cette dernière;
de renforcer la gestion des dépenses publiques, ainsi que l'analyse des répercussions des choix de politique économique sur le plan social et les questions de pauvreté;
de s'efforcer, en concertation avec les autres bailleurs de fonds, de mieux coordonner l'assistance, afin de la rendre plus efficace et de rationaliser les concours apportés à l'appui de la mise en œuvre des DSRP.
