Le Conseil d'administration du FMI a conclu les consultations de 2007 au titre de l'article IV avec l'Algérie

Note d'information au public (NIP) n08/20 (F)
Le 19 février 2008

Les notes d'information au public (NIP) s'inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l'évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l'issue de l'examen par le Conseil d'administration des rapports sur les consultations au titre de l'article IV avec les pays, de la surveillance de l'évolution économique à l'échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres où le FMI a appuyé des programmes sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l'issue de l'examen des questions de politique générale par le Conseil d'administration, sauf si le Conseil en décide autrement.

Le 11 février 2008, Le Conseil d'administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations au titre de l'article IV avec l'Algérie1.

Informations générales

Les réformes économiques axées sur le marché mises en œuvre ces dernières années par l'Algérie ont commencé à porter leurs fruits : accélération de la croissance, faiblesse de l'inflation et renforcement des positions budgétaire et extérieure. La croissance du PIB réel a culminé à 4,6 % en 2007, contre 2 % en 2006, grâce au dynamisme du secteur hors hydrocarbures (6 %), lui-même soutenu par l'activité des services, du bâtiment et des travaux publics. L'inflation est restée modérée en dépit de la hausse des prix des produits alimentaires. Le chômage a continué de baisser en 2007, mais reste élevé, surtout chez les jeunes.

La position extérieure de l'Algérie a continué de s'améliorer. Sous l'effet de la hausse des cours mondiaux du pétrole, les réserves de change dépassent désormais le seuil des 100 milliards de dollars et le solde du compte extérieur courant est resté supérieur à 20 % du PIB en 2007.

L'orientation de la politique budgétaire est restée expansionniste. Le déficit hors hydrocarbures est passé de 36 % du PIB en 2006,à environ 37,5 % en 2007, en raison de la mise en œuvre du programme d'investissements publics et de l'augmentation de la masse salariale. Néanmoins, la hausse des recettes des hydrocarbures a porté l'excédent budgétaire global à 12 % du PIB en 2007, ce qui a accru les ressources du Fonds de régulation des recettes (FRR).

Les réformes structurelles visant à renforcer l'intermédiation financière et à améliorer le climat des affaires, afin de stimuler l'investissement privé et la croissance économique à moyen terme, ont continué de progresser.

Évaluation par le Conseil d'administration

Les Administrateurs ont marqué leur accord sur l'essentiel de l'évaluation des services du Fonds Monétaire International. Ils ont accueilli favorablement les performances économiques encourageantes de l'Algérie au cours des dernières années, reflétant des réformes orientées vers le marché et des politiques macroéconomiques prudentes dans un environnement externe favorable. La croissance hors hydrocarbures s'est accélérée, l'emploi s'est accru et les pressions inflationnistes sont sous contrôle. Les situations budgétaire et extérieure demeurent fortes et l'ambitieux programme d'investissements des autorités a commencé à améliorer l'infrastructure et les conditions de vie.

Les Administrateurs conviennent que les principaux défis auxquels l'Algérie fait face consistent à assurer une productivité et une croissance hors hydrocarbures fortes et durables et à réduire davantage le chômage qui demeure élevé. Ils ont accueilli favorablement l'engagement des autorités à maintenir la stabilité macroéconomique et à approfondir les réformes de marché, comme base pour faire face à ces défis, et ont souligné, en particulier, l'importance de l'amélioration de l'intermédiation financière.

Les Administrateurs ont considéré que le resserrement de la politique monétaire a permis d'absorber l'excès de liquidité dans le système bancaire et aidé à maintenir l'inflation sous contrôle, malgré la hausse des prix des produits alimentaires. Ils ont souligné que, dans la mesure où l'impulsion budgétaire accroîtra la liquidité et la demande intérieure, la vigilance continue de la Banque d'Algérie est de rigueur. Ils ont également encouragé l'approfondissement de la réflexion sur des mesures à même d'absorber l'excès de liquidité de manière permanente. Dans ce contexte, ils ont accueilli favorablement la récente augmentation du taux des réserves obligatoires.

Les Administrateurs ont considéré que la politique de taux de change est en phase avec la stabilité externe. Ils ont pris note de l'évaluation indiquant que le taux de change effectif réel demeure proche de son niveau d'équilibre, tout en prenant en compte les difficultés d'estimation dans le cas des pays exportateurs de pétrole. Les Administrateurs ont encouragé les autorités à continuer à gérer le taux de change de manière flexible, tout en mettant en œuvre des politiques visant à accroître la productivité et la diversification économique.

Les Administrateurs ont convenu que le rythme budgétaire actuel demeure compatible avec la viabilité budgétaire à long- terme. Ils ont noté cependant que si les pressions inflationnistes s'intensifient, le poids ne doit pas être supporté uniquement par la politique monétaire et l'atténuation de l'impulsion budgétaire envisagée pour 2008 pourrait s'avérer nécessaire. Dans ce contexte, les Administrateurs ont noté qu'une prioritisation prudente des projets inclus dans le programme d'investissement publics, en conformité avec les capacités d'absorption, pourrait réduire les pressions sur la demande. Ils ont accueilli favorablement la mise en place de la Caisse Nationale pour l'investissement et le Développement et souligné l'importance de son rôle dans la préservation de la qualité de la dépense dans le cadre du programme d'investissements publics. Les Administrateurs ont également félicité les autorités pour les améliorations substantielles dans la gestion des finances publiques et dans la transparence budgétaire.

Les Administrateurs ont noté que l'importante augmentation dans l'enveloppe salariale envisagée pour 2008 vise à améliorer l'efficacité de l'administration publique. Ils ont encouragé les autorités à maintenir les hausses des salaires réels dans le secteur public en phase avec les gains de productivité dans le secteur hors hydrocarbures, tel qu'envisagé conformément aux principes contenus dans le Pacte National Économique et Social et ce, afin de préserver la compétitivité et la viabilité budgétaire à long-terme.

Les Administrateurs ont été encouragés par les progrès en matière de renforcement de l'administration fiscale et de simplification du système fiscal. Ils ont considéré que l'élimination progressive des exemptions, l'amélioration de la conception de la TVA et l'élimination de la taxe sur le chiffre d'affaires pourraient contribuer de manière importante à l'amélioration du climat des affaires.

Les Administrateurs ont souligné l'importance d'une mise en œuvre soutenue des réformes du secteur financier pour l'amélioration du climat des affaires et le renforcement de la croissance tirée par le secteur privé. Ils ont encouragé les autorités à mettre en œuvre les recommandations de la mise à jour du Programme d'Évaluation du Secteur Financier (PESF) de 2007, y compris le renforcement du rôle des banques privées. Au vu du fort accroissement du crédit au secteur privé, les Administrateurs accordent une grande priorité à l'amélioration de la gouvernance des banques et de leurs capacités de gestion des risques. Ils ont également souligné que les schémas de garantie des crédits aux petites et moyennes entreprises ne doit pas distraire les banques de l'évaluation prudente du risque de crédit.

Les Administrateurs ont accueilli favorablement la décision des autorités de lister les titres obligataires des grandes entreprises et les titres du Trésor à la Bourse d'Alger, et ont recommandé la finalisation rapide du cadre règlementaire régissant le marché des billets de trésorerie. Développer davantage les marchés des titres obligataires des entreprises pourrait contribuer à la stabilité financière et à la croissance.

Les Administrateurs ont accueilli favorablement les progrès accomplis en matière de libéralisation du commerce bilatéral et régional. Ils sont dans l'attente de l'accession de l'Algérie à l'OMC, ce qui constituera un pas important pour assurer l'accès aux marchés internationaux.

Les Administrateurs ont encouragé l'Algérie à poursuivre leurs efforts pour participer à l'initiative en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE).

Il est prévu que les prochaines consultations au titre de l'Article IV auront lieu conformément au cycle de 12 mois.


Principaux indicateurs économiques
 
        Est. Proj.
  2003 2004 2005 2006 2007
 
  (Variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire)

Économie intérieure

         

PIB réel

6,9 5,2 5,1 2,0 4,6

Secteur des hydrocarbures

8,8 3,3 5,8 -2,5 -1,0

Autres secteurs

5,9 6,2 4,7 5,6 6,0

Indice des prix à la consommation (moyenne)

2,6 3,6 1,6 2,5 3,7

Épargne nationale brute (en % du PIB)

43,3 46,2 51,8 54,4 54,5

Investissement intérieur brut (en % du PIB)

30,3 33,2 31,2 29,2 31,0
  (En milliards de dollars EU, sauf indication contraire)

Secteur extérieur

         

Exportations, f.a.b.

24,5 32,2 46,3 54,7 59,9

Importations, f.a.b.

13,4 18,0 19,9 20,7 25,2

Compte courant (en % du PIB)

13,0 13,1 20,6 25,2 23,6

Réserves officielles brutes

32,9 43,1 56,2 77,8 108,5

Idem, en mois d'importations de l'année suivante

18,1 21,0 26,5 29,1 32,2

Dette extérieure (en % du PIB)

34,4 25,6 16,7 4,9 3,5

Ratio du service de la dette (en % des exportations)

17,9 17,6 12,5 23,8 3,1

Termes de l'échange (détérioration -)

9,7 13,6 30,0 9,8 3,4

Taux de change effectif réel (dépréciation -) 1/

-9,5 0,6 -3,9 -0,3 -0,5
  (En pourcentage du PIB)

Financement de l'administration centrale

         

Recettes totales

37,1 36,1 40,9 43,0 42,7

Total des dépenses et des prêts nets

29,3 29,2 29,0 29,4 30,9

Solde budgétaire global (déficit -)

7,8 6,9 11,9 13,6 11,8
  (En % du PIB hors hydrocarbures)

Financement de l'administration centrale

         

Recettes totales

57,6 58,0 73,6 79,5 77,5

Total des dépenses et des prêts nets

45,5 47,0 52,2 54,4 56,0

Solde hors hydrocarbures

-27,8 -30,1 -34,7 -36,0 -37,6
  (Variation, annuelle en pourcentage, sauf indication contraire)

Monnaie et crédit

         

Avoirs extérieurs nets

33,4 33,1 34,0 31,9 33,5

Crédit intérieur

-1,4 -8,6 -17,8 -5,9 -16,0

Crédit à l'État (net)

-5,3 -13,2 -24,4 -8,9 -21,4

Crédit à l'économie

8,9 11,2 15,9 7,1 13,8

Masse monétaire au sens large

15,6 11,5 11,1 18,7 23,1

Taux d'intérêt (taux d'escompte de la banque centrale, en %)

4,5 4,0 4,0 4,0 4,0
 

Sources : autorités algériennes; estimations et projections des services du FMI.
1/ Pour 2007, en date de novembre.


1 Conformément aux dispositions de l'article IV de ses Statuts, le FMI procède, en général tous les ans, à des consultations bilatérales avec ses pays membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des informations économiques et financières et s'entretient avec les responsables nationaux de l'évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui est soumis à l'examen du Conseil d'administration. À l'issue de cet examen, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d'administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. Cette NIP fait la synthèse de l'examen du rapport des services du FMI par le Conseil d'administration durant sa réunion du 11 février 2008.



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