Déclaration de la Mission du FMI au Sénégal

Communiqué de presse no 07/173
Le 31 juillet 2007

La mission des services du Fonds monétaire international (FMI) au Sénégal a publié la déclaration suivante:

«Une équipe des services du FMI conduite par M. Johannes Mueller s'est rendue au Sénégal du 12 au 26 juillet 2007 pour des discussions sur un programme appuyé par le FMI dans le cadre de l'instrument de soutien à la politique économique (ISPE).1 La mission a tenu des entretiens approfondis avec le Ministre des finances, le Ministre du budget, le Directeur National de la BCEAO pour le Sénégal, les dirigeants des principales agences de l'État et plusieurs autres hauts fonctionnaires. L'équipe a aussi rencontré des représentants du secteur privé, des banques commerciales et des partenaires internationaux du Sénégal pour le développement».

«Les négociations du programme ont débouché sur un accord préliminaire entre le gouvernement sénégalais et les services du FMI. Cet accord a été bâti autour d'un cadre de politiques économique et financière pour 2007-10, complété par des réformes ciblées sur le renforcement de la transparence et de la gouvernance dans la gestion des finances publiques, l'amélioration de l'environnement pour les activités du secteur privé et l'accroissement du rôle du secteur financier dans l'accès au crédit et aux capitaux. L'accord préliminaire sera soumis à l'examen et à l'approbation de la Direction du FMI. La décision finale sur le soutien du FMI au programme du gouvernement sera prise par le Conseil d'administration et pourrait intervenir en octobre. En cas d'approbation, le Sénégal serait le sixième pays africain à bénéficier d'un programme au titre de l'ISPE».

«La mission estime que les perspectives de croissance du Sénégal sont prometteuses, à condition que des politiques suffisamment ambitieuses soient conduites. La croissance pourrait s'accélérer pour s'établir légèrement au dessus de 5½ % en moyenne sur la période 2007-10, après avoir été de 2 % seulement en 2006. L'inflation devrait retomber à moyen terme à sa moyenne historique d'environ 2 %, une fois que l'impact du relèvement récent des prix administrés de l'énergie et des denrées alimentaires se dissipera. Selon les projections, le déficit extérieur courant (dons inclus) devrait osciller autour de 10 % du PIB, et être financé dans une large mesure par l'afflux d'investissements directs étrangers liés à plusieurs grands projets d'investissement. En conséquence, l'augmentation de la dette extérieure du Sénégal sera bien contenue».

«Le programme est centré sur le maintien d'une politique budgétaire viable. Pour ce faire, le déficit budgétaire devrait être ramené du pic de 5¾ % du PIB enregistré en 2006 à environ 4 % du PIB au cours des trois prochaines années. Le Sénégal devrait continuer à enregistrer les solides performances qu'il affiche traditionnellement du côté des recettes, mais une réorientation des dépenses s'impose pour assurer l'allocation de crédits suffisants aux secteurs prioritaires (santé et éducation, en particulier), apurer les arriérés et réduire les délais de paiement. Cette réorientation devrait être facilitée par la réforme du secteur énergétique prévue par le gouvernement, qui devrait passer par une diminution des aides budgétaires dont bénéficie ce secteur. Il sera indispensable de renforcer la gestion des dépenses pour atteindre les objectifs budgétaires dans le cadre du programme envisagé».

«S'agissant de la transparence et de la gouvernance dans la gestion des finances publiques, le programme devrait privilégier, entre autres, le renforcement du cadre de passation des marchés publics dans lequel s'inscrivent les dépenses de l'État et de ses agences, l'amélioration de la planification, de l'évaluation et du suivi des grands programmes d'investissement du Sénégal (y compris dans le contexte de partenariats public-privé) ainsi que l'évaluation et la prise en compte adéquates des risques budgétaires».

«La mission tient à remercier les autorités sénégalaises pour le caractère très ouvert et la grande franchise dans les entretiens qu'elle a eus avec elles».


1 Le cadre du FMI pour l'ISPE est conçu pour les pays à faible revenu qui n'ont pas besoin, ou ne veulent pas, des concours financiers du FMI, mais souhaitent que leurs politiques économiques bénéficient des conseils, du suivi et de l'aval du FMI. L'ISPE est facultatif et doit être demandé par le pays. Les programmes soutenus par l'ISPE sont fondés sur les stratégies de réduction de la pauvreté internalisées par les pays, adoptées à travers un processus participatif impliquant la société civile et les partenaires au développement, et articulées dans un Document de Stratégie pour la Réduction de la Pauvreté (DSRP). Ceci permet d'assurer que les programmes soutenus par l'ISPE soient cohérents avec un cadre complet pour les politiques macroéconomiques, structurelles et sociales, visant à soutenir la croissance et réduire la pauvreté. La performance du pays membre dans le cadre du programme est en principe revue tous les six mois, quel que soit le statut du programme. (voir Public Information Notice No. 05/145).



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