Thomas C. Dawson
Thomas C. Dawson

Articles et commentaires
2005 2004 2003 2002 2001 2000 1999 1998





M. Stiglitz est mal informé!
Lettre à l'éditeur
Par Thomas C. Dawson
Directeur, Département des relations extérieures
Fonds monétaire international
Le Figaro
27 août 2002
English

Le Professeur Stiglitz a reçu le Prix Nobel pour ses travaux sur les conséquences de l'information imparfaite. Dans l'entretien récemment publié dans vos colonnes («Le FMI obéit aux intérêts de Wall Street», 12 août), il montre sa maîtrise imparfaite de l'information. À titre d'exemple, il accuse le FMI de répondre aux intérêts des pays industrialisés ou des marchés financiers. Cette accusation est totalement infondée.

Dire que les États-Unis ont droit de veto au FMI, c'est ressasser un mythe. Les États-Unis ont suffisamment de voix pour s'opposer à une modification des Statuts du Fonds, mais, en se regroupant, les États européens sont en mesure d'en faire autant — l'Europe dispose d'un nombre de voix deux fois supérieur à celui des États-Unis. Qu'il s'agisse des doubles déficits (du budget et des comptes courants) des années 80 ou de la récente loi sur l'agriculture, le FMI ne s'est jamais privé de critiquer les États-Unis. Et les autres gros actionnaires ne sont pas non plus à l'abri des critiques. Nous ne ménageons pas nos efforts, par exemple, pour exhorter les trois plus grands pays de la zone euro à se conformer au Pacte de stabilité et de croissance. Et après avoir pressé le Japon, année après année, d'accélérer la restructuration de son système bancaire, nous avons récemment été invités à y envoyer une équipe pour mieux analyser le problème de l'intérieur.

Contrairement à ce que proclame M. Stiglitz, le FMI se mêle rarement de «sauver la mise» aux investisseurs internationaux. Au cours de la première année de la crise asiatique, les pertes des investisseurs se sont chiffrées à quelque 200 milliards de dollars, et en 1998, en Russie, ils ont perdu environ 100 milliards de dollars.

Le FMI s'est en outre souvent fait l'avocat de solutions novatrices qui ont coûté cher aux investisseurs. Pendant la crise de la dette des années quatre-vingt, il a fait pression sur les banques commerciales afin qu'elles rééchelonnent leurs prêts, après quoi il a joué un rôle de premier plan dans la mise en _uvre du Plan Brady, visant à minorer la valeur de ces dettes. Aujourd'hui le FMI travaille à l'élaboration d'un nouveau mécanisme de restructuration, qui suscite l'opposition des principaux groupes de créanciers. Ce mécanisme permettrait aux pays de négocier une réduction de leurs obligations internationales.

Sans investissement, aucune économie ne peut prospérer. Or les investisseurs ne laissent pas leurs fonds là où une mauvaise politique leur fait craindre de n'obtenir qu'un rendement dérisoire. Il ne faut pas confondre ce constat d'une réalité parfois amère avec un quelconque asservissement aux volontés de la communauté financière.




IMF EXTERNAL RELATIONS DEPARTMENT

Public Affairs    Media Relations
E-mail: publicaffairs@imf.org E-mail: media@imf.org
Fax: 202-623-6278 Phone: 202-623-7100