Thomas C. Dawson
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Le FMI n'a pas obligé la Thaïlande à couper les crédits de santé publique
Lettre à l'éditeur
Par Thomas C. Dawson
Directeur des Relations extérieures du FMI
Tribune de Genève
5 février 2003

Joseph Stiglitz s'est découvert une deuxième vocation dans les attaques qu'il porte au Fonds monétaire international, comme le démontre l'entretien publié dans vos éditions du 23 décembre dernier.

Depuis d'autres tribunes, le FMI a déjà démonté la plupart des arguments fallacieux de M. Stiglitz (voir le site internet du FMI, www.imf.org), mais dans l'entretien qu'il vous a accordé, il décoche une accusation nouvelle et particulièrement délétère à laquelle nous devons répondre. Selon lui, le FMI aurait « forcé » la Thaïlande à « réduire ses dépenses en matière de santé » durant la crise de 1997-98, ce qui aurait été à l'origine de la recrudescence du sida dans ce pays.

Rappelons que nous avons en fait encouragé les autorités thaïlandaises à protéger leurs dépenses sanitaires, et ce en dépit de l'effondrement des recettes publiques (vous trouverez les informations pertinentes sur notre site internet).

L'accord de prêt conclu avec la Thaïlande en août 1997, au tout début de la crise, prévoyait de « protéger les dépenses vitales consacrées à la santé et à l'éducation dans le budget de l'administration centrale ». L'accord complémentaire de février 1998 était encore plus explicite et invitait le Gouvernement à « maintenir les activités liées à la santé maternelle et infantile et à la lutte contre le VIH / sida », à « accroître et améliorer les subventions en faveur de l'assurance maladie » et à « mener des programmes de prévention et de soins à l'échelle communautaire, en s'attachant en particulier aux malades du sida ».

Les dépenses de santé se sont accrues de 8% en 1997-98, alors même que les rentrées fiscales chutaient de 14%. Cet accroissement n'a cependant pas suffi à couvrir la montée en flèche du coût des traitements et le programme de lutte contre le sida a subi des coupes réelles, dont a notamment souffert la construction de nouveaux dispensaires pendant la crise.

La pandémie du sida est toutefois un phénomène complexe. Imputer la recrudescence du sida en Thaïlande à des contraintes budgétaires c'est faire preuve de naïveté. Affirmer que le FMI a obligé la Thaïlande à couper les crédits relève de la pure imagination




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