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Intervention de S.E. Fathallah OUALALOU
Ministre de l'Economie, des Finances, de la Privatisation et du Tourisme
du Maroc

Au nom de l'Algérie, du Ghana, la République Islamique d'Iran,
du Maroc, du Pakistan et la Tunisie

à la Réunion Conjointe du
Comité Monétaire et Financier International
et du Comité du Développement
Sur "La Lutte contre La Pauvreté et le Renforcement de la Croissance"

Washington, D.C., 29 avril 2001

English

Le thème de cette troisième réunion conjointe du Comité monétaire et financier international et du Comité du Développement, centré sur la "lutte contre la pauvreté et le renforcement de la croissance" est pertinent à plus d'un titre:

1. Il nous rappelle que l'objectif ultime de l'action de nos institutions doit viser le bien être humain.

2. Il évoque la nécessité d'une coopération étroite et efficiente entre la Banque et le Fonds, tant l'objectif est le même.

3. Ce thème est enfin pertinent car il met en exergue le lien qui existe entre la réduction de la pauvreté et le renforcement de la croissance.

Je me réjouis de cette évolution et de cette prise de conscience collective dont une des premières manifestations a été matérialisée par l'initiative d'allégement de la dette des pays pauvres lourdement endettés.

Depuis son lancement en 1996, cette initiative a connu des évolutions appréciables, si bien que sur les 41 pays éligibles 22 ont atteint le point de décision.

Tout en nous félicitant des progrès réalisés, nous avons également des appréhensions et quelques inquiétudes.

- Tout d'abord, nous estimons que le schéma de financement de cette initiative doit être revu pour intégrer également les besoins d'allégement de la dette les pays pauvres lourdement endettés et qui sont en situation d'arriérés persistants, souvent parce qu'il sont en proie à des conflits avec des retombées désastreuses sur les plans humain, économique et financier. L'extension rapide de l'initiative à ces pays est de nature à atténuer la précarité de leur situation et à faciliter leur intégration dans l'économie mondiale. De même, une attention particulière doit être accordée au problème des pays pauvres en transition lourdement endettés.

- La deuxième inquiétude tient au fait que depuis le lancement de l'initiative, seul un pays a atteint le point d'achèvement. Cela interpelle la communauté internationale, et nos deux Institutions en particulier, pour redoubler d'efforts en vue d'accélérer la mise en œuvre de l'initiative. Notre espoir à cet égard est grand compte tenu de la simplification et de la rationalisation annoncées par le FMI concernant la conditionnalité applicable à ses facilités y compris la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance et des efforts en cours pour renforcer l'appropriation par les pays de leurs programmes de réforme et de lutte contre la pauvreté. Notre espoir est également grand de voir la Banque et le Fonds mieux coordonner leurs interventions dans les pays pauvres, en évitant les conditionnalités croisées et en adaptant leurs interventions aux conditions particulières de chaque pays. C'est là le meilleur moyen d'accélérer la mise en œuvre de l'initiative et de parvenir à la soutenabilité de la dette des pays pauvres.

- Enfin, et parallèlement à l'accélération de la mise en œuvre de l'initiative, les différents contributeurs devraient se mobiliser pour que les déboursements prévus soient effectués en temps opportun, et pour que la reconstitution des ressources d'institutions appelées également à contribuer puisse s'effectuer dans de bonnes conditions. De même, il me semble impératif que les institutions financières régionales notamment la Banque Africaine du Développement, reçoivent de la part des pays contributeurs les flux de ressources nécessaires pour accompagner l'accélération de la mise en œuvre de cette initiative.

Plus généralement, nous estimons que le rôle du Groupe de la Banque mondiale doit continuer à être centré sur la lutte contre la pauvreté dans le monde. A cet égard et sachant que 80% des populations les plus démunies de la planète vivent dans les pays à revenu intermédiaire, ces pays devront continuer à bénéficier des prêts directs de la Banque. Celle-ci est, en effet, appelée à répondre aux besoins des pays à revenu intermédiaire en procédant à un dosage approprié entre prêts-projets, appui à l'ajustement structurel et financement des réformes sectorielles. De plus, le Fonds et la Banque sont appelés à jouer un rôle plus dynamique de catalyseur des flux de capitaux privés en faveur des pays intermédiaires. A cet égard, nous saluons la décision du Directeur général du FMI de créer un département des Marchés Internationaux de capitaux et nous comptons beaucoup sur l'appui de ce département à l'ensemble des pays en développement pour faciliter leur intégration dans le marché international des capitaux.

Par ailleurs, la croissance dans les pays en développement dans leur globalité n'est pas tributaire seulement des ressources de financement mais également de l'environnement extérieur de leur économie.

A ce titre, nous estimons que l'ouverture des marchés des pays industrialisés aux exportations des pays en développement, y compris les produits agricoles, est de nature à accélérer la croissance et à réduire la pauvreté dans ces pays. Les initiatives récentes prises par un certain nombre de pays et de groupements régionaux sont encourageantes à cet égard dans la mesure où elles favorisent l'intégration des pays en développement dans l'économie mondiale. Nous souhaitons que ces initiatives soient élargies à l'ensemble des pays en développement. Nous saluons et encourageons les initiatives lancées par un certain nombre de pays africains pour promouvoir la coopération régionale ainsi que l'appui des institutions financières internationales dans ce domaine.

Enfin, qu'il s'agisse des pays les moins avancés ou des pays intermédiaires, les mesures tendant à accroître les flux de ressources en direction de ces pays doivent comprendre une augmentation des flux d'Aide Publique au Développement dont la tendance doit être inversée pour atteindre l'objectif de 0,7% du PNB fixé par les Nations Unis et faciliter ainsi la réalisation des objectifs internationaux de développement.