La politique monétaire et les banques centrales

le 19 octobre 2016

Les banques centrales jouent un rôle déterminant pour la stabilité économique et financière. Elles mènent leur politique monétaire de manière à assurer une inflation faible et stable. À la suite de la crise financière mondiale, les banques centrales ont étoffé leurs instruments afin de contrer les risques pour la stabilité financière et pour gérer la volatilité des taux de change. Elles ont besoin de cadres d’action bien définis pour atteindre leurs objectifs. Adaptés à la situation particulière de chaque pays, ces cadres d’action accroissent l’efficacité de la politique de la banque centrale. Le FMI apporte son aide aux pays du monde entier sous forme de conseils et d’assistance technique dans ce domaine, comme dans beaucoup d’autres.

Politique monétaire

Une banque centrale a pour principales tâches de mener une politique monétaire de nature à assurer la stabilité des prix (inflation faible et stable) et de contribuer à la gestion des fluctuations économiques. Les cadres d’action dans lesquels les banques centrales opèrent ont subi de profondes transformations au cours de ces dernières décennies.

Depuis la fin des années 1980, le ciblage de l’inflation s’est imposé comme le cadre d’action de référence pour la politique monétaire. Un grand nombre de banques centrales, par exemple au Canada, dans la zone euro, au Royaume-Uni et en Nouvelle-Zélande, ont adopté un objectif d’inflation explicite. Dernièrement, un grand nombre de pays à faible revenu ont commencé à délaisser le ciblage d’un agrégat monétaire (mesure du volume de monnaie en circulation) au profit d’un système de ciblage de l’inflation.

D’un point de vue opérationnel, les banques centrales mènent leur politique monétaire en ajustant l’offre de monnaie, généralement par le biais d’interventions sur le marché monétaire (opérations d’open market). Par exemple, la banque centrale peut acheter des titres de la dette publique auprès des banques commerciales et accroître ainsi l’offre de monnaie (assouplissement monétaire). Les opérations d’open market ont pour but d’orienter les taux d’intérêt à court terme, ce qui est censé influer ensuite sur les taux à plus long terme et l’activité économique dans son ensemble. Dans nombre de pays, en particulier les pays à faible revenu, le mécanisme de transmission par lequel les variations de l’offre de monnaie influent sur les taux d’intérêt n’est pas aussi efficace. Avant de passer du ciblage des agrégats monétaires au ciblage de l’inflation, un pays doit d’abord mettre en place un cadre permettant à la banque centrale d’influer sur les taux d’intérêt à court terme.

Au lendemain de la crise financière mondiale, les banques centrales des pays avancés ont assoupli leur politique monétaire en abaissant les taux d’intérêt à court terme jusqu’à ce qu’ils s’approchent de zéro, ce qui a limité leurs possibilités de recourir aux instruments monétaires conventionnels. Face à la menace croissante de déflation, elles ont engagé des politiques monétaires non conventionnelles, qui ont consisté notamment à acheter des obligations (en particulier aux États-Unis, au Royaume-Uni, dans la zone euro et au Japon) afin de faire baisser encore les taux d’intérêt à long terme et d’assouplir davantage les conditions monétaires. Certaines banques centrales ont même adopté des taux négatifs.

Régimes et politiques de change

Le choix du cadre d’action monétaire est étroitement lié au choix du régime de change. Un pays dont le taux de change est fixe n’aura aucune marge de manœuvre pour mener une politique monétaire indépendante, comme peut le faire un pays doté d’un régime de change plus souple. Certains pays dont le taux de change n’est pas fixe tentent quand même d’en gérer le niveau, parfois au détriment de l’objectif de stabilité des prix. Un régime de change entièrement souple rend d’autant plus efficace le ciblage de l’inflation.

Politique macroprudentielle

La crise a montré l’importance pour les pays de mener des politiques financières adaptées afin de limiter les risques pour l’ensemble du système financier. Un grand nombre de banques centrales qui ont aussi pour mission de promouvoir la stabilité financière ont développé leur cadre d’action à cette fin, en se dotant notamment d’instruments pour agir sur le plan macroprudentiel. Pour être efficace, la politique macroprudentielle doit s’appuyer sur un cadre institutionnel solide. Les banques centrales sont bien placées pour mener la politique macroprudentielle dans la mesure où elles disposent des moyens nécessaires pour analyser les risques systémiques. En outre, elles sont souvent relativement indépendantes et autonomes. Dans un grand nombre de pays, le législateur a assigné une mission macroprudentielle à la banque centrale elle-même ou à un comité spécial au sein de celle-ci. Quel que soit le modèle choisi pour mettre en œuvre la politique macroprudentielle, le cadre institutionnel sur lequel elle s’appuie doit être assez solide pour résister à l’opposition des acteurs du secteur financier et aux pressions politiques, et en garantir la légitimité et la transparence. Ce cadre institutionnel doit donner aux décideurs des objectifs clairs ainsi que les pouvoirs légaux nécessaires, et encourager la coopération des autres organismes de supervision et de réglementation.

Comment le FMI contribue à l’efficacité de l’action des banques centrales

Le FMI contribue à l’efficacité de l’action des banques centrales par les moyens suivants :

  • La surveillance multilatérale et les documents d’orientation, qui aident à obtenir de meilleurs résultats à l’échelle mondiale, par exemple en donnant des conseils sur les moyens d’éviter les effets secondaires potentiels de la mise en œuvre et du retrait des politiques monétaires non conventionnelles.
  • Un dialogue régulier dans le cadre de la surveillance bilatérale (consultations au titre de l’article IV). Le FMI conseille les pays sur les mesures de politique monétaire à prendre pour assurer une inflation faible et stable ainsi que sur la mise en place de structures efficaces pour la politique monétaire et la politique macroprudentielle.
  • Le Programme d’évaluation du secteur financier , qui fournit aux pays membres une évaluation de leur système financier ainsi que des conseils détaillés sur les mesures à prendre pour contenir et gérer les risques pour la stabilité financière, notamment sur le plan macroprudentiel.
  • Les programmes-pays soutenus par un accord avec le FMI englobent souvent des mesures visant à renforcer la politique monétaire et les questions concernant l’action de la banque centrale.
  • L’ assistance technique aide les pays à rendre leurs institutions et cadres juridiques plus efficaces, développe leurs capacités par des actions de formation et leur fournit des conseils sur divers aspects des politiques relevant de la banque centrale. Elle porte notamment sur les cadres de politique monétaire, les régimes de change, le passage du ciblage des agrégats monétaires au ciblage de l’inflation, l’amélioration des opérations de la banque centrale (par exemple les opérations d’open market, le marché des changes) et la mise en œuvre de la politique macroprudentielle.