Le Conseil d'administration du FMI approuve des accords d’un montant total de 658,9 millions de $ EU au titre de la FEC et du MEC en faveur de la Côte d’Ivoire

le 13 décembre 2016

  • Le PIB réel a augmenté de 9 % par an en moyenne entre 2012 et 2015, sous l’impulsion de l’investissement et de la consommation et devrait rester forte, avoisinant 7.7 pour cent par an entre 2017-19.
  • Le nouveau programme économique des autorités soutenu par la Facilité élargie de crédit et le Mécanisme élargi de crédit vise à juste titre à promouvoir une croissance inclusive et viable, la transformation structurelle de l’économie et la réduction de la pauvreté
  • L’objectif est de maintenir la discipline budgétaire et renforcer les ressources pour faire face aux futurs et financer les infrastructures et les dépenses sociales

Le 12 décembre 2016, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a approuvé deux accords triennaux au titre de la Facilité élargie de crédit (FEC)[1] et du Mécanisme élargi de crédit (MEC)[2] en faveur de la Côte d’Ivoire, d’un montant total équivalant à 487,8 millions de DTS (environ 658,9 millions de $EU, soit 75 % de la quote-part de la Côte d’Ivoire) à l’appui du programme de réformes économiques et financières du pays.

Le programme vise à assurer la viabilité de la balance des paiements, à promouvoir une croissance inclusive et la réduction de la pauvreté en investissant dans les infrastructures et les projets sociaux prioritaires. Il visera en outre à restreindre les dépenses courantes, à catalyser les financements officiels et privés et à accroître la résilience du pays face aux futurs chocs économiques.

La décision du Conseil d’administration permettra le décaissement immédiat de 69,686 millions de DTS (environ 94,1 millions de $EU). Le reliquat sera échelonné sur la durée du programme, sous réserve de revues semestrielles.

À la suite de l’examen de la demande de la Côte d’Ivoire par le Conseil d’administration, M. Furusawa, Directeur général adjoint et Président par intérim, a fait la déclaration suivante :

« La Côte d'Ivoire a connu un impressionnant redressement économique depuis 2012 et les perspectives restent bien orientées. Néanmoins, il faudra du temps pour faire reculer la pauvreté, développer le capital humain et combler les lacunes des infrastructures, et les goulots d’étranglement structurels sont problématiques. Dans ce contexte, le nouveau programme économique des autorités soutenu par la Facilité élargie de crédit et le Mécanisme élargi de crédit vise à juste titre à promouvoir une croissance inclusive et viable, la transformation structurelle de l’économie et la réduction de la pauvreté. Ce programme s’appuie sur les solides antécédents établis dans le cadre du précédent programme appuyé par le FMI de 2011 à 2015 et devrait catalyser des financements officiels et privés.

« Les autorités entendent maintenir la discipline budgétaire et renforcer les volants de ressources pour faire face aux futurs chocs, tout en ménageant des marges de manœuvre pour financer les infrastructures et les dépenses sociales. À cette fin, l’amélioration de l’administration de l’impôt et l’adoption de nouvelles mesures fiscales permettront d’accroître la mobilisation des recettes. Il sera aussi essentiel de restreindre les dépenses courantes et la gestion prudente de la dette et des finances publiques contribuera à assurer la viabilité de la dette. Le renforcement de la supervision des entreprises publiques et l’élargissement du périmètre budgétaire aux entités extrabudgétaires renforcera le contrôle de l’ensemble des activités publiques et en améliorera la transparence. Le renforcement du cadre juridique des partenariats public-privé et l’avancement de la réforme des entreprises publiques permettront d’atténuer les risques budgétaires

« Les mesures que les autorités prendront pour renforcer les banques publiques et leurs efforts de promotion de l’inclusion financière contribueront à la saine expansion du crédit et favoriseront une croissance économique tirée par le secteur privé.

« Il est crucial de continuer à améliorer le climat des affaires, notamment sur le plan du paiement des impôts, de l’obtention de permis et de la facilitation des échanges commerciaux. Les efforts continus des autorités pour améliorer la qualité et la diffusion des statistiques économiques soutiendront l’action publique et l’investissement privé. »

Annexe

Évolution économique récente

La Côte d’Ivoire a connu un impressionnant redressement depuis 2012. La normalisation politique, la politique d’accompagnement budgétaire facilitée par l’annulation d’une grande partie de la dette, les réformes visant à améliorer le climat des affaires et la hausse des cours mondiaux du cacao ont favorisé un vif rebond de l’activité économique. Le PIB réel a augmenté de 9 % par an en moyenne entre 2012 et 2015, sous l’impulsion de l’investissement et de la consommation, ce qui a permis d’inverser en partie le recul du revenu par habitant qui a duré près d’une décennie.

La robuste reprise de l’activité économique depuis 2102 n’a pas complètement effacé les séquelles socioéconomiques des décennies de croissance molle et de recul des revenus, aggravées par l’état de conflit. Il subsiste de fortes disparités au sein du pays et sur le plan des niveaux d’instruction, d’emploi et de revenu. Dès lors, le Plan National de Développement (PND) pour 2016–20 vise à juste titre à promouvoir une croissance inclusive et viable, centrée sur la transformation structurelle et l’amélioration de la qualité de la vie.

La situation macroéconomique est restée florissante pendant la première moitié de l’année 2016, malgré l’impact de la sécheresse sur l’agriculture et le taux croissance du PIB réel devrait se situer à environ 8 % pour l’ensemble de l’année. Le déficit budgétaire devrait s’établir à 4 % du PIB en 2016, du fait de la hausse des dépenses, notamment pour la sécurité, la santé et l’éducation. Les prévisions de croissance économique restent robustes à moyen terme, à un niveau moyen de 7,7 % par an sur la période 2017-19, grâce à la vigueur de la demande intérieure. L’inflation devrait rester inférieure à 3 %. En raison des importations liées aux investissements, le déficit extérieur courant devrait s’accroître et passer à environ 2,5 % du PIB.

Résumé du programme

Faisant fond sur les progrès accomplis dans le cadre du programme de 2012-15 (voir le Communiqué de presse no 11/399), le nouveau programme triennal soutiendra les objectifs généraux du PND, et contribuera à assurer la viabilité de la balance des paiements, à promouvoir une croissance inclusive et à faire reculer la pauvreté.

Le programme économique des autorités vise à créer des marges de manœuvre budgétaire pour financer les investissements dans les infrastructures et les dépenses sociales et renforcer les réserves; maintenir la dette publique sur une trajectoire viable; faciliter la restructuration de la dette de la raffinerie de pétrole nationale et renforcer le suivi des dettes des entreprises publiques; remédier aux vulnérabilités des banques publiques; améliorer le climat des affaires; rehausser la qualité des statistiques économiques; et accroître la contribution de la Côte d’Ivoire au fonds régional de réserves de change.

Aux termes du programme, le déficit budgétaire de l’État convergerait vers la norme de l’Union économique et monétaire d’Afrique de l’Ouest de 3 % du PIB à l’horizon 2019, de manière à préserver la viabilité de la dette publique et à alimenter les réserves de change régionales. Des pratiques de gestion prudente des finances et de la dette publiques, accompagnées de réformes des entreprises publiques, assureraient la viabilité budgétaire et atténueraient les risques. La politique du secteur financier visera en priorité à réduire les vulnérabilités, y compris dans les banques publiques, et à favoriser l’inclusion financière. Les réformes structurelles amélioreront le climat des affaires. Des mesures d’amélioration de la qualité et de la diffusion des statistiques économiques soutiendront les décisions gouvernementales et favoriseront les investissements.

Généralités

La Côte d’Ivoire, qui est devenue membre du FMI le 11 mars 1963, a une quote-part au FMI égale à 650,40 millions de DTS.

Pour plus d’informations concernant le FMI et la Côte d’Ivoire, voir :

http://www.imf.org/external/country/civ/index.htm



[1] La FEC est une facilité de prêt qui vise à soutenir les programmes économiques sur le moyen-long terme des pays qui connaissent des difficultés prolongées de balance des paiements.

[2] Le MEC a été créé pour apporter un concours à des pays i) qui sont aux prises avec de graves déséquilibres de balance des paiements à cause d’obstacles structurels ou ii) qui affichent une croissance lente et une position de balance des paiements intrinsèquement fragile. 

Côte d’Ivoire : indicateurs économiques : 2015–20

2015

2016

2017

2018

2019

2020

Est.

Proj.

Proj.

Projections

(Variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire)

Revenu national

PIB à prix constants

8,9

7,9

7,9

7,8

7,3

7,2

Déflateur du PIB

1,8

1,0

1,4

1,9

1,9

2,0

Indice des prix à la consommation (moyenne annuelle)

1,2

1,0

1,5

2,0

2,0

2,0

Secteur extérieur (en francs CFA)

Exportations de biens, f.à.b. en prix courants

8,0

3,3

12,2

10,8

10,0

9,9

Importations de biens, f.à.b. en prix courants

11,4

7,3

14,9

12,3

11,3

10,7

Volume des exportations

10,6

3,1

6,2

5,9

5,4

5,1

Volume des importations

13,8

10,2

8,8

10,7

10,2

9,3

Termes de l’échange (dégradation –)

3,8

2,8

0,1

3,1

3,3

3,3

Taux de change effectif nominal

-3.9

...

...

...

...

...

Taux de change effectif réel (dégradation –)

-4.4

...

...

...

...

...

Opérations de l’administration centrale

Total des recettes et dons

18,9

11,7

11,3

11,3

9,9

10,4

Total des dépenses

21,8

16,7

9,5

9,8

8,2

9,6

(Variation en pourcentage de la masse monétaire au sens large en début de période sauf indication contraire)

Monnaie et crédit

Monnaie et quasi-monnaie (M2)

18,8

10,7

14,3

13,1

12,3

9,3

Avoirs extérieurs nets

3,2

0,3

4,7

4,7

3,3

1,0

Avoirs intérieurs nets

15,6

10,4

9,6

8,5

9,0

8,3

Dont : Administrations publiques

-0,7

1,7

1,4

2,4

2,0

1,8

Secteur privé

16,0

8,6

8,2

6,1

7,0

6,4

Crédit à l’économie (pourcentage)

29,6

14,7

13,4

10,1

11,9

11,0

(Pourcentage du PIB sauf indication contraire)

Opérations de l’administration centrale

Total des recettes et dons

20,2

20,7

21,1

21,4

21,5

21,7

Total des recettes

18,8

19,1

19,6

19,8

19,8

20,1

Total des dépenses

23,1

24,7

24,8

24,8

24,5

24,5

Solde global, dons inclus, base ordonnancements

-2,9

-4,0

-3,7

-3,4

-3,0

-2,8

Solde primaire de base1/

-0,4

-1,6

0,1

0,6

1,0

1,3

Investissement brut

17,8

19,3

20,2

21,2

21,2

21,4

Administration centrale

6,4

7,5

7,8

8,3

8,2

8,4

Secteur non gouvernemental

11,4

11,9

12,4

12,9

13,0

13,0

Épargne intérieure brute

19,8

20,1

20,7

21,6

21,4

21,7

Administration centrale

2,9

2,6

3,6

4,2

4,5

4,9

Secteur non gouvernemental

16,9

17,5

17,1

17,4

16,9

16,8

Épargne nationale brute

16,8

17,3

17,7

18,7

18,5

18,8

Administration centrale

3,6

3,0

4,2

4,9

5,2

5,6

Secteur non gouvernemental

13,2

14,3

13,5

13,7

13,3

13,2

Solde extérieur courant

Solde courant (transferts officiels inclus)

-1,0

-2,0

-2,5

-2,5

-2,7

-2,6

Solde courant (transferts officiels exclus)

-2,4

-3,7

-4,0

-4,1

-4,3

-4,2

Solde global

0,3

-0,3

1,0

1,1

0,7

0,2

Dette du secteur public

Dette de l’administration centrale brute

47,8

48,3

47,9

46,4

44,9

43,4

Dette de l’administration centrale (hors C2D)

40,5

42,4

43,2

42,8

42,2

41,5

Dette extérieure

29,8

28,9

28,2

27,4

26,6

25,7

Dette extérieure (hors C2D)

22,5

23,0

23,5

23,8

23,9

23,8

Service de la dette extérieure exigible (milliards de FCFA)

412

477

523

616

702

764

Pourcentage des exportations de biens et services

5,6

6,3

6,1

6,5

6,8

6,7

Pourcentage des recettes gouvernementales

11,3

11,9

11,6

12,3

12,8

12,5

Pour mémoire :

PIB nominal (milliards de FCFA)

19.368

21.102

23.069

25.344

27.736

30.324

Taux de change nominal (FCFA/$EU, moyenne de la période)

591

PIB nominal aux prix du marché (milliards de $EU)

32,8

35,9

39,7

43,8

48,2

53,1

Population (millions)

23,7

24,3

25,0

25,6

26,3

27,0

PIB nominal par habitant (milliers de FCFA)

817

867

924

990

1.056

1.125

PIB nominal par habitant ($EU)

1.382

1.477

1.589

1.709

1.835

1.970

Croissance du PIB réel par habitant (pourcentage)

6,3

5,3

5,3

5,2

4,7

4,6

Taux de pauvreté (en pourcentage)

46,3

Sources : autorités ivoiriennes et estimations et projections des services du FMI.

1/ Défini comme le total des recettes, moins le total des dépenses, exclusion faite de tous les intérêts et des dépenses d’investissement financées

sur ressources extérieures.

Département de la communication du FMI
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ATTACHÉ DE PRESSE: Lucie Mboto Fouda

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