## ATTENTION À LA DIFFÉRENCE

## Source details

**Canonical URL:** [ATTENTION À LA DIFFÉRENCE](https://www.imf.org/-/media/files/publications/fandd/article/2018/june/fr/may.pdf)

## Other formats

- [Markdown version](/-/media/files/publications/fandd/article/2018/june/fr/may.pdf.md)
- [Structured JSON version](/-/media/files/publications/fandd/article/2018/june/fr/may.pdf.json)

---

### Contexte et objectif de l’étude
- Enquête auprès d’économistes hommes et femmes issus d’universités de 18 pays de l’Union européenne décernant un doctorat en la matière.
- Analyse tenant compte du lieu de résidence, du lieu et de la date d’obtention du doctorat.
- But : déterminer si les économistes hommes et femmes ont des points de vue différents sur des questions de politique économique, les préceptes économiques fondamentaux et la méthodologie, et examiner les implications potentielles pour les décisions publiques et la recherche.

### Principales différences de vues (résumé par domaines)
- Cinq domaines étudiés où des différences statistiquement significatives ont été trouvées :
  - 1) préceptes économiques fondamentaux et méthodologie ;
  - 2) solutions auprès du marché ou intervention de l’État ;
  - 3) dépenses gouvernementales, fiscalité et redistribution des revenus ;
  - 4) protection de l’environnement ;
  - 5) parité femmes–hommes et égalité des chances.

- Différence la plus significative :
  - Préférence relative pour les solutions du marché versus l’intervention de l’État.
  - Les femmes économistes, en moyenne, sont moins disposées que les hommes à préférer les solutions du marché aux interventions de l’État.
  - Exemple : divergence la plus nette sur la notion selon laquelle une législation plus stricte sur la protection de l’emploi amoindrit les résultats économiques — les hommes sont plus enclins à penser que ce type d’intervention affaiblirait l’économie.

- Protection de l’environnement :
  - Les femmes économistes sont globalement plus susceptibles de préconiser une plus forte protection de l’environnement que les hommes.
  - Questions incluses : abaisser le taux de TVA sur les produits écoresponsables, augmenter les taxes énergétiques sur les émissions de dioxyde de carbone, favoriser les énergies renouvelables, limiter la fracturation hydraulique et le forage en Arctique, interdire les cultures génétiquement modifiées.
  - Divergence la plus nette : maintien ou non par la Commission européenne de l’interdiction des cultures génétiquement modifiées — les femmes sont en général plus favorables au maintien de cette interdiction.

- Dépenses gouvernementales, fiscalité et redistribution :
  - Différence légère mais statistiquement significative entre hommes et femmes.
  - Thèmes abordés : niveau des dépenses militaires, ouverture aux importations, impact de la hausse du salaire minimal sur le chômage, incidence d’une inflation modérée, politique de la Banque centrale européenne, politiques déflationnistes, plafonds sur le déficit et la dette.
  - Désaccord le plus marqué : niveau adéquat de dépenses militaires — les femmes sont plus susceptibles de considérer ces dépenses comme trop importantes, les hommes ont plutôt tendance à penser le contraire.

- Préceptes méthodologiques :
  - Les femmes sont davantage susceptibles que les hommes de soutenir que l’interdisciplinarité des équipes de recherche permettrait de faire progresser les connaissances en économie.

- Parité et égalité des chances :
  - Questions traitées : écart de salaires entre hommes et femmes, politiques favorisant la parité dans les conseils d’administration des entreprises privées, discrimination positive, perceptions des perspectives offertes aux corps enseignants et aux étudiants de troisième cycle universitaire dans l’Union européenne, bienfaits éventuels de la parité dans les équipes de recherche, rôle des tâches ménagères, importance de structures abordables de garde d’enfants pour la participation des femmes au marché du travail.
  - La plus forte différence de vues dans ce groupe : perspectives offertes aux hommes et aux femmes en sciences économiques dans la plupart des universités de l’Union européenne — les femmes sont plus enclines à penser que les perspectives sont légèrement meilleures pour les hommes; les hommes estiment que les perspectives sont légèrement plus favorables pour les femmes ou plus ou moins équivalentes.
  - Ce groupe de questions ne constitue ni la première, ni la deuxième divergence d’opinions la plus importante entre hommes et femmes.

### Incidences politiques et académiques
- Une plus forte représentation des femmes dans la discipline économique influencerait non seulement les choix de politiques, mais aussi les types de questions posées dans les travaux de recherche.
- Dans l’Union européenne, les professeurs d’économie occupent couramment de hautes fonctions décisionnelles dans les instances gouvernementales (postes de Premier ministre, membre du gouvernement, dirigeant des banques centrales), ce qui rend la composition femmes–hommes particulièrement importante pour les politiques publiques.
- La Commission européenne a mis l’accent sur le renforcement de la parité femmes–hommes dans les prises de décisions économiques en arguant que la parité contribue à renforcer la productivité et l’innovation, à améliorer les résultats pour les entreprises et à améliorer les politiques des pouvoirs publics.
- Différences démographiques telles que le genre contribuent à façonner les opinions sur les questions de politique générale ; l’implication des femmes permettrait d’ouvrir le débat et d’élargir le champ de la réflexion.

### Obstacles à la progression des femmes en économie
- Si les femmes ont des opinions qui contredisent celles de confrères plus chevronnés, elles risquent d’avoir moins de chances d’être recrutées, promues, et de voir leurs travaux publiés dans les meilleures revues spécialisées.
- Ces obstacles pourraient expliquer pourquoi l’augmentation du nombre de femmes dans la profession s’est mise à stagner aux alentours de l’an 2000, selon la Commission sur le statut des femmes dans la profession d’économiste de l’American Economic Association.

### Éléments chronologiques et références factuelles mentionnés
- Augmentation du nombre de femmes choisissant la filière des sciences économiques entre les années 70 et 90.
- Stagnation de l’augmentation du nombre de femmes dans la profession autour de l’an 2000.
- Étude comparative antérieure sur les économistes travaillant aux États-Unis (2014).
- Référence à Frey et Eichenberger (1993) sur la différence de rôle des professeurs d’économie aux États-Unis versus en Europe.

*Article par Ann Mari May, David Kucera et Mary G. McGarvey. Le présent article se fonde sur l’étude de May, McGarvey et Kucera (2018).*

---


_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/fandd/article/2018/june/fr/may.pdf_
