## eugster

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### Contexte et thème principal
- L’accélération de la diffusion du savoir-faire est présentée comme « un atout majeur de la mondialisation ».
- Exemples concrets cités :
  - construction d’un village de 10 maisons avec une imprimante en 3-D en moins d’une journée en 2014;
  - tronçon d’autoroute à énergie solaire à Jinan;
  - route coréenne rechargeant sans fil les véhicules électriques.

### Mesure de la diffusion du savoir
- Méthode :
  - analyse des citations croisées entre brevets dans la base PATSTAT (plus de 100 millions de documents de brevet).
- Avantage :
  - mesurable et systématiquement enregistré.
- Limites :
  - n’inclut pas les flux informels ni les violations de brevets.

### Principaux constats empiriques sur la diffusion et l’innovation
- Période de référence évoquée : 1995–2014.
- Tendances de localisation de l’innovation :
  - En 1995, la majorité des brevets provenaient des États-Unis, du Japon et d’Europe;
  - Récemment, la Corée et la Chine mobilisent davantage le stock mondial de connaissances (mesuré par les citations).
- Flux de connaissances vers pays émergents :
  - La proportion des flux de connaissances depuis les pionniers technologiques du G-5 vers les pays émergents (hors Chine et Corée) a augmenté au cours des vingt dernières années.
- Effet estimé des flux de connaissances du G-5 sur l’innovation :
  - « Une augmentation de 1 % des flux de connaissances à partir du G-5 [...] est associée en moyenne à une hausse de 33 % des demandes de brevets dans le secteur du pays destinataire, si l’ampleur des activités de recherche et développement (R&D) du pays reste constante. »
  - Cet effet s’est intensifié, surtout dans les pays émergents.

### Rôle de la R&D et exemples nationaux
- Rôle de la R&D nationale :
  - produire de nouvelles technologies et absorber les technologies étrangères.
- Évolution des dépenses de R&D (source : OCDE, en termes constants et corrigés de la parité de pouvoir d’achat) :
  - Chine : multiplié par neuf depuis le début des années 2000, jusqu’à 375 milliards de dollars par an.
  - États-Unis : 460 milliards de dollars.
  - Japon : 150 milliards de dollars.
  - Corée : 70 milliards de dollars par an.
- Demandes de brevets (families internationales, décompte limité aux demandes déposées auprès d’au moins deux offices) :
  - Chine : 20.000 inventions par an.
  - Corée : 20.000 inventions par an.
  - États-Unis : près de 60.000 brevets par an.
  - Japon : près de 60.000 brevets par an.
  - Niveau des demandes de la Chine et de la Corée comparable à la moyenne de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni.
- Secteurs en forte croissance pour la Chine et la Corée :
  - équipements électriques et optiques;
  - pour la Corée, équipements mécaniques également.

### Effets sur les innovateurs traditionnels et concurrence
- Trois arguments expliquant pourquoi l’essor des innovateurs émergents ne nuirait pas aux pionniers technologiques :
  1. Bénéfices directs et indirects pour les pionniers : ventes de technologies (équipements, licences) et stimulation de la demande d’exportations via la hausse de productivité dans d’autres pays.
  2. Caractère « non rival » du savoir : connaissances antérieures accroissent la productivité de recherches futures; les pionniers du G-5 citent de plus en plus des brevets chinois.
  3. La concurrence accrue (par exemple via la pénétration des importations chinoises ou la baisse de la concentration des ventes mondiale) a stimulé l’innovation et l’adoption de technologies étrangères dans la plupart des pays et secteurs étudiés.
- Observations relatives aux États-Unis :
  - dépenses totales de R&D en progression solide;
  - demandes de brevets et productivité totale des facteurs semblent se stabiliser, possiblement en raison d’une transition entre vagues d’innovation (révolution des TIC des années 90 vs automatisation et intelligence artificielle) et d’autres facteurs structurels et conjoncturels.

### Implications et recommandations de politique (Section 1)
- Importance de droits de propriété intellectuelle bien conçus et respectés :
  - nécessaires pour assurer que les innovateurs puissent recouvrer leurs coûts et pour encourager les grandes découvertes;
  - cruciaux aussi pour les pays émergents souhaitant tirer parti du transfert de technologie et protéger l’ingéniosité de leurs inventeurs.
- Observation finale :
  - l’explosion du nombre de demandes de brevets par la Chine pourrait conduire, à mesure qu’elle conçoit des innovations précieuses, à une plus grande reconnaissance de la valeur de la protection de la propriété intellectuelle.

### Effets distributifs et économiques des subventions (Section 2)
- Problèmes d’efficience et de ciblage :
  - Les subventions énergétiques visant à aider les ménages à faible revenu peuvent grever les ressources de l’État si elles sont offertes à tous, y compris aux classes relativement aisées.
  - Un système de transfert monétaire ciblé sur les ménages pauvres est beaucoup moins onéreux.
  - Les subventions peuvent exacerber les inégalités si elles bénéficient de façon disproportionnée à ceux qui produisent ou consomment le plus.
- Donnée empirique :
  - sur l’ensemble des régions d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et du Moyen-Orient, les 20 % de ménages les plus riches bénéficient en moyenne sept fois plus des subventions énergétiques que les 20 % de ménages les plus pauvres (Coady, Flamini et Sears, 2015).
- Distorsions économiques :
  - Les subventions qui ne corrigent pas les imperfections du marché peuvent fausser les prix et entraîner une mauvaise affectation du travail et du capital, et ainsi nuire à la croissance.
  - Exemple sectoriel : soutenir les prix pétroliers peut maintenir artificiellement en vie des entreprises des secteurs à forte intensité d’énergie et freiner les investissements dans d’autres sources d’énergie.
  - Exemple agricole : les subventions à la production agricole, en assurant à l’agriculteur un prix supérieur au prix des denrées alimentaires importées, n’incitent guère à améliorer l’efficience.
- Donnée européenne :
  - dans l’Union européenne, ces subventions ont représenté en moyenne 20 % des recettes agricoles brutes sur la période 2014–16 (rapport de 2017 de l’Organisation de coopération et de développement économiques).

### Coûts environnementaux et ampleur mondiale des subventions
- Subventions et environnement :
  - Certaines subventions, notamment celles sur les combustibles fossiles, sont néfastes au plan environnemental en allant à l’encontre d’objectifs tels que la diminution de la mortalité due à la pollution de l’air ambiant ou le respect des engagements de l’Accord de Paris de 2015.
  - Définition élargie : l’énergie est considérée comme subventionnée lorsque son prix ne reflète pas en totalité non seulement ses coûts de production, mais aussi l’ensemble de ses coûts environnementaux.
- Estimation globale (2015) :
  - il est estimé que les subventions ont atteint dans le monde en 2015 le chiffre astronomique de 5.300 milliards de dollars, soit 6,5 % du PIB mondial (Coady et al., 2017).
  - Ce montant est supérieur au total des dépenses de santé de tous les pays du monde.
- Répartition par pays (2015) :
  - Chine 2.300 milliards de dollars;
  - États-Unis 700 milliards de dollars;
  - Russie et Inde à près de 300 milliards de dollars dans chaque cas.

### Stratégies de réforme des subventions
- Difficultés politiques :
  - une réforme des subventions implique une hausse des prix (essence, denrées alimentaires) perceptible immédiatement par les consommateurs; des tentatives de réduction ont été annulées sous la pression de groupes d’intérêts et de l’opinion publique.
- Principes d’une stratégie de réforme :
  - adopter une stratégie de réforme exhaustive et minutieuse énonçant clairement les objectifs à long terme des futures évolutions de prix et des modes d’utilisation des ressources (Clements et al., 2013);
  - mettre en place une vaste stratégie de communication pour démontrer comment les subventions évinceraient d’autres dépenses publiques plus efficientes et plus équitables;
  - privilégier une démarche progressive pour laisser aux consommateurs et aux entreprises le temps de s’adapter.
- Mesures pour vaincre l’opposition et protéger les vulnérables :
  - transferts monétaires pour protéger les ménages vulnérables;
  - programmes de reconversion pour les travailleurs déplacés.
- Expériences récentes :
  - plusieurs pays, essentiellement producteurs d’énergie, ont relevé les prix intérieurs ces dernières années, notamment l’Angola, l’Arabie saoudite, l’Égypte, l’Inde et le Mexique.
- Priorité de politique climatique :
  - les réformes doivent aller beaucoup plus loin, en particulier pour intégrer les coûts environnementaux dans les prix des carburants, qui doivent constituer la pièce maîtresse de toute stratégie nationale visant à honorer les engagements pris en 2015 au titre de l’Accord de Paris sur le changement climatique pour réduire les émissions de carbone.

*Article : Johannes Eugster, Giang Ho, Florence Jaumotte et Roberto Piazza — Section 1, F&D, Septembre 2018. Source: Extrait de la Section 2 du document fourni.*

### Section 1

### eugster - Section 1

### Contexte et thème principal
- L’accélération de la diffusion du savoir-faire est présentée comme « un atout majeur de la mondialisation ».
- Exemples concrets cités : construction d’un village de 10 maisons avec une imprimante en 3-D en moins d’une journée en 2014 ; tronçon d’autoroute à énergie solaire à Jinan ; route coréenne rechargeant sans fil les véhicules électriques.

### Mesure de la diffusion du savoir
- Méthode : analyse des citations croisées entre brevets dans la base PATSTAT (plus de 100 millions de documents de brevet).
- Avantage : mesurable et systématiquement enregistré.
- Limites : n’inclut pas les flux informels ni les violations de brevets.

### Principaux constats empiriques sur la diffusion et l’innovation
- Période de référence évoquée : 1995–2014.
- En 1995, la majorité des brevets provenaient des États-Unis, du Japon et d’Europe ; récemment, la Corée et la Chine mobilisent davantage le stock mondial de connaissances (mesuré par les citations).
- La proportion des flux de connaissances depuis les pionniers technologiques du G-5 vers les pays émergents (hors Chine et Corée) a augmenté au cours des vingt dernières années.
- Effet des flux de connaissances du G-5 sur l’innovation :
  - « Une augmentation de 1 % des flux de connaissances à partir du G-5 [...] est associée en moyenne à une hausse de 33 % des demandes de brevets dans le secteur du pays destinataire, si l’ampleur des activités de recherche et développement (R&D) du pays reste constante. »
  - Cet effet s’est intensifié, surtout dans les pays émergents.

### Rôle de la R&D et exemples nationaux
- La R&D nationale sert à produire de nouvelles technologies et à absorber les technologies étrangères.
- Evolution des dépenses de R&D (source : OCDE, en termes constants et corrigés de la parité de pouvoir d’achat) :
  - Chine : multiplié par neuf depuis le début des années 2000, jusqu’à 375 milliards de dollars par an.
  - États-Unis : 460 milliards de dollars.
  - Japon : 150 milliards de dollars.
  - Corée : 70 milliards de dollars par an.
- Demandes de brevets (families internationales, décompte limité aux demandes déposées auprès d’au moins deux offices) :
  - Chine : 20.000 inventions par an.
  - Corée : 20.000 inventions par an.
  - États-Unis : près de 60.000 brevets par an.
  - Japon : près de 60.000 brevets par an.
  - Niveau des demandes de la Chine et de la Corée comparable à la moyenne de l’Allemagne, de la France et du Royaume-Uni.
- Secteurs où les demandes de brevets en Chine et en Corée ont particulièrement augmenté : équipements électriques et optiques ; pour la Corée, équipements mécaniques également.

### Effets sur les innovateurs traditionnels et concurrence
- Trois arguments avancés pour expliquer pourquoi l’essor des innovateurs émergents ne nuirait pas aux pionniers technologiques :
  1. Bénéfices directs et indirects pour les pionniers : ventes de technologies (équipements, licences) et stimulation de la demande d’exportations via la hausse de productivité dans d’autres pays.
  2. Caractère « non rival » du savoir : connaissances antérieures accroissent la productivité de recherches futures ; les pionniers du G-5 citent de plus en plus des brevets chinois.
  3. La concurrence accrue (par exemple via la pénétration des importations chinoises ou la baisse de la concentration des ventes mondiale) a stimulé l’innovation et l’adoption de technologies étrangères dans la plupart des pays et secteurs étudiés.
- Observations relatives aux États-Unis : dépenses totales de R&D en progression solide ; demandes de brevets et productivité totale des facteurs semblent se stabiliser, possiblement en raison d’une transition entre vagues d’innovation (révolution des TIC des années 90 vs automatisation et intelligence artificielle) et d’autres facteurs structurels et conjoncturels.

### Implications et recommandations de politique
- Importance de droits de propriété intellectuelle bien conçus et respectés :
  - Nécessaires pour assurer que les innovateurs puissent recouvrer leurs coûts et pour encourager les grandes découvertes.
  - Cruciaux aussi pour les pays émergents souhaitant tirer parti du transfert de technologie et protéger l’ingéniosité de leurs inventeurs.
- Observation finale : l’explosion du nombre de demandes de brevets par la Chine pourrait conduire, à mesure qu’elle conçoit des innovations précieuses, à une plus grande reconnaissance de la valeur de la protection de la propriété intellectuelle.

*Article : Johannes Eugster, Giang Ho, Florence Jaumotte et Roberto Piazza — Section 1, F&D, Septembre 2018.*

### Section 2

### Section 2

### Effets distributifs et économiques des subventions
- Les subventions énergétiques visant à aider les ménages à faible revenu peuvent grever les ressources de l’État si elles sont offertes à tous, y compris aux classes relativement aisées.
- Un système de transfert monétaire ciblé sur les ménages pauvres est beaucoup moins onéreux.
- Les subventions peuvent exacerber les inégalités si elles bénéficient de façon disproportionnée à ceux qui produisent ou consomment le plus.
- Donnée empirique : sur l’ensemble des régions d’Afrique, d’Asie, d’Amérique latine et du Moyen-Orient, les 20 % de ménages les plus riches bénéficient en moyenne sept fois plus des subventions énergétiques que les 20 % de ménages les plus pauvres (Coady, Flamini et Sears, 2015).
- Les subventions qui ne corrigent pas les imperfections du marché peuvent fausser les prix et entraîner une mauvaise affectation du travail et du capital, et ainsi nuire à la croissance.
- Exemple sectoriel : soutenir les prix pétroliers peut maintenir artificiellement en vie des entreprises des secteurs à forte intensité d’énergie et freiner les investissements dans d’autres sources d’énergie.
- Exemple agricole : les subventions à la production agricole, en assurant à l’agriculteur un prix supérieur au prix des denrées alimentaires importées, n’incitent guère à améliorer l’efficience.
- Donnée européenne : dans l’Union européenne, ces subventions ont représenté en moyenne 20 % des recettes agricoles brutes sur la période 2014–16 (rapport de 2017 de l’Organisation de coopération et de développement économiques).

### Coûts environnementaux et ampleur mondiale des subventions
- Certaines subventions, notamment celles sur les combustibles fossiles, sont néfastes au plan environnemental en allant à l’encontre d’objectifs tels que la diminution de la mortalité due à la pollution de l’air ambiant ou le respect des engagements de l’Accord de Paris de 2015.
- Définition élargie : l’énergie est considérée comme subventionnée lorsque son prix ne reflète pas en totalité non seulement ses coûts de production, mais aussi l’ensemble de ses coûts environnementaux.
- Estimation globale : selon cet étalon de mesure plus large, il est estimé que les subventions ont atteint dans le monde en 2015 le chiffre astronomique de 5.300 milliards de dollars, soit 6,5 % du PIB mondial (Coady et al., 2017).
- Comparaison sectorielle : ce montant est supérieur au total des dépenses de santé de tous les pays du monde.
- Répartition par pays (2015) : la Chine 2.300 milliards de dollars; les États-Unis 700 milliards de dollars; la Russie et l’Inde à près de 300 milliards de dollars dans chaque cas.

### Stratégies de réforme des subventions
- Difficultés politiques : une réforme des subventions implique une hausse des prix (essence, denrées alimentaires) perceptible immédiatement par les consommateurs; des tentatives de réduction ont été annulées sous la pression de groupes d’intérêts et de l’opinion publique.
- Principes d’une stratégie de réforme :
  - adopter une stratégie de réforme exhaustive et minutieuse énonçant clairement les objectifs à long terme des futures évolutions de prix et des modes d’utilisation des ressources (Clements et al., 2013);
  - mettre en place une vaste stratégie de communication pour démontrer comment les subventions évinceraient d’autres dépenses publiques plus efficientes et plus équitables;
  - privilégier une démarche progressive pour laisser aux consommateurs et aux entreprises le temps de s’adapter.
- Mesures pour vaincre l’opposition et protéger les vulnérables :
  - transferts monétaires pour protéger les ménages vulnérables;
  - programmes de reconversion pour les travailleurs déplacés.
- Expériences récentes : plusieurs pays, essentiellement producteurs d’énergie, ont relevé les prix intérieurs ces dernières années, notamment l’Angola, l’Arabie saoudite, l’Égypte, l’Inde et le Mexique.
- Priorité de politique climatique : les réformes doivent aller beaucoup plus loin, en particulier pour intégrer les coûts environnementaux dans les prix des carburants, qui doivent constituer la pièce maîtresse de toute stratégie nationale visant à honorer les engagements pris en 2015 au titre de l’Accord de Paris sur le changement climatique pour réduire les émissions de carbone.

*Source: Extrait de la Section 2 du document fourni.*

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