## Pauvreté–corruption, liaisons fatales

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### Contexte et rôle de l’intervenante
- Laura Alonso nommée à la tête de l’Office argentin de lutte contre la corruption par le Président Mauricio Macri en 2015.
- Expériences antérieures : députée, direction de la section argentine de Transparency International.
- Entretien réalisé par David Pedroza pour F&D le 22 juin.

### Secteurs publics à risque et mesures appliquées
- Principales « zones à risques » en Argentine : grands projets d’infrastructure, industries extractives et douanes.
- Mesures mises en œuvre :
  - atténuer les risques,
  - renforcer les contrôles et la transparence des procédures de passation et d’adjudication des marchés,
  - surveiller le comportement et le patrimoine des responsables publics,
  - renforcer le système d’audit interne par secteur.

### Lien entre corruption et pauvreté
- Principaux points :
  - « Les pauvres sont des victimes de la corruption ».
  - La corruption empêche un fonctionnement efficace et nuit à la qualité des services publics et des investissements d’infrastructure, avec des répercussions directes sur la qualité de vie des populations les plus démunies.
  - La corruption dissuade les investissements privés de qualité, privant de perspectives d’emploi.

### Implication du secteur privé
- Rôle attendu du privé : contribuer à prévenir la corruption par de bonnes pratiques commerciales et encourager le signalement des irrégularités.
- Mécanismes évoqués :
  - mécanisme de signalement de haut niveau lancé par l’Office anticorruption avec l’aval technique de l’OCDE et de l’Institut de Bâle sur la gouvernance.
  - exemple : premier projet de partenariat public–privé de la Direction nationale des routes = signature de huit contrats et « aucun fait de corruption n’a été signalé à ce jour », ce qui a contribué à attirer massivement des investisseurs, y compris étrangers.

### Technologie, dématérialisation et interopérabilité des données
- Progrès depuis la création du ministère de la Modernisation :
  - introduction de fichiers électroniques pour la gestion dématérialisée de la plupart des procédures,
  - téléprocédures accélérant le dédouanement et permettant une surveillance plus efficace.
- Décret présidentiel lancé pour réformer les fichiers électroniques et mettre en œuvre une politique d’ouverture des données et de transparence.
- Travaux en cours sur l’interopérabilité des bases de données de l’État permettant :
  - meilleur contrôle et meilleure supervision des processus administratifs critiques,
  - production de statistiques et croisement des données.
- Situation observée à l’arrivée de l’Office anticorruption : « nous n’avions accès à aucune base de données publique » ; situation actuelle : « nous pouvons en consulter une bonne quinzaine ».
- Plan d’action imminent : durant la dernière année du mandat, réaliser d’innombrables vérifications croisées pour vérifier intérêts financiers, patrimoine et origines culturelles et sociales des fonctionnaires.

### Accès public aux données et transparence
- Plateforme : toutes les bases de données consultables sur www.datos.gob.ar.
- Contenus disponibles :
  - catalogues de données donnant accès aux déclarations sur l’honneur faites par les 45.000 fonctionnaires de l’exécutif (patrimoine et intérêts financiers) — information actualisée chaque année.
  - renseignements sur les activités minières, l’exploitation de gaz et de pétrole, la population, l’éducation, la santé publique et l’économie.
- Résultats observés : l’Argentine a retrouvé et dépassé ses niveaux historiques de transparence budgétaire et la qualité de son système de statistiques publiques est revenue à son niveau antérieur.

### Plan national anticorruption et gouvernance multilatérale
- Prochaine étape : préparation d’un plan national anticorruption pour les cinq prochaines années.
  - Ce plan englobera tous les secteurs d’activité des pouvoirs publics et tous les ministères, y compris administrations décentralisées telles que la sécurité sociale, le fisc, les douanes et l’autorité argentine de réglementation de la qualité des aliments et des médicaments.
- Mesure du progrès :
  - reconnaissance qu’aucun pays ne peut éliminer complètement la corruption,
  - importance d’un travail multilatéral de prévention et de lutte.
  - participation de l’Argentine au Groupe de travail des hauts responsables de l’intégrité publique de l’OCDE et présidence du groupe anticorruption du G-20.
  - critère de succès proposé : poursuite des réformes, petites et grandes, sur une période continue — « Si le programme de ces différentes réformes était appliqué tout au long des dix prochaines années, ce serait un signe de la réussite de cette phase. »

### Points saillants et chiffres clés
- Année de nomination : 2015.
- Date de l’entretien : 22 juin.
- Nombre de fonctionnaires exécutif déclarant patrimoine et intérêts : 45.000.
- Durée prévue du plan national anticorruption : cinq prochaines années.
- Horizon temporel évoqué comme indicateur de succès : dix prochaines années.
- Résultat concret de PPP routier cité : signature de huit contrats et « aucun fait de corruption n’a été signalé à ce jour ».
- Accès actuel aux bases de données publiques : « une bonne quinzaine ».

*Entretien paru dans Finances & Développement; entretien révisé dans un souci de concision et de clarté.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/fandd/article/2018/september/fr/trenches.pdf_
