## climate-change-central-banks-and-financial-risk-grippa

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### Principaux risques pour l’économie et le secteur financier
- Deux canaux majeurs de transmission des changements climatiques vers le secteur financier :
  - Risques physiques (phénomènes climatiques extrêmes et évolution progressive du climat) : dommages aux biens, infrastructures et terres entraînant pertes de valeur des actifs, pertes de crédit (prêts résidentiels et aux entreprises), destruction des actifs, pertes de souscription pour les assureurs, reconstruction/remplacement et risques opérationnels (notamment risque de responsabilité).
  - Risques de transition (politiques publiques, technologies, préférences des consommateurs) : bouleversement des activités, pertes de marché (actions, obligations, produits de base), baisse de la valeur des biens et des actifs d’entreprise, hausse des prix de l’énergie avec bouleversements, baisse des bénéfices des entreprises, augmentation du nombre de litiges.
- Les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire sont généralement plus vulnérables aux risques physiques.
- Effets systémiques potentiels : un passage brutal, mal conçu ou mal coordonné vers une économie sobre en carbone peut provoquer des mouvements rapides des prix des actifs et menacer la stabilité financière (resserrement des conditions financières, réduction du crédit lorsque plusieurs institutions sont touchées simultanément).

### Impacts pour les institutions financières (banques, assureurs, réassureurs)
- Banques :
  - Exposition directe via prêts aux entreprises, aux ménages et aux pays affectés.
  - Exposition indirecte via effets macroéconomiques sur la qualité des portefeuilles.
  - Exemple : hausse du risque de prêts hypothécaires en zones exposées à l’élévation du niveau de la mer et aux phénomènes météorologiques extrêmes.
- Assureurs et réassureurs :
  - Risques importants du côté des actifs et du passif, avec des sinistres plus fréquents et plus graves que prévu.
  - Les catastrophes naturelles sont déjà en hausse, rendant l’assurance plus chère, voire inexistante dans les zones très à risque.
- Risque de corrélation accrue : changements climatiques peuvent faire converger des risques auparavant non corrélés (par ex. sécheresses et inondations), réduisant les bénéfices de diversification.
- Risques de transition pour les actifs : pertes potentielles pour les institutions exposées à des entreprises dont les modèles ne s’alignent pas sur une économie bas carbone; citation : les entreprises de combustibles fossiles pourraient être « littéralement incombustibles » (Mark Carney, 2015).
- Exemple d’impact réel : faillite de Pacific Gas and Electric qualifiée de « première faillite liée au climat » due à une combinaison de sécheresses prolongées en Californie et d’un accroissement des risques d’incendie.

### Rôle des banques centrales, régulateurs et pratiques prudentielles
- Reconnaissance et coordination :
  - Le Réseau des banques centrales et des superviseurs pour le verdissement du système financier (NGFS) compte aujourd’hui 48 membres et s’investit dans l’intégration des risques climatiques dans la surveillance et le suivi de la stabilité financière.
- Intégration dans les tests de résistance :
  - Nécessité d’imposer aux institutions financières l’intégration de scénarios de risques climatiques dans leurs stress tests.
  - Exemple : autorités britanniques ayant intégré de tels scénarios dans les tests de résistance des compagnies d’assurance (couvrant risques physiques et risques de transition).
- Défis méthodologiques : évaluer le risque climatique à des échéances lointaines nécessite de nouvelles démarches méthodologiques pour que les cadres prudentiels tiennent correctement compte des risques réels.
- Risque d’effets pervers : réduire les exigences de capital parce que la dette est dite « verte » peut être contreproductif si les risques sous-jacents ne sont pas bien compris ou mesurés, menant potentiellement à un endettement accru et à une instabilité financière.
- Politique monétaire et opérations :
  - Les changements climatiques peuvent ralentir la croissance de la productivité (atteinte à la santé et aux infrastructures) et augmenter l’incertitude et la volatilité de l’inflation, justifiant une adaptation de la politique monétaire dans la limite des mandats des banques centrales.
  - Les banques centrales devront réviser les structures de leurs opérations de refinancement et appliquer éventuellement des décotes plus importantes aux actifs fortement exposés aux risques climatiques.
- Investissements des banques centrales : peuvent intégrer des considérations de viabilité climatique pour leurs portefeuilles gérés (fonds propres, fonds de pension et, dans la mesure du possible, réserves de change), comme recommandé par le NGFS (2019).

### Contribution et rôle du secteur financier
- Mécanismes existants : assurance et autres mécanismes de partage des risques (par ex. obligations catastrophes) absorbent déjà une partie des coûts des catastrophes.
- Mobilisation de l’investissement : le secteur financier doit mobiliser les ressources pour l’atténuation et l’adaptation, en réponse à des signaux de prix comme les prix du carbone.
- Montants estimés d’investissement :
  - Investissements nécessaires au niveau mondial estimés à plusieurs milliers de milliards de dollars.
  - Investissements en infrastructures seuls estimés à près de 6,000 milliards par an jusqu’en 2030 (OCDE, 2017).
- Finance responsable et marchés :
  - Volume mondial des actifs en finance responsable estimé de 3,000 à 31,000 milliards de dollars.
  - Marché des obligations vertes : 78 milliards de dollars en 2015 à 590 milliards de dollars en août 2019.
- Pratiques bancaires : certaines banques adaptent leurs politiques de crédit, par exemple en accordant des rabais sur les prêts pour des projets durables.
- Limitations et risques :
  - Difficultés d’évaluer l’impact réel des investissements responsables.
  - Risque d’« écoblanchiment » (greenwashing).
  - Risque d’investissement insuffisant si les politiques publiques sont lentes ou insuffisantes.
- Moyens d’influence : investisseurs peuvent dialoguer avec les directions d’entreprise, plaider pour des stratégies bas carbone et favoriser le financement des entreprises pionnières, envoyant des signaux de prix pour l’allocation du capital.

### Rôle du FMI et actions recommandées
- Mandat et contribution : le FMI, centré sur l’analyse des risques et des vulnérabilités et le conseil en politiques macrofinancières, doit intégrer les risques liés aux changements climatiques dans ses activités.
- Analyses macrofinancières et tests de résistance :
  - Améliorer la compréhension de la transmission macrofinancière des risques climatiques en renforçant les stress tests inclus dans les programmes d’évaluation du secteur financier (FSAP).
  - Exemples d’applications : évaluations pour les Bahamas et la Jamaïque comprenant des tests de résistance basés sur des scénarios d’impact macroéconomique d’un grave ouragan pour les Bahamas et d’une catastrophe naturelle majeure pour la Jamaïque.
  - Le FMI analyse également l’exposition au risque de transition dans un pays producteur de pétrole.
- Coopération internationale : le FMI a rejoint le NGFS et coopère avec ses membres pour élaborer un cadre analytique d’évaluation des risques climatiques.
- Données et divulgations :
  - Besoin crucial de combler les lacunes en matière de données.
  - Seules des déclarations précises et correctement normalisées sur les risques climatiques dans les états financiers permettent aux investisseurs d’appréhender l’exposition réelle.
  - Les déclarations actuelles sont souvent volontaires et inégales selon les pays et catégories d’actifs.
  - Le FMI soutient les efforts publics et privés visant à étendre l’adoption de déclarations climatiques sur tous les marchés et pays, en suivant notamment les recommandations du Groupe de travail sur la publication d’informations financières liées au climat (2017).
  - Une normalisation plus poussée améliorerait la comparabilité des données sur les risques climatiques dans les états financiers.

### Considérations finales et messages clés
- Coût économique empirique :
  - Ouragans destructeurs et paysages défigurés réduiront la production mondiale.
  - La transition vers une économie bas carbone augmentera le coût des sources d’énergie à mesure que les externalités seront internalisées et que certains anciens actifs perdront leur valeur.
  - Les taxes sur le carbone et mesures d’économie d’énergie stimuleront la création de nouvelles technologies.
- Rôle essentiel de la finance : la finance doit jouer un rôle primordial pour gérer la transition vers une économie bas carbone, à la fois comme source d’activités et comme gestionnaire des risques, pour le bien des générations futures.

*Contenu rédigé à partir de la Section 1 du PDF "climate-change-central-banks-and-financial-risk-grippa - Section 1".*

### Section 1

### Les banques centrales et les autorités de réglementation financière commencent à prendre en compte les changements climatiques

### Principaux risques pour l’économie et le secteur financier
- Deux canaux majeurs de transmission des changements climatiques vers le secteur financier :  
  - Risques physiques (phénomènes climatiques extrêmes et évolution progressive du climat) : dommages aux biens, infrastructures et terres entraînant pertes de valeur des actifs, pertes de crédit (prêts résidentiels et aux entreprises), destruction des actifs, pertes de souscription pour les assureurs, reconstruction/remplacement et risques opérationnels (notamment risque de responsabilité).  
  - Risques de transition (politiques publiques, technologies, préférences des consommateurs) : bouleversement des activités, pertes de marché (actions, obligations, produits de base), baisse de la valeur des biens et des actifs d’entreprise, hausse des prix de l’énergie avec bouleversements, baisse des bénéfices des entreprises, augmentation du nombre de litiges.
- Les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire sont généralement plus vulnérables aux risques physiques.
- Effets systémiques potentiels : si le passage à une économie sobre en carbone est brutal, mal conçu ou mal coordonné, cela peut provoquer des mouvements rapides des prix des actifs et menacer la stabilité financière (resserrement des conditions financières, réduction du crédit lorsque plusieurs institutions sont touchées simultanément).

### Impacts pour les institutions financières (banques, assureurs, réassureurs)
- Banques : exposition directe via prêts aux entreprises, aux ménages et aux pays affectés ; exposition indirecte via effets macroéconomiques sur la qualité des portefeuilles. Exemple : hausse du risque de prêts hypothécaires en zones exposées à l’élévation du niveau de la mer et aux phénomènes météorologiques extrêmes.
- Assureurs et réassureurs : risques importants à la fois du côté des actifs et du passif, avec des sinistres plus fréquents et plus graves que prévu. Les catastrophes naturelles sont déjà en hausse, rendant l’assurance plus chère, voire inexistante dans les zones très à risque.
- Risque de corrélation accrue : les changements climatiques peuvent accroître la probabilité d’événements auparavant considérés comme non corrélés (par ex. sécheresses et inondations), réduisant les bénéfices de diversification.
- Risques de transition pour les actifs : pertes potentielles pour les institutions exposées à des entreprises dont les modèles ne s’alignent pas sur une économie bas carbone ; citation : les entreprises de combustibles fossiles pourraient être « littéralement incombustibles » (Mark Carney, 2015).
- Exemple d’impact réel : faillite de Pacific Gas and Electric (qualifiée de « première faillite liée au climat ») due à une combinaison de sécheresses prolongées en Californie et d’un accroissement des risques d’incendie.

### Rôle des banques centrales, régulateurs et pratiques prudentielles
- Reconnaissance croissante : le Réseau des banques centrales et des superviseurs pour le verdissement du système financier (NGFS) compte aujourd’hui 48 membres et s’investit dans l’intégration des risques climatiques dans la surveillance et le suivi de la stabilité financière.
- Intégration dans les tests de résistance : nécessité d’imposer aux institutions financières l’intégration de scénarios de risques climatiques dans leurs stress tests. Exemple : autorités britanniques ayant intégré de tels scénarios dans les tests de résistance des compagnies d’assurance (couvrant risques physiques et risques de transition).
- Défis méthodologiques : évaluer le risque climatique à des échéances lointaines nécessite de nouvelles démarches méthodologiques pour que les cadres prudentiels tiennent correctement compte des risques réels.
- Risque d’effets pervers : politiques qui réduiraient les exigences de capital simplement parce que la dette est dite « verte » pourraient être contreproductives si les risques sous-jacents ne sont pas bien compris ou mesurés, menant potentiellement à un endettement accru et à une instabilité financière.
- Politique monétaire : les changements climatiques peuvent ralentir la croissance de la productivité (atteinte à la santé et aux infrastructures) et augmenter l’incertitude et la volatilité de l’inflation, justifiant une adaptation de la politique monétaire dans la limite des mandats des banques centrales. Les banques centrales devront réviser les structures de leurs opérations de refinancement et appliquer éventuellement des décotes plus importantes aux actifs fortement exposés aux risques climatiques.
- Investissements des banques centrales : les banques centrales peuvent intégrer des considérations de viabilité climatique pour leurs portefeuilles gérés (fonds propres, fonds de pension et, dans la mesure du possible, réserves de change), comme recommandé par le NGFS (2019).

### Contribution et rôle du secteur financier
- Mécanismes existants : assurance et autres mécanismes de partage des risques (par ex. obligations catastrophes) absorbent déjà une partie des coûts des catastrophes.
- Mobilisation de l’investissement : le secteur financier doit mobiliser les ressources pour l’atténuation (réduction des émissions de gaz à effet de serre) et l’adaptation (résilience), en réponse à des signaux de prix comme les prix du carbone.
- Montants estimés d’investissement : les investissements nécessaires au niveau mondial sont estimés à plusieurs milliers de milliards de dollars ; les investissements en infrastructures seuls sont estimés à près de 6,000 milliards par an jusqu’en 2030 (OCDE, 2017).
- Finance responsable : le volume mondial des actifs en finance responsable est estimé comme allant de 3,000 à 31,000 milliards de dollars. Le marché des obligations vertes a vu son volume estimé passer de 78 milliards de dollars en 2015 à 590 milliards de dollars en août 2019.
- Pratiques bancaires : certaines banques adaptent leurs politiques de crédit, par exemple en accordant des rabais sur les prêts pour des projets durables.
- Limitations et risques : difficultés d’évaluer l’impact réel des investissements responsables ; risque d’« écoblanchiment » (greenwashing) ; investissement insuffisant si les politiques publiques sont lentes ou insuffisantes.
- Moyens d’influence : investisseurs pouvant dialoguer avec les directions d’entreprise, plaider pour des stratégies bas carbone et favoriser le financement des entreprises pionnières en pérennité environnementale, envoyant des signaux de prix pour l’allocation du capital.

### Rôle du FMI et actions recommandées
- Mandat et contribution : le FMI, centré sur l’analyse des risques et des vulnérabilités et le conseil en politiques macrofinancières, doit intégrer les risques liés aux changements climatiques dans ses activités en raison de la portée mondiale et de la nature des risques.
- Analyses macrofinancières et tests de résistance : le FMI peut améliorer la compréhension de la transmission macrofinancière des risques climatiques en renforçant les stress tests inclus dans les programmes d’évaluation du secteur financier (FSAP), évaluations exhaustives et approfondies des secteurs financiers des pays membres.
- Exemples d’applications : évaluations pour les Bahamas et la Jamaïque comprenant des tests de résistance basés sur des scénarios d’impact macroéconomique d’un grave ouragan pour les Bahamas et d’une catastrophe naturelle majeure pour la Jamaïque. Le FMI analyse également l’exposition au risque de transition dans un pays producteur de pétrole.
- Coopération internationale : le FMI a rejoint le NGFS et coopère avec ses membres pour élaborer un cadre analytique d’évaluation des risques climatiques.
- Données et divulgations : besoin crucial de combler les lacunes en matière de données. Seules des déclarations précises et correctement normalisées sur les risques climatiques dans les états financiers permettent aux investisseurs d’appréhender l’exposition réelle. Les déclarations actuelles sont souvent volontaires et inégales selon les pays et catégories d’actifs. Le FMI soutient les efforts publics et privés visant à étendre l’adoption de déclarations climatiques sur tous les marchés et pays, en suivant notamment les recommandations du Groupe de travail sur la publication d’informations financières liées au climat (2017). Une normalisation plus poussée améliorerait la comparabilité des données sur les risques climatiques dans les états financiers.

### Considérations finales
- Coût économique empirique : les ouragans destructeurs et les paysages défigurés réduiront la production mondiale ; la transition vers une économie bas carbone augmentera le coût des sources d’énergie à mesure que les externalités seront internalisées et que certains anciens actifs perdront leur valeur, mais les taxes sur le carbone et mesures d’économie d’énergie stimuleront la création de nouvelles technologies.
- Rôle essentiel de la finance : la finance doit jouer un rôle primordial pour gérer la transition vers une économie bas carbone, à la fois comme source d’activités et comme gestionnaire des risques, pour le bien des générations futures.

*Contenu rédigé à partir de la Section 1 du PDF "climate-change-central-banks-and-financial-risk-grippa - Section 1".*

### Section 2

### climate-change-central-banks-and-financial-risk-grippa - Section 2

### Cited international reports and initiatives
- Paris: NGFS Secretariat. https://www.ngfs.net/en/first-comprehensive-report-call-action
- OECD (Organisation for Economic Co-operation and Development). 2017. Investing in Climate, Investing in Growth. Paris: OECD Publishing. http://dx.doi.org/10.1787/9789264273528-en
- Task Force on Climate-related Financial Disclosures. 2017. Final Report: Recommendations of the Task Force on Climate-related Financial Disclosures. Basel. https://www.fsb-tcfd.org/publications/final-recommendations-report/

*Source: climate-change-central-banks-and-financial-risk-grippa - Section 2*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/fandd/article/2019/december/fr/climate-change-central-banks-and-financial-risk-grippa.pdf_
