## Prologue — Leçons de la Rome antique sur l’importance du développement durable

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### Résumé historique et contexte
- La République romaine a duré "500 ans" en raison d'institutions capables de s'adapter aux conflits internes (aristocrates vs masses populaires) et externes (États rivaux et intégration des peuples conquis).
- L’expansion territoriale (au début du deuxième siècle avant notre ère, la République s’étendait de la Gaule à la Grèce) a entraîné un afflux de richesses via paiements de tributs, impôts provinciaux et exploitation minière.
- Le boom économique a fait grimper la population de Rome à "près d’un million d’habitants" dès le premier siècle avant notre ère.
- L’enrichissement concentré a engendré une nouvelle classe d’ultra-riches, des instruments financiers pour regrouper et revendre la dette, et une corruption politique élargie (ex. Marcus Licinius Crassus).
- Le cycle politique de redistribution, polarisation, violence et montée d’hommes forts a conduit à la fin de la République (assassinats politiques, guerres civiles, dictatures).

### Causes structurelles de l’effondrement
- Affaiblissement des normes sociales et disparition du sens du bien commun chez les élites : le service public a cédé le pas à l’accumulation de richesses et à la corruption.
- Inégalité économique et perturbation du marché du travail par un afflux massif d’esclaves, créant mécontentement populaire et instabilité.
- Politisation et militarisation des institutions de l’État : interdictions massives, confiscations de biens, neutralisation du pouvoir plébéien, recours fréquent à la violence politique.
- Crises budgétaires et dépréciation de la monnaie contribuant à l’instabilité impériale au troisième siècle.

### Rôle du climat, des maladies et des chocs environnementaux
- Période prospère (Optimum climatique de Rome) : la période entre "environ 200 ans avant et 150 ans après notre ère" a été marquée par un climat chaud, humide et prévisible favorable aux cultures.
- Détérioration climatique au troisième siècle : climat devenu plus "frais, plus sec et plus imprévisible", avec sécheresses et mauvaises récoltes plus fréquentes.
- Milieu du cinquième siècle : début du petit âge glaciaire de l’Antiquité tardive.
- Pandémies majeures liées à facteurs environnementaux :
  - La variole a frappé au "deuxième siècle".
  - Une épidémie virulente, peut-être d’Ébola, au "troisième siècle".
  - La peste de Justinien (première incidence connue de peste bubonique) au "milieu du sixième siècle" a probablement décimé "la moitié" de la population de l’empire.
- Interactions climatiques et pandémies : éruptions volcaniques provoquant des températures exceptionnellement basses avant la peste, déplacements d’animaux vecteurs et explosion de populations de rats le long des routes commerciales.
- Effet en chaîne : sécheresse en Eurasie au quatrième siècle déclenche la migration des Huns (qualifiés de « réfugiés climatiques à cheval »), provoquant des migrations de masse au-delà des frontières romaines et contribuant à l’effondrement de l’empire occidental au cinquième siècle.
- Conséquences démographiques extrêmes : au sixième siècle, la population de Rome est tombée à "20.000 habitants" et le forum romain est devenu le campo vaccino.

### Leçons tirées et recommandations pour notre époque
- Diagnostic : la République et l’Empire romains ont échoué au test du développement durable — convergence nécessaire de progrès matériel, inclusion sociale et respect de l’environnement.
- Symptômes analogues à surveiller aujourd’hui :
  - Effondrement des normes sociales ancestrales.
  - Polarisation politique alimentée par l’inégalité économique.
  - Abandon du bien commun par les élites.
  - Dégâts environnementaux favorisant maladies et catastrophes.
- Moyens d’action et possibilités contemporaines :
  - L’urgence d’atteindre les objectifs du développement durable : éradiquer la pauvreté, protéger la planète, assurer la paix et une prospérité partagée.
  - Différences favorables par rapport à Rome antique : nos économies sont "beaucoup plus riches, saines, inclusives et résilientes".
  - Capacité moderne d’influer sur le climat : contrairement aux Romains, l’activité humaine est aujourd’hui à l’origine des changements climatiques, il est donc possible d’y remédier.
  - Objectif prescrit : instaurer "un système énergétique décarboné au cours des trois prochaines décennies".
- Avertissement final : l’histoire de Rome ouvre une perspective sur notre avenir potentiel si des actions décisives en matière de développement durable et de climat ne sont pas prises.

*ANTHONY ANNETT est assistant du directeur et JOSHUA LIPSKY est agent principal au département des communications du FMI.*

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