## offshore-tax-havens-and-inequality-picture

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### Richesses offshore et impact sur l’inégalité
- Les sommes d’argent cachées dans des paradis fiscaux ont des répercussions notables sur l’inégalité, car sans évaluer ces richesses dissimulées il est difficile de connaître l’ampleur réelle des disparités économiques.
- Estimation principale : richesse offshore totale ≈ 10 % du PIB mondial en 2007, soit 5 600 milliards de dollars.
- Répartition géographique : près de la moitié de cette somme est placée en Suisse, le plus important centre bancaire offshore du monde depuis les années 20.
- Concentration par statut : environ 80 % des fonds extraterritoriaux sont détenus par des ménages appartenant au 0,01 % d’individus les plus riches.
- Conséquence : la comptabilisation des actifs offshore augmente considérablement la part de richesse détenue par les très riches — l’inégalité est peut‑être beaucoup plus grande que ce que d’autres études ont constaté.

### Données et méthodes utilisées
- Sources exploitées :
  - Répartition par pays des placements étrangers dans les banques nationales publiée par la Banque centrale de Suisse.
  - Données de la Banque des règlements internationaux (à partir de 2016) sur l’origine des dépôts bancaires réfugiés dans des centres offshore (ex. Jersey, Luxembourg).
  - Fuites de dossiers confidentiels (ex. filiale suisse de HSBC en 2007) pour éléments de vérification.
- Méthodologie : Zucman et collaborateurs ont utilisé ces sources pour estimer le ratio richesse offshore/PIB par pays.
- Échantillon : tous les pays ayant un PIB de plus de 200 milliards de dollars en 2007.
- Remarque méthodologique : « Russie (EON) » désigne une autre estimation obtenue en cumulant les erreurs et omissions nettes dans la balance des paiements. EON = erreurs et omissions nettes.

### Variations globales et statistiques clefs
- Moyenne mondiale : 9,8 % (richesse offshore en pourcentage du PIB, 2007).
- Amplitude observée : part de richesse offshore allant d’un faible pourcentage du PIB en Scandinavie jusqu’à 60 % en Russie, dans les États du Golfe et en Amérique latine.
- Évolution post‑crise 2008–09 : la part des dépôts bancaires offshore placés en Suisse a diminué, tandis que celle des centres paradis fiscaux asiatiques a augmenté.
- Définitions de regroupements géographiques (notes du graphique) :
  - paradis fiscaux américains = États‑Unis, îles Caïmans, Panama ;
  - paradis fiscaux asiatiques = Bahreïn, Hong Kong (RAS), Macao (RAS), Malaisie, Singapour et Antilles néerlandaises, Bahamas et Bermudes ;
  - autres paradis fiscaux européens = Autriche, Belgique, Chypre, Guernesey, île de Man, Jersey, Luxembourg et Royaume‑Uni.

### Concentration au sommet et tendances temporelles
- Part du 0,01 % le plus riche dans la richesse totale, y compris offshore : la part de richesse détenue par les personnes appartenant au 0,01 % le plus riche augmente considérablement lorsque les actifs offshore sont comptabilisés.
- Tendances historiques :
  - En Scandinavie et en Europe, les fortunes des 0,01 % les plus riches sont revenues aux niveaux des années 50.
  - Aux États‑Unis, la richesse est beaucoup plus concentrée : la part des 0,01 % les plus riches a dépassé les niveaux du début du XXe siècle.
- Graphiques de séries temporelles (indicateurs présentés comme moyennes sur dix ans) illustrent ces évolutions pour la Scandinavie (moyenne du Danemark, de la Norvège et de la Suède), l’Europe (moyenne arithmétique de l’Espagne, de la France et du Royaume‑Uni) et les États‑Unis.

### Facteurs déterminants identifiés
- Les facteurs associés à une part élevée de richesse offshore par pays incluent :
  - la proximité de la Suisse ;
  - la présence de ressources naturelles ;
  - des antécédents d’instabilité politique et économique.

*Rédigé par LIJUN LI et CHRIS WELLISZ, de l’équipe de rédaction de F&D, sur la base de « Who Owns the Wealth in Tax Havens? Macro Evidence and Implications for Global Inequality » par Annette Altstadsaeter, Niels Johannesen et Gabriel Zucman (septembre 2017).*

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