## PLUS DE SABLE QUE DE CARBURANT

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### Contexte et message principal
- Une nouvelle vague de dirigeants en Afrique subsaharienne a réaffirmé la volonté de combattre la corruption, reconnaissant que la bonne gouvernance est fondamentale pour le développement économique et la croissance.
- Selon les auteurs, le lien entre croissance et gouvernance est particulièrement fort en Afrique subsaharienne, région riche en ressources naturelles, où la maîtrise de la corruption apporte davantage de bénéfices économiques aux citoyens que partout ailleurs.

### Dividende de la gouvernance (preuves et estimations)
- Le dividende de la gouvernance est "deux à trois fois supérieur" dans les pays d’Afrique subsaharienne que dans tout autre pays du monde.
- Porter la gouvernance en Afrique subsaharienne à la moyenne mondiale pourrait, selon les estimations, accroître le PIB par habitant de "1 à 2 points de pourcentage par an".
- La corruption tend à nuire à la croissance et agit "davantage comme du sable que comme du carburant" dans le moteur de l’économie.

### État de la gouvernance dans la région (observations factuelles)
- Sur les "30 pays" de la région figurant à l’indice de gouvernance 2017 du Guide international des risques-pays, "seuls 2" ont obtenu une note supérieure à la moyenne du reste du monde.
- Des épisodes récents documentés :
  - Afrique du Sud : épisodes de captation de l’État, actions depuis "2018" pour réparer les dégâts (amélioration des marchés publics, répression de la contrebande, rétablissement des capacités d’institutions vitales comme l’office des recettes et l’organisme de lutte contre la corruption).
  - Angola : perte de contrôle de milliards de dollars du fonds souverain, nouveau gouvernement élu en "2017" a remplacé la direction du fonds, ouvert une enquête, récupéré les avoirs et réinvesti en faveur de la population.
- Persistences problématiques : dessous-de-table pour l’attribution de contrats pétroliers et gaziers sans mise en concurrence, expropriations d’actifs privés, atteintes à l’indépendance des banques centrales dans un petit nombre de cas.

### Politiques et instruments traditionnels recommandés
- Renforcement des lois, amélioration de l’efficience de l’État, consolidation des institutions budgétaires et des dispositifs de lutte contre la corruption.
- Facteurs de réussite observés dans d’autres pays (Botswana, Chili, Estonie, Géorgie) :
  - Volonté politique.
  - Réduction des possibilités de corruption (allégement de la bureaucratie, abaissement des barrières commerciales).
  - Limitation des comportements corrompus (appareil judiciaire indépendant, dispositif de lutte contre le blanchiment de capitaux).
  - Amélioration des institutions budgétaires (transparence et contrôles).
- Renforcement des capacités : maîtrise des connaissances et responsabilisation des salariés des institutions chargées de la lutte contre la corruption pour améliorer les poursuites et rapprocher l’opinion publique des tribunaux.
- Renforcement de la gouvernance d’entreprises et des contre-pouvoirs, notamment la structure de gouvernance des entreprises publiques.
- Application plus rigoureuse des réglementations existantes comme premier pas concret.

### Numérisation et innovations anti-corruption
- La numérisation offre de nouvelles méthodes : plateformes de dialogue, transparence et responsabilisation par un meilleur accès à l’information.
- Exemples concrets :
  - Fiscalité : traitement électronique des déclarations fiscales et douanières et des remboursements pour gagner du temps, réduire les coûts et limiter les possibilités de corruption ; analyse des données pour des audits axés sur le risque.
  - Efficience des dépenses : biométrie et paiements électroniques pour réduire les lourdeurs bureaucratiques, mieux cibler les personnes démunies, réaliser des économies budgétaires et faciliter la fourniture des prestations.
  - Paiements numériques (ex. frais de scolarité) pour réduire les risques de fraude et de corruption.
  - Marchés publics : gestion centralisée pour limiter conflits d’intérêts et abus au niveau des entreprises publiques, provinces et administrations locales.

### Bienfaits tangibles attendus pour les populations
- Une meilleure gouvernance et la maîtrise de la corruption se traduisent par :
  - Augmentation des recettes perçues grâce à l’amélioration de la discipline fiscale (capacité accrue des autorités fiscales et douanières à lutter contre la contrebande et les flux illicites ; citoyens plus susceptibles de payer leurs impôts si confiance dans l’efficience des dépenses).
  - Meilleure efficience des dépenses de l’État grâce au renforcement des procédures budgétaires (réduction du risque de réorientation préjudiciable des dépenses vers des éléments exposés à la corruption, comme les "éléphants blancs").
  - Amélioration des résultats en termes de développement et inclusion sociale : hausse des recettes permettant davantage de dépenses en faveur de la santé et de l’éducation, bénéfices concentrés sur les plus pauvres, réduction des facteurs de vulnérabilité.
- Convergence de facteurs favorables : population jeune, accès à l’information en temps réel, exigences de transparence et responsabilité, nécessité de respecter les principes de bonne gouvernance pour attirer l’investissement étranger et s’intégrer à l’économie mondiale.

### Difficultés et condition de réussite
- Améliorer la gouvernance est difficile car ceux qui profitent de la corruption s’opposent aux réformes ; il s’agit d’une bataille complexe impliquant gouvernements, institutions, société civile, médias et secteur privé.
- Une "volonté politique tenace" est une condition indispensable à la réussite.
- La réforme institutionnelle est de long terme, mais une application plus rigoureuse des réglementations existantes et la numérisation peuvent produire des gains rapides.

### Mesure de la gouvernance (définitions et limites)
- La gouvernance est pluridimensionnelle : corruption, efficacité de l’État, qualité de la réglementation et état de droit sont des indicateurs économiques pertinents.
- Difficile d’agréger ces dimensions en un seul indicateur en raison de différences culturelles et de la nature subjective de certaines mesures ; cependant, les perceptions de la corruption restent une composante clé et les mesures existantes servent d’approximation utile.

*Article de NELSON SOBRINHO et VIMAL THAKOOR, économistes au département Afrique du FMI; article inspiré du document de travail du FMI 19/1.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/fandd/article/2019/september/fr/tackling-corruption-in-sub-saharan-africa-sobrinho.pdf_
