## Le temps des récits

## Source details

**Canonical URL:** [Le temps des récits](https://www.imf.org/-/media/files/publications/fandd/article/2020/march/fr/note-de-lecture-narrative-economics-portes.pdf)

## Other formats

- [Markdown version](/-/media/files/publications/fandd/article/2020/march/fr/note-de-lecture-narrative-economics-portes.pdf.md)
- [Structured JSON version](/-/media/files/publications/fandd/article/2020/march/fr/note-de-lecture-narrative-economics-portes.pdf.json)

---

### Résumé du livre et thèse centrale
- Robert J. Shiller soutient que les faits économiques sont dictés par nos sentiments, lesquels découlent de récits économiques: des histoires qui se transmettent facilement et modifient la manière dont les individus prennent des décisions économiques.
- Ces récits expliqueraient des événements majeurs et des transitions économiques, par exemple la crise de 1929 ou la baisse de l’impôt sur le revenu des personnes physiques dans les années 80.
- Shiller affirme que la puissance des récits est à la fois plus vaste et plus profonde que ce que l’économie contemporaine accepte.

### Exemples et illustrations employés par Shiller (tels que rapportés)
- Le culte de la frugalité pendant la crise de 1929.
- L’adoption en masse des jeans et des puzzles.
- La serviette sur laquelle Art Laffer a dessiné sa courbe et les blagues de Ronald Reagan (et une nouvelle d’Astrid Lindgren) comme déclencheurs de pressions populaires en faveur d’une réduction des impôts.
- Le récit post-11 septembre de George W. Bush présenté comme ayant mis fin à la récession de 2001.

### Critique de Jonathan Portes
- Portes remet en cause la causalité telle que présentée par Shiller: il s’interroge sur la direction de causalité entre récits et événements économiques (récits provoquent-ils les événements, ou en sont-ils l’illustration?).
- Il critique le faible usage de données empiriques dans l’ouvrage et l’absence de renvois à des études récentes (par exemple sur l’incertitude politique).
- Il juge certaines affirmations excessives, par exemple que « l’engouement pour les phénomènes (...) permet d’expliquer la longueur et la gravité de la crise ».
- Portes critique la conception de la causalité de Shiller comme source d’erreur et note l’absence d’un programme de recherche convaincant ou d’hypothèses vérifiables pouvant conduire à des mécanismes de prévision ou d’évitement de ralentissements/crises.

### Appréciation méthodologique et recommandations
- Appréciation positive: appel de Shiller à ce que les économistes se nourrissent d’autres disciplines, notamment la recherche sociale qualitative (et pas seulement l’épidémiologie).
- Limite relevée: l’affirmation normative « Il faut que des récits accrocheurs dictent ces décisions » est qualifiée par Portes d’affirmation plutôt que d’analyse.
- Portes doute de la transformation de l’argumentaire en hypothèses vérifiables et en mécanismes prédictifs/ou préventifs opérationnels.

### Informations bibliographiques et format du livre (telles que présentées)
- Robert J. Shiller, Narrative Economics: How Stories Go Viral & Drive Major Economic Events.
- Princeton University Press, Princeton, NJ, 2019, 377 pages, 27,95 dollars.

*Mars 2020  |  FINANCES & DÉVELOPPEMENT     63*

---


_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/fandd/article/2020/march/fr/note-de-lecture-narrative-economics-portes.pdf_
