## L’amélioration de la logistique en Afrique subsaharienne pourrait être capitale pour une distribution réussie des vaccins

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### Situation et défis actuels
- Afrique subsaharienne a une note moyenne de l’indice de performance logistique (IPL) de 2,5 (échelle de 1 à 5).
- La note de la région est inférieure à celle de toutes les grandes régions du monde dans six catégories majeures des performances en matière de logistique, notamment la rapidité et le suivi.
- Les retards aux douanes augmentent le coût des marchandises importées de 10 %.
- Exemples concrets de perte de doses et difficultés :
  - Le Malawi a incinéré près de 20 000 doses du vaccin AstraZeneca, les autorités invoquant le court délai entre la livraison et la péremption et la nécessité de contrer l’hésitation de la population.
  - La République démocratique du Congo a une note IPL de 2,43 et « à peine plus de 0 % » de la population est entièrement vaccinée (le texte indique « à peine plus de 0 % »).
- Comparaisons de pays :
  - Afrique du Sud : IPL de 3,38; avantages mentionnés : économie développée, échelle, qualité et étendue du réseau de services de santé, accès à la mer, proximité de grands pôles de transport.
  - Zimbabwe, Guinée équatoriale et Comores : taux de vaccination relativement meilleurs malgré des notes basses pour l’IPL, montrant l’existence d’autres facteurs influents.

### Causes et effets — lien entre logistique et taux de vaccination
- Étude de l’Organisation mondiale de la santé (OMS) sur l’état de préparation à la vaccination :
  - Taux moyen de préparation de l’Afrique : 33 %
  - Niveau souhaité : 80 %
  - Déficits majeurs cités : qualité et performances en matière de logistique.
- Environ 30 % des pays étudiés présentent une capacité de réfrigération défaillante dans plus de la moitié de leurs districts.
- On estime que seuls 28 % des installations sanitaires en Afrique subsaharienne ont accès à une alimentation électrique fiable.
- Conséquences :
  - Risque élevé de destruction de doses utilisables une fois décongelées si la chaîne logistique est défaillante.
  - Hésitation vaccinale aggravée par l’éloignement, les longues distances et l’incertitude quant à la présence d’agents de santé temporaires.
  - Zones difficiles d’accès souvent limitées en technologies de l’information et des télécommunications, rendant difficile l’accès à l’information officielle.

### Actions et mesures à court terme
- Augmenter considérablement la distribution et l’administration des vaccins en comblant le « dernier maillon » logistique.
- Exemples de mesures déployées avec résultats positifs :
  - Côte d’Ivoire :
    - Centres équipés pour vacciner 300 personnes par jour peinaient à en vacciner une vingtaine.
    - Déploiement de cliniques mobiles et de bus médicaux dans les zones fréquentées.
    - Existence maintenant de centres de vaccination fixes ou mobiles dans 113 districts, presque tous fonctionnant de façon optimale.
  - Ghana : adoption de stratégies similaires à la Côte d’Ivoire.
  - Afrique du Sud : plateforme numérique pour prise de rendez‑vous permettant de réduire les distances et de coordonner les rendez‑vous familiaux.
- Recommandation : cibler les grandes villes et les zones très peuplées où les risques de transmission et les perturbations économiques sont plus élevés.

### Actions et mesures à moyen terme
- Développement des éléments d’infrastructure de la chaîne d’approvisionnement, en particulier la capacité de la chaîne du froid.
- Exigences de conservation des vaccins détaillées :
  - AstraZeneca : peut être conservé en toute sécurité dans des réfrigérateurs jusqu’à six mois.
  - Pfizer et Moderna : doivent être conservés à des températures de -20 °C ou moins.
- Résolution des problèmes structurels prioritaires :
  - Amélioration de la capacité de réfrigération dans les districts.
  - Garantie d’un accès électrique fiable pour les installations sanitaires (seuls 28 % ont actuellement un accès fiable).
  - Renforcement des réseaux de transport et de distribution pour assurer l’acheminement final des vaccins.

### Investissements et recommandations de politique à plus long terme
- La piètre qualité de la logistique de transport et de distribution entrave le commerce et la compétitivité et constitue un obstacle majeur à la vaccination.
- Opportunité :
  - La crise de la COVID‑19 offre à l’Afrique l’occasion de tirer parti de l’aide financière du FMI et d’autres institutions multilatérales pour investir dans :
    - Infrastructures (transport, chaîne du froid).
    - Mesures de facilitation du commerce.
    - Renforcement des systèmes de santé pour mieux faire face aux chocs actuels et futurs.
- Objectif recherché : inverser la tendance actuelle de la pandémie en Afrique en comblant les maillons manquants de la performance logistique et en assurant l’efficacité des campagnes de vaccination.

*EUGENE BEMPONG NYANTAKYI et JONATHAN MUNEMO — Décembre 2021, Finances & Développement.*

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