## MEILLEURE PRÉPARATION AUX PANDÉMIES

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### Indicateurs chamboulés
- En 2019, l’indice mondial de sécurité sanitaire plaçait les États-Unis au premier rang et le Royaume-Uni au second, malgré plus de 700 000 décès attribués à la COVID-19 aux États-Unis deux ans après le début de la pandémie.
- Autoévaluation RSI 2018 (OMS) : 86 % des pays d’Europe jugés aux plus hauts niveaux de préparation, mais l’Europe a enregistré 1 294 victimes pour un million de personnes jusqu’au 28 septembre 2021.
- Afrique : OMS estimait que seulement 15 % des pays étaient correctement préparés, mais moins de 205 décès par million d’habitants ont été rapportés jusqu’au 28 septembre 2021.
- Les indicateurs prédictifs n’ont pas suffisamment capté l’effet de l’expérience acquise lors d’épidémies précédentes (p. ex., réformes post-Ébola au Libéria, adaptation des quarantaines en Sierra Leone, capacités de dépistage à l’Institut Pasteur de Dakar).
- Exemples de surcharges de systèmes de santé robustes : Servizio Sanitario Nazionale (Italie) et Sistema Único de Saúde (Brésil) ont frôlé l’effondrement.
- Dépenses et limitations pratiques :
  - Royaume-Uni : dépenses de 736 millions de dollars pour des hôpitaux « Nightingale » majoritairement inutilisés en dépit de capacités hospitalières proches du point de rupture.
  - Mobilisations communautaires efficaces dans plusieurs pays d’Asie et d’Afrique subsaharienne grâce à du personnel formé, des volontaires et des structures de gouvernance locales (Thaïlande, Viet Nam, Japon).

### Investir dans la prévention et la préparation
- Estimation du coût économique mondial de la COVID-19 en 2025 : 16 000 à 35 000 milliards de dollars (estimation de McKinsey & Company et du panel indépendant du G20).
- Argument économique : même une réduction modeste de ce coût par une meilleure préparation produirait un retour sur investissement considérable.
- Double dividende de l’investissement dans la santé :
  - Protection lors d’urgences aiguës (y compris la résistance aux antimicrobiens).
  - Amélioration des sociétés par une meilleure santé et plus d’équité, apportant des bénéfices visibles à court terme pour les gouvernements.
- Rôle de la science et des pouvoirs publics :
  - Le développement rapide de multiples vaccins sûrs et efficaces est le fruit de décennies d’investissement dans la recherche scientifique.
  - Le soutien public à la science et à la technologie, y compris en période d’incertitude, est impératif pour les crises futures.
- Limitations des mécanismes existants :
  - COVAX n’a pas assuré l’équité mondiale en matière de vaccination ; dépendance aux dons et incapacité à faire baisser les prix quand les pays riches accumulent des stocks (ex. Canada : commandes équivalentes à dix fois sa population).
  - Proposition : construire et étendre des centres de fabrication de vaccins dans les régions à faible revenu pour accélérer la fin de la phase aiguë de la pandémie et fournir une infrastructure pour d’autres maladies infectieuses.
- Règlement sanitaire international (RSI) :
  - Le RSI oblige 196 pays à développer des capacités de détection et de réaction; durant la pandémie, de nombreux pays n’ont tenu qu’en partie leurs engagements.
  - Ajustements recommandés : adopter un mécanisme d’alerte plus nuancé et donner à l’OMS le pouvoir de contrôler en continu et d’améliorer le respect du RSI.
  - Ressources pour l’OMS : une augmentation de 1 milliard de dollars par an des contributions obligatoires serait un début.

### Chiffres et opportunités de financement (graphique)
- Coût estimatif de la COVID-19 : 16 000 milliards de dollars.
- Opportunités d’engagements du G20 : 15 milliards de dollars.
- Financement international annuel minimum indiqué dans le graphique : 15 milliards de dollars.
- Financement international minimum sur cinq ans indiqué dans le graphique : 75 milliards de dollars (équivalant à 10 milliards de dollars annuels dans la représentation graphique).

### Leçons et recommandations clés
- La prévention et la préparation doivent être considérées comme des investissements, pas comme des coûts.
- Renforcer les quatre éléments des soins de santé efficaces (personnel, matériel, locaux et systèmes) — l’ajout d’installations ou d’équipements sans personnel formé est insuffisant.
- Investir dans le développement et la diffusion des capacités locales (tests, laboratoires, fabrication de vaccins) pour une réponse rapide et équitable.
- Renforcer le RSI et l’OMS par des pouvoirs accrus et des contributions financières obligatoires pour améliorer le respect des règles et sauver des vies.
- Soutenir durablement la science et la recherche pour permettre des innovations rapides lors de futures pandémies.

*Article de Jay Patel et Devi Sridhar, FINANCES & DÉVELOPPEMENT, Décembre 2021.*

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