## ENSEIGNEMENTS DE LA PANDÉMIE

## Source details

**Canonical URL:** [ENSEIGNEMENTS DE LA PANDÉMIE](https://www.imf.org/-/media/files/publications/fandd/article/2021/december/fr/sands.pdf)

## Other formats

- [Markdown version](/-/media/files/publications/fandd/article/2021/december/fr/sands.pdf.md)
- [Structured JSON version](/-/media/files/publications/fandd/article/2021/december/fr/sands.pdf.json)

---

### Angle mort des économistes et des institutions financières
- Observation centrale : pratiquement aucun expert économique ou financier, y compris au FMI, n’a pris au sérieux le risque présenté par des pandémies avant la COVID-19.
- Analyse empirique :
  - Identification de 15 pays ayant souffert de flambées de maladies infectieuses.
  - Examen des rapports publiés par le FMI, Standard & Poor’s et l’Economist Intelligence Unit "deux ans avant et deux ans après" ces flambées.
  - Résultat : le risque des épidémies a été mentionné dans 63% des rapports du FMI publiés après leur survenue, mais n’a été évoqué dans aucun rapport publié avant.
- Causes proposées :
  - Difficulté humaine et cognitive à évaluer des événements à faible probabilité et fort impact : on les exagère ou on les ignore.
  - Préférence pour étudier des risques que l’on comprend ; déficits de compétence en épidémiologie au sein d’institutions économiques.
  - Gouffre de communication entre les mondes de la santé et de l’économie : spécialisation et langage différent.

### Rôle et atouts du FMI pour l’évaluation préventive
- Rôle possible : évaluer la vulnérabilité d’un pays aux épidémies et sa capacité à y faire face, de la même manière que le FMI évalue la capacité d’un pays à faire face à des chocs macroéconomiques (ex. chocs liés à la liquidité).
- Méthode collaborative : le FMI pourrait s’appuyer sur d’autres institutions pour les aspects épidémiologiques tout en examinant les effets potentiels d’une épidémie sur l’économie.
- Argument stratégique : les compétences et capacités requises pour évaluer ces impacts sont un point fort du FMI.

### Importance macroéconomique de la santé et leçons de la COVID-19
- Conclusion clé : la COVID-19 a démontré que les maladies infectieuses peuvent avoir "de considérables incidences macroéconomiques et financières".
- Caractéristique de la pandémie : plus monumentale encore que la crise financière mondiale; elle a révélé modes de transmission entre maladies et économies et identifié gagnants et perdants.
- Conséquence normative : il n’est plus raisonnable de prétendre pouvoir évaluer les risques économiques futurs en faisant abstraction de la menace d’une éventuelle pandémie.

### Priorités du Fonds mondial à court terme et actions effectuées
- Mandat historique : lutte contre le VIH/SIDA, la tuberculose et le paludisme (VIH/SIDA ayant fait "près de 40 millions de victimes").
- Réponse à la COVID-19 :
  - Disponibilité de fonds assurée dès mars 2020.
  - Montant décissé "environ 4 milliards de dollars".
  - Rôle : principal soutien aux pays à faible revenu et à revenu intermédiaire dans tous les aspects de la santé autres que les vaccins (tests de dépistage, équipements de protection individuels et oxygène).
- Recommandation opérationnelle : frapper tôt — logique d’impact non linéaire dans la lutte contre les maladies infectieuses ; nécessité d’une réponse complète au-delà des vaccins.

### Effets de la COVID-19 sur la lutte contre autres grandes maladies
- Impact négatif constaté : la COVID-19 est "la pire chose qui soit arrivée à la lutte contre le VIH, la tuberculose et le paludisme".
- Chiffres et faits :
  - Dans le rapport sur les résultats 2020 du Fonds mondial, pour la première fois en "vingt ans d’histoire", les principaux résultats ont reculé pour les trois maladies.
  - Dans la plupart des pays à faible revenu ou à revenu intermédiaire de la tranche inférieure, le VIH, la tuberculose et le paludisme font davantage de victimes que la COVID.
- Implication policy : nécessité d’une réponse qui s’attaque à la fois à l’impact direct de la COVID et à ses répercussions sur ces autres maladies.

### Vers une démarche globale de la santé mondiale
- Argument pour une approche intégrée : protéger les populations contre une pléthore d’agents pathogènes plutôt que maladie par maladie — "Sauver quelqu’un de la COVID-19 n’a aucun sens s’il doit mourir ensuite de la tuberculose."
- Enseignements opérationnels :
  - Valeur d’une perspective de bout en bout : coordination entre ceux qui conçoivent de nouveaux outils médicaux et ceux qui les déploient et les mettent sur le marché.
  - Valeur du temps : passage du paradigme bancaire "le temps, c’est de l’argent" au paradigme de la santé mondiale "le temps, c’est la vie".
  - Nécessité de reproduire l’urgence observée pour la COVID-19 dans les réponses aux autres maladies.

### Vaccins, innovation et urgence repensée
- Enseignement de la COVID-19 : remise en question des attentes traditionnelles sur la durée d’élaboration des réponses (tests de diagnostic rapide et vaccins).
- Exemples et perspectives :
  - Approbation du RTS,S, nouveau vaccin contre le paludisme, après de longues années de développement ; le Fonds mondial a investi dans sa mise au point.
  - Experts en tuberculose évoquent la possibilité d’un vaccin dans "quatre à cinq ans".
  - Question rhétorique : si un vaccin pour un virus inconnu peut être mis au point en un an, pourquoi accepter d’attendre "quatre à cinq ans" pour un vaccin contre une maladie connue depuis des siècles ?
- Recommandation stratégique : repenser la notion d’urgence pour accélérer le développement et le déploiement des vaccins et autres outils médicaux.

*Entretien avec Peter Sands, édité pour des raisons de longueur et de clarté.*

---


_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/fandd/article/2021/december/fr/sands.pdf_
