## Le sommet de la COP26 à Glasgow pourrait être l’aube d’une nouvelle ère en matière de développement durable

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### Contexte et enjeux climatiques
- Le rapport spécial de 2018 du GIEC sur les conséquences d’un réchauffement planétaire de 1,5 °C souligne des risques graves, des incidences déjà manifestes et le temps limité pour enrayer la tendance.
- Comparaisons d’impacts selon le réchauffement :
  - Un réchauffement de 2 °C ferait quasi‑ment disparaître tous les récifs coralliens au lieu de 70 à 90 %.
  - 37 % de la population, et non plus 14 %, seraient exposés à des chaleurs extrêmes au moins tous les cinq ans.
- Le rapport 2021 du GIEC atteste de l’accélération rapide du changement climatique et souligne la nécessité d’atteindre zéro émission nette d’ici à 2050.
- Conséquences économiques et sociales en l’absence d’action :
  - Des centaines de millions de personnes pourraient être déplacées, principalement dans les pays en développement.
  - Pertes d’emplois et de revenus, augmentation de la pauvreté, et aggravation des futurs chocs plus marqués si la décarbonation tarde.

### Investissement, innovation et trajectoire de transition
- Les énergies renouvelables voient leurs coûts décroître et deviennent de plus en plus compétitives face aux combustibles fossiles.
- Effets attendus de l’augmentation des dépenses en infrastructures durables :
  - À court terme : création d’emplois et débouchés pour l’investissement (relance post‑COVID-19).
  - À moyen terme : stimulation de l’innovation, création de nouvelles sources de croissance, réduction de la pauvreté et des inégalités.
  - À long terme : stabilisation du changement climatique comme garantie d’un avenir viable.
- Besoin d’investissements massifs pour :
  - Remplacer infrastructures vieillissantes et polluantes.
  - Combler le déficit d’infrastructures et soutenir changements structurels dans les pays émergents et en développement.
  - Protéger et restaurer le patrimoine naturel.
- Proposition de politique d’investissement :
  - Augmenter les investissements annuels mondiaux de 2 % du produit intérieur brut d’avant la pandémie jusqu’à la fin de la décennie et au‑delà.
- Potentiel de compétitivité des solutions bas carbone :
  - Rapport Paris Effect (2020) : en 2030, solutions à faible intensité de carbone compétitives dans des secteurs représentant 70 % des émissions, contre 25 % aujourd’hui et 0 % il y a cinq ans.

### Objectifs et priorités de la COP26
- Principaux buts de la conférence de Glasgow :
  - Des objectifs zéro émission largement partagés et un programme de financement crédible.
  - Un engagement collectif et une feuille de route pour accélérer la transition vers des systèmes d’énergie et de transport sans émissions de carbone, incluant tarification du carbone, politiques sectorielles, abandon progressif du charbon et soutien à l’innovation.
  - Appui aux mesures d’adaptation et de résilience, notamment dans les pays pauvres et vulnérables, et protection/reconstitution du patrimoine naturel.
  - Mobilisation d’entreprises et de financements privés pour canaliser des financements vers les pays émergents et en développement.

### Politiques accélératrices recommandées
- Mesures clefs que les pouvoirs publics et le secteur privé doivent mettre en œuvre :
  - Supprimer les subventions aux combustibles fossiles et fixer un prix du carbone.
    - Objectif de prix mondial moyen : 75 dollars la tonne de CO2 d’ici à 2030 (prix actuel évoqué : 3 dollars).
  - Renforcer la tarification du carbone par des politiques sectorielles (réglementation, normes d’efficacité énergétique, bonus–malus écologique) et éliminer progressivement le charbon.
  - Stimuler l’investissement public dans des infrastructures durables et résilientes, y compris solutions fondées sur la nature (restauration des sols dégradés, préservation d’écosystèmes), en en atténuant l’impact sur les pauvres.
  - Promouvoir une utilisation durable des ressources naturelles via : accès payant aux services écosystémiques, réglementation, réforme des subventions agricoles et subventions pour l’eau, incitations pour une économie circulaire.
  - Déployer des politiques industrielles favorisant l’innovation appliquée à la lutte contre le réchauffement climatique (numérisation, nouveaux matériaux, sciences de la vie, processus de production), avec coordination et planification à long terme.
  - Fournir des informations et promouvoir le débat public sur normes sociales et comportements pour réduire la demande d’énergie et l’intensité carbone.
  - Adapter les financements aux objectifs climatiques : gérer les risques d’instabilité financière liés au climat ; concilier rendements sociaux et privés ; mobiliser moyens pour l’investissement ; stimuler fortement les financements internationaux pour l’action climatique ; assurer compatibilité des politiques monétaires et de surveillance avec la neutralité carbone.
  - Concevoir instruments d’assurance et filets de protection sociale pour atténuer les effets immédiats des chocs climatiques.
  - Favoriser une transition juste : investir dans le passage à une économie sobre en carbone et accompagner travailleurs, entreprises et régions affectés.
  - Intégrer la durabilité dans la gestion des finances publiques et la gouvernance d’entreprise ; utiliser des modèles plus performants et ne pas tenir compte uniquement du produit intérieur brut pour mesurer le bien‑être et la durabilité.

### Mobilisation des financements pour l’action climatique
- Contraintes : abondantes réserves d’épargne à long terme et taux d’intérêt mondiaux exceptionnellement bas, mais difficultés d’accès à des financements à long terme pour de nombreux pays émergents et la plupart des pays en développement.
- Engagements financiers et besoins :
  - Engagement des pays développés : financer l’adaptation à hauteur de 100 milliards de dollars d’ici à 2020 — élément pilier pour l’action climatique.
  - Recommandation : pays riches doivent stimuler les financements pour le climat en 2021–22 et les doubler pour atteindre 60 milliards d’ici à 2025.
  - Amélioration de la qualité des financements : relever le niveau des dons, doubler immédiatement les financements destinés à l’adaptation, et veiller à ce qu’au moins la moitié des financements concessionnels pour l’action climatique servent les objectifs d’adaptation et de résilience.
- Rôle des banques de développement multilatérales :
  - Utiliser tous leurs instruments et tripler les financements d’ici à 2025 (par rapport à leurs niveaux de 2018).
  - Mesures nécessaires : reconstitution accélérée des ressources de l’IDA, utilisation plus efficace du bilan, augmentation des financements privés, alignement accéléré sur l’accord de Paris, augmentations de capital préventives.
- Autres mécanismes et initiatives :
  - Création possible d’un fonds fiduciaire pour la résilience et la durabilité dans le cadre du FMI.
  - Propositions de la Commission économique pour l’Afrique de l’ONU et du Fonds Bezos pour la Terre pour lever des financements concessionnels.
  - Recours à des plateformes nationales préconisées par le G20 (pas encore effectif) pour améliorer la coordination.
  - Efforts d’adaptation du système financier via : programme de financements privés de la COP26 ; Groupe de travail sur la publication d’informations financières liées au climat du Conseil de stabilité financière ; Réseau pour le verdissement du système financier ; Coalition des ministres des Finances pour l’action climatique ; groupe d’experts sur la finance durable de l’Union européenne ; groupe de travail du G20 sur la finance durable.

### Passage de l’engagement à l’action et avancées récentes
- Priorités définies par la présidence britannique de la COP26 (Alok Sharma) : engagement zéro émission nette, intensification des mesures d’adaptation et de résilience, respect de la promesse de lever 100 milliards de dollars, transformation des financements privés, renforcement de la collaboration.
- Exemples d’engagements récents :
  - G7 (Carbis Bay, juin) : réduction à zéro des émissions nettes d’ici à 2050 ; diminution de 50 % des émissions collectives entre 2010 et 2030 ; augmentation et amélioration des financements pour l’action climatique d’ici à 2025 ; conservation et protection d’au moins 30 % des terres et des océans d’ici à 2030.
  - Pour la première fois, le G20 a souligné la nécessité d’agir pour la tarification du carbone.
  - Croissance des engagements du secteur privé : entreprises s’engagent à réduire à zéro leurs émissions nettes ; grandes institutions financières fixent des dates butoirs pour la neutralité carbone de leurs portefeuilles.
- Urgence et enjeu décisif :
  - Cette décennie déterminera la vigueur et le caractère inclusif de la reprise post‑COVID-19 et l’éventuelle amorce d’une nouvelle trajectoire de croissance durable.
  - Les auteurs insistent : prendre les bonnes décisions aujourd’hui permettrait d’ouvrir une nouvelle ère de développement durable ; l’inaction entraînerait la perte d’une décennie pour le développement et mettrait l’ensemble de la planète en grand danger.

*AMAR BHATTACHARYA et NICHOLAS STERN, Finances & Développement, Septembre 2021.*

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