## Les pays africains adoptent les énergies renouvelables pour accélérer l’accès à l’énergie, mais le financement reste un défi

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### Contexte et enjeux
- 770 millions de personnes n’ont pas l’électricité, dont 75 % vivent en Afrique subsaharienne (rapport AIE, 2019).
- 900 millions de personnes n’ont pas accès à des moyens de cuisson propres dans la région.
- Ces carences limitent les opportunités éducatives, commerciales et le bien‑être économique des individus.

### Besoins d’investissement et déficit de financement
- Il faudra investir chaque année 28 milliards de dollars jusqu’en 2030 pour résorber le déficit d’accès à l’énergie en Afrique subsaharienne.
  - Dont 13 milliards de dollars pour les mini‑réseaux.
  - Dont 7,5 milliards de dollars pour les investissements dans les réseaux.
  - Dont 6,5 milliards de dollars pour les investissements hors réseau.
- Les financements actuels sont très inférieurs aux besoins :
  - 131 millions de dollars engagés pour la cuisson propre, contre 4,5 milliards de dollars nécessaires d’ici à 2030.
  - Des pays comme la République démocratique du Congo et l’Éthiopie, où 95 % de la population n’a pas accès à des moyens de cuisson propres, reçoivent moins de 1 % de l’investissement annuel.
- Les obstacles identifiés : instabilité politique, incertitude macroéconomique (inflation et taux de change), questions politiques et réglementaires, faiblesses institutionnelles, manque de transparence, défaillances du marché et insuffisance d’aide ciblée.

### Exemples d’initiatives et d’instruments ayant un effet catalytique
- SUNREF (Sustainable Use of Natural Resources and Energy Finance) de l’Agence française de développement :
  - A financé plus de 60 projets dans les secteurs commercial et industriel et des projets sur réseau au Kenya, en Ouganda et en Tanzanie.
  - Offre financements structurés aux banques et à leurs clients, assistance technique et mécanismes de garantie partageant une partie des risques de crédit.
- SEFA (Fonds pour l’énergie durable en Afrique), géré par la Banque africaine de développement (BAfD) :
  - Fournit assistance technique, financements concessionnels et instruments catalytiques ciblant la production d’énergie verte de base, les mini‑réseaux verts et l’efficacité énergétique.
  - A facilité les premiers programmes de mise à l’échelle au Burkina Faso et en République démocratique du Congo.
- Fonds pour les énergies renouvelables pour l’Afrique / Frontier Energy :
  - A catalysé des financements privés ; a investi plus de 1,8 milliard de dollars dans plus de 45 projets d’énergies renouvelables en Afrique subsaharienne, représentant une capacité totale de plus de 750 mégawatts.
- En 2020, la BAfD, via le Fonds pour l’énergie durable en Afrique, a engagé 5 millions de dollars auprès d’Enabling Qapital et Spark+ pour lever des fonds pour des sociétés fournissant des solutions de cuisson propres ; ces financements, associés aux 10 millions d’euros des mécanismes de panachage de l’Union européenne, ont aidé à mobiliser des capitaux pour la cuisson propre.

### Cinq domaines prioritaires pour débloquer les financements (recommandations / axes d’action)
- Éliminer les risques des investissements dans les énergies propres en Afrique subsaharienne :
  - Les instruments d’élimination des risques existants sont morcelés et n’offrent pas une panoplie complète d’outils couvrant toutes les étapes du cycle de vie d’un projet.
  - Promouvoir des instruments innovants tels que renewAfrica (modèle guichet unique assurant accompagnement de bout en bout), la facilité d’emprunt avec garantie des premières pertes de Green 4 Access, et des réformes des politiques et réglementations pour gérer les risques supportés par les investisseurs.
- Financer des projets qui stimulent la demande d’énergie propre :
  - Prioriser des investissements dans des systèmes d’irrigation alimentés à l’énergie solaire pour l’agriculture, et l’énergie fiable et abordable pour les industries de production de la chaîne de valeur agricole.
  - Fournir financements abordables et assistance technique pour estimer la demande énergétique des secteurs ; cartographie des opportunités et données sur les besoins énergétiques pour aider les investisseurs.
  - Adopter une approche intégrée de la planification pour briser les silos sectoriels ; encourager les banques commerciales à développer des solutions de financement ciblées.
- Moderniser les infrastructures électriques pour la fiabilité, la flexibilité et la durabilité :
  - Améliorer l’efficience et la flexibilité du réseau pour intégrer des énergies renouvelables variables.
  - Aider les compagnies d’électricité à concevoir de nouveaux modèles économiques pour des services énergétiques intégrés, résoudre les problèmes d’efficience, de recouvrement, des pertes et de gouvernance afin de restaurer la confiance des investisseurs.
- Réorienter les investissements aujourd’hui alloués aux combustibles fossiles et aux grands projets hydroélectriques :
  - Réduire la dépendance excessive à l’égard de l’hydroélectricité (vulnérable au changement climatique) et aux financements pour le gaz naturel et le charbon.
  - Encourager les partenaires bilatéraux finançant majoritairement l’hydroélectrique et le charbon à se désengager de ces sources au profit des énergies renouvelables non hydroélectriques.
- Débloquer les solutions de cuisson propres :
  - Augmenter les financements via des mécanismes innovants (financements concessionnels et mixtes par les institutions financières de développement).
  - Mettre en œuvre des réformes des politiques et réglementations (exonérations fiscales, réductions d’impôts) et mesures d’atténuation des risques pour favoriser l’adoption des technologies de cuisson propres.

### Conclusion
- Une énergie fiable, abondante et propre est essentielle pour une économie prospère, durable et inclusive.
- Avec un important déficit d’accès à l’énergie et des ressources abondantes d’énergies renouvelables, l’Afrique représente une opportunité majeure pour des investissements transformateurs dans l’énergie propre et l’action pour le climat.

*Benson Ireri et Rebekah Shirley, FINANCES & DÉVELOPPEMENT, Septembre 2021.*

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