## Objectif zéro émission nette

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### Importance d’une réduction rapide des émissions
- Les émissions cumulées de CO2 déterminent en grande partie le réchauffement planétaire, car le CO2 perdure pendant des centaines d’années.
- Pour atteindre l’objectif de 1,5 °C avec une probabilité moyenne, « il faut que les émissions diminuent dès maintenant ».
- « La solution la moins onéreuse consiste à réduire les émissions de moitié environ d’ici à 2030 par rapport aux niveaux de 2020. »

### Décarbonation de l’électricité
- Le secteur de l’électricité est actuellement à l’origine d’environ un tiers du total des émissions de CO2.
- Les nouvelles capacités d’énergie éolienne et solaire dépassent de plus en plus les gains de capacité liés aux combustibles fossiles.
- Une utilisation plus efficiente de l’électricité peut contribuer fortement à réduire les émissions rapidement, notamment durant la prochaine décennie quand une grande partie de l’électricité sera encore issue de combustibles fossiles à forte teneur en carbone.
- L’offre restreinte de technologies des énergies propres n’est plus un obstacle; la lente suppression des capacités reposant sur des combustibles fossiles l’est.
- Dans le scénario « zéro émission nette en 2050 », le secteur de l’électricité pourra réduire ses émissions de plus des deux tiers d’ici à 2030.

### Utilisation des terres et élimination du CO2
- Le secteur agricole comprend aujourd’hui des puits de CO2 (par exemple création de nouvelles forêts) et des sources de CO2 (par exemple déforestation).
- Des changements de pratiques d’occupation des sols pourraient conduire à la neutralité en CO2 dans ce secteur d’ici à 2030, même si l’agriculture continuera à émettre du méthane et de l’oxyde nitreux.
- Pour compenser les émissions résiduelles, un développement très rapide et ambitieux des possibilités d’élimination du CO2 est nécessaire, par exemple :
  - la plantation de nouvelles forêts,
  - le captage direct dans l’air (piégeage du CO2 dans l’atmosphère puis stockage géologique),
  - les bioénergies avec captage et stockage du carbone (BECCS).

### Réduction des émissions dans les secteurs de la demande et rôle des technologies
- Dans les scénarios compatibles avec l’objectif de 1,5 °C, la demande d’énergie des secteurs de l’industrie, du bâtiment et des transports constituera la principale source d’émissions de CO2 provenant de combustibles fossiles en 2030 et au-delà.
- Dans ces scénarios :
  - les émissions cumulées de ces secteurs doivent être réduites de plus de la moitié d’ici à 2040,
  - et représenter environ un quart des niveaux actuels d’ici à 2050 pour parvenir à la neutralité en carbone aux alentours de cette date.
- De nombreuses technologies nécessaires supposent une électrification directe ou indirecte au moyen de combustibles à base d’hydrogène (piles à combustible, combustibles de synthèse).
- Ces technologies, non encore déployées à grande échelle, « se heurteront probablement à des obstacles institutionnels et environnementaux » et présentent des résultats et coûts futurs plus incertains que les technologies actuelles (énergies renouvelables, véhicules électriques à batteries).
- Si toutes les solutions évoluent plus favorablement qu’attendu, il pourrait être possible d’enregistrer des émissions nettes négatives (éliminer davantage de carbone que celui émis).

### Instruments de politique : tarification du carbone et recyclage des recettes
- Une réglementation des émissions de gaz à effet de serre, idéalement par une tarification du carbone, est nécessaire pour orienter les investissements vers les technologies vertes et inciter à l’abandon progressif des centrales électriques fossiles.
- La tarification peut prendre la forme d’un marché des permis d’émission ou d’une taxe carbone augmentant dans le temps.
- Les scénarios « zéro émission nette en 2050 » du Réseau pour le verdissement du système financier (NGFS, 2021) estiment que les tarifs du carbone seront compris entre 100 dollars et 200 dollars la tonne de CO2 en 2030 et qu’ils augmenteront sensiblement jusqu’en 2050.
- Dans le scénario « zéro émission nette d’ici à 2050 » de l’Agence internationale de l’énergie (AIE, 2021), les mesures réglementaires jouent un rôle plus important et « les tarifs du carbone ne dépassent pas 250 dollars jusqu’en 2050. »
- Le principal avantage de la tarification est de coordonner les efforts entre secteurs et pays, assurer une sécurité juridique, encourager des investissements à long terme et accroître les ressources publiques.
- Un recyclage des recettes au profit des citoyens doit faire partie intégrante de l’instrument pour garantir une transition socialement équitable :
  - une redistribution responsable peut rendre la mesure progressive et renforcer la cohésion sociale,
  - les recettes peuvent financer des infrastructures tournées vers l’avenir (par exemple bornes de recharge pour véhicules électriques) pour lever les verrous liés aux infrastructures obsolètes.

### Coopération internationale et clubs climatiques
- La coopération internationale doit évoluer radicalement pour permettre à tous les pays de s’aligner sur des trajectoires compatibles avec 1,5 °C.
- Les pays du Sud et du Nord ont des responsabilités différentes ; les pays à revenu élevé doivent aider davantage les autres pays, notamment par un meilleur accès aux technologies et aux financements et une hausse des investissements directs.
- Une solution prometteuse consiste à former des clubs climatiques avec des tarifs minimums du carbone différenciés :
  - les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire commenceraient avec des prix planchers plus bas et bénéficieraient d’une partie des recettes des tarifs plus élevés appliqués dans les pays à revenu élevé,
  - les pays plus riches auraient la garantie que production, commerce et émissions ne basculeraient pas vers des marchés non réglementés, préservant l’efficacité de leurs mesures d’atténuation et des pratiques commerciales loyales.

### Transition harmonieuse et conditions politiques
- La transformation nécessaire pour limiter le réchauffement à 1,5 °C doit être vaste et rapide, mais « avec le bon dosage de mesures incitatives, le processus peut être relativement harmonieux ».
- Une transition inclusive et juste, qui ne laisse personne sur le carreau, est une condition politique préalable à l’adhésion durable.
- Les dirigeants devraient appliquer un éventail de mesures s’appuyant sur les instruments adéquats pour assurer l’équité, la cohérence et l’efficacité de la transition.

*Christoph Bertram, Ottmar Edenhofer et Gunnar Luderer (Finances & Développement, Septembre 2021).*

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