## LE COMMERCE MONDIAL PEUT ENCORE ÊTRE UN FACTEUR DE PROSPÉRITÉ

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### Bénéfices historiques et chiffres clés
- Moins d’une personne sur dix dans le monde est pauvre, soit une division par quatre depuis 1990.
- Les pays à faible revenu et les pays à revenu intermédiaire ont doublé leur part dans le commerce mondial.
- Une multiplication par vingt des échanges internationaux depuis 1960 a joué un rôle décisif dans la progression des revenus mondiaux.
- Le prix de l’énergie solaire a chuté de près de 90 percent depuis 2010.
- Selon des estimations de l’OMC, cette baisse résulte pour 40 percent des économies d’échelle permises en partie par le commerce et les chaînes de valeur internationales.
- Les exportations mondiales de services numériques ont atteint 3 800 milliards de dollars en 2022, soit 54 percent du total des exportations de services.

### Rôle du commerce pendant les crises récentes
- Le commerce et les chaînes d’approvisionnement ont été indispensables pour la production et la distribution de fournitures médicales, y compris de vaccins, durant la pandémie.
- Pendant la guerre en Ukraine, la diversité des marchés internationaux des céréales a permis à des pays importateurs de compenser l’insuffisance d’approvisionnements.
- Exemple : l’Éthiopie a totalement cessé d’importer du blé d’Ukraine, mais se procure actuellement 20 percent de son blé auprès de l’Argentine, alors même qu’elle ne lui en avait jamais acheté auparavant.

### Risques de fragmentation et coûts économiques
- Un scénario de division du monde en deux blocs commerciaux distincts pourrait entraîner une chute de 5 percent du PIB mondial (étude de l’OMC).
- Le FMI estime que les pertes mondiales imputables à la fragmentation du commerce pourraient être comprises entre 0,2 percent et 7 percent du PIB.
- Les coûts pourraient être plus élevés en prenant en considération le découplage technologique.
- Les pays émergents et les pays à faible revenu seraient particulièrement exposés en raison du déficit de transfert de connaissances.

### Limites actuelles du commerce et politiques intérieures nécessaires
- Le commerce a laissé trop de personnes sur le carreau : dans les pays riches, des citoyens ont souffert de la concurrence des importations; dans les pays pauvres, beaucoup n’ont pas su tirer parti des chaînes de valeur mondiales et subissent souvent la dégradation de l’environnement et des conflits pour les ressources.
- Mesures proposées pour mieux répartir les bénéfices du commerce :
  - Dispositifs de protection sociale bien pensés.
  - Surcroît d’investissements dans la formation.
  - Politiques dans les domaines du crédit, du logement et des infrastructures facilitant la mobilité des travailleurs entre secteurs, professions et entreprises.

### Opportunités : re-mondialisation inclusive, verte et numérique
- L’initiative de diversification des chaînes d’approvisionnement peut intégrer davantage de pays et communautés dans les réseaux de production — la « re-mondialisation » — stimulant résilience, croissance et développement des chaînes d’approvisionnement.
- Le commerce est indispensable pour la transition écologique et la neutralité en matière de gaz à effet de serre : il permet d’amener technologies et services bas carbone là où ils sont nécessaires, réduit le coût de la décarbonation en étoffant les marchés et favorise les économies d’échelle et l’apprentissage par la pratique.
- Moderniser les règles commerciales internationales aiderait le commerce à prospérer dans de nouveaux domaines, surtout pour les pays émergents.
- Les échanges de services continuent de croître rapidement alors que le commerce de biens stagne.

### Coopération multilatérale et règles communes
- Des règles communes pour le commerce numérique amélioreraient la prévisibilité, réduiraient les redondances et abaisseraient les coûts de conformité, bénéfique surtout aux petites entreprises.
- Une coopération multilatérale et des normes communes peuvent accélérer la transition écologique tout en limitant la fragmentation des marchés et les retombées négatives sur d’autres pays.
- Intégrer davantage d’entreprises de petite taille et détenues par des femmes dans les réseaux mondiaux (y compris numériques) diffuserait les bénéfices du commerce plus largement.
- Exemples de coopération récente à l’OMC : accords sur la réduction des subventions à la pêche préjudiciables, levée des obstacles à l’aide alimentaire et renforcement de l’accès à la propriété intellectuelle sur les vaccins contre la COVID-19.
- Un groupe de près de 90 pays membres de l’OMC, dont la Chine, les pays de l’UE et les États-Unis, négocie les règles fondamentales du commerce numérique.
- Les pays pourront s’appuyer sur ces réussites lors de la prochaine réunion ministérielle de l’OMC en février 2024.

### Rôle des institutions internationales et appel à l’action
- Le FMI, l’OMC et d’autres institutions internationales de premier plan doivent tracer une voie commune dans l’intérêt de tous, renforcer le système commercial multilatéral et s’adapter à un monde en mutation rapide.
- Le FMI a pour mission de stimuler la croissance équilibrée du commerce international.
- L’OMC demeure la seule structure réunissant l’ensemble des pays pour faire avancer la réforme du commerce.
- Il est capital de préserver l’ouverture commerciale et de chercher de nouvelles possibilités de coopération plus étroite pour résoudre le changement climatique et d’autres problèmes mondiaux.

*Kristalina Georgieva (Directrice générale du Fonds monétaire international) et Ngozi Okonjo-Iweala (Directrice générale de l’Organisation mondiale du commerce), Juin 2023*

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