## Chapitre 2 : Une injection d’équité

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### Effets de la pandémie sur les inégalités et l’accès aux services
- La pandémie de COVID-19 a exacerbé les inégalités et la pauvreté préexistantes et a mis en évidence l’importance des systèmes de protection sociale.
- La crise a révélé des inégalités d’accès aux services de base — soins de santé, éducation de qualité et infrastructure numérique — qui peuvent perpétuer les écarts de revenus intergénérationnels.
- Les pays avec un meilleur accès aux soins de santé ont connu des taux de mortalité inférieurs, au regard de l’âge de la population et du nombre de cas.
- Les pays affichant des taux de pauvreté relative plus élevés ont recensé un plus grand nombre de contaminations, en particulier dans un contexte de forte urbanisation.
- La satisfaction de la demande croissante de services publics de base et de politiques plus inclusives est déterminante pour renforcer la confiance et la cohésion sociale.

### Incidences sur l’éducation et le capital humain
- L’ampleur inégalée des fermetures d’écoles a engendré des pertes d’apprentissage équivalentes à environ un quart de l’année scolaire dans les pays avancés et à la moitié dans les pays émergents et les pays en développement.
- Les pertes les plus considérables touchent les enfants des familles pauvres et peu instruites.
- En 2021, les taux nets de scolarisation dans les pays émergents et les pays en développement pourraient baisser de 1 point de pourcentage (soit environ 6 millions d’enfants en décrochage scolaire).
- Les enfants qui abandonnent leurs études enregistreront une perte importante de leurs acquis.
- Certaines répercussions sur le marché du travail se feront ressentir durablement.

### Efficacité des dépenses publiques
- Dans les pays émergents et les pays en développement à faible revenu, la différence entre l’efficacité des dépenses d’un pays et celle des pays ayant obtenu les meilleurs résultats oscille entre 8 et 11 % pour les soins de santé.
- La différence d’efficacité pour l’éducation oscille entre 25 et 50 %.
- Outre un accroissement des moyens, il est nécessaire d’améliorer l’efficacité et la redistribution des dépenses publiques (réaffectation vers les programmes les plus efficaces, meilleure identification des bénéficiaires, amélioration de la fourniture des prestations).

### Recommandations de politique publique
- Investir plus et investir mieux dans l’éducation, la santé et le développement de la petite enfance.
  - Des dépenses supplémentaires dans l’éducation peuvent réduire les écarts de scolarisation entre les enfants des ménages pauvres et riches.
  - Il convient également de régler les questions d’efficacité.
- Renforcer les systèmes de protection sociale en élargissant la couverture des ménages les plus vulnérables et en veillant à l’adéquation des prestations.
  - Atteindre ces objectifs peut s’appuyer sur la réaffectation des dépenses vers les programmes les plus efficaces et l’amélioration de l’identification des bénéficiaires.
- Obtenir les recettes nécessaires :
  - Dans les pays avancés : augmenter la progressivité de l’imposition sur le revenu, recourir davantage aux impôts sur les successions et les donations ainsi qu’à la fiscalité foncière.
  - Envisager des aides à la reprise après la crise de la COVID-19 et un impôt sur les excédents de bénéfices des entreprises.
  - L’option de l’impôt sur la fortune peut être retenue si les mesures précédentes ne sont pas suffisantes.
  - Dans les pays émergents et les pays en développement : mettre l’accent sur le renforcement des capacités fiscales pour financer une augmentation des dépenses sociales.
- Intervenir d’une manière transparente :
  - Ancrer les réformes dans un cadre budgétaire à moyen terme dès que possible.
  - Renforcer la gestion des finances publiques et améliorer la transparence et la responsabilisation, surtout pour les mesures prises face à la COVID-19, afin de raffermir la confiance dans l’État.
- Soutenir les pays à faible revenu confrontés à d’énormes difficultés :
  - La réalisation des objectifs de développement durable d’ici à 2030 — une mesure globale de l’accès aux services de base — nécessitera 3 000 milliards de dollars pour les 121 pays émergents et pays à faible revenu (2,6 % du PIB mondial de 2030).
  - Les réformes doivent être appuyées par une aide de la communauté internationale, la priorité immédiate étant un accès abordable aux vaccins.

### Opinion publique et acceptabilité des réformes
- L’attention portée à la capacité des pouvoirs publics de faire face à la crise s’est accrue.
- Des études internationales menées avant la pandémie montrent une préférence en faveur d’une augmentation des dépenses financées par l’impôt dans l’éducation, les soins de santé, l’assistance aux personnes âgées, et d’une imposition plus progressive.
- Selon une étude récente, si le membre d’un ménage tombe malade de la COVID-19 ou perd son emploi, la probabilité d’adhérer à une imposition progressive augmente de 15 points de pourcentage.

*Fonds Monétaire International | Avril 2021*

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