## Résumé exécutif (Chapitres 1 et 2)

## Source details

**Canonical URL:** [Résumé exécutif (Chapitres 1 et 2)](https://www.imf.org/-/media/files/publications/fiscal-monitor/2023/april/french/execsum.pdf)

## Other formats

- [Markdown version](/-/media/files/publications/fiscal-monitor/2023/april/french/execsum.pdf.md)
- [Structured JSON version](/-/media/files/publications/fiscal-monitor/2023/april/french/execsum.pdf.json)

---

### Chapitre 1 : Sur la voie d’une normalisation des politiques ?
- Contexte général
  - Trois ans après le début de la pandémie de COVID-19, la politique budgétaire retourne à la normale.
  - Dans près des trois quarts des pays, les politiques monétaire et budgétaire se sont resserrées en 2022.
  - L’environnement a été marqué par une inflation élevée, l’expiration des mesures liées à la pandémie, la crise du coût de la vie, l’invasion de l’Ukraine par la Russie, et l’instabilité du secteur financier.

- Résilience et effets sur le bien‑être
  - Les ménages et les économies, soutenus par les pouvoirs publics, ont fait preuve de résilience.
  - Les progrès dans la réduction de la pauvreté ont été mis à mal, repoussant probablement l’objectif mondial d’éradication de l’extrême pauvreté au‑delà de 2030.
  - Les prix des denrées alimentaires en monnaies nationales restent élevés dans plusieurs pays, en partie à cause des dépréciations des taux de change.
  - Les enjeux à long terme, notamment le programme d’action pour le climat et le vieillissement de la population, sont devenus plus pressants.

- Évolution des finances publiques et de la dette
  - La dette publique mondiale a atteint près de 100 percent du PIB en 2020, puis a diminué pour s’établir à environ 92 percent du PIB fin 2022, soit environ 8 points de pourcentage au‑dessus du niveau de fin 2019.
  - En 2022, la plupart des pays ont enregistré des recettes inattendues s’élevant à 3,1 percent du PIB en moyenne pour les pays avancés et à 2,5 percent dans les pays émergents et les pays en développement.
  - De nombreux pays exportateurs de pétrole ont eu des recettes exceptionnelles particulièrement importantes.
  - Dans certains pays, les ratios d’endettement ont chuté de plus de 10 points de pourcentage en un an en raison de la hausse du PIB nominal.
  - La dynamique de la dette s’est détériorée dans les pays émergents et les pays en développement à faible revenu dont la part de la dette en devises étrangères est considérable, en raison de la dépréciation monétaire et de la hausse des taux d’intérêt.

- Perspectives à court et moyen terme
  - En 2023, les déficits budgétaires globaux devraient augmenter légèrement pour atteindre 5 percent du PIB en moyenne.
  - Les paiements d’intérêts et les pressions pour augmenter les dépenses publiques (salaires, pensions) pèsent sur les budgets.
  - Les risques sont résolument orientés à la baisse ; l’instabilité du secteur financier pourrait exercer une pression sur le bilan du secteur public.
  - À moyen terme, les déficits budgétaires devraient rester supérieurs aux niveaux d’avant la pandémie.
  - Selon les projections actuelles, le resserrement budgétaire progressif et modéré envisagé ne suffira pas à empêcher les ratios d’endettement public de repartir à la hausse, en particulier dans certains grands pays avancés et pays émergents.
  - Les paiements d’intérêts, en proportion des recettes, devraient à moyen terme rester plus élevés qu’avant la pandémie dans les pays émergents et les pays en développement à faible revenu.
  - 39 pays sont en situation de surendettement ou s’en approchent.
  - Les recettes dans les pays à faible revenu restent inférieures de 13,5 points de pourcentage du PIB par rapport aux pays avancés.

- Recommandations et priorités
  - Les États doivent placer la reconstitution de marges de manœuvre budgétaires plus haut dans leur liste de priorités.
  - Établir des cadres budgétaires réalistes tenant compte des risques, favorisant la cohérence macroéconomique, réduisant les vulnérabilités de la dette et préparant des réponses aux chocs futurs.
  - Renforcer l’architecture financière internationale pour les pays les plus vulnérables, notamment par des solutions pour la résolution de la dette et l’amélioration du dispositif mondial de sécurité financière.
  - Accélérer la transition vers les énergies renouvelables et coopérer internationalement sur les taxes carbone et les subventions.

### Chapitre 2 : Inflation et désinflation : quel rôle pour la politique budgétaire ?
- Constat général
  - L’envolée de l’inflation observée depuis 2021 est la plus forte depuis plus de trente ans.
  - La politique budgétaire doit être guidée par la connaissance des effets de l’inflation sur différents groupes de la société et sur les variables des finances publiques.

- Indexation et protection des revenus
  - L’indexation automatique ou discrétionnaire couvre principalement les pensions (dans presque tous les pays avancés et dans environ 40 percent des pays émergents et des pays en développement), suivies des transferts monétaires aux populations vulnérables et des salaires des fonctionnaires.
  - Les autorités doivent décider quels programmes et groupes protéger tout en évitant une indexation excessive ou des mesures rendant l’inflation plus persistante.
  - Les conséquences pour les salaires privés des décisions concernant les salaires publics doivent être soigneusement évaluées.

- Effets de l’inflation sur la dette et les déficits
  - Pour les pays dont la dette dépasse 50 percent du PIB, chaque augmentation surprise de 1 point de pourcentage de l’inflation réduit la dette publique de 0,6 point de pourcentage du PIB, avec un effet durable à moyen terme.
  - Ces effets sont moindres ou négligeables pour les pays dont une part importante de la dette est libellée en devises.
  - Lorsque l’inflation est anticipée, elle ne s’accompagne pas d’une baisse des ratios d’endettement.
  - Les ratios déficit/PIB diminuent initialement lorsque la production nominale augmente, générant davantage de recettes fiscales; ces effets se dissipent avec le temps.

- Effets redistributifs sur les ménages (résultats d’enquêtes)
  - Enquêtes auprès de ménages en Colombie, Finlande, France, Kenya, Mexique et Sénégal sur la période T2 2021 à T2 2022.
  - Trois canaux étudiés : 1) revenus réels (salaires et pensions); 2) pertes d’actifs nominaux nets; 3) hausses de prix plus rapides que la moyenne pour les biens et services consommés par un groupe.
  - Les variations du revenu réel étaient les plus importantes et les plus hétérogènes d’un pays à l’autre, mais moins distinctes selon le niveau de revenu.
  - Les pertes sur les actifs nominaux nets étaient plus marquées pour les groupes plus âgés que pour les jeunes adultes dans les pays dotés de vastes marchés du crédit aux ménages.
  - L’inflation a fait augmenter le taux de pauvreté de plus de 1 point de pourcentage dans trois pays de l’échantillon (France, Mexique, Sénégal) pendant la période étudiée.

- Impact de la politique budgétaire sur l’inflation
  - Estimations historiques : une augmentation des dépenses publiques de 1 point de pourcentage du PIB a entraîné une augmentation de l’inflation de 0,8 point de pourcentage au cours de 1950–85, et de 0,5 point de pourcentage par la suite.
  - La baisse de l’effet après 1985 est liée à une réponse monétaire plus énergique des banques centrales.
  - Une réduction du déficit budgétaire conduit à un niveau de désinflation similaire tout en nécessitant un relèvement des taux d’intérêt plus faible que lorsque les banques centrales agissent seules.
  - Une réduction du déficit conjuguée aux transferts aux populations les plus pauvres entraîne une baisse plus faible de la consommation privée totale et une trajectoire de consommation caractérisée par moins d’inégalités.
  - Ces effets sont plus importants lorsque la dette publique est élevée.

- Leçons et orientations pour les responsables politiques
  - L’inflation inattendue peut parfois améliorer légèrement les ratios d’endettement, mais tenter de surprendre les détenteurs d’obligations est vain ou néfaste.
  - Les dirigeants doivent calibrer l’indexation automatique et discrétionnaire pour protéger les revenus sans ancrer davantage l’inflation.
  - Les mesures budgétaires dans un contexte d’inflation importante doivent tenir compte des effets redistributifs déjà subis par différents groupes de ménages.
  - La politique budgétaire peut soutenir la politique monétaire et les efforts de désinflation tout en protégeant les plus touchés, mais implique des choix difficiles sur les postes à réduire, préserver ou renforcer.

_Source : Moniteur des finances publiques, Fonds monétaire international | Avril 2023 (extrait "execsum")._

---


_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/fiscal-monitor/2023/april/french/execsum.pdf_
