## RÉSUMÉ — La politique budgétaire face aux incertitudes

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### Contexte et principaux risques
- L’escalade des tensions commerciales (annonces des États-Unis sur les droits de douane et contre‑mesures) et des changements d’orientation stratégique des politiques accroissent la volatilité des marchés financiers, détériorent les perspectives et aggravent les aléas baissiers.
- La désinflation est au point mort dans de nombreux pays; les projections de croissance ont été considérablement revues à la baisse (édition d’avril 2025 des Perspectives de l’économie mondiale).
- Les turbulences financières font peser des risques baissiers majeurs sur la croissance (Rapport sur la stabilité financière dans le monde d’avril 2025).
- Autres facteurs aggravants : hausse des taux de rendement dans les grandes puissances, élargissement des écarts de taux dans les pays émergents, augmentation des dépenses de défense (notamment en Europe), et un environnement d’aide internationale défavorable.
- Impacts potentiels : baisse des recettes et de la production due aux droits de douane, hausse des coûts de financement pour les pays émergents et pays en développement, baisse des prix des produits de base, et risques accrus pour les dépenses sociales et l’investissement public.

### Projections budgétaires et scénarios
- Selon les prévisions de référence (Perspectives de l’économie mondiale, avril 2025) :
  - La dette publique mondiale devrait augmenter de 2,8 points de pourcentage du PIB d’ici 2025.
  - La dette publique mondiale devrait frôler 100 % du PIB d’ici la fin de la décennie, dépassant le pic atteint pendant la pandémie.
  - Plus d’un tiers des pays devraient voir leur dette augmenter en 2025 par rapport à 2024; ces pays représentent environ 75 % du PIB mondial et comprennent la Chine, les États-Unis, l’Afrique du Sud, l’Allemagne, l’Arabie saoudite, l’Australie, le Brésil, la France, l’Indonésie, l’Italie, le Mexique, la Russie et le Royaume-Uni.
- Risques aggravés depuis octobre 2024 :
  - La dette à risque à trois ans a augmenté de 2 points de pourcentage du PIB.
- Scénario fortement défavorable :
  - La dette publique mondiale pourrait grimper à environ 117 % du PIB d’ici 2027.
  - Ce niveau atteindrait des valeurs inobservées depuis la Deuxième Guerre mondiale et dépasserait d’environ 20 points de pourcentage les projections établies pour 2027.
- Données et limite : Les estimations et projections sont fondées sur les statistiques disponibles au 14 avril 2025.

### Principales conclusions analytiques
- Les fortes incertitudes géoéconomiques et commerciales peuvent :
  - Justifier une hausse des dépenses, notamment de défense, et augmenter la dette publique.
  - Déclencher un resserrement et une volatilité des conditions financières dans les grandes économies, avec des répercussions sur les pays émergents et en développement.
  - Rendre plus coûteux le financement et menacer les dépenses essentielles (prestations sociales, investissements publics).
- La réduction de l’aide étrangère accentuerait les risques financiers dans les pays en développement à faible revenu.
- Facteurs supplémentaires de risque budgétaire : déficits budgétaires plus élevés et persistants aux États‑Unis, demande intérieure plus faible que prévu en Chine, incertitude prolongée, croissance stagnante de la productivité.

### Recommandations de politique budgétaire
- Priorité : rétablir l’ordre dans les finances publiques par un rééquilibrage progressif et crédible à moyen terme visant à réduire la dette tout en reconstituant des marges de manœuvre.
- Approche différenciée selon les pays :
  - Pays avec espace budgétaire restreint : hiérarchiser les dépenses publiques et laisser les stabilisateurs automatiques jouer pleinement leur rôle.
  - Pays disposant d’une marge (ex. Allemagne) : utiliser cette marge pour répondre aux pressions sur les dépenses et aux besoins d’investissement public, sur la base de cadres budgétaires à moyen terme bien définis.
  - États‑Unis : ajustements budgétaires substantiels nécessaires pour placer la dette publique sur une trajectoire résolument descendante; consensus social requis.
  - Chine : une expansion budgétaire inscrite au budget devrait soutenir l’économie et faire baisser l’excédent du compte courant; un soutien budgétaire supplémentaire se justifie compte tenu de la hausse des droits de douane et de l’incertitude.
  - Pays en développement à faible revenu : maintenir le cap des rééquilibrages budgétaires prévus en raison des difficultés de financement; restructuration rapide et financements concessionnels coordonnés si surendettement.
  - Pays émergents et pays en développement : rationalisation des dépenses, réforme fiscale, élargissement de l’assiette de l’impôt et renforcement de l’administration fiscale.
- Gestion des nouvelles dépenses (investissement et défense) :
  - Assurer une plus grande efficacité des dépenses, renforcer les systèmes de passation des marchés, améliorer la planification budgétaire pluriannuelle et les prévisions macroéconomiques.
  - Accompagner toute hausse permanente des dépenses par des plans de financement crédibles et détaillés.
  - Maintenir l’intégrité des règles budgétaires et la transparence.
- En période d’instabilité financière :
  - La politique budgétaire peut soutenir les banques centrales via prêts directs, garanties et injections de capitaux propres.
  - Prévoir un soutien rapide, temporaire et ciblé aux entreprises et collectivités affectées par des bouleversements du commerce, en veillant à la transparence et à la gestion prudente des coûts.
  - Si les perturbations commerciales deviennent permanentes, mettre en œuvre des politiques actives du marché du travail et des mesures de reconversion professionnelle soutenues par la politique budgétaire.
- Discipline budgétaire : impératif de maintenir la discipline budgétaire pour éviter que la politique budgétaire ne devienne une source de turbulences.

### Réformes structurelles et acceptabilité sociale
- Les réformes budgétaires et structurelles sont indispensables pour relancer la croissance à moyen terme et limiter les compromis entre croissance et viabilité de la dette.
- Réformes bien conçues en matière de fiscalité et de dépenses peuvent favoriser l’emploi, l’investissement et accroître la capacité de production (santé, éducation, infrastructure).
- Acceptabilité sociale des réformes (chapitre 2) :
  - L’opinion des parties prenantes (ménages, syndicats, organisations de la société civile, entités du secteur privé, groupes d’opposition) est cruciale pour l’avancement des réformes.
  - La conception, le calendrier et les mesures d’accompagnement (transferts sociaux, atténuation des effets sur les groupes touchés) sont essentiels pour renforcer le soutien.
  - Une meilleure gouvernance, la confiance, des stratégies de communication efficaces, la prise de responsabilité et l’engagement politique sont indispensables pour parvenir à un consensus et renforcer la crédibilité des réformes.

*Fonds monétaire international | Avril 2025*

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