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### Aperçu global
- La dynamique de la dette publique mondiale ne s’est améliorée d’aucune manière notable en 2025.
- Le déclenchement de la guerre au Moyen-Orient a ajouté une nouvelle source de tension budgétaire internationale.
- La dette publique brute mondiale est montée à près de 94 % du PIB en 2025 et, si elle suit les trajectoires actuelles, elle atteindra 100 % d’ici à 2029.
- L’écart budgétaire mondial (différence entre les soldes primaires projetés et les niveaux requis pour stabiliser le ratio d’endettement) est passé d’un volant de plus de 1 % du PIB il y a dix ans à près de zéro aujourd’hui.

### Dynamique de la dette et charges d’intérêt
- Les paiements d’intérêts ont augmenté fortement : en seulement quatre ans, ils sont passés de 2 % à près de 3 % du PIB mondial.
- La combinaison de soldes primaires fragiles et de charges croissantes au titre du service de la dette est problématique dans un contexte de coûts d’emprunt appelés à rester élevés.
- La période propice à un assainissement ordonné des finances publiques se referme, en particulier pour les pays avancés fortement endettés.

### Points saillants par pays ou région
- États-Unis :
  - Déficit public de l’ordre de 7 à 8 % du PIB alors que l’économie fonctionne proche de son plein potentiel.
  - Aucun plan d’assainissement en vue ; la dette brute devrait atteindre 142 % du PIB d’ici à 2031.
- Chine :
  - Expansion budgétaire à court terme a creusé le déficit national global à près de 8 % du PIB.
  - Les déficits récurrents devraient porter la dette aux environs de 127 % du PIB d’ici à 2031.
  - La stabilisation durable de la dette nécessitera un rééquilibrage budgétaire important, des réformes de la fiscalité et de la sécurité sociale, et une restructuration de la dette des structures de financement des administrations locales.
- Japon :
  - Hausse de l’inflation, croissance du PIB et réduction des déficits primaires améliorent la dynamique de la dette, même si les rendements des obligations souveraines ont atteint des niveaux records.
- Europe :
  - Plusieurs États membres de l’Union européenne ont activé des clauses de sauvegarde pour déroger aux règles relatives aux déficits afin de financer une augmentation des dépenses dans le domaine de la défense.
- Pays émergents et préémergents :
  - Accès favorable aux marchés en 2025 aidé par l’affaiblissement du dollar, mais niveaux d’endettement demeurent élevés.
  - Volumes d’émission divisés par deux et durées fortement raccourcies pour les emprunteurs les moins bien notés.
- Pays les plus pauvres :
  - Paiements d’intérêts atteignent des niveaux records au regard des recettes.
  - Recul des volumes d’aide crée des besoins de financement non comblés pour certains pays.

### Structure des marchés de la dette et transmission internationale
- Réduction de la taille des bilans des banques centrales a fait des investisseurs privés les acheteurs marginaux des obligations souveraines.
- Rôle accru des fonds spéculatifs dans l’intermédiation, avec opérations susceptibles d’être débouclées rapidement en cas de pic de volatilité.
- Certains grands pays émergents s’appuient de plus en plus sur des émissions en monnaie locale absorbées par des investisseurs nationaux.
- Augmentation de l’offre de bons du Trésor américain entraîne un tassement de la prime de sécurité et une hausse des coûts d’emprunt à l’échelle mondiale.
- Raccourcissement de la durée des échéances par certaines autorités accroît l’exposition aux variations soudaines des conditions de financement à court terme.
- Les hausses des rendements américains se répercutent presque à l’identique sur les marchés obligataires étrangers et touchent de manière disproportionnée les pays dépendants du financement extérieur.

### Scénarios et risques identifiés
- La dette à risque à trois ans s’établit maintenant aux alentours de 117 % du PIB mondial.
- Écart d’environ 20 points de pourcentage entre la projection médiane et l’extrémité de droite, signalant une accentuation des risques de dégradation.
- Conflit prolongé au Moyen-Orient : dans ce scénario, la dette mondiale à risque pourrait augmenter de 4 points de pourcentage supplémentaires.
- Correction de la valeur des actifs liés à l’intelligence artificielle (scénario illustratif) : une chute de 20 % des actions américaines, avec contagion, pourrait entraîner une nouvelle hausse de 2,4 points de pourcentage de la dette mondiale à risque.
- Effets macroéconomiques possibles du conflit : hausse des prix des denrées alimentaires et des carburants, durcissement des conditions financières, ralentissement de l’activité et augmentation des dépenses de défense.
- Pressions protectionnistes et fragmentation géoéconomique augmentent le risque que les soldes primaires restent inférieurs aux niveaux nécessaires à la stabilisation de la dette en cas de croissance inférieure aux attentes.
- Pressions sur l’indépendance des banques centrales (explicites ou implicites) susceptibles d’augmenter les anticipations d’inflation et les primes de risque.

### Recommandations de politique
- Pays avancés fortement endettés : besoin de mesures d’assainissement concrètes et soigneusement planifiées, combinant recettes et dépenses, y compris sur les grands programmes de protection sociale (souligné pour les États-Unis).
- Pays européens : concilier engagements en faveur de la défense avec les pressions liées au vieillissement via une refonte tangible des priorités de dépense.
- Pays émergents : articuler les plans budgétaires à moyen terme autour de :
  - s’attaquer aux passifs conditionnels,
  - éliminer progressivement les subventions énergétiques coûteuses sur le plan budgétaire,
  - élargir l’assiette fiscale.
- Chine : poursuivre l’expansion budgétaire à court terme jusqu’à une reflation pérenne, puis engager un rééquilibrage budgétaire, réformes fiscales et sociales, et restructuration de la dette locale.
- Pays à faible revenu : mobilisation des ressources intérieures primordiale; les réformes bien menées des administrations fiscales peuvent produire des améliorations notables.
- Mesures en réponse à la hausse des coûts de l’énergie :
  - Être soigneusement calibrées, réservées aux ménages vulnérables et aux entreprises viables,
  - Cohérentes avec les efforts de la politique monétaire visant à contenir l’inflation,
  - Éviter les dispositifs généralisés de prix subventionnés lorsqu’ils entraînent de lourds coûts budgétaires, sont difficiles à éliminer ou perturbent les signaux prix sur les marchés mondiaux de produits de base.
  - Les prix des carburants et du gaz au niveau national devraient continuer à refléter les mouvements de prix internationaux et faciliter l’ajustement de la demande, même lorsqu’un soutien temporaire ciblé est en place.
- Principes transversaux :
  - Préserver l’indépendance des banques centrales et l’intégrité des cadres budgétaires.
  - Adopter une politique budgétaire davantage prospective et ancrée structurellement dans le contexte de la gestion des effets du choc sur les prix de l’énergie.
  - Améliorer la communication et la transparence pour ancrer les anticipations et susciter l’adhésion aux ajustements requis.

*Moniteur des finances publiques — Fonds monétaire international | avril 2026*

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