## Rapport sur la stabilité financière dans le monde — Actualité des marchés (28 janvier 2009)

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### Contexte et situation générale
- Les marchés financiers mondiaux subissent les pressions issues de la réduction de l’effet de levier, sur fond de ralentissement de l’activité économique.
- Malgré l’application de mesures de grande envergure, le système financier mondial continue d’être durement éprouvé.
- La dégradation de la conjoncture économique entraîne de fortes dépréciations au sein des institutions financières, conduisant à des ventes d’actifs et au retrait de crédits arrivant à échéance, ce qui amplifie les pressions à la baisse sur les prix des actifs et réduit la disponibilité de crédit.
- La reprise économique dépend du rétablissement de la fonctionnalité et de la confiance du secteur financier; les pouvoirs publics et les opérateurs doivent agir de façon plus volontariste pour que l’inversion de l’effet de levier soit moins perturbatrice.

### Risques pour la stabilité financière
- Les risques se sont intensifiés depuis octobre 2008 :
  - Risques macroéconomiques aggravés par un coup de frein brutal à la croissance et un net ralentissement des échanges mondiaux.
  - Risques de crédit accrus, avec augmentation des pertes sur prêts.
  - Aversion pour les actifs à risque et illiquidité des marchés provoquant un renchérissement des coûts de financement malgré la baisse des taux sans risque due au relâchement de la politique monétaire.
  - Pays émergents vulnérables au retrait soudain des investisseurs et à l’augmentation des coûts de financement, ce qui peut annuler certains acquis économiques récents.
- Les valeurs bancaires ont reculé davantage après le choc sur les bénéfices et d’autres mauvaises nouvelles économiques; l’ampleur des écarts des swaps de défaut de crédit laisse transparaître des risques systémiques encore élevés.
- Compagnies d’assurance et caisses de retraite suscitent des préoccupations systémiques croissantes en raison de l’exposition à des actifs dont la qualité se détériore.

### Dépréciations et besoins en capital
- Estimations révisées des risques de dépréciation des actifs de crédit issus des États-Unis et détenus par les banques et autres établissements :
  - Révision de "1.400 milliards de dollars ÉU" (GFSR d’octobre 2008) à "2.200 milliards de dollars ÉU".
  - Ces estimations dépassent désormais de "quelque 800 milliards de dollars ÉU" celles d’octobre 2008.
- Pour les banques européennes et américaines (y compris leurs engagements dans les actifs basés aux États-Unis, en Europe et dans les marchés émergents) :
  - Estimation très approximative que les dépréciations en 2009 et 2010, en partie compensées par le revenu escompté durant la même période, entraîneraient un déficit net de fonds propres d’"au moins 500 milliards de dollars ÉU".
  - Ce montant représente les nouveaux capitaux nécessaires juste pour éviter une détérioration supplémentaire des fonds propres.
- Les fonds spéculatifs et les fonds communs de placement auraient perdu près de la moitié de leur valeur au dernier trimestre 2008 en raison de la baisse des prix des actifs et des retraits.

### Marchés de financement et liquidité
- Les marchés de financement réouvrent très lentement aux banques, malgré garanties et injections de capital.
- Titrisations : modalités titrisées d’emprunt de gros limitées ; titrisations existantes conservées au bilan de l’initiateur pour servir de garantie auprès des banques centrales.
- Les banques peinent à émettre des dettes non garanties à un coût rentable sans garantie de l’État.
- Déploiement de mécanismes de garantie publique a permis aux banques de mobiliser des volumes importants de financement à terme pour stabiliser leur bilan.
- Injections de liquidité des banques centrales et repli des taux poussent les taux interbancaires à la baisse ; les primes à terme devraient poursuivre leur repli graduel.
- La majorité des liquidités fournies par les banques centrales est recyclée sur le marché au jour le jour ou replacée à la banque centrale, accentuant les risques de refinancement et traduisant l’incertitude sur les montants nécessaires pour financer les actifs futurs.
- Pays émergents :
  - Prêts syndiqués aux pays émergents ont chuté au quatrième trimestre ; pays émergents d’Europe particulièrement éprouvés.
  - Marchés obligataires émergents pratiquement paralysés pendant un certain temps au dernier trimestre, avec un rebond en janvier pour certains émetteurs souverains de qualité supérieure.
  - Compression de la structure des échéances de la dette des entreprises, augmentant le risque de refinancement et de défaillances en raison de la chute du chiffre d’affaires.

### Intermédiation du crédit et contagion
- Intermédiation du crédit et confiance durablement affectées, compromettant les perspectives de reprise et la capacité des institutions à attirer des investisseurs privés.
- Les banques accumulent des liquidités pendant que les marchés interbancaires demeurent dysfonctionnels; dans certains cas l’État doit intervenir pour étayer l’intermédiation financière.
- Émissions de dette bancaire récentes majoritairement assorties d’une garantie de l’État.
- Risque de propagation de la crise entre systèmes bancaires matures et émergents en raison d’expositions croisées (notamment entre banques d’Europe occidentale et actifs des pays émergents d’Europe de l’est).

### Recommandations politiques et stratégie d’intervention
- Mesures urgentes et énergiques requises sur trois fronts (rappel du GFSR d’octobre 2008) :
  - Apport d’abondantes liquidités et financement à terme par les banques centrales.
  - Recapitalisation des banques.
  - Mesures visant à résoudre le problème des actifs compromis.
- Caractéristiques souhaitées d’une stratégie efficace :
  - Actions globales et coordonnées à l’échelle internationale pour limiter les effets transfrontaliers involontaires.
  - Évaluations anticipées des plans d’action des banques par les autorités de contrôle pour décider quels établissements auront besoin d’argent public en fonction de leur viabilité.
  - Restructuration et recapitalisation des banques solvables mais lourdement chargées d’actifs compromis; prise en charge publique, restructuration, revente ou liquidation ordonnée des banques non viables.
  - Application de conditions plus contraignantes aux banques recevant d’importants fonds publics.
  - Utilisation possible d’une structure de défaillance (« bad bank ») publique pour extraire les actifs en difficulté des bilans.
  - Harmonisation des mesures immédiates et à court terme avec une vision à long terme d’un système financier viable ; anticipation d’un secteur financier moins sujet à l’effet de levier et relativement plus petit par rapport au reste de l’économie.
  - Relèvement graduel des ratios de fonds propres bancaires pour éviter des effets d’interaction pervers et encourager le crédit aux emprunteurs solides.
  - Règles de stabilisation claires et cohérentes ; transparence de l’emploi de l’aide publique, du recensement et de l’évaluation des actifs, des modalités de recapitalisation et des niveaux de volants de capitaux régulateurs jugés adéquats.
  - Priorité élevée à la coopération internationale dans un cadre commun de politiques financières afin d’éviter des conditions substantiellement différentes, une « préférence nationale » excessive, des distorsions de concurrence et un arbitrage réglementaire.
  - Établissement d’une structure plus cohérente pour l’insolvabilité des établissements financiers.
- Avertissement : les mesures prises jusqu’ici ont été fragmentaires (fourniture de capital directe, soutien à certains types d’actifs et garanties diverses) et présentent des risques de fausser l’allocation du crédit, de défavoriser marchés et établissements non aidés, et d’alourdir le coût pour le contribuable; des préoccupations budgétaires existent déjà.

### Perspectives et impératifs
- Le coût des mesures nécessaires sera probablement supérieur aux montants déjà mobilisés, le résultat dépendant en grande partie de la rapidité de rétablissement de la confiance.
- La coordination internationale demeure essentielle même si les modèles de restructuration diffèrent selon les pays et les banques.
- À moyen terme, les initiatives en cours pour améliorer les dispositifs de réglementation et de contrôle seront déterminantes pour la mise en place d’un système financier solide et innovateur.

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/fmu/0109f.pdf_
