## Section 1 — Des risques continuent de peser sur la stabilité financière mondiale

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### Principales menaces et évolutions récentes
- Près de quatre ans après l’éclatement de la crise financière la plus grave depuis la Grande dépression, la stabilité financière n’est toujours pas acquise.
- Restructuration des bilans incomplète et lente; levier financier demeure élevé.
- Reprise économique mondiale relativement accélérée, mais reprise à deux vitesses (beaucoup plus lente dans les pays avancés) persiste.
- Politiques monétaires accommodantes des économies avancées et fondamentaux relativement favorables de certains pays émergents alimentent des flux de capitaux vers ces derniers.
- Effets observés depuis octobre 2010 du Rapport sur la stabilité financière dans le monde (GFSR) :
  - Les marchés actions des pays avancés et émergents sont en hausse.
  - Les prix des produits de base ont fortement progressé, en particulier pour le pétrole, les aliments, les métaux et les matières premières.
  - Les secteurs public et bancaire de nombreux pays avancés n’ont pas bénéficié de cette évolution positive; les écarts des contrats sur risques de défaut (CDS) souverains et bancaires restent élevés dans plusieurs cas.

### Interaction des risques souverains et bancaires
- Intensification des risques souverains dans la zone euro étendue à un plus grand nombre de pays; écarts de taux des obligations d’État nettement supérieurs aux perturbations de mai dernier.
- Tensions en Irlande particulièrement fortes et débouché sur un programme de l’UE, de la BCE et du FMI.
- Corrélations élevées entre rendements moyens des titres d’État de la Grèce et de l’Irlande et les rendements du Portugal; corrélations accrues récemment avec les rendements de l’Espagne et, dans une moindre mesure, de l’Italie.
- Interaction souverain–bancaire pernicieuse provoquant des perturbations sur certains marchés de financement :
  - Écarts de CDS des établissements financiers augmentés dans les pays où les tensions sur les titres d’État sont les plus prononcées, avec une relation plus positive qu’en 2008.
  - Banques plus modestes et à vocation plus nationale ont eu des difficultés croissantes d’accès aux financements de gros privés; emprunts à coûts plus élevés et échéances très courtes.

### Endettement, levier financier et vulnérabilités bancaires
- Ratios de dette publique et bancaire rapportés au PIB ont augmenté sensiblement durant ces dernières années, générant des besoins de financement considérables en 2011 pour de nombreux pays et leurs principaux établissements bancaires.
- Dans plusieurs pays avancés, accumulation de dette brute du secteur privé ne s’est que partiellement inversée, voire pas du tout.
- Ratios d’endettement privé par rapport au PIB devraient progressivement diminuer avec la reprise, mais niveaux élevés actuels et décalage des pertes sur prêts par rapport à la reprise pourraient menacer le système bancaire.
- Systèmes bancaires ont augmenté leurs ratios de fonds propres durs, mais ont eu plus de mal à améliorer la structure de leurs financements.
- Risques spécifiques :
  - Certains systèmes bancaires de la zone euro particulièrement sensibles à une détérioration de la qualité de leurs portefeuilles d’obligations d’État.
  - Aux États-Unis, créances improductives liées à l’immobilier commercial et résidentiel restent un risque baissier pour les bilans bancaires; ratio dette publique/PIB demeure élevé.
- Risques liés aux politiques monétaires accommodantes :
  - Faibles taux d’intérêt et assouplissement quantitatif peuvent encourager des investissements plus risqués.
  - Faibles taux posent des difficultés pour les placements à taux fixes (fonds de pension, compagnies d’assurance).

### Reprise des flux de capitaux vers les économies émergentes
- Flux nets vers les pays émergents représentent désormais globalement près de 4 % du PIB.
- Avant la crise ces flux dépassaient 6 % du PIB.
- Entrées de capitaux accompagnées d’une forte montée des émissions d’actions et d’obligations.
- Facteurs alimentant les flux :
  - Amélioration des fondamentaux dans plusieurs grands marchés émergents.
  - Faible niveau des taux d’intérêt dans les pays avancés.
  - Opérations de portage profitant aux différentiels de taux d’intérêt et à l’espoir d’appréciation des taux de change.
- Vulnérabilités liées aux flux de capitaux :
  - Risque d’inversion des flux en cas de montée inattendue des taux d’intérêt dans les pays avancés, de changement des perspectives de croissance des marchés émergents, ou d’une plus grande aversion pour le risque.
  - Entrées persistantes peuvent mettre à rude épreuve la capacité d’absorption des systèmes financiers locaux.
  - Flux de détail intenses vers les fonds de placement en actions ou en obligations, particulièrement les placements en actions, pouvant contribuer à la formation de bulles d’actifs si l’offre locale est limitée.
  - Signes de « pôles de fébrilité » sur certains marchés actions : Chili, Colombie, Mexique; moindre mesure : RAS de Hong Kong, Inde, Pérou.
  - Dans certains pays d’Asie et d’Amérique latine la dette privée des entreprises non financières approche les ratios maxima atteints entre 1996 et 2010 (Brésil, Chili, Chine, Corée, Inde, par exemple).
  - Augmentation de la part des émetteurs moins bien notés sur les marchés obligataires, diminuant la qualité moyenne des actifs détenus par les investisseurs.

### Actions prioritaires et recommandations (emphase sur la zone euro)
- Nécessité de mettre en œuvre des politiques pour opérer les restructurations et corrections de bilan nécessaires au niveau bancaire et public, et poursuivre les réformes réglementaires.
- Mesures d’appui exceptionnelles commencent à s’épuiser; taux directeurs proches de zéro auront vraisemblablement un effet décroissant; la relance budgétaire et monétaire ne saurait se substituer aux solutions structurelles.
- Briser l’interaction négative entre secteurs souverain et financier en ciblant la racine du problème :
  - Tous les pays excessivement endettés doivent avancer davantage dans des stratégies de rééquilibrage budgétaire ambitieuses et crédibles à moyen terme, et améliorer la gestion de leur dette publique en s’appuyant sur les principes de Stockholm.
  - Pays confrontés à des difficultés de financement doivent convaincre les marchés qu’ils peuvent et veulent s’affranchir des refinancements et rallonger les échéances de leur dette; cela nécessite des mesures structurelles pour soutenir la croissance potentielle.
  - Retard dans l’adoption d’une stratégie crédible de rééquilibrage budgétaire (notamment aux États-Unis) finirait par pousser les taux d’intérêt à la hausse et avoir des retombées négatives mondiales.
  - Le Japon doit réduire son endettement et préserver la viabilité de ses finances publiques dans un contexte de vieillissement démographique.
- Pour corriger le système financier : renforcer le secteur bancaire par des actions ciblées, écarter les risques extrêmes et mettre en place un meilleur système réglementaire.
- Mesures nécessaires au sein de l’Union européenne pour réduire l’incertitude et rétablir la confiance des marchés :
  - Soumettre les banques à d’autres tests de résistance crédibles et rigoureux, assortis de plans avec échéances précises pour la recapitalisation et la restructuration des établissements viables sous-capitalisés et la fermeture des banques non viables.
  - Accroître la taille effective du Mécanisme européen de stabilisation financière et le doter d’un mandat plus adaptable; assurer un accès à des fonds suffisants au-delà des dispositifs nationaux lorsque nécessaire.
  - Déployer et renforcer des mécanismes de résolution à l’échelle de la zone euro selon les besoins; mettre en place un cadre de résolution bancaire paneuropéen avec un dispositif d’intervention budgétaire à l’échelle de l’UE pour dissocier les risques bancaires et souverains.
  - La Banque centrale européenne devra continuer à fournir des liquidités aux banques qui en ont besoin et maintenir son Programme pour le marché de titres, en reconnaissant qu’il s’agit de mesures temporaires qui ne sauraient corriger les problèmes sous-jacents.

### Section 2 — Immobilier, restructuration, réglementation et supervision

### Immobilier aux États-Unis : inventaire caché, titrisation et réforme du financement hypothécaire
- Nécessité d’atténuer les liens macro-financiers négatifs issus du vaste «inventaire caché» de logements en vente (biens déjà saisis ou devant l’être) qui risque de pousser à la baisse les prix immobiliers et d’exacerber les problèmes liés aux logements dont la valeur effective ne couvre pas la valeur hypothéquée.
- Mesures requises pour insuffler une nouvelle vigueur aux marchés de titrisation, tout en veillant à ce que les produits de crédit structurés soient conformes à la stabilité systémique.
- Revoir en profondeur le système de financement immobilier des États-Unis, et notamment le rôle des entreprises qui interviennent sur le marché hypothécaire avec l’appui de l’État :
  - Ces entreprises pourraient être privatisées ou converties en entreprises d’intérêt public dotées d’une garantie explicite (ou explicitement financées).
  - Les autorités ne devraient pas retarder le travail nécessaire à la création d’un plan d’action pour l’avenir.

### Restructuration des bilans et opérations bancaires dans les pays avancés
- Nécessité de restructurer les bilans et les opérations bancaires pour préserver la viabilité à long terme des établissements financiers et réduire les tensions implicites sur les comptes de l’État.
- Dans certains systèmes bancaires, problèmes davantage structurels : faible rentabilité chronique et perte de vitesse de certaines activités.
- Si des solutions durables ne sont pas possibles, il faudra des outils efficaces de résolution capables de préserver la stabilité financière d’un système mondial interdépendant et complexe :
  - Veiller à ce qu’en dernière instance les pertes soient prises en charge par les créanciers et non par les contribuables.
  - Examiner des moyens (meilleures structures de capital et éventuellement restrictions) pour que les grands établissements financiers ne menacent pas autant la stabilité globale et les bilans des États.

### Poursuite du travail de réforme réglementaire
- Travail de réglementation financière avancé mais confronté à la complexité des problèmes.
- Progrès dans la réglementation bancaire micro-prudentielle, mais grosses lacunes subsistent.
- Initiatives macro-prudentielles encore à leurs balbutiements dans la plupart des pays :
  - Les systèmes financiers devront s’adapter aux nouvelles réformes, en particulier à mesure que la reprise s’affermira et que les taux d’intérêt se relèveront.
  - Difficulté accrue dans les pays où les taux d’intérêt ont été bas et les dettes se sont accumulées sur une longue période (par ex., Japon).

### Supervision systémique et nouvelles entités
- Nouvelles entités créées pour améliorer la supervision systémique doivent rapidement recueillir et analyser des données et recommander des orientations, notamment dans la conjoncture actuelle de faibles taux d’intérêt.
- Nouveau Conseil européen du risque systémique devenu opérationnel ce mois-ci; marchés attentifs à toute alerte de risque ou recommandation explicite.
- Nouveau Conseil de supervision financière des États-Unis doit démontrer que les mesures de stabilité financière et la structure de réglementation ont été renforcées à partir des enseignements tirés de la crise.
- Directives en cours pour identifier les établissements financiers d’importance systémique et mesurer leur contribution au risque systémique :
  - Reste à savoir comment atténuer les risques qu’ils posent, notamment pour les établissements non bancaires et les marchés d’importance systémique.
  - Nécessité de définir des méthodes pour améliorer la qualité de la supervision et produire un dispositif transnational de résolution pleinement fonctionnel.

### Entrées de capitaux et actions macro-prudentielles dans les économies émergentes
- Action macro-prudentielle nécessaire dans les économies émergentes présentant des contraintes d’absorption face aux entrées de capitaux; elle doit compléter les politiques macroéconomiques classiques et ne s’y substitue pas.
- Jusqu’à présent, signes de bulles spéculatives et de boom du crédit limités à quelques pays/sectors, mais entrées de fonds propres et opérations de portage particulièrement dynamiques.
- Recommandations de politique :
  - Dirigeants doivent être particulièrement attentifs et prêts à agir rapidement lorsque s’accumuleront les tensions provoquées par les flux de capitaux.
  - Pays recevant des flux importants et menant des politiques procycliques doivent passer à une orientation neutre.
  - Pays dont le taux de change est sous-évalué devraient laisser jouer ce mécanisme de prix.
  - Si l’appréciation n’est pas envisageable, actionner d’autres leviers, tels que la politique monétaire ou budgétaire.
  - Ripostes macroéconomiques à compléter par intensification des mesures prudentielles (par ex., ratios prêt/valeur plus élevés, restrictions à la composition des financements) et, dans certains cas, par des contrôles de capitaux.

### Synthèse sur les risques globaux et priorités
- Progrès accomplis et redressement commencé dans la plupart des secteurs financiers, mais des risques continuent de peser sur la stabilité financière mondiale.
- Problèmes en Grèce et Irlande ravivent des doutes sur la viabilité de la dette souveraine et la santé du secteur bancaire ailleurs dans la zone euro et au-delà.
- Interaction pernicieuse entre risques liés à la stabilité du système financier et à la viabilité de la dette publique doit être traitée dans sa globalité pour briser les retombées transfrontalières.
- Il demeure primordial de poursuivre la mise en œuvre des réformes réglementaires, tant pour les institutions que pour les marchés, faute de quoi la stabilité financière mondiale et la croissance durable ne parviendront pas à se matérialiser.

*Rapport sur la stabilité financière dans le monde (GFSR) — Section 1 — Janvier 2011, Fonds monétaire international.*

### Section 1

### Des risques continuent de peser sur la stabilité financière mondiale

### Principales menaces et évolutions récentes
- Près de quatre ans après l’éclatement de la crise financière la plus grave depuis la Grande dépression, la stabilité financière n’est toujours pas acquise.
- La restructuration des bilans est incomplète et avance lentement; le levier financier demeure élevé.
- La reprise économique mondiale s’est relativement accélérée, mais la reprise à deux vitesses (beaucoup plus lente dans les pays avancés) persiste et exige l’attention des pouvoirs publics.
- Les politiques monétaires accommodantes des économies avancées et les fondamentaux relativement favorables de certains pays émergents alimentent des flux de capitaux vers ces derniers.
- Effets observés depuis octobre 2010 du Rapport sur la stabilité financière dans le monde (GFSR) :
  - Les marchés actions des pays avancés et émergents sont en hausse.
  - Les prix des produits de base ont fortement progressé, en particulier pour le pétrole, les aliments, les métaux et les matières premières.
  - Les secteurs public et bancaire de nombreux pays avancés n’ont pas bénéficié de cette évolution positive; les écarts des contrats sur risques de défaut (CDS) souverains et bancaires restent élevés dans plusieurs cas.

### Interaction des risques souverains et bancaires
- L’intensification des risques souverains dans la zone euro s’est étendue à un plus grand nombre de pays; les écarts de taux des obligations d’État ont atteint des niveaux nettement supérieurs à ceux observés lors des perturbations de mai dernier.
- Les tensions en Irlande ont été particulièrement fortes et ont débouché sur un programme de l’UE, de la BCE et du FMI.
- Les corrélations entre rendements moyens des titres d’État de la Grèce et de l’Irlande et les rendements du Portugal sont restées élevées et se sont accrues récemment avec les rendements de l’Espagne et, dans une moindre mesure, de l’Italie.
- L’interaction pernicieuse entre risques souverains et bancaires a provoqué des perturbations sur certains marchés de financement; les écarts de CDS des établissements financiers ont augmenté dans les pays où les tensions sur les titres d’État sont les plus prononcées, avec une relation plus positive qu’en 2008.
- Dans certains pays, les banques plus modestes et à vocation plus nationale ont eu des difficultés croissantes d’accès aux financements de gros privés; emprunts à coûts plus élevés et échéances très courtes.

### Endettement, levier financier et vulnérabilités bancaires
- Les ratios de dette publique et bancaire rapportés au PIB ont augmenté sensiblement durant ces dernières années, générant des besoins de financement considérables en 2011 pour de nombreux pays et leurs principaux établissements bancaires.
- Dans plusieurs pays avancés, l’accumulation de dette brute du secteur privé ne s’est que partiellement inversée, voire pas du tout.
- Les ratios d’endettement privé par rapport au PIB devraient progressivement diminuer avec la reprise, mais les niveaux élevés actuels et le décalage des pertes sur prêts par rapport à la reprise pourraient menacer le système bancaire.
- Les systèmes bancaires ont augmenté leurs ratios de fonds propres durs, mais ont eu plus de mal à améliorer la structure de leurs financements.
- Risques spécifiques :
  - Certains systèmes bancaires de la zone euro sont particulièrement sensibles à une détérioration de la qualité de leurs portefeuilles d’obligations d’État.
  - Aux États-Unis, les créances improductives liées à l’immobilier commercial et résidentiel restent un risque baissier pour les bilans bancaires; le ratio dette publique/PIB demeure élevé.
- Risques des politiques monétaires accommodantes :
  - Les faibles taux d’intérêt et l’assouplissement quantitatif peuvent encourager des investissements plus risqués.
  - Les faibles taux posent des difficultés pour les placements à taux fixes (fonds de pension, compagnies d’assurance).

### Reprise des flux de capitaux vers les économies émergentes
- Les flux nets vers les pays émergents représentent désormais globalement près de 4 % du PIB.
- À titre de comparaison, avant la crise ces flux dépassaient 6 % du PIB.
- Ces entrées de capitaux ont été accompagnées d’une forte montée des émissions d’actions et d’obligations.
- Facteurs alimentant les flux :
  - Amélioration des fondamentaux dans plusieurs grands marchés émergents.
  - Faible niveau des taux d’intérêt dans les pays avancés.
  - Opérations de portage profitant aux différentiels de taux d’intérêt et à l’espoir d’appréciation des taux de change.
- Vulnérabilités liées aux flux de capitaux :
  - Risque d’inversion des flux en cas de montée inattendue des taux d’intérêt dans les pays avancés, de changement des perspectives de croissance des marchés émergents, ou d’une plus grande aversion pour le risque.
  - Entrées persistantes peuvent mettre à rude épreuve la capacité d’absorption des systèmes financiers locaux.
  - Flux de détail intenses vers les fonds de placement en actions ou en obligations, particulièrement les placements en actions, pouvant contribuer à la formation de bulles d’actifs si l’offre locale est limitée.
  - Signes de « pôles de fébrilité » sur certains marchés actions : Chili, Colombie, Mexique; moindre mesure : RAS de Hong Kong, Inde, Pérou.
  - Dans certains pays d’Asie et d’Amérique latine la dette privée des entreprises non financières approche les ratios maxima atteints entre 1996 et 2010 (Brésil, Chili, Chine, Corée, Inde, par exemple).
  - Augmentation de la part des émetteurs moins bien notés sur les marchés obligataires, diminuant la qualité moyenne des actifs détenus par les investisseurs.

### Actions prioritaires et recommandations (emphase sur la zone euro)
- Nécessité de mettre en œuvre des politiques pour opérer les restructurations et corrections de bilan nécessaires au niveau bancaire et public, et poursuivre les réformes réglementaires.
- Les mesures d’appui exceptionnelles commencent à s’épuiser; les taux directeurs proches de zéro auront vraisemblablement un effet décroissant; la relance budgétaire et monétaire ne saurait se substituer aux solutions structurelles.
- Briser l’interaction négative entre secteurs souverain et financier en ciblant la racine du problème :
  - Tous les pays excessivement endettés doivent avancer davantage dans des stratégies de rééquilibrage budgétaire ambitieuses et crédibles à moyen terme, et améliorer la gestion de leur dette publique en s’appuyant sur les principes de Stockholm.
  - Les pays confrontés à des difficultés de financement doivent convaincre les marchés qu’ils peuvent et veulent s’affranchir des refinancements et rallonger les échéances de leur dette; cela nécessite des mesures structurelles pour soutenir la croissance potentielle.
  - Le retard dans l’adoption d’une stratégie crédible de rééquilibrage budgétaire (notamment aux États-Unis) finirait par pousser les taux d’intérêt à la hausse et avoir des retombées négatives mondiales.
  - Le Japon doit réduire son endettement et préserver la viabilité de ses finances publiques dans un contexte de vieillissement démographique.
- Pour corriger le système financier : renforcer le secteur bancaire par des actions ciblées, écarter les risques extrêmes et mettre en place un meilleur système réglementaire.
- Mesures nécessaires au sein de l’Union européenne pour réduire l’incertitude et rétablir la confiance des marchés :
  - Soumettre les banques à d’autres tests de résistance crédibles et rigoureux, assortis de plans avec échéances précises pour la recapitalisation et la restructuration des établissements viables sous-capitalisés et la fermeture des banques non viables.
  - Accroître la taille effective du Mécanisme européen de stabilisation financière et le doter d’un mandat plus adaptable; assurer un accès à des fonds suffisants au-delà des dispositifs nationaux lorsque nécessaire.
  - Déployer et renforcer des mécanismes de résolution à l’échelle de la zone euro selon les besoins; mettre en place un cadre de résolution bancaire paneuropéen avec un dispositif d’intervention budgétaire à l’échelle de l’UE pour dissocier les risques bancaires et souverains.
  - La Banque centrale européenne devra continuer à fournir des liquidités aux banques qui en ont besoin et maintenir son Programme pour le marché de titres, en reconnaissant qu’il s’agit de mesures temporaires qui ne sauraient corriger les problèmes sous-jacents.

*Rapport sur la stabilité financière dans le monde (GFSR) — Section 1 — Janvier 2011, Fonds monétaire international.*

### Section 2

### Section 2

### Immobilier aux États-Unis : inventaire caché, titrisation et réforme du financement hypothécaire
- Il importe de trouver les moyens d’atténuer les liens macro-financiers négatifs issus du vaste «inventaire caché» de logements en vente (c’est-à-dire les biens déjà saisis ou devant l’être) qui risque de pousser à la baisse les prix immobiliers pendant un certain temps et d’exacerber les problèmes liés aux logements dont la valeur effective ne couvre pas la valeur hypothéquée.
- Des mesures s’imposent pour insuffler une nouvelle vigueur aux marchés de titrisation, tout en veillant à ce que les produis de crédit structurés soient conformes à la stabilité systémique.
- Il faut revoir en profondeur le système de financement immobilier des États-Unis, et notamment le rôle des entreprises qui interviennent sur le marché hypothécaire avec l’appui de l’État.
  - Ces entreprises pourraient être privatisées ou converties en entreprises d’intérêt public dotées d’une garantie explicite (ou explicitement financées).
  - Les autorités ne devraient pas retarder le travail nécessaire à la création d’un plan d’action pour l’avenir.

### Restructuration des bilans et opérations bancaires dans les pays avancés
- Dans beaucoup de pays avancés il est nécessaire de restructurer les bilans et les opérations bancaires pour préserver la viabilité à long terme des établissements financiers et, partant, réduire les tensions implicites sur les comptes de l’État.
- Dans certains systèmes bancaires les problèmes sont moins cycliques et davantage structurels : faible rentabilité chronique et perte de vitesse de certaines activités.
- Si des solutions durables ne sont pas possibles, il faudra des outils efficaces de résolution capables de préserver la stabilité financière d’un système mondial de plus en plus interdépendant et complexe.
  - Il convient de veiller à ce qu’en dernière instance les pertes soient prises en charge par les créanciers et non par les contribuables.
  - Les gouvernements doivent examiner de près les moyens qui, grâce à de meilleures structures de capital et éventuellement à des restrictions de l’ampleur et des risques des activités, permettront de faire en sorte que les grands établissements financiers ne menacent pas autant la stabilité globale du système et les bilans des États.

### Poursuite du travail de réforme réglementaire
- À l’échelle mondiale le travail de réglementation financière a avancé mais il commence à accuser le coup et à se heurter à la complexité pure et simple des problèmes en présence.
- Des progrès ont été accomplis dans la réglementation bancaire micro-prudentielle pour veiller à la solidité des différents établissements, mais de grosses lacunes subsistent.
- Les initiatives macro-prudentielles destinées à préserver la stabilité du système financier dans son ensemble en sont toujours à leurs balbutiements dans la plupart des pays.
  - Les systèmes financiers devront s’adapter aux nouvelles réformes, en particulier à mesure que la reprise s’affermira et que les taux d’intérêt se relèveront.
  - Cela sera d’autant plus difficile dans les pays, comme le Japon, où les taux d’intérêt ont été bas et les dettes se sont accumulées sur une longue période.

### Supervision systémique et nouvelles entités
- De nouvelles entités sont créées pour améliorer la supervision systémique et doivent s’atteler sans tarder à recueillir et analyser des données et recommander des orientations, notamment dans la conjoncture actuelle de faibles taux d’intérêt qui pourrait fort bien se prêter à de nouvelles vulnérabilités financières.
- Le nouveau Conseil européen du risque systémique est devenu opérationnel ce mois-ci et les marchés seront très attentifs à toute alerte de risque ou recommandation explicite.
- Le nouveau Conseil de supervision financière des États-Unis, qui a commencé à siéger régulièrement, doit démontrer que les mesures de stabilité financière et la structure de réglementation y afférente ont été renforcées à partir des enseignements tirés de la crise.
- Des directives sont en train d’être élaborées pour identifier les établissements financiers d’importance systémique et mesurer leur contribution au risque systémique.
  - Reste à savoir comment atténuer les risques qu’ils posent au système financier, notamment pour les établissements non bancaires et les marchés d’importance systémique.
  - Il reste à définir des méthodes pour améliorer la qualité de la supervision et à produire un dispositif transnational de résolution pleinement fonctionnel.

### Entrées de capitaux et actions macro-prudentielles dans les économies émergentes
- La nécessité d’une action macro-prudentielle concerne également les économies émergentes présentant des contraintes d’absorption face aux entrées de capitaux.
- Cette action doit compléter les politiques macroéconomiques classiques et ne s’y substitue pas.
- Jusqu’à présent, les signes de bulles spéculatives et de boom du crédit se limitent à quelques pays dans certains secteurs, mais les entrées de fonds propres et les opérations de portage sont, de manière générale, particulièrement dynamiques et ces flux doivent être examinés de près, en particulier en présence de leviers financiers.
- Recommandations de politique :
  - Les dirigeants doivent être particulièrement attentifs et prêts à agir rapidement lorsque s’accumuleront les tensions provoquées par les flux de capitaux.
  - Les pays qui reçoivent des flux importants et mènent des politiques procycliques doivent passer à une orientation neutre.
  - Ceux dont le taux de change est sous-évalué devraient laisser jouer ce mécanisme de prix pour contribuer à dissiper les tensions provoquées par les flux.
  - Si l’appréciation n’est pas envisageable, il faudra actionner d’autres leviers, tels que la politique monétaire ou budgétaire.
  - Les ripostes macroéconomiques devront être complétées par une intensification des mesures prudentielles (par ex., ratios prêt/valeur plus élevés, restrictions à la composition des financements) et, dans certains cas, par des contrôles de capitaux.

### Synthèse sur les risques globaux et priorités
- Bien que dans l’ensemble des progrès aient été accomplis et que la plupart des secteurs financiers aient commencé à se redresser, des risques continuent de peser sur la stabilité financière mondiale.
- Les problèmes en Grèce et aujourd’hui en Irlande suscitent de nouveau des doutes quant à la viabilité de la dette souveraine et à la santé du secteur bancaire dans d’autres pays de la zone euro, voire en dehors de la zone.
- L’actuelle interaction pernicieuse entre les risques liés à la stabilité du système financier et à la viabilité de la dette publique doit être traitée dans sa globalité, de manière à briser les retombées qui pourraient se propager par-delà les plus petits pays de la zone euro.
- Il demeure primordial de poursuivre la mise en œuvre des réformes réglementaires, tant pour les institutions que pour les marchés, faute de quoi, sans autres progrès, la stabilité financière mondiale et la croissance durable ne parviendront pas à se matérialiser.

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