## Section 1 — Contexte et intensification des risques

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### Contexte et intensification des risques
- Émission de communiqué pour diffusion : Washington (EDT), 9h30, 16 juillet 2012.
- Les risques pour la stabilité financière se sont intensifiés depuis l'édition d'avril 2012 du Rapport sur la stabilité financière dans le monde (Global Financial Stability Report, GFSR).
- Les rendements souverains en Europe méridionale ont nettement augmenté sur fond d’érosion continue des investisseurs.
- Les tensions sur les financements et les marchés risquent d'accentuer la contraction du crédit dans la périphérie de la zone euro.
- L’incertitude après les élections en Grèce début mai a aggravé les tensions et accru l’aversion pour le risque, alimentée par la crainte d’un retrait de la Grèce de la zone euro et par des inquiétudes sur la santé du système bancaire espagnol.

### Marchés souverains et comportements des investisseurs
- Fuite vers des actifs sûrs :
  - Baisse des rendements souverains aux États-Unis, en Allemagne et en Suisse.
  - Dollar propulsé à un taux record depuis 20 mois par rapport aux principales monnaies.
  - Entrées de capitaux vers les obligations japonaises proches des planchers historiques et appréciation du yen.
- Rendements souverains périphériques :
  - Forte hausse des rendements des obligations souveraines de la périphérie, limitant l'accès au marché.
  - Les LTRO (3 ans) de la BCE ont temporairement soutenu la demande d'obligations souveraines périphériques, mais cet effet s'est estompé.
- Flux et engagements :
  - Sorties de capitaux privés ont érodé la base d'investisseurs étrangers en Italie et en Espagne.
  - Variations substantielles des flux bancaires et des engagements Target2 en Espagne et en Italie (échelle en Milliards d'euros dans le graphique cité).

### Pressions sur le système bancaire de la zone euro
- Conditions de financement :
  - Malgré les LTRO, modalités de financement dégradées pour de nombreuses banques et entreprises de la périphérie.
  - Émission d'obligations bancaires en forte baisse en raison d'une demande anémique des investisseurs.
  - Banques du cœur de la zone euro thésaurisent les liquidités ; marchés à long terme non garantis très peu actifs.
- Compression des bilans :
  - Réduction nette des actifs bancaires observée au T4 2011 et poursuivie, plus lentement, au T1 2012.
  - Croissance du crédit au secteur privé dans la zone euro manifeste de profondes divergences : contraction en Grèce, Espagne, Portugal et Irlande ; plus stable dans certains pays du cœur.
- Rétrogradations et coûts de financement :
  - Moody’s a déclassé récemment 15 banques européennes et américaines menant de vastes opérations sur les marchés financiers.
  - S&P a pris des mesures similaires en novembre 2011.
  - Les coûts de financement de gros pour les établissements bancaires sont revenus aux niveaux record de fin 2011 pour obligations sécurisées et dette non garantie.
- Espagne :
  - Les mesures de stabilisation du système bancaire espagnol n'ont pas encore rétabli la confiance des marchés.
  - La demande d'assistance extérieure présentée par l'Espagne le 10 juin a reçu une réaction initiale défavorable du marché, en l'absence d'un programme global et de détails sur le prêt.
  - La décision fin juin au sommet des dirigeants de l’UE d’autoriser une recapitalisation directe des banques par le MES sans statut de créancier privilégié a atténué certaines préoccupations.

### Mesures adoptées au niveau européen et recommandations de politique
- Mesures positives adoptées fin juin par les dirigeants européens : ces mesures pourraient rompre les interactions néfastes entre la situation des États et celle des banques et créer une union bancaire.
- Mécanisme européen de stabilité (MES) :
  - Une fois qu'un dispositif unique de supervision des banques de la zone euro sera établi — décisions clés devant être prises avant la fin 2012 — le MES aurait la possibilité de recapitaliser directement les banques.
  - L'assistance du MES ne sera pas assortie d’un statut de créancier privilégié au regard de l’Espagne.
- Actions prioritaires recommandées :
  - Lever l'incertitude sur la qualité des actifs bancaires et appuyer le renforcement des bilans des banques, y compris par injection directe de capitaux du MES dans les banques faibles mais viables dès l'établissement du mécanisme unique de supervision.
  - Honorer les engagements antérieurs d'assainir les finances publiques et appliquer de vastes réformes structurelles.
  - Poursuivre les progrès vers une véritable union bancaire, y compris un régime paneuropéen de garantie des dépôts et un mécanisme de résolution bancaire doté de ressources communes.
  - Procéder sans tarder à la mise en œuvre, y compris par la ratification du MES par tous les membres.
- Politique monétaire et liquidité :
  - Saluer la récente baisse de taux par la BCE, mais recommander d'assouplir davantage la politique monétaire.
  - Les LTRO ont réduit le coût des prêts interbancaires garantis et non garantis mais ne suffisent pas à rétablir la confiance des investisseurs.
  - Mesures exceptionnelles possibles si la conjoncture se détériore : reprise du SMP, autres LTRO assorties de garanties appropriées, ou une forme d'assouplissement quantitatif.
  - Éviter de durcir les nouvelles règles de la BCE en matière de garantie, lesquelles ont largement contribué à atténuer les contraintes de liquidités.

### Risques aux États-Unis
- « Falaise » budgétaire :
  - Convergence d'expiration de baisses d'impôts et de réductions automatiques de dépenses en fin d’exercice pouvant entraîner un durcissement budgétaire de plus de 4 % du PIB si aucune mesure n’est prise.
  - Risque de regain de volatilité du marché en cas de jusqu’au-boutisme politique similaire à août 2011.
  - Le plafond de la dette pourrait être atteint à peu près au même moment que la « falaise ».
- Antécédents et notation :
  - Lors du dernier épisode sur le plafond de la dette, S&P a abaissé la cote de crédit des États-Unis de AAA à AA+.
  - Le consensus du marché suppose un report de l’austérité et un relèvement à temps du plafond de la dette, mais une réévaluation négative par les marchés est possible.
  - Absence de progrès sur un plan de rééquilibrage crédible risque d’entraîner d'autres rétrogradations souveraines avec effets sur liquidité et stabilité des marchés mondiaux.

### Contagion et vulnérabilités des marchés émergents
- Impact des tensions mondiales :
  - Les marchés émergents ont ressenti la contagion et font face à vulnérabilités endogènes.
  - Volatilité des changes : réal brésilien et roupie indienne ont perdu 15 à 25 % de leur valeur en moins d'un trimestre.
- Marchés d'actifs et flux :
  - Les marchés boursiers des pays émergents ont repris en début 2012 puis perdu la plupart des gains ensuite.
  - Peu de sorties d'obligations locales ; nombreux investisseurs étrangers détenteurs d’obligations ont opté pour une couverture sélective du risque de change plutôt que des retraits massifs.
  - Cette dynamique a établi un plancher des prix des obligations durant les épisodes d’aversion extrême pour le risque, mais des sorties massives pourraient faire culminer les rendements et déstabiliser les marchés intérieurs.
- Risque intérieur et demande de crédit :
  - Atonie de la croissance intérieure pourrait éroder la rentabilité des banques et menacer la stabilité financière (exemples cités : Brésil, Chine, Inde).
  - Demande de crédit en baisse dans plusieurs pays, même en présence de crédit soutenu par l'État.

*Source : Mise à jour du GFSR, juillet 2012.*

### Section 2 — Perspectives régionales, vulnérabilités et réformes réglementaires

### Disparités régionales et vulnérabilités
- Europe centrale et orientale :
  - Plus exposée à la zone euro ; risque disproportionné en cas d'accélération des retraits de financements bancaires ou d’investissements de portefeuille.
- Asie :
  - Semble mieux protégée de la crise de la zone euro, avec peu de liens financiers directs et de solides réserves en devises.
- Marchés de financement en dollars :
  - Situation des marchés régionaux de financement en dollars se dégrade depuis la mi-mars.
- Canaux de transmission et effets pays :
  - Incertitude mondiale et faiblesse de la demande extérieure nuisent aux pays tributaires des exportations comme la République de Corée.
  - Ralentissement de la croissance en Chine pèse sur les marchés d'Asie et sur les cours mondiaux des matières premières.
  - Situation en Inde : affaiblissement de la roupie ayant atteint récemment de nouveaux records, nécessité de financer d'énormes déficits budgétaires et courants exerce des pressions sur le marché, bien que les restrictions financières aient facilité le financement du déficit budgétaire.
  - Brésil : la banque centrale a réduit le taux directeur à un niveau historiquement bas pour contrer la vive décélération de l'économie réelle.
  - Certaines mesures réglementaires prises en 2011 pour freiner l'afflux de capitaux et l’essor du crédit à la consommation ont été abrogées.

### Politiques et marges de manœuvre dans les marchés émergents
- Capacité d'action macroéconomique :
  - De nombreux pays émergents disposent d'une certaine latitude pour assouplir la politique monétaire et contrer d'importants chocs endogènes ou exogènes.
  - La relance budgétaire demeure une deuxième ligne de défense pour certains pays en cas d’atteinte majeure à la croissance (voir la Mise à jour du Moniteur des finances publiques).
  - En général, l'inflation se situe dans la fourchette visée, permettant d’envisager d’autres baisses des taux d'intérêt en cas de chocs importants.
- Risques liés au cycle du crédit :
  - Beaucoup d'économies émergentes ayant de la latitude bénéficieraient d'une reconstitution des marges de manœuvre, les prix des matières premières restant élevés et les conditions de liquidité favorables.
  - Une relance majeure du crédit serait moins efficace et moins souhaitable qu'en 2008/09.
  - Poids-lourds (Brésil, Chine et Inde) ont connu une forte expansion du crédit ces dernières années et se trouvent en phases ultimes du cycle de crédit.
  - Une forte croissance du crédit à ce stade exacerberait les craintes relatives à la qualité des actifs et risquerait de compromettre la croissance du PIB et la stabilité financière ultérieure.
  - Conduite prolongée de politiques accommodantes pourrait, à long terme, créer de nouveaux déséquilibres et miner la stabilité financière en incitant à accumuler des dettes et en dopant les prix des actifs.
  - Dans quelques grandes économies émergentes (Inde, Russie et Turquie), l'espace budgétaire se reconstitue moins vite qu'on ne le souhaiterait (voir la Mise à jour du Moniteur des finances publiques).
  - En cas de choc baissier majeur, ces vulnérabilités pourraient se conjuguer et mettre à rude épreuve la stabilité financière.

### Programme de réformes réglementaires : adoption et mise en œuvre
- Passage de l'élaboration à l'adoption et à la mise en œuvre des règles.
- Calendrier et progrès :
  - Quelques pays du G-20 (Arabie Saoudite, Inde et Japon) ont annoncé les règles finales de mise en œuvre de Bâle III à partir du début 2013, mais la plupart en sont encore à l'élaboration ou à la consultation.
  - L'UE est proche d'une règle finale, le Conseil européen s’étant entendu sur un compromis relatif à la Directive sur les fonds propres (CRD IV).
  - Les autorités américaines ont émis une règle définitive fixant des normes de fonds propres étroitement alignées sur Bâle 2.5 à partir de janvier 2013 et ont publié, pour consultation, les règles de transposition des normes de fonds propres de Bâle III.
  - D'autres éléments du programme de réformes continuent d'évoluer et la mise en œuvre est parcellaire.
- Réformes des dérivés hors cote :
  - Nécessité de déplacer toutes les transactions normalisées sur produits dérivés vers des places boursières ou des plateformes de négociation électronique, lorsque cela est approprié.
  - Assurer la compensation par l’intermédiaire de contreparties centrales (CCP).
  - Crainte que les CCP ne deviennent les nouveaux établissements financiers d’importance systémique mondiale ; urgence d'élaborer et d'adopter des dispositifs de résolution applicables aux CCP.
  - Le travail avance lentement : de nombreuses juridictions ne disposent toujours pas des outils juridiques nécessaires.
- Résolution et cadre légal :
  - Réformes juridiques visant à aligner les régimes de résolution nationaux sur les Key Attributes of Effective Resolution Regimes sont en cours dans beaucoup de pays.
  - Le projet de directive de la Commission européenne établissant un cadre de redressement et de résolution des établissements de crédit et des firmes d’investissement est une avancée importante.
  - La zone euro doit continuer à progresser vers l'établissement d'un cadre intégré de supervision, de gestion des crises et de résolution.

*Source : Mise à jour du GFSR, juillet 2012.*

### Section 1

### Section 1

### Contexte et intensification des risques
- POUR DIFFUSION : Washington (EDT), 9h30, 16 juillet 2012.
- Les risques pour la stabilité financière se sont intensifiés depuis l'édition d'avril 2012 du Rapport sur la stabilité financière dans le monde (Global Financial Stability Report, GFSR).
- Les rendements souverains en Europe méridionale ont nettement augmenté sur fond d’érosion continue des investisseurs.
- Les tensions grandissantes sur les financements et les marchés risquent d'accentuer la contraction du crédit dans la périphérie de la zone euro.
- L’incertitude persistante après les élections en Grèce début mai a aggravé les tensions et accru l’aversion pour le risque, alimentée par la crainte d’un retrait de la Grèce de la zone euro et par des inquiétudes sur la santé du système bancaire espagnol.

### Marchés souverains et comportements des investisseurs
- Fuite vers des actifs sûrs :
  - Baisse des rendements souverains aux États-Unis, en Allemagne et en Suisse.
  - Dollar propulsé à un taux record depuis 20 mois par rapport aux principales monnaies.
  - Entrées de capitaux vers les obligations japonaises proches des planchers historiques et appréciation du yen.
- Rendements souverains périphériques :
  - Forte hausse des rendements des obligations souveraines de la périphérie, limitant l'accès au marché.
  - Les LTRO (3 ans) de la BCE ont temporairement soutenu la demande d'obligations souveraines périphériques, mais cet effet s'est estompé.
- Flux et engagements :
  - Sorties de capitaux privés ont érodé la base d'investisseurs étrangers en Italie et en Espagne.
  - Graphique 3 (flux cumulés 12 mois) montre variations substantielles des flux bancaires et des engagements Target2 en Espagne et en Italie (échelle en Milliards d'euros).

### Pressions sur le système bancaire de la zone euro
- Conditions de financement :
  - Malgré les LTRO, modalités de financement dégradées pour de nombreuses banques et entreprises de la périphérie.
  - Émission d'obligations bancaires en forte baisse en raison d'une demande anémique des investisseurs.
  - Banques du cœur de la zone euro thésaurisent les liquidités ; marchés à long terme non garantis très peu actifs.
- Compression des bilans :
  - Réduction nette des actifs bancaires observée au T4 2011 et poursuivie, plus lentement, au T1 2012.
  - Croissance du crédit au secteur privé dans la zone euro manifeste de profondes divergences : contraction en Grèce, Espagne, Portugal et Irlande ; plus stable dans certains pays du cœur.
- Rétrogradations et coûts de financement :
  - Moody’s a déclassé récemment 15 banques européennes et américaines menant de vastes opérations sur les marchés financiers.
  - S&P a pris des mesures similaires en novembre 2011.
  - Les coûts de financement de gros pour les établissements bancaires sont revenus aux niveaux record de fin 2011 pour obligations sécurisées et dette non garantie.
- Espagne :
  - Les mesures de stabilisation du système bancaire espagnol n'ont pas encore rétabli la confiance des marchés.
  - La demande d'assistance extérieure présentée par l'Espagne le 10 juin a reçu une réaction initiale défavorable du marché, en l'absence d'un programme global et de détails sur le prêt.
  - La décision fin juin au sommet des dirigeants de l’UE d’autoriser une recapitalisation directe des banques par le MES sans statut de créancier privilégié a atténué certaines préoccupations.

### Mesures adoptées au niveau européen et recommandations de politique
- Mesures positives adoptées fin juin par les dirigeants européens : ces mesures pourraient rompre les interactions néfastes entre la situation des États et celle des banques et créer une union bancaire.
- Mécanisme européen de stabilité (MES) :
  - Une fois qu'un dispositif unique de supervision des banques de la zone euro sera établi — décisions clés devant être prises avant la fin 2012 — le MES aurait la possibilité de recapitaliser directement les banques.
  - L'assistance du MES ne sera pas assortie d’un statut de créancier privilégié au regard de l’Espagne.
- Actions prioritaires recommandées :
  - Lever l'incertitude sur la qualité des actifs bancaires et appuyer le renforcement des bilans des banques, y compris par injection directe de capitaux du MES dans les banques faibles mais viables dès l'établissement du mécanisme unique de supervision.
  - Honorer les engagements antérieurs d'assainir les finances publiques et appliquer de vastes réformes structurelles.
  - Poursuivre les progrès vers une véritable union bancaire, y compris un régime paneuropéen de garantie des dépôts et un mécanisme de résolution bancaire doté de ressources communes.
  - Procéder sans tarder à la mise en œuvre, y compris par la ratification du MES par tous les membres.
- Politique monétaire et liquidité :
  - Saluer la récente baisse de taux par la BCE, mais recommander d'assouplir davantage la politique monétaire.
  - Les LTRO ont réduit le coût des prêts interbancaires garantis et non garantis mais ne suffisent pas à rétablir la confiance des investisseurs.
  - Mesures exceptionnelles possibles si la conjoncture se détériore : reprise du SMP, autres LTRO assorties de garanties appropriées, ou une forme d'assouplissement quantitatif.
  - Éviter de durcir les nouvelles règles de la BCE en matière de garantie, lesquelles ont largement contribué à atténuer les contraintes de liquidités.

### Risques aux États-Unis
- « Falaise » budgétaire :
  - Convergence d'expiration de baisses d'impôts et de réductions automatiques de dépenses en fin d’exercice pouvant entraîner un durcissement budgétaire de plus de 4 % du PIB si aucune mesure n’est prise.
  - Risque de regain de volatilité du marché en cas de jusqu’au-boutisme politique similaire à août 2011.
  - Le plafond de la dette pourrait être atteint à peu près au même moment que la « falaise ».
- Antécédents et notation :
  - Lors du dernier épisode sur le plafond de la dette, S&P a abaissé la cote de crédit des États-Unis de AAA à AA+.
  - Le consensus du marché suppose un report de l’austérité et un relèvement à temps du plafond de la dette, mais une réévaluation négative par les marchés est possible.
  - Absence de progrès sur un plan de rééquilibrage crédible risque d’entraîner d'autres rétrogradations souveraines avec effets sur liquidité et stabilité des marchés mondiaux.

### Contagion et vulnérabilités des marchés émergents
- Impact des tensions mondiales :
  - Les marchés émergents ont ressenti la contagion et font face à vulnérabilités endogènes.
  - Volatilité des changes : réal brésilien et roupie indienne ont perdu 15 à 25 % de leur valeur en moins d'un trimestre.
- Marchés d'actifs et flux :
  - Les marchés boursiers des pays émergents ont repris en début 2012 puis perdu la plupart des gains ensuite.
  - Peu de sorties d'obligations locales ; nombreux investisseurs étrangers détenteurs d’obligations ont opté pour une couverture sélective du risque de change plutôt que des retraits massifs.
  - Cette dynamique a établi un plancher des prix des obligations durant les épisodes d’aversion extrême pour le risque, mais des sorties massives pourraient faire culminer les rendements et déstabiliser les marchés intérieurs.
- Risque intérieur et demande de crédit :
  - Atonie de la croissance intérieure pourrait éroder la rentabilité des banques et menacer la stabilité financière (exemples cités : Brésil, Chine, Inde).
  - Demande de crédit en baisse dans plusieurs pays, même en présence de crédit soutenu par l'État.

*Source : Mise à jour du GFSR, juillet 2012.*

### Section 2

### Section 2 — Perspectives régionales, vulnérabilités et réformes réglementaires

### Disparités régionales et vulnérabilités
- L'Europe centrale et orientale est la plus exposée à la zone euro et pourrait souffrir de façon disproportionnée d'une accélération des retraits de financements bancaires ou d’investissements de portefeuille.
- L'Asie semble mieux protégée de la crise de la zone euro, car elle a peu de liens financiers directs avec celle-ci et dispose de solides réserves en devises.
- La situation des marchés régionaux de financement en dollars se dégrade depuis la mi-mars.
- L'incertitude croissante à l’échelle mondiale ainsi que la faiblesse de la demande extérieure nuisent aux pays tributaires de leurs exportations comme la République de Corée.
- La croissance a ralenti en Chine, pesant sur tous les marchés d'Asie et sur les cours mondiaux des matières premières.
- La situation en Inde préoccupe de plus en plus, l'affaiblissement de la roupie ayant atteint récemment de nouveaux records du fait que la nécessité de financer d'énormes déficits budgétaires et courants exerce des pressions sur le marché, encore que les restrictions financières aient facilité le financement du déficit budgétaire.
- Au Brésil, la banque centrale a réduit le taux directeur à un niveau historiquement bas pour contrer la vive décélération de l'économie réelle.
- Certaines mesures réglementaires prises en 2011 pour freiner l'afflux de capitaux et l’essor du crédit à la consommation ont été abrogées.

### Politiques et marges de manœuvre dans les marchés émergents
- De nombreux pays émergents disposent encore d'une certaine latitude pour assouplir la politique monétaire et contrer d'importants chocs endogènes ou exogènes.
- La relance budgétaire demeure une deuxième ligne de défense pour certains pays en cas d’atteinte majeure à la croissance (voir la Mise à jour du Moniteur des finances publiques).
- En général, l'inflation se situe dans la fourchette visée, ce qui permet d’envisager d’autres baisses des taux d'intérêt en cas de chocs importants.
- Bien des économies émergentes ayant de la latitude pour parer aux chocs bénéficieraient à ce stade d'une reconstitution des marges de manœuvre, les prix des matières premières étant encore élevés et les conditions de liquidité encore favorables.
- Par contre, une relance majeure du crédit serait moins efficace, et certainement moins souhaitable, qu'en 2008/09.
- Des poids-lourds comme le Brésil, la Chine et l'Inde ont bénéficié d'une forte expansion du crédit ces dernières années et se trouvent en phases ultimes du cycle de crédit.
- Au stade actuel, une forte croissance du crédit exacerberait les craintes relatives à la qualité des actifs et risquerait de compromettre la croissance du PIB et la stabilité financière dans les années à venir.
- En raison de la crainte persistante d'importants chocs baissiers, de nombreux pays émergents continuent de mener des politiques accommodantes, ce qui pourrait à la longue créer de nouveaux déséquilibres et miner la stabilité financière.
- La faiblesse des taux d'intérêt incite à accumuler des dettes tout en dopant les prix des actifs.
- Dans quelques grandes économies émergentes (Inde, Russie et Turquie), l'espace budgétaire se reconstitue moins vite qu'on ne le souhaiterait (voir la Mise à jour du Moniteur des finances publiques).
- Les politiques financières sont peut-être moins prudentes que ce qui serait approprié pour les économies émergentes à un stade avancé du cycle de crédit; en cas de choc baissier majeur, ces vulnérabilités pourraient se conjuguer, mettant à rude épreuve la stabilité financière.

### Programme de réformes réglementaires : adoption et mise en œuvre
- La priorité du programme de réformes est passée de l'élaboration de normes à l'adoption et mise en œuvre de règles.
- Quelques pays du G-20 (Arabie Saoudite, Inde et Japon) ont déjà annoncé les règles finales de mise en œuvre de Bâle III à partir du début 2013, mais la plupart en sont encore au stade de l'élaboration ou de la consultation.
- L'UE est proche d'une règle finale, le Conseil européen s’étant entendu sur un compromis relatif à la Directive sur les fonds propres (CRD IV).
- Les autorités américaines ont émis une règle définitive fixant des normes de fonds propres étroitement alignées sur Bâle 2.5 à partir de janvier 2013 et ont publié, pour consultation, les règles de transposition des normes de fonds propres de Bâle III dans leur cadre réglementaire.
- D'autres éléments du programme de réformes continuent d'évoluer et la mise en œuvre est parcellaire.
- S'agissant des dérivés hors cote, les administrations et les marchés doivent s'atteler résolument à la mise en œuvre intégrale des réformes du marché dans autant de domaines que possible avant la fin 2012, délai fixé par les dirigeants du G-20.
- Objectifs spécifiques pour les dérivés hors cote :
  - déplacer toutes les transactions normalisées sur produits dérivés vers des places boursières ou des plateformes de négociation électronique, lorsque cela est approprié;
  - assurer la compensation par l’intermédiaire de contreparties centrales (CCP).
- Face à la crainte grandissante que les CCP ne deviennent les nouveaux établissements financiers d’importance systémique mondiale, il est urgent d'élaborer et d'adopter des dispositifs de résolution applicables aux CCP.
- Le travail avance lentement, car bien des juridictions ne disposent toujours pas des outils juridiques nécessaires.
- Les réformes juridiques visant à aligner les régimes de résolution nationaux sur les principales caractéristiques définies par le Conseil de stabilité financière (Key Attributes of Effective Resolution Regimes) sont en cours dans beaucoup de pays.
- Le récent projet de directive de la Commission européenne établissant un cadre de redressement et de résolution des établissements de crédit et des firmes d’investissement est une avancée importante.
- La zone euro doit continuer à progresser vers l'établissement d'un cadre intégré de supervision, de gestion des crises et de résolution.

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/fmu/0712f.pdf_
