## RAPPORT SUR LA STABILITÉ FINANCIÈRE DANS LE MONDE

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### Contexte général et constat principal
- Mesures exceptionnelles prises par les pouvoirs publics ont assoupli les conditions financières et soutenu l’économie, contribuant à maîtriser les risques pour la stabilité financière.
- Ce soutien massif pourrait toutefois avoir des conséquences fortuites : prise de risques excessifs, survalorisation des actifs et aggravation de facteurs de vulnérabilité financière.
- La reprise devrait être asynchrone et divergente entre pays avancés et pays émergents, exposant particulièrement ces derniers à d’immenses difficultés, notamment en cas de hausse persistante des taux aux États-Unis.

### Marchés financiers et valorisations
- Les marchés boursiers ont fortement progressé depuis le troisième trimestre 2020, atteignant des niveaux nettement supérieurs aux modèles fondés sur des paramètres fondamentaux.
- Les taux réels sans risque restent à des niveaux historiquement bas (malgré des hausses récentes), soutenant les valorisations.
- Sur le marché des obligations d’entreprises, les écarts restent très serrés.
- Les taux d’intérêt à long terme ont considérablement augmenté, en particulier aux États-Unis; une hausse rapide et persistante, surtout des taux réels, risquerait une révision du risque de marché et un brusque resserrement des conditions financières.

### Divergence entre pays et risques pour les pays émergents
- Les conditions financières risquent de se resserrer de façon marquée dans les pays émergents si les pays avancés normalisent leurs politiques économiques.
- Les sorties massives d’investissements de portefeuille pourraient mettre en difficulté certains pays émergents ou préémergents, compte tenu de leurs grands besoins de financement cette année.
- Le lien entre émetteurs souverains et banques s’est dégradé dans les pays émergents : les banques locales ont absorbé le gros des augmentations de dette intérieure.
- Pour de nombreux pays préémergents, l’accès aux marchés demeure compromis.

### Chine et accumulation de vulnérabilités
- La Chine s’est redressée plus rapidement que les autres pays, mais au prix d’une accumulation plus forte de facteurs de vulnérabilité, notamment une dette accrue du secteur des entreprises.
- Les autorités font face à la nécessité délicate de réduire les garanties implicites sans provoquer une réévaluation désordonnée.

### Situation des entreprises
- Le secteur des entreprises a été fortement touché; le soutien public a atténué les effets.
- Les grandes entreprises ayant accès aux marchés ont émis des titres de créance pour remédier aux tensions sur leurs liquidités.
- L’endettement des entreprises a augmenté, posant un dilemme entre stimuler l’activité à court terme et aggraver les vulnérabilités à plus long terme.
- Analyse au niveau des entreprises :
  - Tensions sur la liquidité : fortes pour les petites entreprises de la plupart des secteurs et pays.
  - Tensions sur la solvabilité : fortes pour les petites entreprises, mais aussi marquées pour les entreprises de taille moyenne et même pour les grandes entreprises dans les secteurs les plus touchés.
- Le chapitre 1 propose une méthode pour évaluer si les entreprises doivent privilégier le financement sur le marché, solliciter l’aide de l’État, ou faire l’objet d’une restructuration ou d’une liquidation.

### Immobilier commercial
- Le secteur de l’immobilier commercial a été frappé de plein fouet : volumes de transactions et prix effondrés en 2020.
- Certaines pertes de demande pourraient être structurelles (commerce de détail, bureaux, hôtels) en raison du télétravail et de la relocalisation hors des grandes villes.
- Estimation clé : une hausse permanente de 5 points de pourcentage du taux d’inoccupation se traduirait en moyenne par une diminution d’environ 15 % de la juste valeur sur cinq ans.
- Les désalignements de prix se sont creusés depuis la pandémie; si cela perdure, cela pourrait peser sur la croissance.

### Banques et intermédiation financière
- Avant la pandémie, les banques disposaient de volants élevés de fonds propres et de liquidités; elles résistent jusqu’ici, mais la capacité à continuer de fournir du crédit pendant la reprise reste incertaine.
- La demande de crédit devrait se raffermir à mesure que la reprise avance, mais les banques n’anticipent pas un relâchement des normes d’octroi de prêts dans la plupart des pays.
- L’arrêt progressif des mesures de soutien pourrait avoir des incidences considérables pour certaines banques et réduire leur propension au prêt.
- Il est probable que l’incertitude sur les pertes de crédit et de faibles perspectives de rentabilité dissuadent la plupart des banques d’utiliser fortement leurs volants de fonds propres.
- Les autorités doivent encourager les banques à recourir à leurs volants, là où il est prudent de le faire, pour soutenir la reprise.

### Recommandations politiques clés
- Maintenir les mesures de soutien jusqu’à ce qu’une reprise durable et inclusive soit établie; la politique monétaire doit rester accommodante jusqu’à ce que les objectifs soient atteints.
- Agir rapidement pour éviter que les vulnérabilités financières ne deviennent permanentes : prendre les devants en durcissant certains outils macroprudentiels compte tenu des décalages entre activation et effets.
- Durcir des outils macroprudentiels ciblés pour remédier à des poches de vulnérabilité élevée tout en évitant un resserrement général des conditions financières.
- Concevoir des outils macroprudentiels pour les segments de l’intermédiation financière non bancaire lorsque ces outils font défaut.
- Établir des amortisseurs ailleurs pour protéger le système financier si créer et mettre en pratique des outils macroprudentiels s’avère difficile.
- Pour les pays émergents et préémergents :
  - Ceux ayant accès aux marchés doivent profiter des conditions favorables pour améliorer la composition de leur dette.
  - Ceux ayant peu d’accès aux marchés auront vraisemblablement besoin du concours de la communauté internationale.
  - Une restructuration en profondeur de la charge de la dette pourrait être nécessaire pour certains pays; le cadre commun pour les traitements de dette du G20 peut aider.
  - Reconstituer des coussins pour anticiper toute correction subite des prix ou un retournement des flux de capitaux.
- Assainir les bilans des entreprises pour une reprise durable et inclusive : mesures de soutien ciblées, directes et adaptées aux entreprises viables ayant des problèmes temporaires de liquidité ou de solvabilité.
- Accélérer les réformes des dispositifs de résolution et développer les marchés des créances sinistrées et des prêts improductifs, en particulier pour les pays à ressources budgétaires limitées.
- Pour l’immobilier commercial, appliquer des outils macroprudentiels ciblés (par ex. limites à la quotité de prêt et au ratio de couverture du service de la dette) lorsque les mutations structurelles sont plus claires, et étendre les outils aux institutions financières non bancaires impliquées.
- Dans le secteur financier, maintenir les orientations réglementaires relatives à la constitution de provisions pour pertes attendues pour éviter une procyclicité excessive, tout en surveillant la constitution de ces provisions.
- Maintenir les restrictions relatives aux distributions prélevées sur les capitaux propres, ou ne les assouplir que progressivement dans les pays qui surmontent la pandémie, sous réserve de tests de résistance menés par les autorités de contrôle pour garantir une capitalisation suffisante des banques.

*Extrait de: RAPPORT SUR LA STABILITÉ FINANCIÈRE DANS LE MONDE, Fonds monétaire international | Avril 2021.*

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