## CHAPITRE 2

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### Résumé exécutif
- Les intermédiaires financiers non bancaires (IFNB) jouent un rôle majeur dans le système financier mondial en améliorant l’accès au crédit et en soutenant la croissance économique.
- Les vulnérabilités financières des IFNB se sont possiblement accrues ces dernières années, dans un contexte de taux d’intérêt bas.
- Les perturbations affectant les IFNB ont tendance à se manifester dans un contexte de fort taux d’endettement, d’asymétries de liquidité et de niveaux élevés d’interconnexion pouvant avoir des répercussions sur les pays émergents.
- Dans le contexte actuel, marqué par une inflation élevée et un resserrement des conditions financières, les banques centrales peuvent être amenées à procéder à des arbitrages complexes entre gestion des risques de stabilité financière et atteinte des objectifs en matière de stabilité des prix.
- Les dirigeants ont besoin d’outils appropriés pour gérer les conséquences des perturbations qui affectent les IFNB sur la stabilité financière.

### Vulnérabilités et mécanismes de transmission
- Facteurs propices aux perturbations des IFNB :
  - fort taux d’endettement;
  - asymétries de liquidité;
  - niveaux élevés d’interconnexion.
- Conséquences potentielles :
  - désorganisation et désintermédiation du marché;
  - retombées sur les pays émergents.
- Importance d’une première ligne de défense : surveillance, réglementation et supervision rigoureuses des IFNB.

### Rôle et limites de l’intervention des banques centrales
- Principe général : l’intervention des banques centrales devrait viser à résoudre les problèmes de liquidité et non de solvabilité, et ne pas aller à l’encontre de l’orientation de la politique monétaire, en particulier dans un cycle de resserrement.
- Besoin possible d’un accès direct des IFNB aux liquidités des banques centrales en période de tension, moyennant des garde-fous appropriés.
- Importance de limiter l’aléa moral en privilégiant des mesures qui rétablissent le fonctionnement du marché et qui s’appuient sur des garde-fous réglementaires et de gouvernance.

### Trois grands types d’intervention des banques centrales (énoncés tels que dans le texte)
1. Les opérations discrétionnaires à l’échelle du marché doivent être temporaires et limitées aux segments du secteur des IFNB pour lesquels une désorganisation et une désintermédiation supplémentaires du marché pourraient avoir des implications négatives pour la stabilité financière. Ces opérations doivent être élaborées de manière à rétablir le fonctionnement du marché tout en contenant l’aléa moral. Il est essentiel que toute opération à l’échelle du marché soit lancée au moment opportun, dans le cadre d’un dispositif régissant le pouvoir discrétionnaire en fonction de contraintes. Ces contraintes sont les indicateurs qui, sur la base de données, suggèrent qu’une intervention peut se justifier, mais ce sont aux dirigeants que revient en définitive le pouvoir décisionnaire d’intervenir.
2. L’accès à des facilités de prêt permanentes pourrait être accordé pour limiter les retombées sur le système financier, mais les critères d’accès devrait être très stricts pour éviter l’aléa moral. Il ne peut être accordé que si des réglementations et des contrôles appropriés sont en place pour les différents types d’intermédiaires financiers non bancaires (dont certains pourraient ne pas être admissibles).
3. Les banques centrales, en leur qualité de prêteur de dernier ressort, pourraient devoir intervenir si un IFNB d’importance systémique venait à rencontrer des difficultés. La décision de prêter à un tel IFNB resterait à la discrétion de la banque centrale, les prêts devant être entièrement garantis, assortis d’un taux de pénalité et faire l’objet d’une surveillance accrue. Un calendrier précis devrait être fixé pour rétablir le niveau de liquidité de l’institution.

### Gouvernance, communication et coordination
- Communication claire requise pour éviter l’impression de mesures contradictoires (par exemple, acheter des actifs pour rétablir la stabilité financière tout en poursuivant le resserrement quantitatif pour ramener l’inflation au taux cible).
- Lorsqu’une banque centrale annonce des mesures de soutien à la liquidité, elle doit clairement préciser les paramètres de l’intervention et expliquer l’objectif visé sur le plan de la stabilité financière.
- La coordination entre banques centrales et autorités de régulation du secteur financier est primordiale pour :
  - déterminer les risques;
  - gérer les situations de crise;
  - évaluer les lacunes en matière de contrôle et de réglementation.

### Priorités de politique publique
- Combler les principales lacunes en matière de données sur les IFNB.
- Encourager la gestion des risques par les IFNB.
- Établir une réglementation appropriée et renforcer la supervision.
- Une fois ces mesures mises en place, l’intervention des banques centrales devrait être moins nécessaire, ou du moins limitée à la gestion des risques pesant sur la stabilité financière, ce qui atténuerait le risque d’aléa moral.

*Source : Rapport sur la stabilité financière dans le monde, Chapitre 2 (FMI | Avril 2023).*

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