## execsum

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### Contexte et hausse des risques systémiques
- Les risques pour la stabilité financière ont rapidement augmenté depuis la publication du Rapport d’octobre 2022.
- Facteurs contribuant à l’accumulation de vulnérabilités :
  - période prolongée de taux d’intérêt extrêmement bas, volatilité réduite et liquidités abondantes ayant encouragé l’exposition aux risques de liquidité, de duration et de crédit et un recours fréquent au levier financier.
  - faillites soudaines de la Silicon Valley Bank et de la Signature Bank (États-Unis) et perte de confiance à l’égard de Credit Suisse, révélant la vulnérabilité au resserrement des conditions monétaires.
  - diffusion rapide de l’information via les nouvelles technologies et médias sociaux, amplifiant la contagion mondiale, provoquant liquidation d’actifs risqués et révision majeure des anticipations de taux directeurs, amplitude comparable à celle du lundi noir de 1987.
- Riposte des autorités ayant atténué les tensions : garantie des dépôts non assurés pour les deux banques américaines, Bank Term Funding Program aux États-Unis, liquidités d’urgence de la Banque nationale suisse à Credit Suisse, rachat par UBS soutenu par l’État.

### Vulnérabilités bancaires et impact différencié
- Différences régionales et par banque :
  - États-Unis : vente d’actifs particulièrement marquée pour les banques aux bases de dépôts concentrées et aux pertes importantes après estimation à la valeur du marché.
  - Europe : banques les plus touchées sont celles dont les titres se négocient à une décote importante par rapport à leur valeur comptable, incertitude sur la rentabilité et capacité à mobiliser des capitaux.
  - Pour une banque médiane, les services du FMI estiment que les effets sur les ratios réglementaires relatifs aux pertes latentes sur les titres détenus jusqu’à leur échéance seraient modestes en Europe, au Japon et dans les pays émergents, mais plus notables pour certaines autres banques.
- Couverture d’assurance-dépôts et qualité des actifs :
  - De nombreux pays ont de faibles niveaux de couverture d’assurance-dépôts.
  - Les banques des pays émergents détiennent généralement des actifs de qualité de crédit moindre et jouent un rôle plus important dans leur système financier.

### Effets macrofinanciers et transmission au crédit
- Risque de retrait rapide des financements en cas de perte généralisée de confiance, entraînant hausse des coûts de financement bancaires et restriction du crédit.
- Estimation d’impact chiffrée :
  - la chute récente des cours des actions bancaires pourrait réduire la capacité de prêt des banques américaines de près de 1 % au cours de l’année à venir, ce qui réduirait le PIB réel de 44 points de base, toutes choses égales par ailleurs.

### Banques centrales et marchés souverains
- Arbitrages pour les banques centrales entre pressions inflationnistes plus persistantes que prévu et tensions financières.
- Ajustements des anticipations : les investisseurs ont considérablement ajusté à la baisse la trajectoire anticipée de la politique monétaire dans les pays avancés, s’attendant à un assouplissement bien plus tôt que prévu, alors que l’inflation reste élevée.
- Réduction des bilans des banques centrales après accroissement des portefeuilles pendant la pandémie, posant des défis pour les marchés de dette souveraine dans un contexte de liquidité globalement faible et niveaux d’endettement élevés.
- Exemple quantitatif mentionné : l’émission nette de titres du Trésor américain devrait augmenter en 2023 et 2024, tandis que le resserrement quantitatif réduit la part absorbée par le bilan de la Réserve fédérale.

### Intermédiaires financiers non bancaires (IFNB) et levier
- Risques amplifiés par : effet de levier financier, asymétries de liquidité entre actifs et passifs, profondes interconnexions au sein du secteur IFNB et avec les banques.
- Exemple : les compagnies d’assurance-vie ont doublé leurs placements non liquides au cours des dix dernières années et ont accru le recours à l’effet de levier pour financer des actifs non liquides.
- Tensions des IFNB émergent surtout dans des contextes d’endettement élevé, de faible liquidité et d’interconnexion élevée, et peuvent se propager entre pays, y compris vers les marchés émergents et pays en développement.

### Situation des marchés émergents, dette souveraine et pays à faible revenu
- Résilience et vulnérabilités :
  - Grands pays émergents : pour l’instant relativement bien géré le resserrement brutal de la politique monétaire dans les pays avancés, mais exposés à des sorties de capitaux si les tensions persistent.
  - Indicateurs de viabilité souveraine : 12 États négocient des titres avec des spreads indiquant le surendettement et 20 autres avec des spreads de plus de 700 points de base.
  - Sur les marchés pré-émergents : émissions de dette évaporées en 2021 et pouvant ne pas retrouver leurs niveaux antérieurs.
  - Pays à faible revenu : plus de la moitié d’entre eux (37 sur 69) sont surendettés ou exposés à un risque élevé de surendettement.

### Immobilier résidentiel et commercial; vulnérabilités des ménages et entreprises
- Ménages : forte épargne accumulée pendant la pandémie mais charge du service de la dette plus lourde, érosion de l’épargne et hausse du risque d’impayés.
- Immobilier résidentiel :
  - hausse des taux hypothécaires résidentiels a freiné la demande mondiale;
  - prix moyens des logements ont chuté dans 60 % des pays émergents au second semestre 2022;
  - dans les pays avancés, les hausses de prix ont ralenti;
  - baisses les plus marquées des prix réels dans les pays avec plus grande part de prêts hypothécaires à taux variable;
  - valorisations restent excessives dans de nombreux pays.
- Immobilier commercial :
  - inquiétudes croissantes; aux États-Unis, les banques avec un total d’actifs inférieur à 250 milliards de dollars détiennent environ les trois quarts des prêts bancaires dans l’immobilier commercial;
  - nombre de transactions mondiale a diminué de 17 % par rapport à l’année précédente;
  - les FPI ont connu des corrections de prix allant jusqu’à 20 %; pertes particulièrement lourdes dans le secteur des bureaux.
- Entreprises : taux de défaillance resté faible grâce aux importantes réserves de liquidités constituées pendant la pandémie, mais chute des bénéfices et resserrement des conditions de financement érodent ces marges et peuvent conduire à des difficultés de remboursement, surtout pour les petites entreprises et celles des marchés émergents.

### Chine : immobilier et collectivités locales
- Marché immobilier chinois resté atone malgré la réouverture; confiance non rétablie pour les promoteurs privés plus fragiles.
- Dette des collectivités locales : la dette totale des structures de financement des collectivités locales est estimée à environ 50 % du PIB chinois; un surendettement plus généralisé pourrait causer des pertes conséquentes pour certaines banques, particulièrement dans les régions à faible revenu avec un parc de logements inachevés vaste.

### Fragmentation géopolitique et risques accrus
- Montée des tensions géopolitiques entre grandes économies pourrait exacerber les risques de stabilité financière via une plus grande fragmentation économique et financière, entravant l’allocation mondiale des capitaux.
- Conséquences possibles :
  - inversion soudaine des flux de capitaux;
  - hausse des coûts de financement bancaires;
  - incidence disproportionnée sur les pays émergents et banques avec ratios de capitalisation plus bas;
  - réduction de la diversification des risques internationaux et volatilité macrofinancière accrue pour les pays avec des réserves extérieures plus faibles.

### Recommandations de politique
- Dissocier les objectifs de politique monétaire et de stabilité financière afin de permettre aux banques centrales de maintenir une politique monétaire restrictive face à l’inflation.
- En cas d’intensification des tensions financières dans un contexte d’inflation élevée, procéder à des arbitrages clairs et assurer une communication explicite sur les objectifs et fonctions des banques centrales.
- Actions rapides des autorités pour éviter des événements systémiques affectant la confiance des marchés; si un ajustement de la politique monétaire est nécessaire pour la stabilité financière, affirmer la détermination à ramener l’inflation à sa cible dès que possible une fois les tensions apaisées.
- Renforcement de la gouvernance et de la gestion des risques bancaires : suivi par les conseils d’administration, capacité/adéquation des tests de résistance des fonds propres et de la liquidité.
- Pour les IFNB : combler les déficits de données, encourager les bonnes pratiques de gestion des risques, établir une réglementation appropriée et intensifier la supervision.
- Maintenir des exigences minimales de fonds propres et de liquidité adéquates, y compris pour les petites institutions non considérées isolément comme systémiques; veiller à la classification et au provisionnement des actifs bancaires et à l’exposition aux risques de taux d’intérêt et de liquidité.
- Mesures de soutien à la liquidité des banques centrales visant à résoudre des problèmes de liquidité et non de solvabilité; les problèmes de solvabilité relèvent des autorités budgétaires ou de résolution compétentes.
- Principes d’intervention : fournir des liquidités aux contreparties assujetties à supervision et réglementation (internalisation du risque de liquidité), laisser une grande partie du risque sur le marché (assurance partielle) pour minimiser l’aléa moral, assortir les interventions d’une date de fin précise.
- Poursuivre le renforcement du programme de réforme de la résolution afin d’accroître la probabilité de résoudre les banques systémiques sans exposer les fonds publics; reconnaître l’avancée que représentent les pertes subies par les actionnaires et certains détenteurs d’instruments de fonds propres, tout en soulignant la difficulté à répartir davantage de pertes au sein de la hiérarchie des créanciers avant l’usage des fonds publics.

### Interventions sur le marché des changes et gestion des sorties de capitaux (extraits du cadre stratégique intégré)
- Interventions sur le marché des changes peuvent se justifier si :
  - le marché des changes est illiquide,
  - les bilans présentent des asymétries,
  - les anticipations inflationnistes sont mal ancrées,
  - à condition que les réserves soient suffisantes et qu’une intervention ne compromette pas la crédibilité des politiques macroéconomiques ou ne remplace pas un ajustement nécessaire.
- Mesures de gestion des sorties de capitaux en cas de crise imminente :
  - doivent faire partie d’un train de mesures global de lutte contre les déséquilibres macroéconomiques sous-jacents,
  - doivent prendre fin une fois que la crise s’estompe.

### Dette souveraine des pays en développement et préémergents
- Recommandations pour emprunteurs souverains :
  - redoubler d’efforts pour maîtriser les risques liés aux fortes vulnérabilités de leur dette,
  - dialoguer de manière anticipée avec leurs créanciers,
  - faire appel à la coopération multilatérale et au soutien de la communauté internationale.
- Adopter des plans crédibles d’assainissement budgétaire à moyen terme pour contenir les coûts d’emprunt et atténuer les inquiétudes sur la viabilité de la dette.
- Pour pays proches du surendettement : coordination d’une restructuration préventive entre créanciers bilatéraux et créanciers du secteur privé, utiliser le cas échéant le cadre commun du G20.

### Institutions financières non bancaires et accès aux liquidités
- Possibilité que les IFNB bénéficient d’un accès direct aux liquidités des banques centrales en période de tension, moyennant des garde-fous appropriés.
- Importance d’une première ligne de défense : surveillance, réglementation et supervision rigoureuses des IFNB.
- Mesures de soutien potentielles, adaptées à la situation : opérations de marché discrétionnaires, facilités de prêt permanentes, prêteur de dernier ressort — conçues pour éviter l’aléa moral.

### Tensions géopolitiques et stabilité financière mondiale
- Recommandation : consacrer des ressources à l’évaluation, la gestion et l’atténuation des risques pour la stabilité financière causés par la montée des tensions géopolitiques.
- Institutions financières pourraient nécessiter des réserves de fonds propres et de liquidités adéquates pour atténuer ces risques.
- Nécessité de veiller à ce que le dispositif mondial de sécurité financière soit approprié.
- Devant les risques importants pesant sur la stabilité macrofinancière mondiale, renforcer les efforts multilatéraux pour réduire les tensions géopolitiques et la fragmentation économique et financière.

*Fonds monétaire international | avril 2023*

### Section 1

### execsum - Section 1

### Contexte et hausse des risques systémiques
- Les risques pour la stabilité financière ont rapidement augmenté depuis la publication du Rapport d’octobre 2022.
- Après la crise financière mondiale, dans un contexte de taux d’intérêt extrêmement bas, de volatilité réduite et de liquidités abondantes, les acteurs du marché se sont davantage exposés aux risques de liquidité, de duration et de crédit en recourant souvent au levier financier.
- Les faillites soudaines de la Silicon Valley Bank et de la Signature Bank (États-Unis) et la perte de confiance à l’égard de Credit Suisse ont mis en évidence la vulnérabilité face au resserrement des conditions monétaires et à l’accumulation de facteurs de vulnérabilité.
- La diffusion rapide de l’information via les nouvelles technologies et les médias sociaux a amplifié la contagion mondiale, provoquant une liquidation des actifs à risque et une révision majeure des anticipations de taux directeurs, dont l’ampleur est comparable à celle du lundi noir de 1987.
- La riposte des autorités a atténué les tensions : garantie des dépôts non assurés pour les deux banques américaines en faillite, Bank Term Funding Program aux États-Unis, liquidités d’urgence de la Banque nationale suisse à Credit Suisse, rachat ultérieur par UBS soutenu par l’État.

### Vulnérabilités bancaires et impact différencié
- Aux États-Unis, la vente d’actifs bancaires a été particulièrement marquée pour les banques aux bases de dépôts concentrées et aux pertes importantes après estimation à la valeur du marché.
- En Europe, les banques les plus touchées sont celles dont les titres se négocient à une décote importante par rapport à leur valeur comptable, avec incertitude sur la rentabilité et la capacité à mobiliser des capitaux.
- Pour une banque médiane, les services du FMI estiment que les effets sur les ratios réglementaires relatifs aux pertes latentes sur les titres détenus jusqu’à leur échéance seraient modestes en Europe, au Japon et dans les pays émergents, mais plus notables pour certaines autres banques.
- De nombreux pays ont de faibles niveaux de couverture d’assurance-dépôts; comparativement, les banques des pays émergents détiennent généralement des actifs de qualité de crédit moindre et jouent un rôle plus important dans leur système financier.

### Effets macrofinanciers et transmission au crédit
- Les financements peuvent disparaître rapidement quand la perte de confiance est généralisée, ce qui pourrait accroître les coûts de financement pour les banques et restreindre leur capacité à octroyer du crédit.
- Estimation d’impact : la chute récente des cours des actions bancaires pourrait réduire la capacité de prêt des banques américaines de près de 1 % au cours de l’année à venir, ce qui réduirait le PIB réel de 44 points de base, toutes choses égales par ailleurs.

### Enjeux pour les banques centrales et marchés souverains
- Les banques centrales doivent naviguer entre pressions inflationnistes plus persistantes que prévu et tensions financières.
- Les investisseurs ont considérablement ajusté à la baisse la trajectoire anticipée de la politique monétaire dans les pays avancés, s’attendant maintenant à un assouplissement bien plus tôt que prévu, alors que l’inflation reste élevée.
- Les banques centrales ont commencé à réduire la taille de leurs bilans après avoir accru leurs portefeuilles pendant la pandémie. Ce processus pourrait poser des difficultés pour les marchés de dette souveraine, dans un contexte où la liquidité est globalement faible, les niveaux d’endettement élevés et l’offre supplémentaire de titres devra être absorbée par des investisseurs privés.
- Exemple cité : l’émission nette de titres du Trésor américain devrait augmenter en 2023 et 2024, tandis que le resserrement quantitatif réduit la part absorbée par le bilan de la Réserve fédérale.

### Risques liés aux intermédiaires financiers non bancaires (IFNB) et au levier
- L’effet de levier financier, les asymétries de liquidité entre actifs et passifs et les profondes interconnexions au sein du secteur des IFNB et avec les banques peuvent amplifier les effets du resserrement des conditions monétaires.
- Exemple : les compagnies d’assurance-vie ont doublé leurs placements non liquides au cours des dix dernières années et ont accru le recours à l’effet de levier pour financer des actifs non liquides.
- Les grandes tensions des IFNB tendent à émerger dans des contextes d’endettement élevé, de faible liquidité et d’interconnexion élevée, et peuvent se propager entre pays, y compris vers les marchés émergents et pays en développement.

### Situation des marchés émergents, dette souveraine et pays à faible revenu
- Les grands pays émergents ont pour l’instant relativement bien géré le resserrement brutal de la politique monétaire dans les pays avancés, mais restent exposés à des sorties de capitaux si les tensions persistent.
- Indicateurs de viabilité : 12 États négocient des titres avec des spreads indiquant le surendettement et 20 autres avec des spreads de plus de 700 points de base.
- Sur les marchés pré-émergents, les émissions de dette se sont évaporées en 2021 et pourraient ne pas retrouver leurs niveaux antérieurs.
- Pays à faible revenu : plus de la moitié d’entre eux (37 sur 69) sont surendettés ou exposés à un risque élevé de surendettement.

### Immobilier résidentiel et commercial, et vulnérabilités des ménages et entreprises
- Ménages : forte épargne accumulée pendant la pandémie mais charge du service de la dette plus lourde, érosion de l’épargne et hausse du risque d’impayés.
- Résidentiel : hausse des taux hypothécaires résidentiels a freiné la demande mondiale; les prix moyens des logements ont chuté dans 60 % des pays émergents au second semestre 2022; dans les pays avancés, les hausses de prix ont ralenti; les baisses les plus marquées des prix réels sont observées dans les pays avec une plus grande part de prêts hypothécaires à taux variable; les valorisations restent excessives dans de nombreux pays.
- Commercial : inquiétudes croissantes; aux États-Unis, les banques avec un total d’actifs inférieur à 250 milliards de dollars détiennent environ les trois quarts des prêts bancaires dans l’immobilier commercial; le nombre de transactions mondiale a diminué de 17 % par rapport à l’année précédente; les FPI ont connu des corrections de prix allant jusqu’à 20 %; pertes particulièrement lourdes dans le secteur des bureaux.
- Entreprises : taux de défaillance resté faible grâce aux importantes réserves de liquidités constituées pendant la pandémie, mais la chute des bénéfices et le resserrement des conditions de financement érodent ces marges et pourraient conduire à des difficultés de remboursement, surtout pour les petites entreprises et celles des marchés émergents.

### Chine : marché immobilier et collectivités locales
- Le marché de l’immobilier chinois reste atone malgré la réouverture; la confiance n’est pas rétablie pour les promoteurs privés plus fragiles.
- La dette totale des structures de financement des collectivités locales est estimée à environ 50 % du PIB chinois; un surendettement plus généralisé pourrait causer des pertes conséquentes pour certaines banques, particulièrement dans les régions à faible revenu où la dette des administrations locales est plus élevée et le parc de logements inachevés vaste.

### Fragmentation géopolitique et risques accrus
- La montée des tensions géopolitiques entre grandes économies pourrait exacerber les risques de stabilité financière via une plus grande fragmentation économique et financière, entravant l’allocation mondiale des capitaux.
- Conséquences possibles : inversion soudaine des flux de capitaux, hausse des coûts de financement bancaires, incidence disproportionnée sur les pays émergents et banques avec ratios de capitalisation plus bas, réduction de la diversification des risques internationaux et volatilité macrofinancière accrue pour les pays avec des réserves extérieures plus faibles.

### Recommandations de politique
- Les outils disponibles devraient aider les banques centrales à dissocier les objectifs de politique monétaire des objectifs de stabilité financière pour leur permettre de maintenir une politique monétaire restrictive face à l’inflation.
- Si les tensions financières s’intensifient dans un contexte d’inflation élevée, des arbitrages entre objectifs d’inflation et de stabilité financière seront nécessaires; une communication claire sur les objectifs et fonctions des banques centrales est essentielle.
- Les autorités doivent agir rapidement pour éviter des événements systémiques affectant la confiance des marchés; si un ajustement de la politique monétaire est nécessaire pour la stabilité financière, il faut affirmer la détermination à ramener l’inflation à sa cible dès que possible une fois les tensions apaisées.
- Renforcer la gouvernance et la gestion des risques bancaires, y compris le suivi par les conseils d’administration et la capacité/adéquation des tests de résistance des fonds propres et de la liquidité.
- Pour les IFNB : combler les déficits de données, encourager les bonnes pratiques de gestion des risques, établir une réglementation appropriée et intensifier la supervision.
- Exigences minimales de fonds propres et de liquidité adéquates, y compris pour les petites institutions non considérées isolément comme systémiques, afin de limiter les risques pour la stabilité financière; veiller à la classification et au provisionnement des actifs bancaires et à l’exposition aux risques de taux d’intérêt et de liquidité.
- Les mesures de soutien à la liquidité des banques centrales doivent viser à résoudre des problèmes de liquidité et non de solvabilité; les problèmes de solvabilité relèvent des autorités budgétaires ou de résolution compétentes.
- Principe : fournir des liquidités aux contreparties assujetties à supervision et réglementation (internalisation du risque de liquidité), laisser une grande partie du risque sur le marché (assurance partielle) pour minimiser l’aléa moral, assortir les interventions d’une date de fin précise.
- Poursuivre le renforcement du programme de réforme de la résolution pour accroître la probabilité de résoudre les banques systémiques sans exposer les fonds publics; reconnaître l’avancée que représentent les pertes subies par les actionnaires et certains détenteurs d’instruments de fonds propres, tout en indiquant la difficulté à répartir davantage de pertes au sein de la hiérarchie des créanciers avant l’usage des fonds publics.

*Fonds monétaire international | avril 2023*

### Section 2

### execsum - Section 2

### Interventions sur le marché des changes et gestion des sorties de capitaux
- D’après le cadre stratégique intégré du FMI, les interventions sur le marché des changes peuvent se justifier si :
  - le marché des changes est illiquide,
  - les bilans présentent des asymétries,
  - les anticipations inflationnistes sont mal ancrées,
  - à condition que les réserves soient suffisantes et qu’une intervention ne compromette pas la crédibilité des politiques macroéconomiques ou ne remplace pas un ajustement nécessaire.
- En cas de crise imminente, des mesures de gestion des sorties de capitaux peuvent être une solution pour atténuer les pressions liées aux sorties de capitaux, mais :
  - elles doivent faire partie d’un train de mesures global de lutte contre les déséquilibres macroéconomiques sous-jacents,
  - elles doivent prendre fin une fois que la crise s’estompe.

### Dette souveraine des pays en développement et préémergents
- Les emprunteurs souverains des pays en développement et des pays préémergents devraient :
  - redoubler d’efforts pour maîtriser les risques associés aux fortes vulnérabilités liées à leur dette,
  - dialoguer de manière anticipée avec leurs créanciers,
  - faire appel à la coopération multilatérale et au soutien de la communauté internationale.
- L’adoption de plans crédibles d’assainissement budgétaire à moyen terme pourrait :
  - contribuer à contenir les coûts d’emprunt,
  - atténuer les inquiétudes quant à la viabilité de la dette.
- Dans le cas des pays proches d’une situation de surendettement :
  - les créanciers bilatéraux et ceux du secteur privé devraient coordonner une restructuration préventive,
  - utiliser, le cas échéant, le cadre commun du G20.

### Institutions financières non bancaires et accès aux liquidités
- Il pourrait s’avérer nécessaire que les institutions financières non bancaires bénéficient d’un accès direct aux liquidités des banques centrales en période de tension, moyennant des garde-fous appropriés.
- La mise en place d’une première ligne de défense est essentielle :
  - surveillance, réglementation et supervision rigoureuses des institutions financières non bancaires.
- Si la stabilité financière est menacée, on peut envisager que les banques centrales prennent des mesures de soutien de la liquidité des institutions financières non bancaires, adaptées à la situation :
  - opérations de marché discrétionnaires,
  - facilités de prêt permanentes,
  - prêteur de dernier ressort.
- Ces aides doivent être soigneusement conçues pour éviter l’aléa moral.

### Tensions géopolitiques et stabilité financière mondiale
- Les décideurs devraient consacrer des ressources à l’évaluation, la gestion et l’atténuation des risques pour la stabilité financière causés par la montée des tensions géopolitiques.
- Les institutions financières pourraient avoir besoin de détenir des réserves de fonds propres et de liquidités adéquates pour atténuer ces risques géopolitiques.
- Les décideurs devraient veiller à ce que le dispositif mondial de sécurité financière soit approprié.
- Compte tenu des risques importants qui pèsent sur la stabilité macrofinancière mondiale :
  - il faudrait redoubler d’efforts au niveau multilatéral afin de réduire les tensions géopolitiques et la fragmentation économique et financière.

### Informations de publication
- Rapport sur la stabilité financière dans le monde Résumé
- Fonds monétaire international | avril 2023
- Page: 4

*Source: execsum - Section 2 (extrait du fichier PDF fourni).*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/gfsr/2023/april/french/execsum.pdf_
