## CHAPITRE 1 — Résumé

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### Contexte et risques immédiats
- Les risques d’instabilité financière à l’échelle mondiale restent élevés face à la guerre en cours au Moyen-Orient, à de possibles tensions inflationnistes et à des risques croissants de nouveau resserrement des conditions financières.
- Les marchés ont connu des corrections ordonnées jusqu’à présent, mais les risques sont asymétriques: plus le conflit se prolonge, plus grand est le risque que les conditions financières mondiales — très accommodantes avant la guerre — ne deviennent plus restrictives, et ce, plus brutalement.
- Depuis février, les cours des actions au niveau mondial ont reculé de 8 %.
- Les rendements des obligations souveraines à l’échelle mondiale ont nettement augmenté, les marchés anticipant une accélération de l’inflation.
- Les actifs des pays émergents ont fortement pâti du raffermissement du dollar et du renchérissement de l’énergie, en particulier dans les pays importateurs de produits de base et les pays vulnérables.

### Canaux susceptibles d’amplifier la turbulence financière
- Volatilité obligataire et dette publique:
  - La hausse du ratio dette/PIB, conjuguée à la présence accrue d’investisseurs sensibles aux prix, a entraîné des fluctuations plus marquées des rendements obligataires les jours d’adjudication.
  - Une volatilité plus importante du marché obligataire pourrait resserrer les marchés de financement et accélérer la remontée des rendements au-delà de ce que justifierait la seule augmentation des anticipations d’inflation.
  - La concentration des émissions de titres à court terme a rendu les marchés des principales obligations souveraines plus exposés aux risques de refinancement.
  - Ces tensions pourraient raviver les inquiétudes quant à l’interdépendance entre l’État et les banques en cas de pertes importantes sur les obligations souveraines.

- Pressions sur les pays émergents:
  - Les pays émergents pourraient subir des pressions sur leur monnaie et des sorties de capitaux à mesure que les opérations de portage se dénouent et que les termes de l’échange se détériorent.
  - Avant le conflit, la valeur des actifs dans les pays émergents avait atteint son plus haut niveau depuis plus de dix ans; les flux de capitaux ont maintenant pris une forme de K: les entrées de capitaux sous forme de dette et les opérations de portage l’emportent largement sur les investissements directs étrangers, plus stables.
  - Les pays préémergents ayant émis des montants considérables de dette depuis le début de 2025 pourraient rencontrer des difficultés croissantes pour assurer la viabilité de leur dette.
  - L’importance croissante des investisseurs financiers non bancaires non résidents a accentué la sensibilité aux fluctuations de l’appétence mondiale pour le risque.

- Institutions financières non bancaires et ventes forcées:
  - Un resserrement soudain des conditions financières peut provoquer des ventes forcées d’actifs chez les fonds spéculatifs, les vendeurs d’options, les fonds indiciels à effet de levier et d’autres institutions financières non bancaires qui ont recours à l’endettement.
  - Sur les marchés boursiers, des ventes colossales d’options ont neutralisé la volatilité mais pourraient amplifier les fluctuations des prix si les stratégies changeaient en période de tensions.
  - Le recours croissant aux fonds indiciels à effet de levier pourrait provoquer des pertes considérables et des ventes massives.
  - Sur les marchés obligataires, le dénouement de positions à effet de levier pourrait accroître les fluctuations des rendements et se répercuter sur d’autres marchés.

- Crédit privé et érosion de qualité:
  - Des signes d’une augmentation des défauts des emprunteurs dans le secteur du crédit privé pourraient entraîner des inquiétudes plus générales sur le crédit aux entreprises, en particulier pour les emprunteurs fortement endettés exposés aux bouleversements liés à l’intelligence artificielle (IA).
  - L’asymétrie de liquidité dans le crédit privé semble se cantonner aux structures semi-liquides, indiquant un impact systémique relativement modéré, mais les rachats se sont accélérés par crainte d’une détérioration de la qualité du crédit.

- Chaîne de valeur de l’IA:
  - L’essor des investissements dans l’IA pourrait nettement s’affaiblir si le conflit au Moyen-Orient venait à perdurer, pesant sur la valeur d’entreprise des sociétés de la chaîne de valeur de l’IA.
  - Ces sociétés s’appuient de plus en plus sur des montages financiers circulaires autour des centres de données à très grande échelle; à l’heure actuelle, l’impact sur la stabilité financière semble modeste.

- Risque de ventes massives simultanées:
  - Des épisodes de ventes massives et simultanées d’actions et d’obligations se sont produits lors des phases de repli des marchés, en lien avec l’augmentation des chocs sur l’offre ces dernières années.
  - De nouveaux chocs accroissent le risque d’une inversion forcée du levier financier dans ces deux catégories d’actifs.

### Vulnérabilités à moyen terme
- Interconnexions bancaires et non bancaires:
  - Le secteur bancaire présente des vulnérabilités liées à des interconnexions transfrontalières croissantes avec des établissements non bancaires d’importance systémique.
- Pays préémergents:
  - Les défis des pays préémergents incluent une faiblesse des réserves qui accentue l’exposition aux chocs externes défavorables.

### Recommandations de politique
- Mesures générales de résilience:
  - Se préparer à d’éventuelles perturbations du marché en s’assurant que les facilités de liquidité et de financement sont accessibles et opérationnelles.
  - La politique monétaire devrait préserver la stabilité des prix et tenir compte des répercussions de l’inflation effective sur les anticipations d’inflation, tout en restant fondée sur des données.
  - Il est essentiel que les banques centrales et les instances de contrôle disposent de cadres de gouvernance solides pour garantir leur indépendance et leur responsabilité.

- Pays émergents:
  - Poursuivre le renforcement des cadres d’action.
  - Compléter la capacité d’absorption des chocs des taux de change par des outils relevant du cadre stratégique intégré (Integrated Policy Framework) du FMI.

- Politique budgétaire et marchés de financement:
  - Donner le tour de vis nécessaire pour ramener la dette publique sur une trajectoire stable; les nouvelles dépenses doivent être axées sur la protection des groupes vulnérables contre le choc inflationniste.
  - Renforcer l’infrastructure de marché pour réduire les risques sur les marchés de financement à court terme, par exemple en recourant à la compensation centrale des opérations de pension livrée.
  - Achever la mise en œuvre du dispositif de Bâle tout en évitant des arbitrages réglementaires et l’affaiblissement des normes prudentielles.

- Surveillance et données pour les institutions non bancaires:
  - Combler les lacunes dans les données et améliorer le partage d’informations entre territoires.
  - Renforcer la surveillance des institutions financières non bancaires, compte tenu de leur endettement croissant et de leur interconnexion avec les banques.
  - Soumettre les banques et, chaque fois que possible, les institutions financières non bancaires à des tests de résistance ou à des analyses de scénarios pour évaluer les conséquences d’un éventuel accroissement des tensions sur la liquidité et sur le segment du crédit aux entreprises.

*Document: Résumé du Rapport sur la stabilité financière dans le monde — Avril 2026*

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