## Riposter à la crise du coronavirus

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### Surveillance et endiguement de la pandémie
- Priorité absolue : surveiller, endiguer et atténuer les effets du coronavirus pour préserver les systèmes de santé et éviter une surcharge.
- Mesures recommandées :
  - Suivi précoce et endiguement rapides et complets suivant les lignes directrices de l’Organisation mondiale de la santé.
  - Assurance d'une couverture adéquate de congé-maladie payé ; ciblage des interventions de santé vers les secteurs informels et les personnes vivant dans l’extrême pauvreté dans les pays à protection sociale limitée.
  - Réalisation de tests systématiques pour documenter les progrès et déterminer la reprise d’activités dans les régions précédemment touchées.
  - Accroissement considérable des dépenses de santé publique en urgence : appui aux consultations médicales à distance, recrutements extraordinaires dans le secteur de la santé, soutien coordonné des usines de fabrication de matériel médical, et prévention d’une constitution excessive de réserves.
  - Sensibilisation publique soutenue : création d’un groupe de haut niveau pour coordonner la riposte, communication opportune et régulière d’informations crédibles, mise à jour quotidienne sur la gravité de l’épidémie.
  - Coopération internationale pour garantir la libre circulation des équipements médicaux essentiels vers les pays et populations qui en ont le plus besoin.

### Rôle des banques centrales et politique monétaire
- Objectifs : soutenir la demande et la confiance, empêcher un resserrement des conditions financières, abaisser le coût de l’emprunt et assurer la liquidité des marchés.
- Mesures recommandées :
  - Fournir de la liquidité via opérations d’open-market, prolongement des échéances de prêt, achats fermes et prises en pension de titres afin d’atténuer les tensions sur les principaux marchés de financement.
  - Assouplissement monétaire : réduction des taux d’intérêt là où il existe une marge, cadrage prospectif de la trajectoire de politique monétaire et expansion des achats d’actifs (y compris les actifs risqués).
  - Mesures provisoires ciblées pour les secteurs les plus éprouvés et soutien ciblé à certaines catégories d’actifs.
  - Action coordonnée des banques centrales du G-7 : assouplissement monétaire coordonné et lignes de crédit réciproques (et en faveur des pays émergents) pour atténuer les tensions sur les marchés financiers mondiaux et sur la liquidité.
  - Dans les pays émergents et en développement : concilier soutien de la croissance et réduction des tensions extérieures ; un relâchement monétaire dans les pays du G-7 peut donner de la marge aux banques centrales des pays émergents et en développement ; un régime de change flexible peut contrebalancer les chocs extérieurs ; intervention sur le marché des changes et mesures provisoires concernant les mouvements de capitaux peuvent s’avérer nécessaires en cas de crise.

### Politique budgétaire et soutien fiscal
- Nécessité d’un soutien budgétaire considérable et d’urgence aux personnes et aux entreprises touchées ; possibilité de mesures de relance budgétaire selon l’évolution de la pandémie.
- Mesures recommandées :
  - Aide notable de l'État aux personnes et entreprises touchées : subventions salariales pour entreprises contraintes de fermer afin d’éviter faillites et licenciements massifs ; transferts monétaires pour les foyers à faible revenu.
  - Relance budgétaire généralisée pour soutenir la demande globale ; choix des instruments (investissement, réductions d’impôts) dépendra du choc et de l’espace budgétaire disponible. Mise en œuvre accélérée d’investissements ou d’autres mesures discrétionnaires pour éviter une relance trop tardive.
  - Observations sur l’action mondiale :
    - Les pays du G-20 ont déployé des mesures budgétaires en temps voulu, mais leur riposte reste inférieure à celle observée durant la crise financière mondiale.
    - À mesure de la propagation du virus, il faudra en faire davantage en 2020 et le besoin d’une relance budgétaire mondiale coordonnée et synchronisée se fait sentir.
  - Pays à faible revenu : marge de manœuvre intérieure limitée ; exposition à des chocs sur la demande extérieure, les termes de l'échange et les conditions de financement ; nécessité d’un ajustement des dépenses favorable à la croissance et d’un soutien financier ; financements concessionnels en temps voulu par les principales puissances économiques et les institutions financières internationales pour amortir le choc.

### Réglementation, contrôle bancaire et stabilité financière
- Objectifs : préserver la stabilité financière et la solidité du système bancaire tout en soutenant l’activité économique.
- Risques et recommandations :
  - Le coronavirus pèsera sur la capacité des emprunteurs à rembourser leurs prêts et réduira les revenus bancaires, mettant potentiellement en danger la solidité des banques.
  - Encourager les banques à utiliser la souplesse réglementaire existante et à renégocier prudemment les conditions de prêt pour les emprunteurs en difficulté ; ne pas assouplir les règles de classement et de provisionnement ; mesurer précisément les prêts improductifs et les pertes potentielles.
  - Transparence et communication claire des attentes de contrôle pour maintenir la discipline de marché.
  - Renforcement du suivi de la solidité financière par les autorités de contrôle, augmentation de la fréquence du dialogue avec les entités réglementées, planification de la continuité des activités et préservation de la résilience opérationnelle.
  - Utilisation des volants de liquidités si nécessaire ; durcissement possible des exigences de déclaration aux autorités de contrôle pour surveiller les problèmes de liquidité.
  - Les banques devraient puiser d’abord dans les volants de conservation des fonds propres pour absorber les pertes liées à la restructuration ; réexamen des modalités de distribution des dividendes par les autorités de contrôle si besoin ; mise à disposition éventuelle des volants de fonds propres anticycliques là où ce dispositif existe.
  - Mesures d’accompagnement possibles : subventions et allégements fiscaux en faveur des petits emprunteurs, garanties de crédit, programmes d’achat d'actifs, injections de capitaux et garanties de dépôts générales selon les crises antérieures.

### Coordination internationale et assistance aux plus vulnérables
- Nécessité d’une coordination et coopération mondiales pour une reprise ordonnée et pour s’assurer que les plus démunis ne soient pas davantage laissés pour compte.
- Points clés :
  - Mesures déterminées et coordonnées par les grandes puissances économiques (G-7 et autres) servent l’intérêt général : limiter les taux d'infection, favoriser un flux ordonné de fournitures médicales et impulser l’activité mondiale.
  - Adaptation des mesures aux capacités administratives locales : lorsque ciblage précis impossible, mesures plus globales peuvent être nécessaires ; attention particulière aux régions et collectivités difficiles d’accès.
  - Importance d’assurer que les équipements médicaux essentiels parviennent sans restriction aux personnes et aux pays qui en ont le plus besoin.

### Annexe — le rôle du FMI (capacité et instruments)
- Le FMI est prêt à mobiliser sa capacité de prêt de 1 000 milliards de dollars pour aider ses pays membres à faire face à la pandémie et à ses coûts humains, économiques et financiers.
- Activités et outils disponibles :
  - Mécanismes modulables d'intervention d'urgence : instrument de financement rapide (IFR) et facilité de crédit rapide (FCR) pour aider les pays présentant des besoins urgents de financement de leur balance des paiements. L'IFR est accessible à tous les pays membres ; la FCR concessionnelle permet d'accorder des prêts à taux zéro aux pays membres admissibles au fonds fiduciaire RPC. Ces mécanismes pourraient permettre d'apporter un appui de l'ordre de 50 milliards de dollars aux pays émergents et aux pays en développement.
  - Le financement d'urgence au titre de la FCR et de l'IFR peut ouvrir la voie à de nouveaux programmes appuyés par le FMI assortis de prêts plus conséquents, en s'appuyant sur la capacité de prêt de 1 000 milliards de dollars du FMI.
  - Le FMI compte déjà 40 accords en cours (de décaissement ou de précaution) prévoyant des engagements de ressources d’un montant cumulé d'environ 200 milliards de dollars. Dans de nombreux cas, ces accords peuvent constituer un moyen de décaisser rapidement un financement de crise.
  - Le fonds fiduciaire d’assistance et de riposte aux catastrophes (fonds ARC) peut permettre aux pays les plus pauvres et les plus touchés de bénéficier de dons pour assurer le service de la dette contractée auprès du FMI, libérant des ressources pour l'endiguement et l'atténuation. Après la promesse du Royaume-Uni de verser jusqu'à 195 millions de dollars, le fonds ARC est désormais doté d'un budget d'environ 400 millions de dollars pour l'allégement de la dette. Le FMI travaille avec d'autres donateurs pour porter les ressources disponibles à 1 milliard de dollars.
  - Le FMI continuera de jouer un rôle central dans le dispositif mondial de sécurité financière, en facilitant et en coordonnant le soutien d'autres institutions financières internationales, d'accords de financement régionaux et de donateurs bilatéraux, ainsi que, si sollicité, l’appui des pays membres disposant de lignes de crédit réciproques.
- État d’alerte : des dispositions sont prises pour permettre la mise en œuvre rapide de mesures d'urgence supplémentaires si la crise s'aggravait.

*Source : Riposter à la crise du coronavirus (contenu du chapitre) — ppfa2020015*

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