## 1. Rétablir les conditions propices à une croissance forte et durable

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### Contexte mondial et implications pour la région
- Croissance mondiale : 3,1 % en 2016.
- Prévisions mondiales : 3,5 % en 2017.
- Facteurs influents :
  - Assouplissement attendu de la politique budgétaire aux États‑Unis.
  - Maintien d’une croissance forte en Chine.
  - Redressement partiel des cours des produits de base, mais restant très inférieurs à leurs maxima de 2013 et peu susceptibles de changer à moyen terme en raison du rééquilibrage du modèle de croissance chinois.
- Conditions financières extérieures :
  - Coûts de financement des pays préémergents de la région restent plus élevés que ceux des autres pays émergents et pourraient se durcir avec la normalisation de la politique monétaire aux États‑Unis.
  - Épisodes d’émissions à rendements beaucoup plus élevés depuis le début de 2016 signalent un risque accru pour les pays retardant l’ajustement des finances publiques.

### Performance macroéconomique de l’Afrique subsaharienne en 2016
- Croissance du PIB réel de la région en 2016 : 1,4.
- Décélération généralisée : environ deux tiers des pays, représentant 83 % du PIB de la région, ont connu une croissance plus faible qu’en 2015.
- Cas particuliers :
  - Nigéria : activité estimée en baisse de 1½ %.
  - Pays de la CEMAC : activité estimée en baisse de ¾ %.
  - Soudan du Sud : activité estimée en baisse de 13¾ %.
  - Angola : activité stagnante.
- Exemples de pays à croissance robuste : Burkina Faso, Mali, Niger; Tanzanie; Côte d’Ivoire, Éthiopie, Kenya, Sénégal.

### Politique budgétaire et marge de manœuvre limitée
- Déficits budgétaires moyens en Afrique subsaharienne :
  - 2016 : −4½ % du PIB.
  - 2015 : −4 % du PIB.
  - 2014 : −3½ % du PIB.
- Pressions sur les recettes non suffisamment compensées par des coupes dans les dépenses.
- Détérioration budgétaire notable en 2016 dans les pays exportateurs de pétrole : Angola, Cameroun, Gabon, Nigéria.
- Déficits très élevés dépassant 15 % du PIB en 2016 : République du Congo, Guinée équatoriale, Soudan du Sud.
- Composition de l’ajustement :
  - Ajustements centrés sur dépenses courantes (~2½ % du PIB dans certains cas comme Angola et Nigéria).
  - Quelques pays ont renforcé la collecte (ex. Guinée : relèvement temporaire du taux de la TVA; Tanzanie : campagne contre la corruption et la fraude fiscale).
- Arriérés intérieurs estimés fin 2016 :
  - Plus de 7½ % du PIB au Gabon;
  - au moins 4 % en République du Congo;
  - près de 3 % au Cameroun;
  - 2,2 % au Nigéria;
  - au moins 2 % en Angola.
  - Hausse d’arriérés observée aussi en Zambie (plus de 9 % du PIB), Guinée (4½ %), et potentiellement jusqu’à 3 % au Ghana, ainsi qu’au Mozambique, Ouganda, São Tomé‑et‑Príncipe et Swaziland.

### Secteur extérieur, taux de change et restrictions de change
- Dépréciations des monnaies nationales depuis décembre 2013 jusqu’à mars 2017 pour de nombreux pays.
- Restrictions de change utilisées : Angola, Nigéria, Burundi, Éthiopie, Zimbabwe.
  - Conséquences : aggravation des incertitudes, distorsions économiques, creusement des écarts avec les taux du marché parallèle.
  - Angola : écart de taux avec le marché parallèle passé de 5–10 % mi‑2014 à près de 130 % fin mars 2017; maintien d’une liste prioritaire pour l’achat de devises au taux officiel; taxe spéciale sur le paiement des services; limitation du montant de devises autorisé pour les voyages.
  - Nigéria : restrictions, notamment sur l’achat de devises pour l’importation de 40 catégories de biens.
  - Zimbabwe : restrictions des transactions courantes et des mouvements de capitaux entraînant une augmentation de la prime sur le marché parallèle.
- Recommandation implicite : dans les pays où l’instrument du taux de change est utilisable (ex. Angola, Nigéria), lui donner plus de souplesse dans le cadre d’un ensemble cohérent de mesures d’ajustement et lever les restrictions de change nuisibles.

### Politique monétaire et inflation
- Inflation : médiane régionale passée de 4½ % en 2015 à 5½ % en 2016.
- Cas extrêmes d’inflation fin 2016 :
  - Angola : 42 %.
  - Nigéria : 18½ %.
- Réponses divergentes :
  - Pays riches en ressources naturelles : politique monétaire globalement accommodante malgré resserrements ponctuels (ex. Angola, Nigéria, CEMAC).
  - Zambie et Ghana : tensions inflationnistes relâchées grâce à une politique monétaire restrictive.
- Observation : orientations monétaires hétérogènes adaptées aux circonstances nationales.

### Alourdissement de la dette publique et service de la dette
- Ratio dette publique/PIB régional :
  - Augmenté de près de 10 points de pourcentage depuis 2014.
  - Atteignant en moyenne 42 % du PIB en 2016 (et un point médian de 51%).
- Endettement en forte hausse dans de nombreux pays pauvres en ressources naturelles : courbes d’endettement autour de 50 % du PIB ou au‑delà pour Bénin, Cabo Verde, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Kenya, Malawi, Maurice, Mozambique, São Tomé‑et‑Príncipe, Sénégal et Togo.
- Service de la dette :
  - Dans les pays exportateurs de pétrole, le service de la dette est passé d’une moyenne de 8 % des recettes en 2013 à 57 % en 2016; cas marqués : Nigéria 66 % et Angola 60 %.
- Conséquence : risque de surendettement accru dans plusieurs pays depuis 2013.

### Tensions dans le secteur financier et qualité des actifs
- Dégradation de la qualité des actifs et augmentation des créances improductives liée à la contraction de l’activité, à l’accumulation d’arriérés de paiement de l’État et au ralentissement des exportations de produits de base.
- Crédit bancaire au secteur privé :
  - Diminution ou contraction de la croissance des prêts privés pour des raisons diverses (CEMAC, Ghana, Afrique du Sud, CAE, Zambie).
  - Kenya : plafonnement des taux débiteurs à 400 points de base au‑dessus du taux directeur a réduit les prêts au secteur privé.
- Facteurs structurels aggravants :
  - Concentration des crédits sur l’État (Ouganda, Sierra Leone, Tchad) et sur le secteur des BTP (Bénin, Guinée équatoriale, Malawi, São Tomé‑et‑Príncipe, Sierra Leone).
  - Informations insuffisantes sur la solvabilité (registres de crédit et de garanties pratiquement inexistants).
  - Difficultés à saisir rapidement les actifs (procédures de recouvrement inefficaces, lenteur des systèmes judiciaires).

### Interconnexions financières et risques de contagion transfrontaliers
- La région est devenue plus interconnectée au cours des dix dernières années, augmentant le risque de contagion.
- Les 14 plus grandes banques panafricaines captent :
  - plus de 50 % du total des dépôts dans 14 pays,
  - entre 30 % et 50 % dans neuf autres pays (données 2015).
- Expansion principalement par filiales; mécanismes de financement localisés mais transferts de liquidité possibles vers la maison mère.
- Risques accrus si maisons mères traversent des difficultés ou si les activités se complexifient (assurance, courtage), augmentant la contagion vers l’économie réelle.

### Perspectives de croissance et projections par pays (scénario de référence)
- Croissance régionale projetée pour 2017 : 2,6 %.
- Contribution des trois plus grandes économies (Afrique du Sud, Angola et Nigéria) : environ trois quarts du rebond régional attendu.
- Sélection de projections par pays :
  - Nigéria : 0,8 %.
  - Afrique du Sud : 0,8 %.
  - Angola : jusqu’à 1,3 %.
  - Guinée équatoriale : −5 %.
  - Cameroun : 3,7 %.
  - Gabon : 1 %.
  - République du Congo : jusqu’à 0,6 %.
  - Mali et Niger : supérieures à 5 %.
  - Tanzanie : 6¾ %.
  - Ghana : 5,8 %.
  - Sénégal : 6,8 %.
  - Côte d’Ivoire : 6,9 %.
- Risques climatiques et sécurité alimentaire :
  - Près de la moitié des pays d’Afrique subsaharienne ont signalé des situations d’insécurité alimentaire pouvant toucher 60 millions de personnes de plus cette année.
  - Famine déclarée au Soudan du Sud; menace de famine dans la partie Nord‑Est du Nigéria.
  - Nouvelle vague de sécheresse liée à La Niña affecte Éthiopie, Kenya, Soudan du Sud et Tanzanie.
  - Infestations de ravageurs et chenilles légionnaires touchent plusieurs pays d’Afrique australe.

### Indicateurs macroéconomiques clés (sélection)
- Croissance régionale projetée pour 2017 : 2,6 %.
- Inflation : hétérogénéité marquée; prévisions d’inflation > 10 % pour certains pays (Burundi, Ghana, Malawi, Mozambique, R. D. Congo, Sierra Leone).
- Déficit budgétaire global pour la région : attendu à 4½ % du PIB comme en 2016.
- CEMAC : déficit global attendu réduire de 7,2 % à 3,4 % du PIB en 2017.
- Pays importateurs de pétrole : déficit budgétaire moyen attendu diminuer très légèrement de 4,3 % à 4,2 % du PIB.
- Ghana : déficit attendu descendre à 5 % du PIB (6,8 % en base caisse) après des dérapages ayant porté le déficit à environ 8¼ % du PIB en 2016.
- Malawi : déficit attendu ramené de 7,8 % à 5,3 % du PIB.
- UEMOA : déficit attendu creuser de 4,5 % à 4,6 % du PIB en 2017.
- CAE : déficit budgétaire attendu rester élevé à 5,3 % du PIB.

### Principales recommandations de politique — stabilisation, assainissement et mesures structurelles
- Objectif général : assurer stabilité macroéconomique tout en créant un climat propice à une croissance soutenue, durable et inclusive.
- Pour les pays riches en ressources naturelles (surtout exportateurs de pétrole) :
  - Prendre des mesures correctrices résolues et de grande ampleur pour rétablir la stabilité macroéconomique.
  - Intensifier l’ajustement budgétaire au sein de la CEMAC.
  - Éviter le recours prolongé au financement de la banque centrale et au prélèvement sur les réserves.
  - Pays disposant de l’instrument du taux de change (Angola et Nigéria) : laisser la monnaie se déprécier pour absorber les tensions et éliminer les restrictions de change.
- Pour les pays pauvres en ressources naturelles :
  - Ramener l’investissement public à des niveaux compatibles avec la viabilité budgétaire et extérieure à moyen terme.
  - Renforcer la coordination au sein de l’UEMOA pour veiller à la conformité des déficits aux critères de convergence.
  - Améliorer la mobilisation des recettes intérieures et allier ce travail avec l’investissement public pour stimuler l’investissement privé.
- Axes structurels budgétaires prioritaires :
  - Accroître la mobilisation de recettes intérieures; le pays médian d’Afrique subsaharienne pourrait potentiellement accroître ses recettes fiscales de 3 % à 6½ % du PIB.
  - Rendre les systèmes fiscaux plus progressifs, élargir la matière imposable, mieux équilibrer impôts sur le revenu et taxes indirectes, et élargir l’assiette fiscale.

### Mesures recommandées en matière de mobilisation des recettes, protection sociale et développement financier
- Mobilisation des recettes et administration fiscale :
  - Renforcer et rationaliser les procédures fiscales, y compris déclarations électroniques.
  - Développement financier (y compris banque mobile) pour élargir l’assiette fiscale.
  - Exemples :
    - Maurice : recettes fiscales passées de 17 % à près de 20 % du PIB entre 2007 et 2016 malgré une baisse du taux d’impôt sur les sociétés de 25 % à 15 %.
    - Tanzanie : gains d’efficience ayant permis d’accroître les recettes fiscales de près de 5 points de pourcentage en une dizaine d’années.
- Protection sociale :
  - Renforcer la protection sociale correctement ciblée pour les couches les plus vulnérables.
  - Intégrer et rationaliser les programmes; concentrer les prestations; supprimer progressivement les dépenses régressives (ex. subventions aux carburants).
  - Mesures de ciblage recommandées : vérification de ressources, transferts monétaires conditionnels; systèmes de riposte aux chocs activables rapidement.
  - Dépenses publiques de protection sociale (2012–2016) : moins de ½ % du PIB en moyenne dans la plupart des pays exportateurs de pétrole; environ 1½ % du PIB en moyenne dans les autres pays.
  - Taux de couverture des dispositifs de protection sociale : inférieur à 20 % de la population pour l’ensemble de la région.
- Stabilité financière et supervision :
  - Renforcer la capacité de supervision, accroître la collaboration internationale pour supervision consolidée, vigilance accrue face au risque de contagion.
- Encourager l’investissement privé :
  - Éviter l’éviction de l’investissement privé par l’investissement public; favoriser un niveau d’investissement public compatible avec crowd‑in via mobilisation de recettes et développement du crédit au secteur privé.
  - Résultats empiriques : association négative entre investissement privé et public; interaction avec mobilisation des recettes et ouverture commerciale atténue l’effet d’éviction.

### Encadrés et enseignements spécifiques
- Encadré 1.1 (Retombées et risques liés à l’évolution du secteur financier) :
  - Expansion rapide des banques panafricaines; concentration des dépôts; risques de contagion si maison mère en difficulté; complexification des activités et participations élargies.
- Encadré 1.2 (Propriété d’entreprise transfrontalière) :
  - Interconnexions accrues par prises de participations transfrontalières; avantages (transferts de connaissances, intégration commerciale) mais risques de contagion; entreprises d’Afrique du Sud détiennent >2.400 filiales dans le reste de la région.
- Encadré 1.3 (Encourager l’investissement privé) :
  - Ratio investissement privé/PIB en Afrique subsaharienne passé de 20 % (années 90) à 17 % (2011–16); preuve d’éviction par investissement public; effets atténués par mobilisation des recettes et ouverture commerciale.
- Encadré 1.4 (Renforcement des systèmes de protection sociale) :
  - Programmes ciblés et transferts monétaires peuvent améliorer consommation, investissement en capital humain et résilience; coût élevé et inefficience des subventions généralisées illustré par l’exemple du pétrole lampant et de l’essence.

*Source : sreo0517f-chap1 - 1. Rétablir les conditions propices à une croissance forte et durable (extraits).*

### 1. Rétablir les conditions propices

### 1. Rétablir les conditions propices  
à une croissance forte et durable

### Contexte mondial et implications pour la région
- La croissance mondiale est restée modérée à 3,1 % en 2016.
- Les prévisions mondiales sont en légère hausse à 3,5 % en 2017.
- Facteurs influents :
  - Assouplissement attendu de la politique budgétaire aux États-Unis.
  - Maintien d’une croissance forte en Chine.
  - Redressement partiel des cours des produits de base, mais restant très inférieurs à leurs maxima de 2013 et peu susceptibles de changer à moyen terme en raison du rééquilibrage du modèle de croissance chinois.
- Conditions financières extérieures :
  - Coûts de financement des pays préémergents de la région restent plus élevés que ceux des autres pays émergents et pourraient se durcir avec la normalisation de la politique monétaire aux États-Unis.
  - Épisodes d’émissions à rendements beaucoup plus élevés depuis le début de 2016 signalent un risque accru pour les pays retardant l’ajustement des finances publiques.

### Performance macroéconomique de l’Afrique subsaharienne en 2016
- Croissance du PIB réel de la région en 2016 : 1,4.
- Décélération généralisée : environ deux tiers des pays, représentant 83 % du PIB de la région, ont connu une croissance plus faible qu’en 2015.
- Cas particuliers :
  - Nigeria : activité estimée en baisse de 1½ %.
  - Pays de la CEMAC : activité estimée en baisse de ¾ %.
  - Soudan du Sud : activité estimée en baisse de 13¾ %.
  - Angola : activité stagnante.
- Pays affichant une croissance robuste malgré le contexte : Burkina Faso, Mali, Niger (dépenses d’investissement et politique monétaire accommodante); Tanzanie (expansion du secteur minier et des services).
- Pays pauvres en ressources naturelles avec croissance soutenue : Côte d’Ivoire, Éthiopie, Kenya, Sénégal (vigoureuse demande intérieure et investissements publics élevés).

### Politique budgétaire et marge de manœuvre limitée
- Déficits budgétaires moyens en Afrique subsaharienne :
  - 2016 : −4½ % du PIB.
  - 2015 : −4 % du PIB.
  - 2014 : −3½ % du PIB.
- Pressions sur les recettes non suffisamment compensées par des coupes dans les dépenses.
- Dans les pays exportateurs de pétrole, détérioration budgétaire notable en 2016 : Angola, Cameroun, Gabon, Nigéria.
- Déficits très élevés dépassant 15 % du PIB en 2016 : République du Congo, Guinée équatoriale, Soudan du Sud.
- Composition de l’ajustement :
  - Dans plusieurs pays exportateurs de pétrole, ajustements centrés sur dépenses courantes (~2½ % du PIB dans certains cas comme Angola et Nigéria).
  - Insuffisance des mesures pour compenser la chute des recettes pétrolières et la baisse des recettes non pétrolières liée au ralentissement de l’activité.
  - Quelques pays ont renforcé la collecte (ex. Guinée : relèvement temporaire du taux de la TVA; Tanzanie : campagne contre la corruption et la fraude fiscale).
- Pays pauvres en ressources naturelles :
  - Balance budgétaire généralement stable mais déficit élevé de longue date dans plusieurs cas.
  - Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) : déficit budgétaire de 5¼ % du PIB en 2016.
  - UEMOA : déficit de 4½ % du PIB en 2016, en hausse depuis 2012.
- Arriérés :
  - Encours d’arriérés intérieurs fin 2016 estimés : plus de 7½ % du PIB au Gabon; au moins 4 % en République du Congo; près de 3 % au Cameroun; 2,2 % au Nigéria; au moins 2 % en Angola.
  - Hausse du stock d’arriérés aussi observée en Zambie (plus de 9 % du PIB), Guinée (4½ %) et potentiellement jusqu’à 3 % au Ghana, ainsi qu’au Mozambique, Ouganda, São Tomé‑et‑Príncipe et Swaziland.

### Secteur extérieur, taux de change et restrictions de change
- Dépréciations des monnaies nationales depuis décembre 2013 jusqu’à mars 2017 pour de nombreux pays (graphique récapitulatif dans le document).
- Usage de restrictions de change dans des pays fortement touchés : Angola, Nigéria, Burundi, Éthiopie, Zimbabwe.
  - Conséquences : aggravation des incertitudes, distorsions économiques, creusement des écarts avec les taux du marché parallèle.
  - Angola : écart de taux avec le marché parallèle passé de 5–10 % mi‑2014 à près de 130 % fin mars 2017 ; maintien d’une liste prioritaire pour l’achat de devises au taux officiel, taxe spéciale sur le paiement des services, limitation du montant de devises autorisé pour les voyages.
  - Nigéria : maintien de restrictions, notamment sur l’achat de devises pour l’importation de 40 catégories de biens.
  - Zimbabwe : restrictions des transactions courantes et des mouvements de capitaux entraînant une augmentation de la prime sur le marché parallèle.
- Recommandation implicite : dans les pays où l’instrument du taux de change est utilisable (ex. Angola, Nigéria), lui donner plus de souplesse dans le cadre d’un ensemble cohérent de mesures d’ajustement et lever les restrictions de change nuisibles.

### Politique monétaire et inflation
- Inflation : médiane régionale passée de 4½ % en 2015 à 5½ % en 2016.
- Cas extrêmes d’inflation fin 2016 :
  - Angola : 42 %.
  - Nigéria : 18½ %.
- Réponses divergentes de politique monétaire :
  - Pays riches en ressources naturelles : politique monétaire globalement accommodante malgré resserrements ponctuels.
    - Angola : taux directeurs restés très bas et négatifs en termes réels malgré resserrement de la croissance de la base monétaire et rétrécissement du corridor de taux d’intérêt au second semestre de 2016.
    - Nigéria : relèvement de 3 points du taux directeur au début de 2016, mais taux restés bas en termes réels.
    - CEMAC : nécessité de limiter strictement le crédit de la banque centrale aux États.
  - Zambie et Ghana : tensions inflationnistes relâchées grâce à une politique monétaire restrictive au cours de l’année écoulée.
- Observation : orientations monétaires hétérogènes adaptées aux circonstances nationales.

### Orientations de politique et priorités
- Urgence d’un assainissement des finances publiques dans les pays riches en ressources naturelles les plus durement touchés pour :
  - Enrayer la forte chute des réserves internationales.
  - Compenser les pertes de recettes auxquelles le récent raffermissement des cours des produits de base ne suffira pas à remédier.
  - Compléter les mesures budgétaires par une limitation stricte des crédits de la banque centrale aux États (en particulier dans la CEMAC).
- Dans d’autres pays, priorité à :
  - Circonscrire les vulnérabilités en renforçant les réserves budgétaires et extérieures.
  - Infléchir l’orientation expansionniste de la politique budgétaire par un assainissement graduel des finances publiques.
  - Coordonner les politiques budgétaires au niveau des unions monétaires (ex. UEMOA) et ramener l’accroissement des investissements à un rythme compatible avec la viabilité budgétaire et extérieure (Afrique de l’Est).
- Importance d’accompagner la restauration de la stabilité macroéconomique par :
  - Des efforts pour stimuler la mobilisation des recettes intérieures, notamment en diversifiant les sources de recettes loin des produits de base.
  - Des actions pour remédier aux faiblesses structurelles.
  - Une protection sociale correctement ciblée pour les couches les plus vulnérables.
  - Favoriser les progrès vers les objectifs de développement durable (ODD).

*Document : sreo0517f-chap1 - 1. Rétablir les conditions propices à une croissance forte et durable (extrait).*

### 1.  RÉTABLIR LES CONDITIONS PROPICES À UNE CROISSANCE FORTE ET DURABLE

### 1.  RÉTABLIR LES CONDITIONS PROPICES À UNE CROISSANCE FORTE ET DURABLE

### Politique monétaire et contraintes de liquidité
- La Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC) a atténué les contraintes de liquidité en accordant des crédits aux États, en augmentant le refinancement des banques et en abaissant le ratio de réserves obligatoires, mais cette politique a atteint ses limites : tous les pays de la CEMAC, sauf le Cameroun, ont atteint voire dépassé le plafond des avances statutaires de la BEAC (graphique 1.7).
- Dans les pays pauvres en ressources naturelles :
  - Ouganda : après avoir relevé le taux directeur de 600 points de base en termes cumulés en réaction à la dépréciation du shilling, l’Ouganda l’a rabaissé de 550 points depuis avril 2016.
  - Tanzanie : réduction de 400 points de base du taux d’escompte en mars 2017.
  - Kenya : taux directeur abaissé de 150 points de base à 10% à la fin 2016; introduction au premier semestre de 2016 d’un plafonnement des taux débiteurs des banques commerciales a aggravé le ralentissement de la croissance du crédit au secteur privé.
- UEMOA / BCEAO :
  - Fourniture d’un guichet de refinancement à faible coût a conduit les banques à investir davantage dans des bons du Trésor, maintenant bas les coûts de financement de la dette souveraine dans un contexte d’expansion budgétaire.
  - Décision de décembre 2016 : relever de 100 points de base le taux du mécanisme de crédit et restreindre l’accès au guichet de refinancement; impact atténué par l’abaissement ultérieur du ratio de réserves obligatoires des banques.

### Montée des tensions extérieures et accès aux marchés
- Déficit courant régional estimé ramené à 4% du PIB en 2016, contre près de 6% en 2015, mais toujours supérieur au niveau d’environ 2% antérieur au choc des produits de base (graphique 1.8, plage 1).
- Dans les pays exportateurs de pétrole, les financements n’ont pas toujours couvert le déficit courant, ce qui a pesé sur les réserves.
- Contraction des flux :
  - Investissements directs étrangers et flux de portefeuille en baisse dans l’ensemble de la région; flux d’investissement en provenance de Chine, malgré un léger redressement en 2016, restent inférieurs aux niveaux de 2013 (graphique 1.8, plage 2).
- Accès aux marchés internationaux de capitaux limité : seuls le Ghana et le Nigéria y ont eu recours depuis le début de 2016.
- Conditions de financement secondaires davantage rigoureuses pour les pays préémergents par rapport aux pairs (graphique 1.9).
- Réserves internationales :
  - Dans les pays à taux de change flexible ayant résisté aux dépréciations, les réserves ont continué de baisser.
  - Les pays de la CEMAC ont largement puisé dans leurs réserves internationales communes en raison d’ajustements budgétaires insuffisants (graphique 1.8, plage 4).

### Alourdissement de la dette publique
- Le ratio dette publique/PIB régional a augmenté de près de 10 points de pourcentage depuis 2014, atteignant en moyenne 42% du PIB en 2016 (et un point médian de 51%) — valeur la plus élevée depuis les remises de dette de la première décennie des années 2000.
- Accélération de l’augmentation de la dette après 2014 pour toutes les catégories de pays (graphique 1.10).
- Pays exportateurs de pétrole :
  - Entre 2011 et 2013, une grande partie de la dette accumulée était imputable à des ajustements stocks-flux liés à l’acquisition nette d’actifs financiers (y compris l’accumulation de réserves).
  - Après l’effondrement des prix du pétrole, ces pays ont puisé dans leurs réserves et creusé leurs déficits budgétaires, contribuant à l’endettement.
  - Variations du taux de change (Angola) et appréciation du dollar par rapport à l’euro (CEMAC) ont alourdi la dette extérieure.
- Pays pauvres en ressources naturelles :
  - Endettement en forte hausse après une période d’augmentation des investissements publics malgré une croissance dynamique et un choc pétrolier favorable.
  - Courbes d’endettement désormais autour de 50% du PIB ou au-delà dans de nombreux pays : Bénin, Cabo Verde, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Kenya, Malawi, Maurice, Mozambique, São Tomé-et-Príncipe, Sénégal et Togo.
- Service de la dette :
  - Ratios service de la dette/recettes budgétaires et service de la dette extérieure/exportations orientés à la hausse (graphique 1.11, plages 1 et 2).
  - Dans les pays exportateurs de pétrole, le service de la dette est passé d’une moyenne de 8% des recettes en 2013 à 57% en 2016; cas marqués : Nigéria 66% et Angola 60%.
- Conséquence : le risque de surendettement a augmenté dans plusieurs pays depuis 2013 (graphique 1.11, plage 3).

### Tensions dans le secteur financier
- Dégradation de la qualité des actifs et augmentation des créances improductives :
  - Ralentissement des exportations de produits de base, contraction de l’activité économique et accumulation d’arriérés de paiement de l’État ont rendu le service de la dette plus difficile pour les entreprises privées, provoquant une augmentation considérable des créances improductives et obligeant les banques à renforcer leurs provisions, grevant leurs bénéfices et menaçant leur solvabilité (graphique 1.12, plage 1).
- Crédit bancaire au secteur privé :
  - Diminution ou contraction de la croissance des prêts bancaires au secteur privé en raison de la détérioration de la qualité des actifs et de la liquidité (CEMAC, Ghana), durcissement de la politique monétaire (Ghana, Zambie), faiblesse de la croissance (Afrique du Sud), retournement possible du cycle du crédit (CAE) et accroissement des créances sur l’État (CEMAC, UEMOA, Zambie) (graphique 1.12, plage 2).
  - Kenya : plafonnement des taux débiteurs à 400 points de base au-dessus du taux directeur a introduit des distorsions, amenant les banques à réduire les prêts au secteur privé et investir dans des titres d’État.
- Facteurs structurels exacerbant les difficultés :
  - Concentration importante des crédits sur l’État (Ouganda, Sierra Leone, Tchad) et sur le secteur des BTP (Bénin, Guinée équatoriale, Malawi, São Tomé-et-Príncipe, Sierra Leone), exposant les banques à de gros risques de pertes si certains débiteurs manquent à leurs paiements.
  - Informations insuffisantes sur la solvabilité des débiteurs (registres de crédit et de garanties pratiquement inexistants).
  - Difficultés à saisir rapidement les actifs (inefficacité des procédures de recouvrement et lenteur des systèmes judiciaires), entravant la croissance du crédit et la qualité des actifs.

### Risques d’effets de contagion transfrontaliers
- La dégradation de la conjoncture dans de nombreux pays soulève des risques de contagion vers les pays voisins.
- Travaux antérieurs (Perspectives économiques régionales d’avril 2016) indiquaient que, jusqu’alors, les canaux de transmission des chocs au sein de la région ne semblaient pas donner lieu à de forts effets de contagion, mais la situation s’est détériorée avec l’accumulation des tensions économiques et financières décrites ci-dessus.

*Source : sreo0517f-chap1 - 1.  RÉTABLIR LES CONDITIONS PROPICES À UNE CROISSANCE FORTE ET DURABLE*

### 1. Ratio créances bancaires improductives/total des prêts

### sreo0517f-chap1 - 1. Ratio créances bancaires improductives/total des prêts

### Indicateurs monétaires et financiers — créances improductives et croissance du crédit
- Graphique 1.12 présente la série d’indicateurs monétaires et financiers pour l’Afrique subsaharienne, dont le ratio créances bancaires improductives/total des prêts.
- Croissance du crédit au secteur privé : dernières données disponibles en glissement annuel, pourcentage (Décembre 2014 à décembre 2015). L’échelle du graphique indique une plage de −10 à 35 pourcent.
- Légende des états du crédit :
  - Ralentissement du crédit
  - Contraction du crédit
  - ROUGE – Arriérés intérieurs égaux ou supérieurs à 2 % du PIB

### Interconnexions financières et risques de contagion
- La région est devenue de plus en plus interconnectée au cours des dix dernières années, ce qui accroît le risque d’effets de contagion transfrontaliers, notamment dans le secteur financier.
- Les 14 plus grandes banques panafricaines captent désormais :
  - plus de 50 % du total des dépôts dans 14 pays,
  - entre 30 % et 50 % dans neuf autres pays (données 2015).
- Renforcement des liens intra-régionaux via prises de participation transfrontalières : avantages (intégration commerciale, économies d’échelle, partage de technologies) mais exposition accrue aux chocs provenant des pays d’accueil ou des pays d’origine des sociétés mères.
- Canaux de transmission évoqués : commerce formel et informel, circuits bancaires (ex. perte d’activités de correspondance bancaire affectant Angola, Guinée, Libéria), flux de portefeuille (ex. ralentissement en provenance d’Afrique du Sud).

### Perspectives de croissance — projections et contributions nationales
- Perspective régionale à court terme : croissance régionale projetée à 2,6 % en 2017 dans le scénario de référence.
- Contribution des trois plus grandes économies (Afrique du Sud, Angola et Nigéria) : environ trois quarts du rebond régional attendu.
- Projections par pays/région (extraits cités) :
  - Nigéria : croissance prévue de 0,8 %, soutenue par une augmentation de la production pétrolière et la vigueur de l’agriculture.
  - Afrique du Sud : taux de croissance attendu de 0,8 %.
  - Angola : croissance attendue jusqu’à 1,3 %.
  - Guinée équatoriale : récession persistante estimée à −5 %.
  - Cameroun : croissance ralentie à 3,7 % en raison de compression des dépenses en capital.
  - Gabon : croissance attendue à 1 %.
  - République du Congo : entrée en production de nouveaux gisements pourrait porter la croissance jusqu’à 0,6 %.
  - Mali et Niger : prévisions supérieures à 5 % (liées à investissements publics substantiels et récoltes favorables).
  - Tanzanie : taux de croissance projeté à 6¾ %.
  - Ghana : croissance projetée à 5,8 % (entrée en production de nouveaux gisements pétroliers).
  - Zimbabwe : vulnérabilités économiques et sociales attendues s’aggraver malgré un certain redressement agricole.
  - Pays pauvres en ressources naturelles (ex. Côte d’Ivoire) : croissance prévue en Côte d’Ivoire à 6,9 % (inférieure à l’année précédente en raison du repli des cours du cacao et tensions sociales).
  - Afrique de l’Est (Kenya, Ouganda, Rwanda, Tanzanie) : croissance attendue d’au moins 5 %.
  - Sénégal : croissance prévue à 6,8 %.
- Sécurité alimentaire et chocs climatiques/agricoles :
  - Près de la moitié des pays d’Afrique subsaharienne ont signalé des situations d’insécurité alimentaire qui pourraient toucher 60 millions de personnes de plus cette année.
  - Famine déclarée au Soudan du Sud; menace de famine dans la partie Nord-Est du Nigéria.
  - Nouvelle vague de sécheresse liée à La Niña affecte Éthiopie, Kenya, Soudan du Sud et Tanzanie.
  - Infestations de ravageurs et chenilles légionnaires affectent plusieurs pays d’Afrique australe (Afrique du Sud, Malawi, Namibie, R. D. Congo, Zambie, Zimbabwe).

### Indicateurs macroéconomiques clés (sélection)
- Croissance régionale projetée pour 2017 : 2,6 %.
- Inflation : hétérogénéité marquée ; dans certains pays (Burundi, Ghana, Malawi, Mozambique, R. D. Congo, Sierra Leone) les prévisions d’inflation dépassent 10 %.
- Déficit budgétaire global pour la région : attendu à 4½ % du PIB comme en 2016.
- CEMAC : déficit global attendu réduire de 7,2 % à 3,4 % du PIB en 2017 pour l’ensemble de l’union monétaire.
- Pays importateurs de pétrole : déficit budgétaire moyen attendu très légèrement diminuer de 4,3 % à 4,2 % du PIB.
- Ghana : déficit attendu descendre à 5 % du PIB (6,8 % en base caisse) après des dérapages ayant porté le déficit à environ 8¼ % du PIB en 2016.
- Malawi : déficit attendu ramené de 7,8 % à 5,3 % du PIB grâce aux politiques budgétaire et monétaire visant à combattre l’inflation.
- UEMOA : poursuite des investissements publics devrait entraîner un creusement du déficit de l’Union de 4,5 % à 4,6 % du PIB en 2017.
- CAE : déficit budgétaire attendu rester élevé à 5,3 % du PIB.
- Couverture des importations par réserves et décomposition de la dette publique sont présentées dans les graphiques 1.15 et tableaux d’accompagnement (données de 2010–13 moy. et 2016 par catégorie de pays).

### Risques extérieurs et intérieurs
- Risques extérieurs :
  - Incertitudes sur la politique budgétaire américaine et la normalisation monétaire ; une normalisation plus rapide pourrait entraîner une forte appréciation du dollar et un durcissement des conditions de financement.
  - Un renforcement du dollar peut :
    - Positifs potentiels : dépréciation des monnaies rattachées à l’euro (gagnant en compétitivité–prix pour UEMOA et CEMAC), hausse des recettes en monnaie nationale des exportateurs de produits libellés en dollars.
    - Négatifs potentiels : durcissement des conditions de financement pour pays préémergents et émergents, alourdissement du coût du service de la dette extérieure (grande part de la dette souveraine libellée en devises étrangères), et risque d’une poussée d’inflation via dépréciation des monnaies nationales.
  - Risque d’un basculement vers des politiques protectionnistes freinant la croissance mondiale et affectant les prix des produits de base et les exportations de la région.
- Risques intérieurs :
  - Situation politique et retards de mise en œuvre des ajustements (ex. Angola, Nigéria) augmentent le risque d’un ajustement désordonné.
  - Au sein de la CEMAC : nécessité vitale de mettre en œuvre la stratégie d’assainissement des finances publiques.
  - Élections prochaines (ex. Angola, Kenya) peuvent rendre plus difficile la correction des faiblesses des fondamentaux.

### Recommandations politiques — stabilisation, assainissement et mesures structurelles
- Objectif général : assurer stabilité macroéconomique tout en créant un climat propice à une croissance soutenue, durable et inclusive.
- Pour les pays riches en ressources naturelles (surtout exportateurs de pétrole) :
  - Prendre des mesures correctrices résolues et de grande ampleur pour rétablir la stabilité macroéconomique.
  - Au sein de la CEMAC, intensifier l’ajustement budgétaire.
  - Les stratégies consistant à différer les ajustements via financement de la banque centrale et puiser dans les réserves ont atteint leurs limites.
  - Pays disposant de l’instrument de taux de change (Angola et Nigéria) : laisser la monnaie se déprécier pour absorber les tensions et éliminer les restrictions de change.
- Pour les pays pauvres en ressources naturelles (ex. certains membres de l’UEMOA et de la CAE) :
  - Ramener l’investissement public à des niveaux compatibles avec la viabilité budgétaire et extérieure à moyen terme.
  - Renforcer la coordination au sein de l’UEMOA pour veiller à la conformité des déficits aux critères de convergence.
  - Améliorer la mobilisation des recettes intérieures et allier ce travail avec l’investissement public pour stimuler l’investissement privé.
- Axes structurels budgétaires prioritaires :
  - Accroître la mobilisation de recettes intérieures pour dégager des marges budgétaires destinées au financement des dépenses porteuses de croissance.
  - Selon l’analyse citée, le pays médian d’Afrique subsaharienne pourrait potentiellement accroître ses recettes fiscales de 3 % à 6½ % du PIB.
  - Rendre les systèmes fiscaux plus progressifs, élargir la matière imposable pour réduire la dépendance aux recettes tirées des produits de base, mieux équilibrer impôts sur le revenu et taxes indirectes, et élargir l’assiette fiscale pour accroître la résilience.

*Source : sreo0517f-chap1 - 1. Ratio créances bancaires improductives/total des prêts (extraits du PDF).*

### 1. RÉTABLIR LES CONDITIONS PROPICES À UNE CROISSANCE FORTE ET DURABLE

### 1. RÉTABLIR LES CONDITIONS PROPICES À UNE CROISSANCE FORTE ET DURABLE

### Mobilisation des recettes et administration fiscale
- Renforcer et rationaliser les procédures fiscales pour accroître les recettes, y compris le recours aux déclarations électroniques afin de rendre plus efficient le recouvrement de l’impôt.
- Mettre en valeur le développement financier pour élargir l’assiette fiscale : le développement financier (y compris la dynamique de la banque mobile) peut contribuer à accroître la mobilisation de recettes intérieures à mesure que les entreprises informelles se développent.
- Exemples de gains d’assiette et d’efficience :
  - Maurice a élargi son assiette fiscale en 2006; les recettes fiscales ont augmenté de 17 % à près de 20 % du PIB entre 2007 et 2016, et ce bien que dans l’intervalle le taux d’imposition des entreprises ait été ramené de 25 % à 15 %.
  - En Tanzanie, les gains d’efficience issus du renforcement des capacités d’administration fiscale ont permis d’accroître les recettes fiscales de près de 5 points de pourcentage en l’espace d’une dizaine d’années, pour l’essentiel sans augmentation des taux d’imposition.

### Stabilité financière et supervision
- Renforcer la capacité de supervision du secteur financier.
- Accroître la collaboration internationale pour assurer une supervision consolidée efficace, notamment pour les banques panafricaines.
- Vigilance accrue nécessaire en raison de la récente détérioration des indicateurs de stabilité financière et du risque de contagion, surtout dans les pays où la capacité de supervision est la plus faible.

### Réformes du climat des affaires et diversification économique
- S’attaquer aux faiblesses de longue date du climat des affaires et diversifier l’économie pour libérer le potentiel du secteur privé, promouvoir la diversification et la résilience.
- Accompagner le développement du secteur financier par des réformes visant à lever les obstacles au développement de nouvelles sources de croissance.

### Protection sociale et inclusion
- Veiller à ce qu’un dispositif de protection sociale visant les couches de population les plus vulnérables soit en place, afin que le rebond de la croissance soit durable et bénéficie à tous.
- Renforcer la protection sociale et assainir les finances publiques de manière complémentaire; corriger les lacunes de conception et d’exécution pour accroître l’efficience des programmes existants.
- Mettre au point des systèmes de protection sociale plus intégrés :
  - Concentrer les prestations dans un nombre plus restreint de programmes ayant une portée plus vaste, des objectifs clairs et des mécanismes de ciblage solides.
  - Supprimer progressivement les dépenses régressives (par ex. subventions aux carburants) et les prestations profitant de façon disproportionnée aux riches.
  - Accorder une plus grande attention à l’adoption ou à l’élargissement de programmes ciblés sur les populations pauvres (subordonnés à une vérification de ressources ou indicative de ressources) proposant des transferts monétaires; ces programmes ont montré un impact sensible sur la pauvreté dans d’autres régions (Brésil et Mexique) et des programmes pilotes africains ont eu un fort impact sur la consommation, l’investissement dans le capital humain et les activités productives.

### Retombées et risques liés à l’évolution du secteur financier (Encadré 1.1)
- Expansion rapide des banques panafricaines au cours des 15 dernières années.
- En 2015, les 14 plus grosses banques panafricaines concentraient plus de 50 % du total des dépôts dans 14 pays et entre 30 % et 50 % dans neuf autres pays.
- Caractéristiques structurantes et implications pour le risque de contagion :
  - Expansion principalement par filiales, avec peu d’intégration aux réseaux de financement ou de capitalisation du groupe ou de la maison mère; le financement interbancaire du pays d’origine à ses filiales est négligeable dans les exemples illustrés.
  - Les flux interbancaires limités transitent principalement des filiales à la maison mère; les filiales se financent localement et déposent leurs excédents de liquidité auprès de leurs maisons mères, suggérant une stratégie de gestion du risque de liquidité centralisée.
  - Volume des crédits transfrontaliers directs au secteur privé non bancaire limité; les prêts au secteur privé semblent être principalement accordés par les filiales financées localement.
- Risques additionnels :
  - Si la maison mère traverse des difficultés financières, il peut y avoir ponction sur les liquidités des filiales.
  - Activités de plus en plus complexes et étendues à des activités non bancaires (assurance, courtage de valeurs), amplifiant les liens entre banques et autres institutions du groupe.
  - Participations importantes dans un grand nombre d’établissements financiers et non financiers, accroissant les risques de contagion au sein des secteurs financiers nationaux et vers l’économie réelle.
  - Exemple : Nedbank a acquis en 2014 une participation d’environ 20 % au capital du groupe togolais Ecobank Transnational Incorporated.

### Propriété d’entreprise transfrontalière et répercussions intrarégionales (Encadré 1.2)
- Les entreprises d’Afrique subsaharienne sont de plus en plus interconnectées par des prises de participations transfrontalières, rattachées à quelques pôles régionaux.
- Avantages : transferts de connaissances, échanges commerciaux, intégration commerciale, partage de technologies, diversification, économies d’échelle et de gamme.
- Risques : accroissement des risques de contagion entre pays en cas de ralentissement économique.
- Faits saillants :
  - Les entreprises ayant leur siège en Afrique du Sud détiennent le plus grand nombre de filiales dans le reste de l’Afrique subsaharienne (plus de 2.400 filiales).
  - Les filiales subsahariennes d’entreprises originaires d’autres pays africains ont été relativement plus performantes que les filiales à capital local ; elles ont affiché des marges bénéficiaires et une rentabilité plus élevées pendant une partie de la période postérieure à la crise financière mondiale.
  - Depuis 2014, à l’aune du taux de rentabilité des fonds propres, la rentabilité a diminué tant pour les filiales détenues par des entreprises d’Afrique subsaharienne que pour celles détenues par des entreprises extérieures à la région.
- Effets différenciés selon les pays exportateurs de ressources naturelles :
  - Dans ces pays, les résultats des filiales à capital local et des filiales d’entreprises d’autres pays d’Afrique subsaharienne se sont dégradés par rapport à ceux des filiales appartenant à des entreprises en dehors de la région.
  - Mesures publiques (restrictions de change en Angola et au Nigéria) ont nui à l’activité des entreprises locales en perturbant la répartition des devises.
  - Pour certaines entreprises (par ex. nigérianes ayant des filiales dans des pays d’Afrique de l’Est), les investissements transfrontaliers peuvent compenser une partie de la chute des bénéfices liés aux activités domestiques.

*Source : sreo0517f-chap1 - 1. RÉTABLIR LES CONDITIONS PROPICES À UNE CROISSANCE FORTE ET DURABLE*

### 1. RÉTABLIR LES CONDITIONS PROPICES À UNE CROISSANCE FORTE ET DURABLE

### 1. RÉTABLIR LES CONDITIONS PROPICES À UNE CROISSANCE FORTE ET DURABLE

### Encourager l’investissement privé en Afrique subsaharienne (Encadré 1.3)
- Tendances observées :
  - Afrique subsaharienne : ratio investissement privé/PIB est passé de 20 % dans les années 90 à 17 % en 2011–16.
  - Asie : ratio investissement privé/PIB est passé de 17 % dans les années 90 à 24 % en 2011–16.
  - Contexte : baisse du ratio privé en Afrique subsaharienne s’est produite dans un contexte d’augmentation des investissements du secteur public pour combler les déficits d’infrastructures.
- Méthodologie :
  - Le ratio investissement privé/PIB est modélisé comme fonction de ses valeurs décalées, du ratio investissement public/PIB décalé, du prix relatif de l’investissement par rapport aux biens de consommation, de la volatilité du taux de change réel, et du ratio crédit au secteur privé/PIB.
  - La méthode des moments généralisés (MMG) corrige les effets potentiels d’endogénéité.
- Résultats principaux :
  - Association négative entre les ratios d’investissement privé et public dans l’échantillon de pays émergents et pays en développement — signe d’un phénomène d’éviction.
  - Association positive entre investissement privé et niveau du crédit au secteur privé.
  - Résultats comparables obtenus pour l’échantillon limité aux pays d’Afrique subsaharienne.
- Effets atténuants de l’éviction :
  - Interaction investissement public × mobilisation des recettes : une hausse du ratio recettes publiques/PIB du premier quartile (25 % de la distribution) au troisième quartile (75 % de la distribution) produit une réduction de 0,3 point de l’effet d’éviction de l’investissement public sur l’investissement privé.
  - Interaction investissement public × ouverture commerciale : l’effet d’éviction diminue de 0,1 point si le pays accroît ses débouchés commerciaux à l’exportation.
- Remarques :
  - L’atténuation liée à une meilleure mobilisation des recettes s’explique par la diminution du besoin d’emprunt de l’État sur le marché intérieur.
  - Encadré préparé par Francisco Arizala, Jesus Gonzalez-Garcia et Jiayi Zhang.

### Renforcement des systèmes de protection sociale (Encadré 1.4)
- Contexte et objectifs :
  - Renforcement de la protection sociale compatible avec l’assainissement des finances publiques si les dépenses sociales atténuent les coûts sociaux de l’assainissement budgétaire.
  - Supprimer les dépenses régressives et améliorer l’efficacité des programmes progressifs pour dégager une marge de manœuvre.
- Progrès et limites en Afrique subsaharienne :
  - Améliorations : diminution de la mortalité infantile et du taux de décès des mères; hausse des taux de scolarisation; baisse des taux de pauvreté.
  - Limite : le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a augmenté.
- Niveau et ciblage des dépenses :
  - Entre 2012 et 2016, dépenses publiques consacrées à la protection sociale variaient :
    - moins de ½ % du PIB en moyenne dans la plupart des pays exportateurs de pétrole ;
    - environ 1½ % du PIB en moyenne dans les autres pays.
  - Taux de couverture des dispositifs de protection sociale inférieur à 20 % de la population pour l’ensemble de la région.
  - Montant des transferts (en pourcentage du seuil de pauvreté international de 1,90 dollar par jour en PPA de 2011) :
    - va de moins de 5 % (Ghana, Lesotho, Tanzanie et Zambie) à plus de 10 % dans les pays à revenu plus élevé (Afrique du Sud, Botswana et Namibie).
- Impacts observés (méta-évaluation Beegle, Coudouel et Monsalve, 2017) :
  - Équité :
    - Programmes impactent la consommation globale et la consommation alimentaire, surtout si ciblage strict et transferts prévisibles et réguliers.
    - Impact sur les taux de pauvreté dépend du niveau de pauvreté et de la générosité des transferts ; ils peuvent améliorer la consommation sans nécessairement faire franchir le seuil de pauvreté aux ménages les plus défavorisés.
  - Opportunités :
    - Effets sur les actifs productifs si transferts élevés, effectués en un seul versement et accompagnés d’activités complémentaires.
    - Promotion des investissements en capital humain (éducation primaire supérieure, recours aux soins de santé).
  - Résilience :
    - Favorisent l’augmentation de l’épargne et réduisent le recours à des stratégies d’adaptation pernicieuses, par exemple réduction notable du travail des enfants.
- Importance de la conception des programmes — priorités recommandées :
  - Créer des synergies entre institutions et programmes (plateforme institutionnelle commune, partage d’instruments, registres de services sociaux, systèmes de paiement efficaces).
  - Développer le volet incitatif des programmes (transferts monétaires conditionnels pour scolarisation ou adhésion à un programme de santé).
  - Mettre en place des systèmes de riposte aux chocs activables efficacement et rapidement (verticalement : ajustement temporaire des montants/fréquence; horizontalement : accroissement temporaire du nombre de bénéficiaires; nouveaux programmes de durée limitée appuyés sur systèmes administratifs permanents).
- Financement progressif et reconfiguration des dépenses :
  - Passage d’un financement régressif à un système progressif, complété par mobilisation de recettes et meilleure efficience des investissements publics.
  - Exemple d’inefficacité des subventions non ciblées : les ménages les plus aisés profitent le plus des subventions des carburants ; les 20 % les plus pauvres en reçoivent moins de 15 % dans le cas du pétrole lampant, alors même que ce carburant est le plus utilisé par les couches les plus pauvres.
  - Pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne, le coût d’attribution d’une subvention non ciblée de l’essence pour un montant de 1 dollar aux 40 % des ménages les plus pauvres revient au total à 23 dollars (Coady, Flamini et Sears, 2015).
- Encadré préparé par Aline Coudouel et Emma Monsalve (Banque mondiale) et Monique Newiak.

*Source : extrait du chapitre 1 (Encadrés 1.3 et 1.4) du document fourni.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/afr/2017/may/pdf/french/sreo0517f-chap1.pdf_
