## 1. RÉTABLIR LES CONDITIONS PROPICES À UNE CROISSANCE FORTE ET DURABLE (sreo0517f)

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### Aperçu et perspectives macro‑régionales
- Croissance 2016 : tout juste 1½ %; croissance moyenne indiquée ailleurs comme 1,4 % — plus faible niveau en deux décennies.
- Projection 2017 (scénario de référence) : rebond modeste à 2,6 % (ou 2½ % dans d’autres passages), largement porté par facteurs exceptionnels dans les trois grandes économies (Nigéria, Angola, Afrique du Sud).
- Contribution des trois plus grandes économies (Afrique du Sud, Angola, Nigéria) : environ trois quarts du rebond régional.
- Hétérogénéité : certains grands pays d’Afrique de l’Ouest et d’Afrique de l’Est devraient afficher des taux de croissance de 5 % à 7½ %; exemples de pays avec prévisions 2017 :
  - Nigéria : 0,8 %
  - Afrique du Sud : 0,8 %
  - Angola : 1,3 %
  - Guinée équatoriale : −5 %
  - Cameroun : 3,7 %
  - Gabon : 1 %
  - République du Congo : 0,6 %
  - Mali, Niger : > 5 %
  - Tanzanie : 6¾ %
  - Ghana : 5,8 %
  - Côte d’Ivoire : 6,9 %
  - Sénégal : 6,8 %

### Facteurs expliquant la détérioration des perspectives
- Ajustements de politiques nationaux insuffisants, en particulier pour pays touchés par bas cours pétroliers (Angola, Nigéria, pays de la CEMAC).
- Déficits budgétaires importants aussi dans autres exportateurs de produits de base (Ghana, Zambie, Zimbabwe).
- Pays peu tributaires des ressources naturelles (Côte d’Ivoire, Kenya, Sénégal) : déficit élevé persistent malgré croissance, signes de vulnérabilité (hausse de la dette publique, coût des emprunts accru, arriérés et créances improductives dans le secteur bancaire).
- Chocs climatiques et sécuritaires :
  - Près de la moitié des pays d’Afrique subsaharienne signalent une situation d’insécurité alimentaire.
  - Menaces ou cas de famine : Soudan du Sud (famine déclarée); Nord‑Est du Nigéria (menace de famine).
  - Infestations parasitaires et sécheresse affectant diverses régions.

### Environnement extérieur et risques
- Cours des produits de base : légère remontée depuis début 2016 mais restent largement inférieurs à la moyenne 2011–13.
- Risque de normalisation monétaire américaine pouvant durcir le financement extérieur ; une augmentation plus rapide que prévue des taux d’intérêt américains pourrait renforcer le dollar et alourdir le service de la dette extérieure.

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### Position budgétaire et pressions fiscales
- Déficit budgétaire régional moyen (2016) : −4½ % du PIB (contre −4 % en 2015 et −3½ % en 2014).
- Exemples de déficits et arriérés :
  - Ghana : déficit ≈ 8¼ % du PIB en 2016.
  - CAE : déficit 5¼ % du PIB en 2016.
  - UEMOA : déficit 4½ % du PIB en 2016.
- Arriérés intérieurs estimés fin‑2016 :
  - Gabon : > 7½ % du PIB
  - République du Congo : ≥ 4 % du PIB
  - Cameroun : ≈ 3 % du PIB
  - Nigéria : 2,2 % du PIB
  - Angola : ≥ 2 % du PIB
  - Autres cas mentionnés : Zambie > 9 % du PIB; Guinée 4½ % du PIB; Ghana jusqu’à 3 % du PIB.
- Ratio dette publique/PIB régional : moyenne 42 % du PIB en 2016; augmentation de près de 10 points de pourcentage depuis 2014; point médian 51 %.
- Service de la dette : ratio service de la dette/recettes budgétaires et service de la dette extérieure/exportations en hausse; service de la dette multiplié par sept dans certains pays exportateurs de pétrole.

### Réserves internationales et accès au financement
- Couverture par les réserves (mois d’importations) : 2016 : 4,8 mois; 2017 : 4,7 mois; 2018 : 4,5 mois.
- Déficit courant régional estimé : 4 % du PIB en 2016 (contre ≈6 % en 2015 et ≈2 % avant le choc des prix).
- Accès aux marchés internationaux restreint : seuls Ghana et Nigéria ont eu recours aux marchés internationaux depuis début 2016.
- Exemples de rendements moyens sur obligations souveraines (mars 2017) :
  - Angola : 8,7 %
  - Cameroun : 7,4 %
  - Gabon : 7,0 %
  - Nigéria : 5,4 %
  - Ghana : 8,3 %
  - Mozambique : 20,4 %
  - Kenya : 7,1 %
  - Rwanda : 6,4 %
  - Sénégal : 5,7 %
  - Comparaisons : Bolivie 2,8 %; Pakistan 5,4 %; Viet Nam 4,2 %.

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### Risques et tensions financières
- Dégradation de la qualité des actifs bancaires, augmentation des créances improductives, banques contraintes de renforcer provisions, prêts au secteur privé ralentis ou contractés.
- Facteurs structurels aggravants : concentration du crédit sur l’État ou sur BTP, registres de crédit et garanties insuffisants, procédures de recouvrement inefficaces.
- Interconnexion régionale et risques de contagion :
  - 14 plus grandes banques panafricaines captent > 50 % des dépôts dans 14 pays et 30–50 % dans 9 autres pays (données 2015).
  - Perte d’activités de correspondance bancaire perturbant paiements transfrontaliers (Angola, Guinée, Libéria).

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### Recommandations de politique économique (synthèse)
- Pays riches en ressources naturelles (notamment exportateurs de pétrole) :
  - Assainissement urgent des finances publiques pour enrayer la baisse des réserves internationales et compenser pertes de recettes.
  - Limitation stricte des crédits de la banque centrale aux États (cas de la CEMAC).
  - Là où taux de change utilisable (Angola, Nigéria) : accroître la flexibilité du régime de change et lever les restrictions de change.
  - Accepter qu’un ajustement initial ralentisse davantage l’activité plutôt que différer l’ajustement et provoquer un arrêt brutal.
  - Financements supplémentaires de préférence concessionnels pour compléter un plan pluriannuel crédible.
- Autres pays :
  - Assainissement graduel des finances publiques pour réduire vulnérabilités tout en préservant la dynamique de croissance.
  - Renforcer réserves budgétaires et extérieures.
  - Dans l’UEMOA : assainissement budgétaire national et meilleure coordination au niveau de l’union monétaire.
  - Pays à forte croissance d’Afrique de l’Est : ramener l’accroissement des investissements et la montée de l’endettement à un rythme compatible avec la viabilité.
- Mesures transversales :
  - Rétablir stabilité macroéconomique, mobiliser recettes intérieures, remédier aux faiblesses structurelles, assurer protection sociale ciblée.
  - Lever obstacles au développement du secteur formel pour mobiliser potentiel productif du secteur informel.
  - Accroître la mobilisation fiscale potentielle : estimation médiane d’un accroissement possible des recettes fiscales de 3 % à 6½ % du PIB pour le pays médian d’Afrique subsaharienne (référence édition oct. 2015).

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### 2. FAIRE REDÉMARRER LA CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE (chapitre analytique)

### Objectif et méthode
- Objectif : comprendre comment redynamiser l’activité en analysant points de retournement (ruptures à la hausse/baisse) et épisodes de croissance durable (1950–2016).
- Méthodologie : variante de Bai et Perron (1998); minimum d’années entre ruptures h = 5; période d’analyse 1950–2016; ruptures détectées : 184 à la hausse et 185 à la baisse.
- Définition période de croissance complète : rupture à la hausse suivie d’un taux de croissance moyen par habitant ≥ 2 % suivie d’une rupture à la baisse (taux par habitant < 2 %).

### Faits stylisés : fréquence, durée et amplitude
- Nombre de périodes de croissance en AfSS (1950–2016) : 40 périodes (≈30 % de l’ensemble des périodes de croissance de l’échantillon).
- Périodes en cours : 25 de ces 40 périodes sont encore en cours.
- Durée médiane d’une période de croissance complète en AfSS : 6 ans (6 ans pour pays riches en ressources, 5 ans pour pays pauvres en ressources); comparaisons : 10 ans pour autres pays en développement, 8 ans pour pays émergents.
- Volatilité : épisodes plus courts et plus volatils qu’ailleurs; amplitude des ruptures à la hausse en AfSS : croissance par habitant augmentant de 10 points (la plus grande parmi groupes de pays examinés); autres pays émergents : 7 %.
- Distribution des épisodes en 2017 (exemples) : 2 bénéficient à pays exportateurs de pétrole; 6 à pays riches en ressources; 17 à pays pauvres en ressources.

### Facteurs associés aux ruptures et à la durée des épisodes
- Accélérations (ruptures à la hausse) associées à :
  - amélioration de l’environnement extérieur (termes de l’échange), accroissement de l’investissement, plus grande ouverture commerciale, meilleur équilibre budgétaire, diversification économique, baisse de l’inflation, accroissement recettes publiques, accroissement IDE, amélioration des institutions et indicateurs sociaux, réduction des inégalités.
- Ralentissements (ruptures à la baisse) associés à :
  - accroissement des dépenses publiques, accroissement des ratios d’endettement, afflux d’aide, surévaluation des taux de change.
- Facteurs prolongeant la durée (effets quantifiés pour une amélioration de 25 points de centile) :
  - accroissement du ratio investissement/PIB : +≈1,3 an
  - réduction du ratio dette/PIB : +1 an
  - plus grande ouverture commerciale : +6 ans
  - baisse de l’inflation : +5,4 ans
  - baisse du rapport prix de l’investissement/prix consommation : +2,5 ans
  - amélioration des termes de l’échange : +3,4 ans
  - hausse prix du pétrole : +5,7 ans
  - amélioration Polity 2 : +7,7 ans

### Implications pratiques pour les politiques publiques
- Pour pays en fort ralentissement :
  - priorité à la stabilité macroéconomique (assainissement budgétaire, politique monétaire maîtrisant l’inflation), environnement favorable à l’investissement, ouverture commerciale, stabilité politique.
- Pour pays en croissance rapide :
  - reconstituer marges de manœuvre budgétaires, freiner hausse de la dette publique, mobiliser recettes fiscales pour financer infrastructures, éviter surchauffe.
- Pour tous :
  - diversification économique, adoption de nouvelles technologies, réformes financières, amélioration du climat des affaires, investissement dans capital humain.

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### 3. L’ÉCONOMIE INFORMELLE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### Taille, méthodologie et principales statistiques
- Méthode principale d’estimation : modèle MIMIC (Multiple Indicator–Multiple Cause) appliqué sur échantillon 1991–2014, calibré à l’an 2000 via Schneider (2007).
- Estimations (moyenne 2010–14) :
  - part de l’économie informelle dans le PIB : quasiment 38 % (moyenne non pondérée).
  - fourchettes nationales : entre 20–25 % (Maurice, Afrique du Sud, Namibie) et 50–65 % (Tanzanie, Nigéria).
  - contribution à l’emploi non agricole : entre 30 % et 90 % selon pays; moyenne estimée de l’emploi informel = 60 % de l’emploi non agricole.
  - par niveau de revenu : pays à faible revenu ≈ 40 % du PIB; pays à revenu intermédiaire ≈ 35 % du PIB.
  - pays exportateurs de pétrole : informalité ≈ 50 % du PIB.

### Productivité, taille des entreprises et conséquences
- Productivité :
  - productivité des entreprises informelles ≈ 25 % de celle des petites entreprises formelles (production réelle par salarié) et ≈ 19 % de celle des entreprises moyennes formelles (échantillon 16 pays).
- Taille des entreprises :
  - entreprises informelles : en moyenne < 5 personnes; taille moyenne ≈ 30 % de la taille moyenne des petites entreprises formelles et ≈ 7 % de la taille des entreprises formelles moyennes.
  - proportion de petites entreprises en AfSS : 71 % (vs 61 % ailleurs).
- Consommation et niveau de vie :
  - enquêtes ménages : environ 60 % des travailleurs agricoles ont des niveaux de consommation inférieurs au 25e centile des salariés; entreprises familiales mieux que l’agriculture mais inférieures aux salariés aux 50e et 75e centiles dans la plupart des cas.

### Déterminants et preuves empiriques
- Variables explicatives (MIMIC et panels GMM) :
  - persistance élevée de l’informalité : coefficient retardé ≈ 0,963*** à 0,800*** selon spécifications.
  - croissance du PIB par habitant : coefficient négatif et significatif (ex. −0,422*** ; −0,290*** ; −0,273*** selon spécifications).
  - efficacité du marché financier : corrélation négative significative (ex. –2,551**, –1,817***, –1,633**), indiquant que meilleur accès au financement réduit informalité.
  - coût des affaires (coût d’exportation, coût d’exécution des contrats) : coefficient positif et significatif (ex. 1,340**, 1,106*, 1,492*), indiquant que coûts élevés favorisent informalité.
- Robustesse : imputation par la moyenne de prédiction et validations croisées (corrélation Spearman 0,857*** entre MIMIC et estimations nationales pour 8 pays).

### Recommandations politiques pour formalisation et inclusion
- Approche recommandée :
  - stratégie équilibrée visant à formaliser le secteur informel en augmentant sa productivité tout en promouvant l’expansion des entreprises formelles.
  - prioriser mesures favorisant productivité plutôt que extraction fiscale des micro‑entreprises.
- Mesures concrètes et prioritaires :
  - améliorer l’accès au crédit et développer marchés financiers (banking mobile cité comme instrument clé);
  - réduire coûts d’entrée et coûts d’exportation; améliorer exécution des contrats et raccordement à l’électricité;
  - simplifier régimes fiscaux pour microentreprises (seuils de TVA élevés, frais de licence ou impôt sur le chiffre d’affaires pour non‑assujettis);
  - améliorer civisme fiscal et cibler lutte contre fraude des grandes entreprises;
  - développer registres, guichets uniques et procédures d’enregistrement rapides (ex. Maurice, Rwanda) pour faciliter formalisation.
- Mesures sociales :
  - tenir compte du rôle de filet de sécurité des entreprises familiales; privilégier transferts ciblés et mesures d’accompagnement (accès aux services, formation) pour augmenter productivité et résilience.

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*Source : Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne (édition d’avril 2017), extrait du PDF sreo0517f.*

### 1. Economic forecasting — Africa, Sub-Saharan — Periodicals. 2. Africa, Sub-Saharan —

### Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne (édition d’avril 2017)

### Rétablir les conditions propices à une croissance forte et durable — constat général
- En 2016, la croissance s’est ralentie dans environ deux tiers des pays de la région — totalisant 83 % du PIB régional — et s’est chiffrée à tout juste 1½ %.
- Une reprise modeste de 2½ % est attendue en 2017, largement due à des facteurs exceptionnels dans les trois plus grands pays : redressement de la production pétrolière au Nigéria, hausse des dépenses publiques à l’approche des élections en Angola et diminution progressive des effets de la sécheresse en Afrique du Sud.
- Hétérogénéité importante : certains des plus grands pays d’Afrique de l’Ouest et de l’Est devraient encore afficher des taux de croissance de 5 % à 7½ %.
- Conclusion macro-régionale : la dynamique reste faible et, à ce rythme, les taux de croissance de l’Afrique subsaharienne vont continuer à se situer très en dessous des tendances récentes et tout juste au-dessus du taux de croissance démographique.

### Facteurs expliquant la détérioration des perspectives
- Ajustement insuffisant des politiques nationales, notamment dans les pays affectés par les cours pétroliers bas :
  - Angola, Nigéria et pays de la CEMAC peinent à se remettre des pertes de recettes et des difficultés de balance des paiements.
  - Ajustements différés et encore limités ont contribué à affaiblir d’autres secteurs et risquent d’aggraver la situation.
- Autres pays exportateurs de produits de base (Ghana, Zambie, Zimbabwe) confrontés à d’importants déficits budgétaires.
- Pays peu tributaires des ressources naturelles (Côte d’Ivoire, Kenya, Sénégal) : déficits budgétaires restés élevés en raison d’efforts pour remédier aux déficiences sociales et infrastructurelles — néanmoins, signes de vulnérabilité émergent (hausse de la dette publique, coût des emprunts accru, arriérés de paiement et créances improductives dans le secteur bancaire).
- Chocs climatiques, parasitaires et sécuritaires :
  - Près de la moitié des pays d’Afrique subsaharienne se déclarent en situation d’insécurité alimentaire.
  - Effets de la sécheresse de 2016 en Afrique australe qui se dissipent mais nouvel épisode touche l’Afrique de l’Est.
  - Infestations parasitaires affectent l’agriculture dans plusieurs pays d’Afrique australe.
  - Famine déclarée au Soudan du Sud; menace de famine au Nord-Est du Nigéria en raison de conflits passés et en cours.

### Environnement extérieur et risques
- Améliorations récentes des cours des produits de base offrent un répit, mais insuffisantes pour corriger les déséquilibres des pays riches en ressources naturelles.
- Perspective de normalisation de la politique monétaire américaine pouvant entraîner un durcissement des conditions de financement extérieur — accentuation de la nécessité de politiques nationales adaptées.

### Recommandations de politique économique (orientation générale)
- Pays riches en ressources naturelles les plus touchés :
  - Assainissement urgent des finances publiques nécessaire pour enrayer la baisse des réserves internationales et compenser les pertes de recettes permanentes.
  - Mesures budgétaires à mettre en œuvre en particulier dans la CEMAC, dans un contexte de plafonnement des crédits de la banque centrale aux États, afin de réduire aussi les pressions extérieures.
  - Là où l’instrument du taux de change est utilisable (Angola, Nigéria) : accroître la flexibilité du régime de change et supprimer les restrictions de change qui nuisent à l’économie réelle.
- Autres pays :
  - Priorité à la résolution des vulnérabilités émergentes; l’orientation expansionniste antérieure a été appropriée mais s’est accompagnée d’une augmentation de la dette et du coût des emprunts — nécessité d’un assainissement graduel des finances publiques pour ne pas compromettre la dynamique de croissance.

### Faire redémarrer la croissance en Afrique subsaharienne — approche analytique (chapitre 2)
- Objectif du chapitre 2 : mieux comprendre comment redynamiser l’activité économique en s’appuyant sur l’analyse des points de retournement de la croissance (ruptures à la hausse et à la baisse) et sur les épisodes de croissance durable depuis 1950.
- Observations préliminaires :
  - Les points de retournement de la croissance sont courants en Afrique subsaharienne.
  - La région a connu relativement moins de ruptures à la baisse depuis l’an (texte interrompu dans l’extrait fourni).
- Le chapitre examine :
  - Points de retournement et périodes de croissance : faits stylisés.
  - Ce qui se passe autour des points de retournement de la croissance.
  - Analyse de la durée des périodes de croissance continue.
  - Considérations relatives à l’action publique et conclusions.

*Source : Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne (édition d’avril 2017), International Monetary Fund.*

### 2000. En outre, les épisodes de croissance continue n’ont pas manqué dans la région, tant dans les pays riches

### sreo0517f - 2000. En outre, les épisodes de croissance continue n’ont pas manqué dans la région, tant dans les pays riches

### Épisodes de croissance soutenue et facteurs favorables
- Les épisodes de croissance continue sont devenus plus fréquents au cours des 15 dernières années, mais, comparés à d’autres régions, ils sont généralement :
  - plus brefs,
  - caractérisés par des fluctuations plus amples,
  - plus souvent achevés par un «atterrissage difficile».
- Les épisodes de croissance continue sont favorisés par des politiques internes avisées :
  - une politique budgétaire qui évite l’accumulation de dettes excessives,
  - une politique monétaire soucieuse de maintenir l’inflation à un faible niveau,
  - une politique d’ouverture commerciale,
  - des réformes structurelles propres à réduire les distorsions des marchés.
- Avec une conjoncture extérieure moins porteuse, le besoin d’efforts vigoureux pour raviver et soutenir la croissance est renforcé.

### L’économie informelle en Afrique subsaharienne
- Importance et étendue :
  - l’économie informelle représente entre 25 % et 65 % du PIB,
  - elle représente entre 30 % et 90 % de l’emploi non agricole.
- Avantages et défis :
  - Avantage : filet de sécurité en fournissant travail et revenus à une population en âge de travailler nombreuse et croissante quand le secteur formel n’offre pas suffisamment d’emplois.
  - Défi : productivité généralement bien plus faible dans le secteur informel ; la productivité des entreprises informelles ne s’élève qu’à un cinquième ou un quart de celle des entreprises formelles.
- Stratégie recommandée :
  - adopter une stratégie équilibrée visant à formaliser le secteur informel en accroissant sa productivité tout en promouvant l’expansion des entreprises formelles.
  - mesures favorables à l’expansion du secteur formel rehaussent aussi la productivité du secteur informel et facilitent la transition des ressources vers le secteur formel.
  - amélioration de l’accès au crédit : moyen essentiel de favoriser le développement du secteur formel.
  - promouvoir le bon fonctionnement du marché des produits : importance particulière de la réglementation du marché des produits dans le cadre du système juridique, de la libéralisation des échanges et de l’accès à l’électricité.

### Conjoncture régionale : ralentissement en 2016 et perspectives 2017
- Performance récente :
  - La croissance s’est fortement ralentie en 2016, tombant à 1,4 % en moyenne — son plus bas niveau en deux décennies.
  - Environ deux tiers des pays ont vu leur taux de croissance diminuer ; ces pays représentent 83 % du PIB régional.
- Projection 2017 :
  - Un rebond modeste, avec une croissance de 2,6 %, est attendu en 2017, mais il sera dû en grande part à des facteurs exceptionnels dans les trois plus grands pays (redressement de la production pétrolière au Nigéria, hausse des dépenses publiques à l’approche des élections en Angola, diminution progressive des effets de la sécheresse en Afrique du Sud et légère amélioration des termes de l’échange de ces trois pays).
  - À ce rythme, le taux de croissance général de la région restera bien en deçà des niveaux tendanciels passés et ne fera guère progresser le revenu par habitant.

### Causes de la dégradation et vulnérabilités
- Ajustements de politiques différés et insuffisants ont contribué à la dégradation : augmentation de la dette publique, tassement des réserves internationales, pressions sur les systèmes financiers pénalisant l’activité du secteur privé.
- Pays touchés par le choc pétrolier :
  - Angola, Nigéria et pays de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) peinent à se remettre de la dégradation sans précédent des termes de l’échange et des pertes de recettes budgétaires.
  - Risque d’approfondissement des difficultés au plan national et régional si rien n’est fait.
- Autres pays exportateurs de produits de base (Ghana, Zambie, Zimbabwe) confrontés à d’importants déficits budgétaires, endettement élevé et perspectives de croissance préoccupantes.
- Pays pauvres en ressources naturelles (Côte d’Ivoire, Kenya, Sénégal) :
  - ont globalement conservé des taux de croissance élevés,
  - mais des signes de vulnérabilité apparaissent : dette publique en hausse, recours au crédit intérieur augmentant le coût des emprunts, émergence d’impayés et hausse des créances improductives dans le secteur bancaire, même en présence d’une croissance vigoureuse.
- Risques extérieurs :
  - conditions de financement extérieur des pays préémergents de la région assouplies par rapport au pic du début 2016, mais restent plus contraignantes que pour les pays émergents du reste du monde ;
  - possibilité d’un durcissement rapide en cas d’assouplissement budgétaire mondial et de normalisation de la politique monétaire aux États-Unis ;
  - une augmentation plus rapide qu’attendue des taux d’intérêts américains pourrait entraîner un resserrement plus vif des conditions de financement au niveau mondial et une forte appréciation du dollar.

### Ressources naturelles et prix des produits de base
- Les cours du pétrole se sont quelque peu remis des minima du début de 2016, mais restent largement inférieurs à la moyenne de 2011–13 et ne devraient pas remonter beaucoup plus.
- La légère remontée des cours des produits de base apporte un répit limité mais ne suffira pas à remédier aux tensions de liquidité ni aux profonds déséquilibres dans les pays riches en ressources naturelles.

### Politique budgétaire et position fiscale
- Ajustement budgétaire différé :
  - En moyenne, les déficits budgétaires en Afrique subsaharienne ont continué de se creuser en 2016, atteignant −4½ % du PIB, contre −4 % en 2015 et −3½ % en 2014.
  - Pressions continues sur les recettes, généralement non pleinement compensées par des coupes dans les dépenses.
- Dégradations budgétaires particulièrement évidentes dans les pays exportateurs de pétrole : Angola (malgré ajustement du déficit primaire non pétrolier), Cameroun, Gabon et Nigéria.
- Dans certains cas, le déficit budgétaire continue de dépasser 15 % (contexte : pays exportateurs de pétrole).
- Les pays qui tardent à ajuster leurs finances publiques doivent s’attendre à voir augmenter le coût de leurs emprunts, comme le soulignent les épisodes d’émissions à rendements beaucoup plus élevés depuis le début de 2016.

### Mesures prioritaires recommandées
- Pour les pays riches en ressources naturelles les plus durement touchés :
  - procéder à un assainissement des finances publiques pour enrayer la chute des réserves internationales et compenser les pertes de recettes,
  - compléter les mesures budgétaires par une limitation stricte des crédits de la banque centrale aux États (cas de la CEMAC),
  - dans les pays où l’usage du taux de change est possible (Angola, Nigéria), donner plus de souplesse au taux de change dans le cadre d’un ensemble cohérent d’ajustement et lever les restrictions de change pour supprimer les distorsions nuisant à l’économie réelle,
  - accepter qu’un ajustement initial ralentissant davantage l’activité soit préférable à une tergiversation provoquant un arrêt brutal de l’économie et un ajustement ultérieur plus draconien,
  - des financements supplémentaires, de préférence assortis de conditions concessionnelles là où cela est justifié, pourraient compléter un plan pluriannuel crédible visant à rétablir la stabilité macroéconomique et à lisser son impact sur l’activité.
- Pour les autres pays :
  - circonscrire les vulnérabilités en renforçant les réserves budgétaires et extérieures,
  - infléchir l’orientation expansionniste de la politique budgétaire par un assainissement graduel des finances publiques pour éviter un repli plus rapide de la croissance à terme,
  - dans l’UEMOA, procéder à l’assainissement budgétaire prévu au niveau national et mieux coordonner les politiques au niveau de l’union monétaire pour préserver la stabilité extérieure,
  - les pays à forte croissance d’Afrique de l’Est doivent ramener l’accroissement des investissements et la montée rapide de l’endettement à un rythme compatible avec la viabilité budgétaire et extérieure.
- Mesures transversales :
  - rétablir la stabilité macroéconomique tout en stimulant la mobilisation des recettes intérieures, remédier aux faiblesses structurelles et assurer une protection sociale correctement ciblée pour les couches les plus vulnérables,
  - lever les obstacles au développement des activités formelles pour mobiliser le potentiel de croissance inexploité des activités informelles.

*Source : chapitre extrait du PDF sreo0517f - Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne (section fournie).*

### 1.  RÉTABLIR LES CONDITIONS PROPICES À UNE CROISSANCE FORTE ET DURABLE

### 1.  RÉTABLIR LES CONDITIONS PROPICES À UNE CROISSANCE FORTE ET DURABLE

### Détérioration budgétaire et insuffisance des ajustements
- Les déficits budgétaires se sont creusés en 2016 dans près de la moitié des pays de la région, par hausse des dépenses (Gambie, Malawi) ou recettes moindres qu’anticipé (Lesotho, Swaziland et Zimbabwe).
- Les ajustements mis en œuvre n’ont pas suffi à combler le déficit de recettes ni à privilégier suffisamment les recettes non assises sur les produits de base.
- Pays exportateurs de pétrole : après de fortes compressions des dépenses en capital en 2015, Angola et Nigéria ont centré en 2016 leurs efforts d’ajustement (environ 2½ % du PIB) sur les dépenses courantes, sans pouvoir éviter la détérioration du solde budgétaire en raison de nouvelles pertes de recettes pétrolières et de la diminution des recettes non pétrolières liée au recul de l’activité économique.
- Autres pays riches en ressources naturelles : diminution des recettes dans un contexte de faible croissance ; réactions par réduction des dépenses courantes et parfois des dépenses en capital (Guinée, Namibie, Niger et Zambie). Exemples de renforcement de la collecte : relèvement temporaire du taux de la TVA en Guinée; campagne de lutte contre la corruption et la fraude fiscale en Tanzanie.
- Pays pauvres en ressources naturelles : balance budgétaire généralement stable, mais déficit élevé persistant. Communauté de l’Afrique de l’Est (CAE) : déficit budgétaire atteint 5¼ % du PIB en 2016. UEMOA : déficit à 4½ % du PIB en 2016, en hausse continue depuis 2012.

### Arriérés intérieurs et extérieurs
- L’ajustement inachevé s’est accompagné d’une hausse généralisée des arriérés intérieurs (et dans certains cas extérieurs), particulièrement prononcée dans les pays exportateurs de pétrole.
- Encours estimés d’arriérés intérieurs à la fin 2016 :
  - Gabon : dépassait 7½ % du PIB
  - République du Congo : au moins 4 % du PIB
  - Cameroun : près de 3 % du PIB
  - Nigéria : 2,2 % du PIB
  - Angola : au moins 2 % du PIB
- Le stock d’arriérés a aussi augmenté dans d’autres pays (Zambie : plus de 9 % du PIB; Guinée : 4½ % du PIB; Ghana : potentiellement jusqu’à 3 % du PIB) et ailleurs (Mozambique, Ouganda, São Tomé-et-Príncipe, Swaziland).

### Taux de change, restrictions et prime parallèle
- De nombreux pays ont laissé leur taux de change se déprécier pour absorber les pressions extérieures; d’autres ont recouru à des restrictions de change (Angola, Nigéria) qui ont aggravé les distorsions et creusé les écarts avec les taux du marché parallèle.
- Angola : application d’une liste prioritaire pour l’achat de devises au taux officiel, taxe spéciale sur le paiement des services, limitation du montant de devises pour les voyages (mesures en place depuis 2015). Écart de taux avec le marché parallèle passé de 5 à 10 % à près de 130 % à la fin mars 2017.
- Nigéria : restrictions maintenues, notamment pour l’achat de devises pour l’importation de 40 catégories de biens.
- Autres restrictions observées : rationnement des devises au Burundi; restrictions à l’achat de devises et aux licences d’importation en Éthiopie; diverses restrictions de transactions courantes et mouvements de capitaux au Zimbabwe ayant augmenté la prime sur le marché parallèle.

### Inflation et orientations de la politique monétaire
- Inflation fin 2016 :
  - Angola : 42 %
  - Nigéria : 18½ %
- Taux d’inflation médian de la région : passé de 4½ % en 2015 à 5½ % en 2016.
- Pays riches en ressources naturelles : politique monétaire globalement accommodante malgré un durcissement récent ; taux directeurs restés très bas et négatifs en termes réels en Angola (même après resserrement de la base monétaire et rétrécissement du corridor de taux au second semestre 2016) et au Nigéria (malgré un relèvement de 3 points du taux directeur au début de 2016). Au sein de la CEMAC, la BEAC a assoupli la liquidité (crédits aux États, augmentation du refinancement, abaissement du ratio de réserves obligatoires), conduisant la plupart des pays de la CEMAC, sauf le Cameroun, à atteindre voire dépasser le plafond des avances statutaires.
- Pays pauvres en ressources naturelles : orientations contrastées :
  - Ouganda : après un relèvement cumulatif de 600 points de base, la banque centrale l’a rabaissé de 550 points depuis avril 2016.
  - Tanzanie : réduction de 400 points de base du taux d’escompte en mars 2017.
  - Kenya : baisse du taux directeur de 150 points de base à 10 % à la fin 2016; néanmoins, l’introduction d’un plafonnement des taux débiteurs au 1er semestre 2016 a aggravé le ralentissement du crédit privé.
  - BCEAO : relèvement de 100 points de base du taux de son mécanisme de crédit et restriction d’accès au guichet de refinancement en décembre 2016; effet atténué par l’abaissement ultérieur du ratio de réserves obligatoires.

### Pressions extérieures et accès au financement
- Déficit courant régional estimé à 4 % du PIB en 2016, contre près de 6 % en 2015 et ≈2 % avant le choc des prix des produits de base.
- Dans les pays exportateurs de pétrole, le financement du déficit courant n’a pas toujours été à la hauteur, pesant sur les réserves.
- Contraction des investissements directs étrangers et baisse des flux de portefeuille dans l’ensemble de la région, y compris les flux d’investissement en provenance de Chine, qui restent inférieurs aux niveaux de 2013 malgré un léger redressement en 2016.
- Accès aux marchés internationaux de capitaux encore restreint pour les pays préémergents d’Afrique subsaharienne : seuls le Ghana et le Nigéria y ont eu recours depuis le début de 2016.
- Conditions de financement globales : rendements sur obligations souveraines, exemples de rendements moyens en mars 2017 :
  - Angola : 8,7 %
  - Cameroun : 7,4 %
  - Gabon : 7,0 %
  - Nigéria : 5,4 %
  - Ghana : 8,3 %
  - Mozambique : 20,4 %
  - Kenya : 7,1 %
  - Rwanda : 6,4 %
  - Sénégal : 5,7 %
  - Pays de comparaison (exemples) : Bolivie 2,8 %; Pakistan 5,4 %; Viet Nam 4,2 %.

### Réserves internationales
- Dans les pays à taux de change flexible qui ont résisté aux dépréciations, les réserves internationales ont continué de baisser.
- Les pays de la CEMAC ont puisé largement dans leurs réserves internationales communes en raison de l’insuffisance de l’ajustement budgétaire.

### Accroissement de la dette publique et service de la dette
- Ratio dette publique/PIB régional : augmentation de près de 10 points de pourcentage depuis 2014, atteignant en moyenne 42 % du PIB en 2016 (et un point médian de 51 %).
- Tendance accélérée après 2014 pour toutes les catégories de pays de la région.
- Pays exportateurs de pétrole : accumulation de dette entre 2011 et 2013 imputable en partie à des ajustements stocks-flux (acquisition nette d’actifs financiers, accumulation de réserves). Après l’effondrement des prix du pétrole, ponction des réserves et creusement des déficits budgétaires devenus source majeure d’endettement; variations du taux de change (Angola) et appréciation du dollar par rapport à l’euro (CEMAC) ont alourdi la dette extérieure.
- Pays pauvres en ressources naturelles : endettement accru rapidement après une période d’importants investissements publics; courbes d’endettement autour de 50 % du PIB ou au-delà dans de nombreux pays (Bénin, Cabo Verde, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Kenya, Malawi, Maurice, Mozambique, São Tomé-et-Príncipe, Sénégal et Togo).
- Alourdissement du service de la dette : ratio service de la dette/recettes budgétaires et ratio service de la dette extérieure/exportations orientés à la hausse. Evolution particulièrement spectaculaire chez les pays exportateurs de pétrole : le service de la dette a été multiplié par sept.

*Source : PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE (extrait).*

### 1. Afrique subsaharienne : ratio service

### 1. Afrique subsaharienne : ratio service

### Ratios du service de la dette et évolutions (2010–16)
- Ratio service de la dette extérieure/exportations, 2010–16 : série présentée pour la région (graphique), échelle 0, 5, 10, 15, 20, 25 (Pourcentage des recettes budgétaires).
- Indicateurs publiés : Écart interquartile d'Afrique subsaharienne; Médiane d'Afrique subsaharienne; Médiane des pays exportateurs de pétrole.
- Ratio service de la dette totale/recettes budgétaires, 2010–16 : série présentée (graphique).

### Contributions à l’augmentation de la dette publique, 2010–16
- Variables listées dans le graphique de contributions : Déficit primaire; Taux d'intérêt réel; Croissance du PIB réel; Dépréciation du taux de change; Autres (inclut allégements de dette, recettes de privatisation, reconnaissance d'engagements conditionnels ou implicites, facteurs propres au pays comme recapitalisation des banques, revalorisation des actifs, et autres flux créateurs de dette non identifiés).
- Note méthodologique : Les chiffres peuvent différer de ceux de la base de données des Perspectives de l’économie mondiale en raison des dates de publication différentes de la base de données des analyses de viabilité de la dette.
- Remarque : Le Lesotho et le Soudan du Sud ne sont pas inclus en raison du manque de données.

### Risque de surendettement des pays à faible revenu d'Afrique subsaharienne, 2013–17
- Classification basée sur les plus récentes analyses de viabilité de la dette publiées par le FMI.
- Catégories cartographiées : Surendettement Élevé, Modéré, Faible; évolution du risque depuis 2013 : Augmentation du risque depuis 2013, Inchangé depuis 2013, Réduction du risque depuis 2013; Nouvell e notation.
- Liste des codes pays affichés (exemples dans la carte/graphique) : ERI, MOZ, SSD, ZWE, BDI, CPV, CMR, CAF, TCD, GHA, STP, BFA, COD, COG, COM, CIV, ETH, GMB, GIN, GNB, LES, LBR, MDG, MWI, MLI, NER, SLE, TGO, ZMB, BEN, KEN, RWA, SEN, TZA, UGA.

### Observations factuelles tirées du texte
- Le risque de surendettement a augmenté dans un certain nombre de pays de la région depuis 2013 (graphique 1.11, plage 3).
- Exemple chiffré cité : passage d’une moyenne de 8 % des recettes en 2013 à 57 % en 2016 dans un cas discuté, avec des effets particulièrement ressentis au Nigéria (66 %) et en Angola (60 %).

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### Montée des tensions dans le secteur financier
- Causes principales :
  - Fléchissement des exportations de produits de base, ralentissement de l’activité économique et accumulation d’arriérés de paiement de l’État envers ses fournisseurs.
  - Résultat : entreprises privées de plus en plus incapables d'assurer le service de leurs emprunts, augmentation considérable des créances improductives, banques contraintes de renforcer leurs provisions, bénéfices grevés et menace de solvabilité (graphique 1.12, plage 1).
- Effets observés sur le crédit :
  - Détérioration de la qualité des actifs et diminution des liquidités (CEMAC, Ghana).
  - Durcissement de la politique monétaire (Ghana, Zambie).
  - Faiblesse de la croissance (Afrique du Sud).
  - Accroissement des créances sur l’État (CEMAC, UEMOA, Zambie).
  - Conséquence : prêts des banques commerciales au secteur privé ont ralenti et se sont parfois contractés (graphique 1.12, plage 2).
  - Au Kenya : plafonnement des taux débiteurs à 400 points de base au-dessus du taux directeur a provoqué des distorsions, banques réduisant leurs prêts au secteur privé pour investir dans les titres d’État.
- Facteurs structurels aggravants :
  - Concentration des crédits sur l’État (Ouganda, Sierra Leone, Tchad) et sur le secteur des BTP (Bénin, Guinée équatoriale, Malawi, São Tomé-et-Príncipe, Sierra Leone).
  - Informations insuffisantes sur la solvabilité des débiteurs (registres de crédit et de garanties pratiquement inexistants).
  - Difficultés à saisir les actifs rapidement (procédures de recouvrement inefficaces, lenteur des systèmes judiciaires).

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### Apparition de risques d’effets de contagion transfrontaliers
- Éléments de risque :
  - Accroissement de l'interconnexion régionale durant la dernière décennie, augmentant le risque d'effets de contagion transfrontaliers, notamment via le secteur financier.
  - Banques panafricaines : 14 plus grandes banques captent désormais plus de 50 % du total des dépôts dans 14 pays et entre 30 % et 50 % dans neuf autres pays (données 2015), dépassant en importance les banques européennes établies de longue date.
  - Renforcement des prises de participation transfrontalières comme canal potentiel de contagion.
  - Commerce (formel et informel) et circuits bancaires comme canaux de transmission : perte d'activités de correspondance bancaire affectant le financement et les paiements transfrontaliers (Angola, Guinée, Libéria).
  - Risque additionnel : ralentissement brutal des flux de portefeuille en provenance de l’étranger pouvant affecter le financement bancaire (Afrique du Sud).

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### Perspectives immédiates, croissance et projections (scénario de référence)
- Croissance régionale projetée pour 2017 : 2,6 % (scénario de référence).
- Contribution des trois plus grandes économies (Afrique du Sud, Angola, Nigéria) : environ trois quarts du rebond régional.
- Projections par pays ou groupe (extraits) :
  - Nigéria : croissance prévue à 0,8 %, soutenue par une augmentation de la production pétrolière et la vigueur de l'agriculture.
  - Afrique du Sud : croissance prévue à 0,8 %.
  - Angola : croissance prévue à 1,3 % (orientation budgétaire plus expansionniste à l’approche des élections).
  - Guinée équatoriale : récession prévue à −5 % (repli persistant de la production de pétrole).
  - Cameroun : croissance prévue à 3,7 % (compression des dépenses en capital ralentira vraisemblablement la croissance).
  - Gabon : croissance prévue à 1 %.
  - République du Congo : croissance prévue à 0,6 % (entrée en production de nouveaux gisements).
  - Mali et Niger : prévisions supérieures à 5 % (investissements publics substantiels et récoltes favorables).
  - Tanzanie : taux de croissance attendu à 6¾ % (vigueur du secteur minier et des services).
  - Ghana : taux attendu à 5,8 % (entrée en production de nouveaux gisements pétroliers).
  - Zimbabwe : vulnérabilités économiques et sociales devraient s’aggraver malgré un redressement de la production agricole.
  - Côte d’Ivoire : croissance prévue à 6,9 % (investissements en infrastructures), inférieure à l'année précédente en raison du repli du cacao et des tensions sociales.
  - Sénégal : croissance prévue à 6,8 % (Plan Sénégal émergent).
  - Madagascar : redressement attendu grâce aux projets miniers et à la hausse des cours de la vanille.
  - Comores : amélioration liée à la production d’électricité.

- Risques humanitaires et climatiques :
  - Sécheresse liée à La Niña touche certaines parties de l’Afrique de l’Est (Éthiopie, Kenya, Soudan du Sud, Tanzanie).
  - Infestations de ravageurs et chenilles légionnaires affectent agriculture dans plusieurs pays (Afrique du Sud, Malawi, Namibie, République démocratique du Congo, Zambie, Zimbabwe).
  - Près de la moitié des pays d’Afrique subsaharienne ont signalé des situations d’insécurité alimentaire pouvant toucher 60 millions de personnes de plus cette année.
  - Famine déclarée dans le Soudan du Sud; menace de famine dans le Nord-Est du Nigéria.

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### Indicateurs macroéconomiques et disparités (extraits de tableaux)
- Croissance régionale historique et projections (Tableau 1.1) : Afrique subsaharienne
  - 2004–08 : 6,6
  - 2009 : 3,9
  - 2010 : 7,0
  - 2011 : 5,0
  - 2012 : 4,3
  - 2013 : 5,3
  - 2014 : 5,1
  - 2015 : 3,4
  - 2016 : 1,4
  - 2017 : 2,6
  - 2018 : 3,5
- Sélection de séries pour sous-groupes et pays (Tableau 1.1 fournit séries pour pays exportateurs de pétrole, Nigéria, pays à revenu intermédiaire, Afrique du Sud, pays à faible revenu, autres groupes; préserver ces séries en consultation directe du tableau).
- Autres indicateurs macroéconomiques (Tableau 1.2, extraits) :
  - Inflation, moyenne : 2004–08 : 8,8; 2009 : 9,8; 2010 : 8,1; 2011 : 9,4; 2012 : 9,3; 2013 : 6,6; 2014 : 6,3; 2015 : 7,0; 2016 : 11,4; 2017 : 10,7; 2018 : 9,5.
  - Solde budgétaire (Pourcentage du PIB) : 2004–08 : 1,7; 2009 : −4,5; 2010 : −3,4; 2011 : −1,1; 2012 : −1,8; 2013 : −3,1; 2014 : −3,5; 2015 : −4,1; 2016 : −4,5; 2017 : −4,5; 2018 : −3,9.
  - Solde des transactions courantes (Pourcentage du PIB) : 2004–08 : 2,1; 2009 : −2,8; 2010 : −0,9; 2011 : −0,8; 2012 : −1,8; 2013 : −2,4; 2014 : −3,9; 2015 : −6,0; 2016 : −4,0; 2017 : −3,8; 2018 : −3,7.
  - Couverture par les réserves (Mois d'importations) : 2004–08 : 5,1; 2009 : 5,2; 2010 : 4,1; 2011 : 4,6; 2012 : 5,3; 2013 : 5,0; 2014 : 5,3; 2015 : 5,8; 2016 : 4,8; 2017 : 4,7; 2018 : 4,5.

- Notes complémentaires :
  - Grandes hétérogénéités inflationnistes prévues : inflation > 10 % prévue en Burundi, Ghana, Malawi, Mozambique, République démocratique du Congo et Sierra Leone; inflation sous 3 % prévue dans les pays de l’UEMOA et de la CEMAC.
  - Définitif : déficit budgétaire global régional attendu à 4½ % du PIB comme en 2016; réduction du déficit global en CEMAC de 7,2 % à 3,4 % du PIB en 2017.

*Source : FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale; FMI, base de données des analyses de viabilité de la dette; calculs des services du FMI; autorités nationales; IMF, International Financial Statistics.*

### 1.  RÉTABLIR LES CONDITIONS PROPICES À UNE CROISSANCE FORTE ET DURABLE

### 1. RÉTABLIR LES CONDITIONS PROPICES À UNE CROISSANCE FORTE ET DURABLE

### Situation budgétaire et perspectives récentes
- Dérapages budgétaires au Ghana : déficit d’environ 8¼ % du PIB en 2016 ; réformes visant à ramener le déficit (mention d’un chiffre ponctuel de 6,8 % en base caisse pour une année de référence).
- Malawi : déficit prévu ramené de 7,8 % à 5,3 % du PIB grâce à l’effet conjugué des politiques budgétaire et monétaire visant à combattre l’inflation.
- UEMOA : poursuite des investissements publics dans les plus grands pays de l’Union devrait entraîner un creusement du déficit budgétaire de l’Union de 4,5 % à 4,6 % du PIB en 2017.
- CAE : déficit budgétaire prévu rester élevé à 5,3 % du PIB.

### Principaux risques à court terme
- Risques baissiers externes et incertitudes mondiales (référence à l’édition d’avril 2017 des Perspectives de l’économie mondiale).
- États-Unis : assouplissement budgétaire envisagé mais ampleur de la relance et profil de normalisation monétaire incertains.
- Normalisation monétaire plus rapide que prévu : risque d’appréciation du dollar, durcissement des conditions de financement, pression accrue sur pays aux fondamentaux affaiblis.
- Tendance générale vers des politiques introspectives/protectionnistes : risque de frein à la croissance mondiale via baisse des échanges, flux migratoires et flux d’investissement transfrontaliers, incidences négatives sur les cours des produits de base et les exportations de la région.
- Risques intérieurs : situation politique et retards de mise en œuvre des ajustements (ex. Angola et Nigéria : maintien des restrictions de change nuit à l’activité non pétrolière ; risque d’un ajustement désordonné). Nécessité d’assainissement des finances publiques en CEMAC.

### Effets d’une appréciation plus forte du dollar (énoncés précis)
- Effets potentiellement positifs :
  - Renforcement du dollar par rapport à l’euro → dépréciation des monnaies rattachées à l’euro → UEMOA et CEMAC gagneraient en compétitivité–prix.
  - Prix de la plupart des produits de base libellés en dollars → pays exportateurs verraient s’accroître leurs recettes en monnaie nationale.
- Effets négatifs :
  - Renforcement du dollar → durcissement des conditions de financement pour pays préémergents et émergents de la région et alourdissement de la dette extérieure.
  - Hausse des rendements des titres à faible risque des pays avancés → obligations des pays émergents moins attractives → retrait d’investisseurs des pays ayant différé l’ajustement ou présentant de faibles fondamentaux.
  - Grande part de la dette souveraine de la région libellée en devises étrangères (graphique 1.15) → appréciation du dollar pourrait accroître sensiblement le coût du service de la dette extérieure.
  - Dépréciation des monnaies nationales pouvant provoquer une poussée d’inflation.

### Orientations de politique macroéconomique
- Pays riches en ressources naturelles (en particulier exportateurs de pétrole) :
  - Mesures correctrices résolues et de grande ampleur pour rétablir la stabilité macroéconomique.
  - Au sein de la CEMAC : intensification de l’ajustement budgétaire (stratégie consistant à reporter les ajustements via financement de la banque centrale et prélèvement dans les réserves a atteint ses limites).
  - Pays disposant de l’instrument de taux de change (Angola et Nigéria) : laisser la monnaie se déprécier pour absorber les tensions ; éliminer les restrictions de change pour mettre fin aux conséquences négatives pesant sur le secteur privé.
- Pays pauvres en ressources naturelles (certains membres de l’UEMOA et de la CAE) :
  - Ramener l’investissement public, qui a entraîné une montée rapide de l’endettement, à des niveaux normaux compatibles avec la viabilité budgétaire et extérieure à moyen terme.
  - Renforcer la coordination au sein de l’UEMOA pour veiller à ce que les déficits des différents pays soient conformes à l’objectif de stabilité régionale (critères de convergence).
  - Accent sur l’amélioration de la mobilisation des recettes intérieures et conjugaison efficace avec l’investissement public pour dynamiser l’investissement privé.

### Mesures budgétaires et mobilisation des recettes
- Accroître la mobilisation de recettes intérieures pour financer dépenses porteuses de croissance.
  - Estimation (édition d’octobre 2015 des Perspectives économiques régionales) : le pays médian d’Afrique subsaharienne pourrait potentiellement accroître ses recettes fiscales de 3 % à 6½ % du PIB.
  - Beaucoup de pays pourraient rendre leur système fiscal plus progressif.
  - Pays riches en ressources : élargir la matière imposable, réduire dépendance aux recettes des produits de base ; meilleur équilibre entre impôts sur le revenu et taxes indirectes ; élargissement de l’assiette pour accroître la résilience des recettes fiscales (voir FMI, 2011).
  - Importance du renforcement et de la rationalisation des procédures fiscales (exemples : Maurice et Tanzanie au milieu des années 2000).
- Exemples et résultats :
  - Maurice : suppression des exonérations au titre de l’impôt sur le revenu, adoption d’un impôt foncier simple, normalisation de la fiscalité des zones franches d’exportation → recettes fiscales passées de 17 % à près de 20 % du PIB entre 2007 et 2016, malgré un recul du taux d’imposition des entreprises de 25 % à 15 %.
  - Tanzanie : gains d’efficience de l’administration fiscale ont permis d’accroître les recettes fiscales de près de 5 points de pourcentage en l’espace d’une dizaine d’années, essentiellement sans augmentation des taux d’imposition (FMI, 2015b).

### Rôle du développement financier
- Développement financier (y compris banque mobile) peut contribuer à accroître la mobilisation des recettes intérieures à mesure que les entreprises informelles se développent (graphique 1.16; référence à Gordon et Li, 2009).
- Mettre en valeur le développement financier pour élargir l’assiette fiscale.

### Réformes structurelles prioritaires
- Renforcer la capacité de supervision du secteur financier et intensifier la collaboration internationale pour assurer une supervision consolidée efficace (notamment pour les banques panafricaines) afin de préserver la stabilité financière.
  - Vigilance accrue requise dans les pays dont la capacité de supervision est la plus faible en raison de risques de contagion.
- S’attaquer aux faiblesses du climat des affaires et diversifier l’économie pour libérer le potentiel du secteur privé, promouvoir la diversification et la résilience.
- Réformes pour accompagner le développement du secteur financier afin de lever des obstacles considérables au développement de nouvelles sources de croissance.

### Protection sociale et inclusion
- Rebond de la croissance devant être durable et profiter à tous ; importance d’un dispositif de protection sociale ciblant les plus vulnérables.
- Renforcement de la protection sociale et assainissement des finances publiques sont complémentaires et peuvent être poursuivis en parallèle à moindre coût budgétaire.
- Recommandations sur les systèmes de protection sociale :
  - Concentrer les prestations dans un nombre plus restreint de programmes à portée plus vaste, avec objectifs clairs et mécanismes de ciblage solides.
  - Suppression graduelle des dépenses régressives (subventions aux carburants, prestations profitant disproportionnellement aux riches) pour améliorer l’efficacité et l’impact sur la pauvreté.
  - Augmenter la part des programmes ciblés sur les populations pauvres (vérification indicative ou de ressources) et privilégier les transferts monétaires ; expériences comparatives (Brésil, Mexique) et enseignements de pilotes africains montrent impact sur la consommation, investissement en capital humain et activités productives.

*Source : PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE (extraits du chapitre 1).*

### 1.  RÉTABLIR LES CONDITIONS PROPICES À UNE CROISSANCE FORTE ET DURABLE

### 1.  RÉTABLIR LES CONDITIONS PROPICES À UNE CROISSANCE FORTE ET DURABLE

### Encadré 1.2 — Propriété des entreprises en Afrique subsaharienne et répercussions intrarégionales
- Les entreprises d’Afrique subsaharienne sont de plus en plus interconnectées au sein de structures transfrontalières rattachées à quelques pôles régionaux, formant un faisceau de participations croisées (source : Orbis).
- La taille des réseaux transfrontaliers :
  - Les entreprises ayant leur siège en Afrique du Sud détiennent le plus grand nombre de filiales dans le reste de l’Afrique subsaharienne (plus de 2.400 filiales).
  - Les sociétés kenyanes investissent activement dans les pays voisins d’Afrique de l’Est.
  - Les compagnies nigérianes investissent activement en Afrique de l’Ouest.
  - Les prises de participations transfrontalières sont relativement rares en Afrique centrale.
- Avantages de l’interconnexion intrarégionale :
  - Promotion de l’intégration commerciale.
  - Partage des technologies et des méthodes de production.
  - Diversification des activités et exploitation des avantages comparatifs et des économies d’échelle et de gamme.
- Risques liés à cette interconnexion :
  - Accroissement des risques de contagion en cas de dégradation de la conjoncture dans un pays d’origine ou d’accueil.
  - Les chocs dans le pays d’origine ou d’accueil peuvent retomber négativement sur les filiales et, par ricochet, sur leurs maisons mères.
- Performance des filiales (graphique 1.2.2) :
  - Globalement, les filiales subsahariennes d’entreprises originaires d’autres pays africains ont été relativement plus performantes que les filiales à capital local pendant une partie de la période postérieure à la crise financière mondiale, affichant des marges bénéficiaires et une rentabilité plus élevées, même comparées aux filiales détenues par des entreprises d’autres régions.
  - Depuis 2014, la rentabilité, mesurée à l’aune du taux de rentabilité des fonds propres, a diminué pour les filiales détenues par des entreprises d’Afrique subsaharienne et pour celles détenues par des entreprises extérieures à la région.
- Effets différenciés dans les pays exportateurs de ressources naturelles (graphique 1.2.3) :
  - Les résultats des filiales à capital local et des filiales d’entreprises d’autres pays d’Afrique subsaharienne se sont dégradés par rapport à ceux des filiales appartenant à des entreprises en dehors de la région.
  - Réponses politiques : Angola et Nigéria ont institué des restrictions de change pour faire face aux pressions externes sur leurs monnaies, nuisant à l’activité des entreprises locales via une répartition centralisée des devises qui a perturbé la production.
  - Les filiales détenues par des entreprises ayant leur siège ailleurs qu’au Nigéria peuvent se procurer des devises plus aisément que les entreprises à capital local, mais la dégradation conjoncturelle et la diminution de la demande du pays d’accueil ont des retombées négatives sur l’activité des filiales locales et sur les risques encourus par leurs maisons mères.
  - Contrepoids possible : les entreprises nigérianes ayant des filiales dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne connaissant des épisodes de forte croissance (par ex. Kenya, Tanzanie, Rwanda) peuvent compenser une partie de la chute de leurs bénéfices au Nigéria grâce à ces investissements transfrontaliers.
- Encadré rédigé par Wenjie Chen.

### Encadré 1.3 — Comment encourager l’investissement privé en Afrique subsaharienne
- Évolution du ratio investissement privé/PIB :
  - Afrique subsaharienne : de 20 % dans les années 90 à 17 % en 2011–16.
  - Asie : de 17 % dans les années 90 à 24 % en 2011–16.
- Contexte : augmentation des investissements du secteur public en Afrique subsaharienne pour combler les déficits d’infrastructures — question posée : l’investissement public évince-t-il l’investissement privé ?
- Modélisation (échantillon de pays émergents et de pays en développement) :
  - Le ratio investissement privé/PIB est modélisé en fonction de :
    - ses propres valeurs décalées (forte persistance),
    - le ratio investissement public/PIB décalé,
    - le prix relatif de l’investissement par rapport aux biens de consommation,
    - la volatilité du taux de change (indicateur de stabilité macroéconomique),
    - le ratio crédit au secteur privé/PIB (financement disponible).
- Principaux résultats :
  - Association négative entre les ratios d’investissement privé et public dans les pays émergents et en développement, signe d’un phénomène d’éviction (tableau 1.3.1, colonne 1).
  - Association positive entre investissement privé et niveau du crédit au secteur privé.
  - Résultats comparables pour un échantillon limité aux pays d’Afrique subsaharienne.
- Rôle atténuateur de la mobilisation des ressources et de l’ouverture commerciale :
  - L’effet d’éviction de l’investissement public sur l’investissement privé peut être atténué lorsque plus de ressources sont disponibles pour financer les dépenses publiques.
  - Interaction testée : investissement public × recettes publiques ; investissement public × ouverture commerciale (tableau 1.3.1, colonnes 1 et 2).
  - Dans l’échantillon, une hausse du ratio recettes publiques/PIB du premier quartile (25 % de la distribution) au troisième quartile (75 % de la distribution) produit une réduction de 0,3 point de l’effet d’éviction de l’investissement public sur l’investissement privé.
  - L’effet d’éviction diminue de 0,1 point si le pays accroît ses débouchés commerciaux à l’exportation.
- Méthodologie : La méthode des moments généralisés (MMG) corrige les effets potentiels d’endogénéité.
- Encadré préparé par Francisco Arizala, Jesus Gonzalez-Garcia et Jiayi Zhang.
- Tableaux et estimations (tableau 1.3.1) — variables et indicateurs mentionnés :
  - Recettes des administrations publiques, en % du PIB.
  - (Investissement public x recettes publiques).
  - Ouverture commerciale en % du PIB.
  - (Investissement public x ouverture commerciale).
  - Log de la volatilité du taux de change réel.
  - Stabilité gouvernementale, GIRP.
  - Investissement privé réel en % du PIB (t–1).
  - Investissement public réel en % du PIB (t–1).
  - Log du prix relatif de l'investissement.
  - Log du crédit au secteur privé, en % du PIB.
- Statistiques sommaires (extraits du tableau 1.3.1) :
  - Observations : 1.083 (colonne 1), 1.178 (colonne 2).
  - Nombre de pays : 62 (colonnes 1 et 2).
  - R au carré ajusté : 0,477 (colonne 1), 0,866 (colonne 2).
  - Instruments : 788 (colonne 1), 0 (colonne 2) [présence de valeur "0" dans source].
  - Hansen : 0,896 (colonne 1), 0,997 (colonne 2).
  - Coefficients et significativité notés dans le tableau (*** p<0,01, ** p<0,05, * p<0,1).

### Encadré 1.4 — Renforcement des systèmes de protection sociale
- Principes généraux :
  - Renforcement de la protection sociale compatible avec l'assainissement des finances publiques si les dépenses sociales atténuent les coûts sociaux de l’assainissement.
  - Suppression des dépenses régressives et amélioration de l’efficacité des programmes progressifs pour créer marge de manœuvre en faveur des programmes couvrant une plus grande part des ménages pauvres.
- Progrès en matière de développement humain pendant la croissance vigoureuse des vingt dernières années (graphique 1.4.1) :
  - Diminution de la mortalité infantile et du taux de décès des mères.
  - Augmentation des taux de scolarisation.
  - Baisse des taux de pauvreté.
  - Mais : le nombre de personnes vivant sous le seuil de pauvreté a augmenté.
- Variations des systèmes de protection sociale :
  - Entre 2012 et 2016, les dépenses publiques consacrées à la protection sociale variaient :
    - entre moins de ½ % du PIB en moyenne dans la plupart des pays exportateurs de pétrole,
    - et une moyenne d’environ 1½ % du PIB dans les autres pays.
  - Une grande partie des programmes vise des groupes démographiques spécifiques (enfants, handicapés, personnes âgées) avec exemples pays cités.
  - Taux de couverture des dispositifs de protection sociale inférieur à 20 % de la population pour l’ensemble de la région.
  - Montant des transferts (en % du seuil de pauvreté international de 1,90 dollar par jour en PPA de 2011) :
    - moins de 5 % (Ghana, Lesotho, Tanzanie et Zambie),
    - plus de 10 % dans les pays à revenu plus élevé (Afrique du Sud, Botswana et Namibie).
- Résultats variables des programmes (méta-évaluation Beegle, Coudouel et Monsalve, 2017) :
  - Équité :
    - Impact prononcé sur la consommation globale et la consommation alimentaire des ménages, surtout avec ciblage strict et transferts prévisibles et réguliers.
    - Impact sur les taux de pauvreté extrême dépend du niveau de la pauvreté globale et de la générosité des transferts.
  - Opportunités :
    - Effets sur les actifs productifs si objectifs clairs, transferts plus élevés, versement unique et activités complémentaires.
    - Promotion d’investissements dans le capital humain (éducation primaire supérieure, soins de santé).
  - Résilience :
    - Augmentation de l’épargne et moindre recours aux stratégies d’adaptation pernicieuses (par ex. réduction notable du travail des enfants).
- Importance de la conception des programmes :
  - Principes prioritaires :
    - Créer des synergies entre institutions et programmes (plateforme institutionnelle commune, partage d’instruments, registres de services sociaux, systèmes de paiement efficaces).
    - Développer le volet incitatif des programmes (transferts monétaires conditionnels liés à la scolarisation ou à la santé) pour accroître capital humain, productivité et résilience.
    - Mettre en place des systèmes de riposte aux chocs activables efficacement et rapidement : appui sur programmes existants, ajustements verticaux/horizontaux, nouveaux programmes temporaires s’appuyant sur systèmes administratifs des programmes permanents, stratégie de financement adaptée.
- Financement progressif :
  - Possibilité de basculer d’un financement régressif à un financement progressif, complété par mobilisation des recettes et amélioration de l’efficacité des investissements publics.
  - Exemple d’inefficacité des subventions non ciblées :
    - Les ménages les plus aisés profitent le plus des subventions des carburants ; les 20 % les plus pauvres reçoivent moins de 15 % dans le cas du pétrole lampant, alors que ce carburant est le plus utilisé par les couches les plus pauvres (3 % dans le cas du gaz de pétrole liquéfié et de l’essence) (graphique 1.4.3).
    - Pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne, le coût d’attribution d’une subvention non ciblée de l’essence pour un montant de 1 dollar aux 40 % des ménages les plus pauvres revient au total à 23 dollars (Coady, Flamini et Sears, 2015).
- Recommandations opérationnelles (extraites des priorités) :
  - Établir des mécanismes de ciblage efficaces.
  - Fixer des montants de transferts appropriés, prévisibles et réguliers.
  - Assurer la pérennité des programmes sur le long terme.
  - Prévoir des activités complémentaires (par ex. alimentation à l’école).
  - Tenir compte des contraintes spécifiques à certains groupes (jeunes, femmes).
  - Améliorer l’accès à des services de base de qualité.
- Encadré préparé par Aline Coudouel, Emma Monsalve (Banque mondiale) et Monique Newiak.

*Source : sreo0517f - 1.  RÉTABLIR LES CONDITIONS PROPICES À UNE CROISSANCE FORTE ET DURABLE*

### 1.  RÉTABLIR LES CONDITIONS PROPICES À UNE CROISSANCE FORTE ET DURABLE

### 1.  RÉTABLIR LES CONDITIONS PROPICES À UNE CROISSANCE FORTE ET DURABLE

### Aperçu et méthode
- L’analyse couvre un échantillon de données couvrant la période 1950–2016.
- Les points de retournement sont définis comme des ruptures à la hausse (accélérations) et à la baisse (ralentissements) de la croissance, en utilisant une variante de la méthode de Bai et Perron (1998) (voir annexe 2.1).
- La méthode empirique impose un nombre minimum d’années entre ruptures fixé à cinq, de sorte que, malgré la couverture 1950–2016, on ne peut déceler de ruptures que jusqu’en 2011.

### Principales constatations (faits stylisés)
- Fréquence et évolution des ruptures
  - De nombreuses ruptures de croissance ont été observées en Afrique subsaharienne.
  - Avant l’année 2000, ruptures à la hausse et à la baisse ont été fréquentes, indiquant une oscillation entre expansion et contraction.
  - La région connaît un peu moins de ruptures à la baisse depuis l’année 2000.
  - Environ 25 % de l’ensemble des ruptures à la hausse et à la baisse discernées concernent l’Afrique subsaharienne, contre environ 28 % de l’échantillon représenté par la région.
- Caractère des épisodes de croissance continue
  - Les périodes de croissance continue sont aussi fréquentes en Afrique subsaharienne — aussi bien dans les pays riches que dans les pays pauvres en ressources naturelles — et elles le sont davantage depuis une quinzaine d’années.
  - Ces périodes ont tendance à être plus courtes dans la région qu’ailleurs.
  - Les épisodes se caractérisent généralement par des variations de croissance plus fortes avant, pendant et après leur survenue : départ d’un point de départ moins favorable et «atterrissage» plus difficile qu’ailleurs, observation robuste même en tenant compte des conflits armés et politiques.
- Amplitude des ruptures
  - La croissance par habitant a augmenté de 10 points pendant les périodes de rupture à la hausse en Afrique subsaharienne — la rupture la plus importante parmi les groupes de pays examinés.
  - La rupture atteint 7 % dans les autres pays émergents et en développement.
  - Les fluctuations après une rupture à la baisse sont aussi marquées que dans certains groupes (Moyen-Orient, Asie), mais nettement moins que dans les pays émergents.
- Périodes de croissance définies
  - Période de croissance complète : commence par une rupture à la hausse, suivie d’un taux de croissance moyen par habitant d’au moins 2 % et se termine par une rupture à la baisse (et un taux de croissance par habitant de moins de 2 %).
  - Le seuil de 2 % est considéré comme raisonnable pour les pays à faible revenu et les pays d’Afrique subsaharienne.

### Facteurs associés aux ruptures et à la durée des épisodes
- Accélérations de croissance (ruptures à la hausse) généralement associées à :
  - amélioration de l’environnement extérieur;
  - accroissement de l’investissement;
  - plus grande ouverture commerciale;
  - meilleur équilibre budgétaire;
  - diversification économique plus poussée;
  - baisse de l’inflation;
  - accroissement des recettes budgétaires;
  - accroissement de l’investissement direct étranger;
  - amélioration du cadre institutionnel et des indicateurs sociaux;
  - réduction des inégalités.
- Ralentissements de croissance (ruptures à la baisse) plus fréquemment associés à :
  - accroissement des dépenses publiques;
  - accroissement des ratios d’endettement;
  - accroissement des flux d’aide;
  - surévaluation des taux de change.
- Facteurs prolongeant la durée des périodes de croissance
  - Cohérence des mesures macroéconomiques représentée par le niveau de l’inflation.
  - Politique budgétaire saine reposant sur une réduction du ratio dette publique/PIB.
  - Politique commerciale plus ouverte.
  - Efforts pour accroître le ratio investissement/PIB.
  - Meilleures politiques macrostructurelles réduisant les distorsions de marché.
  - Institutions de meilleure qualité, diversification économique et adoption de nouvelles technologies.
  - Impact quantifié : une amélioration de 25 points de centile par rapport à la valeur médiane de chaque variable de politique économique (les autres variables restant constantes) allonge la durée de la période de croissance d’un à six ans.

### Implications pour l’action des pouvoirs publics et recommandations pratiques
- Pour les pays confrontés à un ralentissement marqué :
  - Priorité : préserver la stabilité macroéconomique pour inverser la tendance et ouvrir une période de croissance durable.
  - Mesures : effort d’ajustement de l’action publique incluant une politique monétaire cohérente pour maîtriser l’inflation et une politique budgétaire saine pour stabiliser l’accroissement de la dette publique.
  - Compléments : créer un environnement favorable à l’investissement, accroître l’ouverture aux échanges et améliorer la stabilité politique.
- Pour les pays avec une croissance encore rapide :
  - Attention aux vulnérabilités potentielles.
  - Mesures : reconstituer les marges de manœuvre, freiner la hausse de la dette publique, mobiliser les recettes fiscales pour financer une proportion plus importante des projets d’infrastructure, tout en évitant la surchauffe.
- Pour tous les pays :
  - Débloquer le potentiel de croissance par :
    - diversification des activités économiques pour améliorer la résilience et créer de nouvelles sources de croissance;
    - adoption plus large de nouvelles technologies;
    - réformes financières vigoureuses;
    - renforcement des mesures macrostructurelles pour réduire les distorsions de marché et les risques associés aux investissements;
    - amélioration du climat des affaires.

*Document rédigé par une équipe dirigée par Charalambos Tsangarides et composée de Francisco Arizala, Jesus Gonzalez-Garcia, Tim Willems et Mustafa Yenice.*

### 2.  FAIRE REDÉMARRER LA CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### 2.  FAIRE REDÉMARRER LA CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### Tendances générales des épisodes de croissance
- La région a enregistré 40 périodes de croissance entre 1950 et 2016 — soit environ 30% de l’ensemble des périodes de croissance recensées sur la période couverte par l’échantillon.
- 25 de ces 40 périodes sont encore en cours, représentant plus d’un tiers de toutes les périodes de croissance en cours dans l’échantillon.
- Les périodes de croissance ont été plus fréquentes après 1995, liées à une amélioration de l’environnement macroéconomique et des affaires, à une plus grande participation aux échanges, à une hausse des cours moyens des produits de base et à des conditions financières accommodantes au niveau mondial.
- Sur les périodes de croissance en cours : 2 bénéficient à des pays exportateurs de pétrole, 6 à des pays riches en ressources naturelles et 17 à des pays pauvres en ressources naturelles.
- Exemples cités : la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, le Kenya, le Rwanda et la Tanzanie sont en période de croissance et, d’après les prévisions, devraient enregistrer un taux de croissance d’au moins 5% en 2017.

### Caractéristiques comparatives : plus courtes et plus volatiles
- Durée médiane des périodes de croissance complètes en Afrique subsaharienne : 6 ans (6 ans pour les pays riches en ressources naturelles et 5 ans pour les pays pauvres en ressources naturelles).
- Durée médiane dans les autres groupes : 10 ans pour les autres pays en développement et 8 ans pour les pays émergents.
- Une sur trois des périodes de croissance continue observées dans la région dure au moins dix ans, contre plus d’une sur deux dans le reste du monde en développement et environ 80% des périodes dans les pays industrialisés.
- Les périodes de croissance en Afrique subsaharienne présentent de fortes variations des taux de croissance avant, pendant et après l’épisode :
  - Taux de croissance annuel médian : –4% avant le début d’une période de croissance, 9% pendant l’épisode, et environ –4% après son achèvement.
  - En excluant les pays en conflit : –4% avant, about 8% pendant, et –6% après.

### Facteurs exogènes associés aux points de retournement
- Variations des termes de l’échange :
  - Les ruptures à la hausse coïncident généralement avec une amélioration des termes de l’échange; les ruptures à la baisse coïncident avec leur détérioration.
  - Impact particulièrement important pour les pays exportateurs de produits de base (exemples : détérioration après la crise financière mondiale coïncidant avec des ruptures à la baisse au Nigéria en 2010, en Guinée équatoriale et dans la République du Congo en 2011).
- Conditions financières mondiales :
  - Les ruptures à la hausse sont liées à un assouplissement des conditions de financement au niveau mondial, illustré par la baisse moyenne d’environ 2,5 points du taux des fonds fédéraux américains observée au début des années 2010.
  - Aucune relation significative entre l’évolution de ce taux et les ruptures à la baisse.
- Cours du pétrole :
  - Contrairement aux autres pays émergents et en développement, les ruptures de croissance dans la région ne sont pas associées de manière significative aux variations des cours du pétrole (probable lien inverse entre pays exportateurs et importateurs de pétrole).

### Indicateurs macroéconomiques liés aux ruptures
- Ruptures à la hausse coïncident en général avec :
  - Baisse de l’inflation.
  - Accroissement notable de l’investissement (ratio investissement/PIB).
  - Plus grande ouverture aux échanges.
  - Entrées nettes plus importantes d’investissement direct étranger.
  - Augmentation du ratio crédit au secteur privé/PIB (mentionné mais non figuré dans le graphique).
  - Accroissement des recettes publiques et amélioration des soldes budgétaires.
- Ruptures à la baisse coïncident en général avec :
  - Accroissement des ratios d’endettement (dette/PIB).
  - Augmentation notable des flux d’aide vers la région pendant les ruptures à la baisse, suggérant une forte réaction internationale.
  - Les ruptures à la baisse sont en général associées à des régimes de change plus flexibles (augmentations du degré de flexibilité du taux de change).

### Institutions, indicateurs sociaux et mutations structurelles
- Institutions et variables sociales :
  - Les ruptures de croissance à la hausse coïncident avec des améliorations de l’environnement institutionnel : diminution des risques politiques et des conflits internes, meilleur respect de la loi et de l’ordre public.
  - Les ruptures à la hausse vont généralement de pair avec un recul sensible des inégalités.
- Mutations structurelles et productivité :
  - Les ruptures à la hausse coïncident avec un net accroissement du taux de croissance de la productivité totale des facteurs (PTF), indiquant une utilisation plus efficiente ou plus intensive des ressources pendant les périodes de croissance rapide.
  - Les ruptures à la baisse coïncident avec une détérioration de ces facteurs structurels et un ralentissement de l’adoption de nouvelles technologies (par exemple, progression plus hésitante des abonnements de téléphonie).

### Analyse de la durée des périodes de croissance
- Approche : on lie la probabilité qu’un épisode prenne fin dans la prochaine période à l’évolution des variables identifiées (environnement extérieur, politiques macroéconomiques, caractéristiques structurelles et institutions), en considérant aussi les conditions initiales au début de chaque épisode (convergence).
- Méthodologie : démarche en deux temps due au nombre limité d’épisodes et à l’absence de longues séries chronologiques — d’abord vérification de la pertinence de chaque facteur, puis sélection d’un ensemble représentatif de facteurs/politiques couvrant tous les groupes analysés.

*Source : calculs et graphiques contenus dans le chapitre 2 du PDF fourni.*

### 1. Afrique subsaharienne

### 1. Afrique subsaharienne

### Approche et méthodologie
- Méthode en deux temps : examen successif d’effets de variables sur la durée des périodes de croissance continue, puis analyse multivariée pour déterminer l’effet de chaque facteur en tenant compte d’autres déterminants.
- Neutralisation des niveaux de revenu lors de l’examen successif.
- Comparaisons entre AfSS (Afrique subsaharienne), EMEDEV (ensemble des pays émergents et en développement), Monde et EMEDEVxAfSS (EMEDEV hors AfSS).
- Pour le taux d’intérêt des États‑Unis, utilisation d’un taux composite associant le taux effectif des fonds fédéraux américains à d’autres indicateurs pour capter l’importance des politiques non conventionnelles après la crise financière mondiale.

### Facteurs exogènes
- Durcissement des conditions financières mondiales accroît notablement le risque que les périodes de croissance prennent fin en Afrique subsaharienne.
- Fluctuations des cours du pétrole : pas d’incidence notable sur la durée des périodes de croissance dans la région (résultat potentiellement influencé par effets opposés pour pays exportateurs vs importateurs).
- Variables extérieures étudiées : variations des termes de l’échange, des cours du pétrole et des taux d’intérêt américains.

### Indicateurs macroéconomiques — principaux constats
- Solde budgétaire et dette :
  - Des politiques budgétaires prudentes allongent les périodes de croissance : une amélioration du solde budgétaire accroît sensiblement les chances de poursuite de la croissance.
  - Un alourdissement de la dette peut précipiter la fin des périodes de croissance.
  - L’allégement de l’endettement accordé dans le cadre de l’initiative PPTE a permis, dans la plupart des pays de la région, de dégager un espace budgétaire pour financer des dépenses productives avec des soldes budgétaires plus sains.
  - Exemple : Tanzanie — période de forte croissance depuis le début des années 90 s’est accompagnée d’une amélioration des conditions de financement de la dette publique et d’un accroissement des dépenses publiques.
- Investissement :
  - L’investissement contribue à prévenir les ruptures de croissance et à prolonger les périodes d’expansion en soutenant la demande et en renforçant les capacités de production.
  - Exemples historiques : accroissements du ratio investissement/PIB au Lesotho et au Tchad dans les années 80 lors de périodes de croissance.
- Régime de change et désalignement :
  - Un régime de change plus flexible et des taux de change moins surévalués semblent allonger la durée des périodes de croissance (coefficients non significatifs pour la région).
  - Désalignement et désalignement extrême du taux de change réel étudiés comme facteurs influençant la probabilité de fin des périodes de croissance.
- Commerce, aide et inflation :
  - Une plus grande ouverture commerciale allonge en général la durée des périodes de croissance (effet non significatif).
  - Les flux d’aide semblent avoir sensiblement accru la durée des périodes de croissance en Afrique subsaharienne (résultat nouveau par rapport à études antérieures).
  - Une hausse de l’inflation semble réduire la durée des périodes de croissance (coefficient non significatif).
- Autres indicateurs macroéconomiques (non significatifs dans la région mais pertinents globalement) : compétitivité, croissance des partenaires commerciaux, indicateurs du développement des circuits financiers (ratio crédit/PIB et taux de croissance du crédit au secteur privé).

### Institutions et développement social et humain — principaux constats
- Qualité des institutions :
  - Des institutions politiques et économiques de qualité soutiennent systématiquement les périodes de croissance en AfSS plus qu’ailleurs.
  - Variables institutionnelles étudiées : stabilité politique (Polity 2), augmentation des contraintes sur l’exécutif (initial), profil d’investissement, état de droit.
  - Conflits armés perturbent notablement l’activité économique et abrègent les périodes de croissance, même si le nombre de conflits a considérablement diminué dans la région ces vingt dernières années.
- Développement social et humain :
  - Des niveaux plus élevés d’éducation et de capital humain sont associés à des périodes de croissance plus longues.
  - Réduction de la mortalité infantile associée à des périodes de croissance plus longues.
  - Une plus grande inégalité de revenus se traduit par des périodes de croissance plus courtes (effet non statistiquement significatif dans l’échantillon).
  - Exemples de pays avec niveaux élevés de capital humain et épisodes de croissance plus longs : Botswana, Ghana, Lesotho, Maurice.

### Mutations structurelles, diversification et adoption de technologies
- Diversification économique :
  - La diversification, notamment dans la composition des exportations, est un facteur important de résilience des épisodes de croissance.
  - Une part importante de produits manufacturés dans les exportations apparaît particulièrement bénéfique (plus grande teneur en valeur ajoutée et moindre volatilité des prix).
  - Exemples : Tanzanie et Kenya — production relativement diversifiée, périodes de croissance continue ; Botswana, Cabo Verde, Lesotho, Maurice — hausse de la part des produits manufacturés dans les exportations durant des périodes de croissance durable.
- Libéralisation financière :
  - Une plus grande libéralisation financière (indice couvrant restrictions de taux d’intérêt, encadrement du crédit, restrictions à la concurrence, importance du secteur nationalisé, qualité de la surveillance bancaire) est associée à des périodes de croissance plus longues, en orientant les ressources vers les activités les plus rentables.
- Distorsions des prix :
  - Le rapport prix de l’investissement / prix des biens de consommation (indicateur de distorsions de marché) semble associé, en AfSS, à des périodes de croissance plus courtes, bien que les coefficients ne soient pas statistiquement significatifs.

### Exemples et illustrations citées
- Botswana : l’une des périodes de croissance les plus longues ; échanges (exportations + importations) ont représenté 95 % du PIB pendant cette période.
- Tanzanie : période de forte croissance depuis le début des années 90 liée à amélioration des conditions de financement de la dette publique et accroissement des dépenses publiques.
- Lesotho, Tchad : accroissements notables du ratio investissement/PIB lors de périodes de croissance (années 80).
- Kenya, Cabo Verde, Ghana, Maurice : cités parmi les pays ayant connu une diversification ou un niveau de capital humain favorables à la durée des périodes de croissance.

_Extrait : sreo0517f - 1. Afrique subsaharienne_

### 1. Scolarisatrion primaire et capital humain

### 1. Scolarisatrion primaire et capital humain

### Vue synthétique des déterminants des périodes de croissance
- Méthode : analyse de la durée reliant la probabilité que la période de croissance prenne fin l’année suivante à un ensemble de variables couvrant facteurs exogènes, politiques nationales, facteurs humains et institutionnels, et distorsions de marché, accompagné du revenu initial.
- Variables incluses : taux d’intérêt américain, modification des termes de l’échange, variation du cours du pétrole; ouverture commerciale, ouverture du compte de capital, inflation, régime de change, ratio dette/PIB, modification du taux d’investissement; capital humain; institutions mesurées par Polity 2; indicateur des distorsions de marché; croissance moyenne pendant la période de croissance; indicatrice pour la période 2000–08.
- Résultats généraux : amélioration des politiques monétaires et budgétaires, des institutions politiques, de l’environnement extérieur et réduction des distorsions de marché ont des effets positifs sur la durée des périodes de croissance en Afrique subsaharienne.

### Effets quantifiés d’une amélioration de 25 points de centile (par rapport à la médiane)
- Impact d'une amélioration de 25 points de centile d’une variable de politique économique (autres variables constantes) sur la durée attendue d’une période de croissance :
  - Accélération de la modification du rapport investissement/PIB : allonge la durée attendue d’environ 1,3 an.
  - Réduction du ratio dette/PIB : prolonge la durée attendue d’un an.
  - Plus grande ouverture commerciale : augmente la durée attendue de six ans.
  - Baisse de l’inflation : accroît la durée attendue de 5,4 ans.
- Effet d’une réduction des distorsions de marché :
  - Diminution du rapport prix de l’investissement / prix des biens de consommation : augmente la durée attendue de 2,5 ans.
- Effets d’un contexte extérieur plus favorable :
  - Amélioration en pourcentage des termes de l’échange : allonge la durée attendue de 3,4 ans.
  - Hausses des prix du pétrole : associées à un accroissement de 5,7 ans de la durée attendue.
- Amélioration de la qualité des institutions :
  - Meilleure notation Polity 2 : prolonge la durée des périodes de croissance de 7,7 ans.
- Signes de surchauffe :
  - Un taux de croissance plus élevé pendant l’année précédente augmente la probabilité que la période de croissance se termine ; inversement, une diminution de la croissance du PIB par habitant augmente la durée attendue des périodes de croissance de 2,8 ans.

### Comparaisons avec les autres pays émergents et en développement
- Similarités : une plus faible inflation, de bonnes institutions et un moindre endettement public prolongeraient les périodes de croissance aussi bien en Afrique subsaharienne que dans les autres pays émergents et en développement.
- Spécificités pour l’Afrique subsaharienne :
  - Un accroissement du ratio investissement/PIB et des évolutions positives des termes de l’échange prolongent les périodes de croissance principalement dans la région.
  - L’ouverture des échanges a un effet positif plus marqué dans la région.
  - Les distorsions macrostructurelles représentées par une plus grande dispersion du prix relatif de l’investissement semblent avoir un effet plus préjudiciable en Afrique subsaharienne.
- Remarque méthodologique : certains déterminants potentiels se sont révélés non significatifs, dont la croissance des partenaires commerciaux, le déficit extérieur courant et ses variations, les flux financiers, certains indicateurs du développement du secteur financier, la croissance du crédit et la part de l’investissement privé et public dans l’investissement total.

### Considérations relatives à l’action publique et recommandations de politique
- Priorités pour les pays où la croissance s’est fortement ralentie :
  - Maintenir la stabilité macroéconomique.
  - Améliorer les soldes budgétaires via réductions de dépenses ciblées et mesures augmentant durablement les recettes pour limiter l’accroissement de la dette publique.
  - Veiller à ce que la politique monétaire soit compatible avec la maîtrise de l’inflation.
  - Renforcer les mesures macrostructurelles favorables à l’investissement.
  - Encourager l’ouverture et l’intégration dans l’économie mondiale, améliorer le capital humain et stabiliser l’environnement politique.
- Priorités pour les pays actuellement en période de croissance :
  - Reconstituer des volants de sécurité pour contenir les accroissements de dette publique.
  - Assainissement graduel des finances publiques, surtout face à un durcissement et à une plus grande instabilité des marchés financiers.
  - Renforcer les cadres de la politique monétaire pour viser la stabilité des prix.
- Mesures transversales indispensables pour tous les pays :
  - Stimuler le développement de l’éducation et investir dans le capital humain.
  - Faire progresser la diversification économique pour accroître la résilience face aux chocs.
  - Favoriser l’intégration commerciale régionale et internationale.
  - Privilégier les investissements favorables à la croissance et réduire les distorsions de marché par des réformes macrostructurelles.
  - Consolider les cadres de gouvernance et améliorer le climat des affaires pour attirer l’investissement dans de nouveaux secteurs de croissance.
  - Accroître la part des produits manufacturés dans les exportations en renforçant l’adoption de nouvelles technologies par l’importation de biens des technologies de l’information, consolider les réformes de libéralisation financière et réduire les risques liés à l’investissement.

*Source : calculs des auteurs.*

### 2.  FAIRE REDÉMARRER LA CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### 2.  FAIRE REDÉMARRER LA CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### Annexe 2.1. Méthodologie — Ruptures structurelles
- Méthode : variante de la procédure de Bai et Perron (1998) telle qu’adoptée par Antoshin, Berg et Souto (2008).
- Paramètres fixés pour la détection des ruptures :
  - nombre minimum d’années entre ruptures (h) = 5
  - valeur critique de signification (p) = 0,10
- Données et résultats :
  - Période analysée : 1950–2016
  - Nombre de pays couverts : 146
  - Nombre de ruptures détectées : 184 ruptures à la hausse et 185 ruptures à la baisse
  - Remarque méthodologique : la contrainte h = 5 exclut la première et la dernière période de cinq ans de l’échantillon d’estimation ; pour un pays avec 66 ans de données et h = 5, un total théorique de 12 ruptures structurelles possibles, la dernière pouvant se produire en 2011.
- Répartition : les ruptures sont réparties, par niveau de revenu, entre pays avancés, pays émergents et pays en développement ; ce dernier groupe est décomposé en régions : Asie, Moyen-Orient et Afrique du Nord, Afrique subsaharienne et Amérique latine.
- Note comparative : avec h = 8, on obtient des résultats similaires quant à la répartition des ruptures entre groupes de pays et périodes ainsi que la fourchette de fluctuation des taux de croissance, mais on obtient moins de périodes de croissance.

### Périodes de croissance (définitions)
- Définition des périodes « complètes » (suivant Berg, Ostry et Zettelmeyer (2012)) :
  1) commencent par une rupture à la hausse, suivie par une période de croissance du revenu moyen par habitant d’au moins 2 percent;
  2) se terminent par une rupture de croissance à la baisse, suivie par une période de croissance du revenu moyen par habitant de moins de 2 percent.
- Justification : le seuil de 2 percent par habitant est jugé raisonnable pour les pays à faible revenu et les pays d’Afrique subsaharienne.
- Périodes « incomplètes » : remplissent la condition 1) et sont encore en cours à la fin de la période couverte par l’échantillon.
- Comptage des épisodes :
  - Total de périodes complètes recensées : 80
  - Total de périodes incomplètes recensées : 67

### Évolution des variables aux points de retournement
- Méthode d’examen des variations moyennes : test t de Student pour un seul échantillon (suivant Jones et Olken (2008)).
  - Calcul : variations des moyennes au moment de chaque rupture, puis test de la variation moyenne pour l’ensemble des ruptures (hypothèse nulle : variation moyenne = 0).
  - Comparaison : le test compare l’ampleur des variations moyennes observées dans les ruptures de croissance à la hausse et à la baisse, quelle que soit leur direction (signe).
- Tests de symétrie : tests t de Student pour deux échantillons pour déterminer si les variations moyennes pendant les ruptures à la hausse sont du même ordre de grandeur que celles pendant les ruptures à la baisse.
  - Hypothèses : autorisent des échantillons et des variances différents entre ruptures à la hausse et à la baisse.
  - Approche pour la dispersion : approximation de Satterthwaite prise en compte pour les degrés de liberté et indicateurs de dispersion des deux échantillons.

### Analyse de durée (Duration Analysis)
- Objectif : étudier comment la durée d’une période de croissance varie avec des covariables d’intérêt en soumettant les périodes identifiées à une analyse de durée (survival analysis).
- Structure générale des modèles de survie :
  1) fonction de risque de base (baseline hazard) : décrit comment le risque d’un événement change dans le temps aux niveaux de référence des covariables ;
  2) paramètres d’effets : décrivent comment la fonction de risque varie en réponse aux variations des covariables.
- Définitions statistiques :
  - T : durée d’une période de croissance
  - F(t) = Pr (T ≤ t) : fonction de distribution cumulative
  - S(t) = 1 − F(t) : fonction de survie (probabilité que la période ne prenne pas fin avant t)
  - Taux de risque (hazard rate) : probabilité qu’une période prenne fin à l’instant t, conditionnellement à sa survie jusque-là (formulation limite donnée dans le texte)
- Spécifications du hazard :
  - Possibilités : hazard constant dans le temps ou modèle avec dépendance à la durée.
  - Modèle privilégié : modèle à risques proportionnels (proportional hazard model), qui suppose que les covariables sont liées de façon multiplicative au hazard (effet proportionnel constant dans le temps).
  - Forme générale : h(t|X) = h0(t) exp(βX), où h0 est le baseline hazard, X le vecteur des covariables, β le vecteur de paramètres mesurant la semi-élasticité du hazard par rapport aux covariables.
- Choix empirique : spécification d’une distribution de Weibull pour le baseline hazard (suivant Berg, Ostry, et Zettelmeyer (2012)).
- Identification causale et variables : pour éviter des rétroactions problématiques de la durée vers les covariables, l’estimation suppose que le hazard à l’instant t ne dépend que de réalisations retardées (lagged) des covariables ; l’implémentation empirique utilise donc des valeurs retardées des covariables.
- Références méthodologiques complémentaires : Wooldridge (2002, Chapter 20) ; approche suit Berg, Ostry et Zettelmeyer (2012) et Tsangarides (2012).

*Source : sreo0517f - 2.  FAIRE REDÉMARRER LA CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE (Annexe 2.1. Méthodologie).*

### 2. RESTARTING SUB-SAHARAN AFRICA’S GROWTH ENGINE

### 2. RESTARTING SUB-SAHARAN AFRICA’S GROWTH ENGINE

### Duration analysis: methodology
- Objective: study how the duration T of previously identified growth spells varies with covariates by applying survival (hazard) models.
- Survival function: S(t) = 1 − F(t), where F(t) = Pr(T ≤ t).
- Hazard rate: defined as the instantaneous probability that a spell ends at time t conditional on survival up to t (mathematical limit expressions are reported in the source).
- Model specification:
  - Proportional hazards framework: covariates X are multiplicatively related to the hazard; covariates have the same proportional effect on the hazard at all horizons.
  - Model form: hazard = baseline_hazard(t) × exp(Xβ), where β measures the semi-elasticity of the hazard with respect to covariates.
  - Baseline hazard: Weibull distribution is specified for the baseline hazard (following Berg, Ostry, and Zettelmeyer (2012)).
  - Empirical implementation uses lagged values of covariates to avoid feedback from duration to covariates.
- References for methodological details: Wooldridge (2002, Chapter 20); approach follows Berg, Ostry, and Zettelmeyer (2012) and Tsangarides (2012).

### Variables and data sources (selected)
- Growth of real GDP per capita: Dollars of 2011 at PPP, extension to 2016 using WEO, percent change — PWT 9.0.
- Initial GDP per capita: Dollars at PPP — PWT 9.0.
- Investment/GDP: percent of GDP — PWT 9.0.
- Trade openness: exports + imports as % of GDP — PWT 9.0.
- Population growth: percent change — PWT 9.0.
- Overall fiscal balance: percent of GDP — WEO (PEM).
- Total public debt: percent of GDP — FAD.
- External debt: percent of GDP — WEO (PEM).
- Log (1 + inflation): Consumer price index — WEO (PEM).
- Oil price: simple average of Brent, WTI and Fateh spot prices — WEO (PEM).
- Terms-of-trade improvement: commodities, dollars, percent change — WEO (PEM).
- Capital account openness: normalized 0–1 — Chinn-Ito (2014).
- US federal funds reference rate: interest rate — Krippner (2016).
- Political stability (Polity 2): change from −10 to +10 — Polity 4.
- Institutional and risk indicators: ICRG indices (various scales).
- Human capital: average years of primary schooling — Barro and Lee (2013).
- Aid: net ODA and received aid as % of GDP — WDI.
- Gini coefficient, infant mortality, sectoral and trade concentration, ICT imports and subscriptions, TFP, investment price relative, structural reform indices — various sources as listed in the source table.

### Multivariate duration regressions: key estimated effects (exponentiated coefficients = hazard ratios)
Note: a hazard ratio > 1 implies an increase in the covariate shortens the duration of the growth spell (raises the risk of spell ending); a hazard ratio < 1 implies a protective effect (lengthens the spell). Significance levels: *** p < 0.01, ** p < 0.05, * p < 0.1.
- Sample columns: (1) AfSS, (2) EMEDEV, (3) EMEDEV excluding AfSS.
- External shocks
  - US interest rate: 1,021; 1,046; 1,037 (standard errors: (0,110); (0.0437); (0.0529))
  - Change in oil prices: 0,935***; 1.005; 1.032 (standard errors: (0,0187); (0.0209); (0.0293))
  - Terms-of-trade improvement: 0,959**; 0.996; 0.996 (standard errors: (0,0161); (0,0135); (0,0165))
- Macro indicators
  - Change in investment/GDP ratio: 0,923*; 0,962; 0,953 (standard errors: (0,0403); (0,0429); (0,0332))
  - Total public debt/GDP ratio: 1,007**; 1,006**; 1,007 (standard errors: (0,00343); (0,00258); (0,00812))
  - Trade openness: 0,98*; 0,992; 0,994 (standard errors: (0,0117); (0,00686); (0,0109))
  - Capital account openness: 1,359; 1,071; 1,086 (standard errors: (0,797); (0,173); (0,230))
  - Inflation: 3,242**; 1,472*; 1,527* (standard errors: (1,770); (0,302); (0,343))
  - De facto exchange rate regime: 0,756; 0,81**; 0,849 (standard errors: (0,210); (0,0740); (0,0882))
- Institutions
  - Polity 2 cumulative change: 0,815**; 0,963; 1,003 (standard errors: (0,0652); (0,0280); (0,0311))
- Social and human development
  - Human capital: 0,159; 0,464; 0,355 (standard errors: (0,355); (0,333); (0,322))
- Other controls
  - Real GDP per capita growth (first entry): 1,115***; 1,049***; 1,064** (standard errors: (0,0321); (0,0138); (0,0286))
  - Real GDP per capita growth (second entry): 4,691; 1,531; 1,052 (standard errors: (6,359); (0,454); (0,422))
  - Population growth: 1,073; 1,004; 1,104 (standard errors: (0,671); (0,232); (0,251))
  - Investment price relative (investment price / consumption price): 1,015**; 0,994; 0,982*** (standard errors: (0,00582); (0,00574); (0,00638))
  - Indicator variable for the first decade 2000s: 1,380; 0,547; 0,424 (standard errors: (1,634); (0,256); (0,249))
- Sample sizes and model statistics
  - Observations: 326; 1.076; 750
  - Objects: 288; 153
  - Failures: 82; 9; 21
  - α (Weibull shape parameter): 3,956; 1,557; 1,342
  - p-value: 0,00; 0,00; 0,00
- Source: authors’ calculations (table reports exponentiated regression coefficients / hazard ratios).

### Informal sector: size, characteristics, and policy implications
- Measured ranges and averages
  - Contribution of informal sector to GDP in most sub-Saharan economies: between 25 % and 65 % of GDP.
  - Contribution of informal employment to non-agricultural employment: between 30 % and 90 %.
  - Average estimated size of the informal economy in Sub-Saharan Africa: 38 % of GDP between 2010 and 2014.
  - Informal employment contributes on average 60 % of total non-agricultural employment.
  - Informal sector is particularly large in oil-exporting countries and fragile states.
- Definitions used in the chapter
  - Narrow definition: family firms (microenterprises composed of remunerated but not salaried persons); includes subsistence agriculture if production is marketed — used to denote “sector informel” or family enterprises.
  - Broader definition: underground production also including activities by registered firms that may be undeclared to avoid regulation or taxation or because they are illegal — used as “économie informelle.”
- Economic implications
  - Positive: informal sector provides an employment safety net, especially where working-age populations are large and growing faster than formal-sector employment.
  - Negative: informal activities tend to have relatively low productivity, which can persist when the informal sector is large.
  - Formalization or expansion of the formal sector can yield productivity gains and broaden the tax base, facilitating revenue mobilization for public services and supporting development.
- Policy guidance (high-level)
  - Authorities should deploy a balanced toolkit to formalize the informal sector, prioritizing measures that foster productivity gains over measures aimed primarily at extracting more taxes from family enterprises.
  - For enterprises that are clearly taxable, policies should aim to integrate them into the formal sector in ways that support productivity and employment growth (further specific measures are discussed in the source chapter).

*Source: sreo0517f - 2. RESTARTING SUB-SAHARAN AFRICA’S GROWTH ENGINE (excerpts from the provided PDF content).*

### 3. L’économie informelle en Afrique subsaharienne

### 3. L’économie informelle en Afrique subsaharienne

### Méthodologie et estimation de la taille
- La principale méthode utilisée est un modèle paramétrique à indicateurs et causes multiples (MIMIC, Multiple Indicator–Multiple Cause).
- Le modèle MIMIC:
  - Se sert de mesures indirectes pour estimer la taille de l’économie informelle inobservée dans les enquêtes et la comptabilité nationale.
  - Prend explicitement en compte des causes multiples et des effets multiples de l’économie informelle.
  - Couvre un échantillon de 140 pays sur la période 1991–2014.
  - Applique la dynamique estimée à une valeur initiale fixée à 2000 et estimée pour chaque pays par Schneider (2007) à l’aide d’un modèle de demande de monnaie.
- Causes observables utilisées comme moteurs: charge fiscale; développement institutionnel (état de droit); taux de chômage officiel; ouverture aux échanges.
- Indicateurs mesurables utilisés: part de la monnaie fiduciaire dans la monnaie au sens large (M0/M1); taux d’activité; mesure de la taille de l’économie fondée sur l’éclairage nocturne (intensité lumineuse) pour atténuer l’endogénéité.

### Principaux résultats et statistiques régionales
- Hétérogénéité marquée au sein de l’Afrique subsaharienne: de seulement 20–25 percent à Maurice, en Afrique du Sud et en Namibie, et jusqu’à 50–65 percent en Tanzanie et au Nigéria (moyenne 2010–14).
- Part moyenne non pondérée de l’activité informelle en Afrique subsaharienne: presque 38 percent du PIB entre 2010 et 2014.
- Comparaisons régionales (moyennes 2010–14):
  - Amérique latine et Caraïbes: 40 percent.
  - Asie du Sud: 34 percent.
  - Europe: 23 percent.
  - OCDE: 17 percent.
- Par niveau de revenu en Afrique subsaharienne:
  - Pays à faible revenu: économie informelle équivalant en moyenne à 40 percent du PIB.
  - Pays à revenu intermédiaire: économie informelle équivalant en moyenne à 35 percent du PIB.
- Pays exportateurs de pétrole en Afrique subsaharienne: activités informelles représentent près de 50 percent du PIB.

### Robustesse et validation des estimations
- Vérifications croisées réalisées:
  - Méthode d’imputation par la moyenne de prédiction (predictive mean matching, PMM) traitant l’informalité comme un problème de données manquantes; les groupes de pays obtenus correspondent grosso modo aux résultats MIMIC.
  - Croisement avec les estimations publiées par les offices statistiques de huit pays subsahariens; corrélation de rang de Spearman: 0,857*** (corrélation simple: 0,73).
- Limites des estimations nationales: couverture incomplète, hétérogénéité méthodologique, approches locales ne prenant pas toujours en compte les évolutions récentes.
- Avantage du MIMIC: fournit des estimations comparables pour un grand nombre de pays et prend en compte causes et indicateurs multiples.

### Causes, nature et moteurs de l’informalité en Afrique subsaharienne
- Facteurs structurels identifiés par le modèle MIMIC: charge fiscale, qualité des institutions (état de droit), chômage officiel, ouverture commerciale.
- Indicateurs institutionnels (sous-composantes des Indicateurs de gouvernance mondiaux) sont inversement proportionnels à la taille de l’économie informelle.
- Entrepreneuriat et informalité (d’après Global Entrepreneurship Monitor):
  - Afrique subsaharienne présente les taux les plus élevés d’entreprises en phase de démarrage et de nouvelles entreprises (pourcentage de la population en âge de travailler créant une entreprise ou l’ayant créée depuis moins de quatre mois).
  - Motivations des créateurs: principal motif = opportunité d’améliorer les revenus; près d’un tiers des nouveaux entrepreneurs subsahariens indiquent avoir opté pour la création d’entreprise par nécessité.
  - Perception: la région affiche l’attitude la plus positive à l’égard de l’entrepreneuriat (part de la population en âge de travailler considérant l’entrepreneuriat comme un bon choix de carrière et associant un statut élevé à l’entrepreneuriat).
- Effet du revenu: l’informalité diminue quand le niveau de revenu augmente, mais le niveau de revenu par habitant n’est pas déterminant seul — facteurs tels que ouverture commerciale et qualité des institutions peuvent expliquer des différences entre pays de même revenu (exemples mentionnés: Bénin et Togo; Maurice et Gabon).

### Interactions entre informalité et résultats économiques
- Rôle de filet de sécurité: en l’absence d’emplois formels suffisants, l’informalité fournit travail et revenus; les enquêtes de l’OIT indiquent que, dans certains pays subsahariens, 30 à 90 percent des emplois non agricoles relèvent du secteur informel.
- Emploi non agricole et entreprises familiales:
  - Entre 55 percent et 75 percent de l’emploi non agricole dans les pays à faible revenu et riches en ressources naturelles est fourni par les entreprises familiales.
  - Distribution de l’emploi salarié et des entreprises familiales varie selon le niveau de revenu: pays à revenu intermédiaire supérieur ont part salariale plus élevée; pays riches en ressources ont part d’entreprises familiales plus importante.
- Conséquence: le secteur informel contribue significativement à l’emploi mais peut aussi refléter des dysfonctionnements des marchés du travail et des obstacles à la formalisation.

### Recommandations de politique pour réduire l’informalité et favoriser la formalisation
- Améliorer le civisme fiscal: quand les agents économiques choisissent de se soustraire partiellement ou totalement à l’impôt, la politique et l’administration fiscales devraient travailler à améliorer leur civisme fiscal.
- Élargir le secteur formel et faciliter la formalisation:
  - Améliorer l’accès aux financements.
  - Cultiver l’efficacité des marchés de produits.
  - Favoriser un climat des affaires propice aux petites et moyennes entreprises (PME).
  - Réduire le coût d’exportation et le coût d’exécution des contrats.
  - Améliorer le raccordement à l’électricité.
- Ces mesures visent à approfondir les marchés financiers et attirer les ressources hors du secteur informel.

*Source : calculs des services du FMI.*

### 3.  L’ÉCONOMIE INFORMELLE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### 3.  L’ÉCONOMIE INFORMELLE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### Consommation des ménages et comparaison agriculture / entreprises familiales
- Les enquêtes auprès des ménages confirment que les entreprises familiales élargissent les possibilités par rapport au secteur agricole.
- Graphique 3.8 : part des travailleurs agricoles et des entreprises familiales dont les niveaux de consommation par habitant sont inférieurs à ceux des salariés aux 25e, 50e et 75e centiles dans six pays africains à faible revenu (Cameroun, Ghana, Mali, Ouganda, Rwanda, Zambie).
- Observations clés :
  - En moyenne, 60 % des travailleurs agricoles ont des niveaux de consommation inférieurs à ceux du 25e centile de salariés.
  - Les entreprises familiales présentent une situation sensiblement meilleure que l’agriculture, même si leur niveau de consommation reste inférieur à celui des salariés aux 50e et 75e centiles.
  - Au 25e centile, la consommation des entreprises familiales est comparable à celle des salariés pour l’Ouganda et le Rwanda; pour les autres pays de l’échantillon, elle est inférieure.

### Informalité et productivité
- Mesures et méthodologie :
  - Productivité mesurée par la production réelle par salarié en parité de pouvoir d’achat (méthode conforme à Hsieh et Klenow (2009)), utilisée en l’absence d’indices de prix pour les entreprises informelles.
  - Écart de productivité calculé pour 16 pays subsahariens.
- Principaux constats (Graphique 3.9) :
  - En moyenne, la productivité des entreprises informelles est de 25 % de celle des petites entreprises formelles (sur la base de la production réelle par salarié).
  - En moyenne, la productivité des entreprises informelles est de 19 % de celle des entreprises moyennes formelles.
  - L’écart reflète probablement des niveaux plus bas de capital physique et de qualification des travailleurs.
- Variations nationales importantes :
  - Écart de productivité particulièrement notable dans certains pays : Kenya, Namibie, Niger, Sénégal, Swaziland et Tanzanie.
  - Configuration similaire observée pour la valeur ajoutée par salarié.

### Informalité et taille des entreprises
- Taille moyenne :
  - Les entreprises informelles sont en moyenne sensiblement plus petites que les entreprises formelles.
  - Il s’agit en général de microentreprises de moins de cinq personnes.
  - Taille moyenne équivalente à environ 30 % de la taille moyenne des petites entreprises formelles.
  - Taille moyenne équivalente à environ 7 % de la taille des entreprises formelles moyennes.
- Répartition et incidence régionale :
  - La proportion de petites entreprises atteint 71 % en Afrique subsaharienne, comparée à 61 % ailleurs.
  - Les régions où l’informalité est plus importante présentent des entreprises en moyenne bien plus petites, à tous les niveaux de la distribution (Graphique 3.10).
- Données et définitions :
  - La taille des entreprises est mesurée par le nombre moyen de salariés à plein temps.
  - Le niveau d’informalité est défini comme la part des entreprises non enregistrées lorsqu’elles sont entrées en activité.
  - Résultats basés sur un échantillon de 16 pays d’Afrique subsaharienne (pour les analyses de productivité et taille).

### Cercle vicieux de l’informalité et écosystème entrepreneurial
- Obstacles principaux :
  - Accès limité au crédit et faible encouragement de l’entrepreneuriat perpétuent les caractéristiques des entreprises familiales informelles (petite taille, faible productivité).
  - L’accès aux financements et leur coût sont identifiés comme principaux obstacles limitant la taille des entreprises informelles (référence à La Porta et Shleifer (2008) et enquêtes de la Banque mondiale).
- Écosystème entrepreneurial (Graphique 3.11, moyenne 2010–15) :
  - Indicateurs considérés : Accès au financement; Infrastructure commerciale; Infrastructure légale; Infrastructure physique.
  - Échelle : Note de l'écosystème entrepreneurial (de 1 à 9, très suffisant).
  - Comparaison : Afrique subsaharienne vs Pays émergents et en développement vs Pays avancés (source : Global Entrepreneurship Monitor (GEM)).

### Informalité et politique fiscale
- Approche générale :
  - La réduction de l’informalité ne doit pas être le point de départ exclusif de la politique fiscale, car les raisons du non-paiement de l’impôt diffèrent d’une entreprise informelle à l’autre.
  - Les concepteurs de la politique fiscale doivent s’intéresser autant, voire davantage, aux raisons pour lesquelles les entreprises ne paient pas d’impôts qu’au fait qu’elles n’en paient pas (Kanbur et Keen, 2015).
- Catégories et comportement fiscal :
  - Certaines entreprises informelles ne payent pas d’impôts parce qu’elles sont au-dessous du seuil d’imposition (inévitable pour la plupart des entreprises familiales); d’autres se maintiennent juste en deçà du seuil délibérément; certaines grandes entreprises frauderont même en étant au-dessus du seuil.
  - Regrouper toutes les entreprises informelles conduit à des conclusions erronées sur les mesures à prendre.
- Recommandations fiscales spécifiques :
  - Relever le seuil d’assujettissement à la TVA en tenant compte des différentes catégories d’informalité pourrait encourager les entreprises se maintenant juste au-dessous à accroître leur production, sans modifier le nombre d’entreprises informelles ni le montant des taxes perçues (Kanbur et Keen, 2014).
  - Pour les pays en développement, des seuils de TVA relativement hauts sont préconisés, en prévoyant des frais de licence ou des impôts sur le chiffre d’affaires pour les entreprises n’atteignant pas le seuil d’assujettissement, de sorte que :
    - Les petites entreprises ne sont pas dissuadées de s’enregistrer auprès de l’administration fiscale.
    - Les ressources budgétaires limitées servent à améliorer le civisme fiscal des grandes entreprises.
  - La formalisation, en s’accompagnant d’un meilleur accès aux financements et aux services publics, devrait compenser le coût fiscal pour les entreprises qui passent au-dessus du seuil.
  - Même si les entreprises familiales ne paient pas d’impôts directs, une part considérable de leur revenu est consacrée au paiement de taxes indirectes (TVA sur leurs intrants, par exemple) et autres charges; aider ces entreprises à progresser dans le secteur informel sans les soumettre à de nouveaux impôts directs permettrait d’encaisser davantage de recettes.
- Mesures d’administration fiscale recommandées :
  - Mettre en place un régime simple, avec des exonérations limitées et facile à respecter, pour améliorer le climat économique général et faciliter le respect de la législation fiscale.
  - Priorité pour les responsables de la politique fiscale : simplifier la législation et alléger la fiscalité sur les microentreprises et les petites entreprises.
  - Stratégies intégrées de gestion de la conformité au droit fiscal, incluant :
    1) réduire la complaisance générale pour la fraude;
    2) fournir une assistance ciblée pour promouvoir le respect volontaire de la législation fiscale;
    3) encourager l’autoréglementation, appuyée par une simplification;
    4) apporter des preuves visibles et crédibles de la capacité à détecter et sanctionner les manquements (Russell, 2010).

### Pistes pour développer le secteur formel et résultats empiriques
- Deux voies pour développer le secteur formel :
  1) augmenter la taille des entreprises existantes et l’entrée de nouvelles entreprises formelles;
  2) transformer les entreprises informelles en entreprises formelles (possible si l’environnement économique permet formalisation et développement).
- Obstacles majeurs confirmés :
  - Accès aux financements et coût du financement sont principaux freins à la croissance des entreprises informelles et formelles privées.
  - Une réglementation inefficiente des marchés du travail et de produits peut inciter à contourner le cadre réglementaire.
- Méthodologie empirique :
  - Régression sur données de panel pour un échantillon de 108 pays entre 2006 et 2014 utilisant l’estimateur de la méthode des moments généralisés d’Arrelano et Bond; les données proviennent du modèle MIMIC.
  - Spécifications testées (tableau 3.3) : régression n°1 (effets de l’efficacité des marchés financiers et des marchés de produits); n°2 (variable muette pays avancé); n°3 (variable muette exportateurs de pétrole); n°4 (ajout de la flexibilité du marché du travail); n°5 (indice construit à partir des composantes des Indicateurs de gouvernance mondiaux reflétant la responsabilité gouvernementale et la stabilité politique).
- Principaux résultats empiriques :
  - La taille du secteur informel évolue lentement : la forte significativité de la part retardée d’informalité dans toutes les spécifications indique une informalité très persistante.
  - L’essor de l’économie rend le secteur informel moins important : relation négative fortement significative avec la croissance du PIB par habitant dans toutes les spécifications.
  - L’efficacité des marchés financiers est fortement associée à un recul de l’informalité :
    - Variable indicatrice de l’accès aux financements composée de cinq sous-composantes : les services financiers répondant aux besoins des entreprises; le coût abordable des services financiers; le financement sur le marché national des actions; la facilité d’accès au crédit; l’offre de capital-risque.
    - L’efficacité des marchés financiers demeure significative et robuste dans diverses spécifications, y compris lorsque le taux de croissance du PIB par habitant est inclus.
    - Ces résultats concordent avec les Enquêtes auprès des entreprises de la Banque mondiale identifiant l’accès insuffisant aux financements comme l’obstacle le plus contraignant pour entreprises formelles et informelles.
  - Des marchés financiers efficients font diminuer la part du secteur informel, bien que cela ne concerne que certaines sous-composantes des indicateurs Doing Business (coût d’exportation et coût d’exécution des contrats) :
    - Le coût d’exportation (dollars EU par conteneur) mesure le coût (hors droits de douane) des procédures incluses dans le processus global d’exportation d’une cargaison.
    - Des coûts d’exportation et d’exécution des contrats élevés semblent contribuer à l’informalité.

*Source : sreo0517f - 3.  L’ÉCONOMIE INFORMELLE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE (extrait du PDF fourni).*

### 3. L’ÉCONOMIE INFORMELLE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### 3. L’ÉCONOMIE INFORMELLE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### Principaux résultats empiriques
- La part de l’informalité est fortement persistante :
  - Part d'informalité retardée: 0,963*** (20,00) ; 0,820*** (6,89) ; 0,781*** (5,64) ; 0,800*** (6,76) ; 0,827*** (8,44)
- Croissance et informalité :
  - Taux de croissance du PIB par habitant  ($ EU de 2011, PPA): –0,422*** (–3,18) ; –0,290*** (–2,77) ; –0,273*** (–2,61) ; –0,260*** (–2,76) ; –0,205*** (–2,91)
- Rôle des indicateurs de marchés et compétitivité :
  - Flexibilité du marché du travail (ICM) : 0,590 (0,67) ; 0,460 (0,57) — non significatif
  - Efficacité du marché financier (ICM) : –2,551** (–2,12) ; –1,817*** (–2,79) ; –1,718** (–2,29) ; –1,633** (–2,46) ; –1,159* (–1,87)
  - Coût des affaires (moyenne des indices normalisés des coûts d’exportation et des frais liés à l’exécution des contrats) : 1,340** (2,06) ; 1,106* (1,69) ; 1,682* (1,67) ; 1,600* (1,76) ; 1,492* (1,74)
- Gouvernance et variables muettes :
  - Indicateur de gouvernance (première composante PCA «Voix et responsabilité» et «Stabilité politique et absence de violence»): 0,393 (0,53) — non significatif
  - Variable muette, pays avancés : –3,273 (–1,43) ; –2,695 (–0,97) ; –2,811 (–1,22) ; –3,283 (–1,22) — non significatif
  - Variable muette, pays exportateurs de pétrole : 5,314 (0,62) ; 2,483 (0,49) ; 2,293 (0,51) — non significatif
- Constante : 9,064* (1,77) ; 11,57** (2,45) ; 10,59** (2,00) ; 7,623 (1,35) ; 5,854 (1,18)
- Nombre d'observations: 803 (pour toutes les spécifications)
- Méthodologie: estimations basées sur la méthode des moments généralisés d’Arellano et Bond, incluant des effets fixes annuels. Statistique t robuste entre parenthèses. * p < 0,10, ** p < 0,05, *** p < 0,01. ICM = indice de la compétitivité mondiale; PPA = parité de pouvoir d’achat.
- Remarque : la variable «Flexibilité du marché du travail» provient de l’Indice mondial de compétitivité et comprend cinq sous‑composantes : coopération employés/employeurs, flexibilité dans la détermination des salaires, pratiques de recrutement et de licenciement, coût des licenciements et effet de la fiscalité sur les incitations à travailler.

### Indicateurs microéconomiques et domaines prioritaires de réforme
- L’abaissement du coût d’entrée et de maintien dans le secteur formel facilite le transfert de ressources vers le formel.
- Les autorités devraient prioriser les réformes ciblant les sous‑composantes Doing Business et Global Competitiveness où l’écart entre pays à faible et haute informalité est le plus grand.
- Domaines identifiés comme prioritaires :
  - Amélioration de la protection des droits de propriété.
  - Accroissement de la fourniture d’électricité.
  - Allégement des formalités douanières.
  - Amélioration de la facilité d’exportation.
  - Amélioration de la fiabilité des infrastructures.

### Indicateurs Doing Business et compétitivité avec plus grandes différences (médianes)
- Procédures de raccordement à l'électricité (nombre) : Faible informalité (Quintile inférieur) 4, 46, 70, 01
- Délais d'exportation : conformité documentaire (heures) : Faible informalité 1 551050, 01
- Paiements illicites et pots‑de‑vin, 1–7 (meilleur) : Faible informalité 2 4, 23, 10, 02
- Droits de propriété, 1–7 (meilleur) : Faible informalité 2 4, 63, 50, 03
- Fiabilité des infrastructures, 0–8 (meilleur) : Faible informalité 1 2, 70, 40, 03
- Lourdeur des formalités de douane, 1–7 (meilleur) : Faible informalité 2 4, 23, 30, 03
- Indicateurs Doing Business — Classement du pays : Faible informalité 1 1071540, 03
- Sources citées pour ces indicateurs : Banque mondiale, Indicateurs Doing Business; Forum économique mondial, Global Competitiveness Report.

### Conséquences pour la politique économique et recommandations
- Objectif central : faciliter la migration des ressources depuis le secteur informel en développant le secteur formel afin d’augmenter la productivité et de soutenir une croissance inclusive durable.
- Recommandations prioritaires :
  - Reconnaître le rôle économique majeur des entreprises familiales comme filet de sécurité et privilégier des politiques visant à accroître leur productivité plutôt que de chercher à augmenter les recettes fiscales perçues auprès d’elles.
  - Améliorer le respect des obligations fiscales des grandes entreprises qui fraudent.
  - Améliorer l’accès aux financements et renforcer l’efficacité des marchés de produits, en ciblant les indicateurs présentant les plus grands écarts avec les pays à faible informalité.
  - Développer des innovations technologiques financières (banque mobile, technologies financières, etc.) pour élargir l’accès aux services financiers formels dans les pays à faible revenu.
  - Favoriser l’efficacité des marchés de produits en réduisant le coût d’exportation, le coût d’exécution des contrats et en améliorant le raccordement à l’électricité.

### Exemples nationaux de formalisation réussie
- Maurice (périodes comparées 2010–14 vs 1996–2000) :
  - Informalité déjà minime et réduite de 4 points de PIB.
  - Réformes : soutien aux PME, amélioration de l’accès aux financements, renseignements gratuits sur les marchés d’exportation, création de zones industrielles, informatisation de l’immatriculation (création dans la journée), guichet unique pour PME, simplification fiscale, paiement des impôts en ligne, substitution de la vérification ex post à l’autorisation préalable.
  - Résultat : PME représentent près de 40 percent du PIB et environ 45 percent de l’emploi total; de 2005 à 2010, les PME ont continué de créer des emplois, parfois davantage que les grandes entreprises.
- Rwanda :
  - Réformes : droit du commerce, réglementation facilitant l’accès au crédit, accélération de l’enregistrement des entreprises commerciales et des biens immobiliers.
  - Résultat : transformation d’entreprises familiales en PME formelles; le pays se classe devant les pays de l’OCDE pour les procédures de création d’une entreprise formelle.

### Mesures méthodologiques pour mesurer l’économie informelle (Annexe 3.1)
- Méthodes directes :
  - Enquêtes basées sur questionnaires à réponses volontaires ou contrôles fiscaux — fournissent des détails structurels mais sensibles à la formulation et à la coopération des répondants.
- Méthodes indirectes (macroéconomiques) et modèles :
  - Écart entre les dépenses nationales et les statistiques de revenu : utilise l’écart dépenses vs revenu national comme indicateur d’économie informelle; suppose l’absence d’erreurs de mesure et l’indépendance statistique des composantes des dépenses.
  - Écart entre la main‑d’œuvre officielle et la main‑d’œuvre réelle : interprète une baisse du taux de participation officielle comme augmentation de l’informalité; considéré comme un indicateur faible en raison d’autres facteurs influençant le taux de participation.
  - Méthode de la consommation électrique (Kaufmann et Kaliberda, 1996) : écart croissance consommation électrique vs croissance du PIB officiel; limites : activités informelles peuvent ne pas consommer beaucoup d’électricité; élasticité électricité/PIB peut varier.
  - Méthode des transactions (équation quantitative de Fisher) : Monnaie*Vitesse = Prix*Transactions et hypothèse d’une relation constante entre flux monétaires liés aux transactions et valeur ajoutée totale; nécessite une année de référence pour calibrer la taille relative de l’économie informelle.
- Source méthodologique citée : Schneider et Enste (2002).

*Source : extrait du chapitre 3, sreo0517f - 3. L’ÉCONOMIE INFORMELLE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE (calculs des services du FMI).*

### 3.  L’ÉCONOMIE INFORMELLE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### 3.  L’ÉCONOMIE INFORMELLE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### Méthodes d’estimation de l’économie informelle
- Méthode fondée sur la vitesse de circulation de la monnaie (approche «k»):
  - Hypothèse: k demeurant constant dans le temps.
  - Défauts signalés: 1) postulat de k arbitraire; 2) autres facteurs (développement des chèques et des cartes de crédit, banque mobile) peuvent influencer la quantité désirée d’espèces et la vitesse de circulation (Feige, 1979; Boeschoten et Fase, 1984; Langfeldt, 1984).
- Méthode de la demande de monnaie (Tanzi, 1980):
  - Postulat: transactions informelles se règlent en espèces; une augmentation de l’économie informelle augmente la demande de monnaie.
  - Procédure: séries temporelles où la demande de monnaie est fonction des facteurs conventionnels (évolution du revenu, pratiques de paiement, taux d’intérêt) et de facteurs incitant au travail informel (pression fiscale directe et indirecte, réglementation publique, complexité du système fiscal).
  - Limites identifiées:
    - 1) Possible sous-estimation si toutes les transactions informelles n’utilisent pas d’espèces.
    - 2) Ratios monnaie/dépôts à vue peuvent augmenter en raison d’un ralentissement des dépôts à vue plutôt que d’une augmentation liée aux activités informelles.
    - 3) Postulat arbitraire d’une vitesse de circulation identique entre économies formelle et informelle.
    - 4) Hypothèse d’absence d’économie informelle en année de base contestable (Cagan, 1958; Gutmann, 1977; Tanzi, 1980, 1983; Schneider, 1997; Johnson, Kaufmann et Shleifer, 1997).
- Modèle à indicateurs et causes multiples (MIMIC):
  - Principe: relier causes observables et effets observables d’une variable inobservée (économie informelle) pour estimer cette variable.
  - Avantage: prend explicitement en compte plusieurs causes et plusieurs effets (cf. Graphique A3.1.1).
  - Limitation: les coefficients estimés permettent uniquement de déterminer les variations dans le temps de la taille relative estimée de l’économie informelle; conversion en pourcentage du PIB nécessite calibration.

### Calibration et procédure utilisée
- Calibration:
  - Application de la procédure de Schneider (2007) pour convertir les valeurs normalisées MIMIC en pourcentage du PIB.
  - Étape de calibration: prise des valeurs de l’année 2000 estimées avec le modèle de la demande de monnaie.
- Produit final:
  - Panel dynamique de la taille de l’économie informelle exprimée en pourcentage du PIB.

### Annexes — innovations méthodologiques et robustesse
- Annexe 3.2 — Innovations et réponses aux critiques du MIMIC:
  - Caractéristiques du MIMIC:
    - 1) Prend en compte causes multiples et effets multiples dans le temps.
    - 2) S’appuie sur variables latentes et une série de causes et d’indicateurs.
  - Critiques principales adressées:
    - 1) Usage du PIB (PIB par habitant et croissance du PIB par habitant) comme variable causale et indicatrice.
    - 2) Nécessité d’une étude indépendante pour convertir valeurs normalisées en taille relative rapportée au PIB.
    - 3) Sensibilité des coefficients aux spécifications, à l’échantillon de pays et à la période.
  - Réponses méthodologiques du chapitre:
    - Remplacement du PIB par habitant et de sa croissance comme variables causales/indicatrices par la méthode de l’éclairage nocturne (Henderson, Storeygard et Weil, 2012) pour rendre compte de l’activité économique de manière indépendante et corriger l’endogénéité du PIB.
    - Utilisation d’une méthode complètement indépendante: imputation par la moyenne de prédiction (Rubin, 1987; Little, 1988) pour vérifier la robustesse des estimations MIMIC.

### Imputation par la moyenne de prédiction — procédure et justification
- Objectif: estimer la taille de l’économie informelle quand les observations sont manquantes.
- Données et méthode:
  - Usage d’observations d’enquêtes relatives à la taille de l’économie informelle pour 49 pays.
  - Régression linéaire estimée pour tous les pays (y compris ceux avec observations), utilisant des covariables comparables à celles du MIMIC.
  - Tirage aléatoire à partir de la distribution prédictive a posteriori des coefficients estimés; prédiction de nouvelles valeurs pour la totalité des pays.
  - Association par groupes: valeurs prédites pour les pays disposant des données requises appariées aux pays où les données étaient manquantes; valeurs réelles utilisées quand elles sont disponibles.
  - Calcul final: moyenne des paires de chaque groupe pour obtenir l’estimation (imputation par la moyenne de prédiction).
- Propriétés de la méthode d’imputation multiple:
  - Produit une série d’estimations plausibles au lieu d’une unique valeur imputée, intégrant l’incertitude due aux données manquantes (Rubin, 1987).
- Hypothèse clé et limites:
  - Mécanisme des données manquantes supposé «aléatoire» (non «complètement aléatoire»): la probabilité de données manquantes est indépendante de l’économie manquante réelle.
  - Contestations possibles: une économie informelle importante peut rendre la mesure difficile et conduire à l’indisponibilité des données; éventuellement liée à des carences institutionnelles.
  - Observation empirique: des données d’enquêtes existent pour des pays à secteurs informels importants (ex. Burundi et Niger), indiquant que l’hypothèse peut être raisonnable en pratique, mais méritant analyses de sensibilité.

### Résultats et classifications présentés
- Résultats:
  - Les résultats produisent des classements croissants de la taille de l’économie informelle rapportée au PIB (références au tableau A3.2.1 pour les détails).
  - Période mentionnée pour la moyenne de la taille de l’économie informelle: 2000–12.
- Échantillonnage par taille de secteur informel (extraits du tableau A3.2.1):
  - Pays de petite taille (0–20 %): Maurice; Afrique du Sud; Botswana; Lesotho; Swaziland; Sénégal*; etc.
  - Pays de taille intermédiaire (20–40 %): Cabo Verde; Namibie; Kenya; Zimbabwe; Érythrée; Gabon; Gambie; Ouganda; Sierra Leone*; Cameroun*; etc.
  - Pays de grande taille (> 40 %): Congo, Rép. du; Guinée Bissau; Togo*; Nigéria*; Mali; Guinée; etc.
  - Note: *Sur la base des estimations des enquêtes.
- Comparaisons régionales (Graphique A3.3.1):
  - Indicateurs comparés selon la taille de l’économie informelle: indicateurs de la gouvernance mondiaux (indice de –2,5 à 2,5), indicateurs Doing Business (indice de 1 à 7), indicateur de compétitivité mondiale (0–25–50), distance de la frontière (pourcentage du PIB), et taille de l’économie informelle.
  - Régions comparées: OCDE; Moyen-Orient et Afrique du Nord; Asie; Europe et Asie centrale; Amérique latine et Caraïbes; Afrique subsaharienne.
- Classification des pays (Tableau A3.4.1):
  - Catégories utilisées: Exportateurs de pétrole; Pays à revenu intermédiaire (tranche supérieure); Pays à revenu intermédiaire (tranche inférieure); Pays à faible revenu; Pays fragiles.
  - Exemples extraits:
    - Afrique du Sud: X (Exportateurs de pétrole? la table indique une croix sous colonne correspondante telle que présentée).
    - Angola: X X  (plusieurs catégories cochées selon la table fournie).
    - Burundi: X X (classé parmi pays à faible revenu et pays fragiles).
  - Remarque: le tableau liste des pays et leurs classifications selon les catégories ci-dessus (tableau A3.4.1).

*Source : extrait du chapitre «3.  L’ÉCONOMIE INFORMELLE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE», sreo0517f - 3.  L’ÉCONOMIE INFORMELLE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE (PDF).*

### 3.  L’ÉCONOMIE INFORMELLE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### 3.  L’ÉCONOMIE INFORMELLE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### Données et projections
- Les données et projections utilisées reposent sur les estimations des services du FMI au 31 mars 2017 et correspondent à celles qui ont servi pour l’édition d’avril 2017 des Perspectives de l’économie mondiale (PEM).
- La base de données et les projections couvrent 45 pays d’Afrique subsaharienne qui relèvent du Département Afrique.
- Les données obéissent, dans la mesure du possible, aux méthodes statistiques internationalement reconnues; toutefois, le manque de données limite dans certains cas la portée des comparaisons internationales.

### Groupes de pays (définitions et critères)
- Les pays sont répartis en quatre groupes (qui peuvent se chevaucher) : pays exportateurs de pétrole, pays à revenu intermédiaire, pays à faible revenu et pays en situation de fragilité.
- Critères utilisés pour la composition des groupes :
  - Pays exportateurs de pétrole : pays où les exportations nettes de pétrole représentent au moins 30 % des exportations totales.
  - Pays à revenu intermédiaire : revenu national brut par habitant qui dépassait 1.025,00 dollars sur la période 2013–15 (Banque mondiale, méthode Atlas).
  - Pays à faible revenu : revenu national brut par habitant égal ou inférieur à 1.025,00 dollars sur la période 2013–15 (Banque mondiale, méthode Atlas).
  - Pays en situation de fragilité : note ÉPIN moyenne égale ou inférieure à 3,2 sur la période 2013–15 ou ayant fait l’objet d’une mission de maintien ou de rétablissement de la paix dans les trois dernières années.
- Remarque sur la classification régionale : à la page 74, les pays d’Afrique subsaharienne sont groupés en fonction des grands organes de coopération régionale auxquels ils appartiennent : zone franc (qui comprend l’UEMOA et la CEMAC), le COMESA, la CAE–5, la CEDEAO, la SADC et la SACU. Les agrégats relatifs à la CAE-5 comprennent des données afférentes au Rwanda et au Burundi, devenus membres en 2007.

### Méthodes d’agrégation (principes appliqués aux tableaux AS)
- Pour les tableaux AS1–AS3, AS6, AS7, AS13, AS15, AS16, AS22 et AS23 :
  - Les chiffres composites des groupes de pays correspondent à la moyenne arithmétique des données de chaque pays, pondérée par le PIB calculé à parité de pouvoir d’achat (PPA) et exprimé en pourcentage du PIB du groupe de pays considéré.
  - Les pondérations afférentes à la PPA sont tirées de la base de données des PEM.
- Pour les tableaux AS8–AS12, AS17–AS21 et AS24–AS26 :
  - Les chiffres composites des groupes de pays correspondent à la moyenne arithmétique des données de chaque pays, pondérée par le PIB converti en dollars aux taux de change du marché et exprimé en pourcentage du PIB du groupe considéré.
- Pour les tableaux AS4, AS5 et AS14 :
  - Les chiffres composites des groupes de pays correspondent à la moyenne géométrique des données de chaque pays, pondérée par le PIB calculé à parité de pouvoir d’achat (PPA) et exprimé en pourcentage du PIB du groupe de pays considéré.
  - Les pondérations afférentes à la PPA sont tirées de la base de données des PEM.
- Pour les tableaux AS27 et AS28 :
  - Les chiffres composites des groupes de pays correspondent à la moyenne arithmétique non pondérée des données de chaque pays.

### Contenu statistique disponible (inventaire thématique des tableaux AS)
- Le chapitre/section est accompagné d’un appendice statistique structuré en tableaux AS1–AS28 couvrant, entre autres :
  - Croissance du PIB réel (AS1), Croissance du PIB réel, hors pétrole (AS2), Croissance du PIB réel par habitant (AS3).
  - Prix à la consommation, moyenne et fin de période (AS4, AS5).
  - Investissement total (AS6), Épargne nationale brute (AS7).
  - Solde budgétaire global, dons compris et hors dons (AS8, AS9).
  - Recettes publiques, hors dons (AS10), Dépenses publiques (AS11), Dette publique (AS12).
  - Masse monétaire au sens large et son expansion (AS13, AS14).
  - Créances sur le secteur privé non financier (variation en pourcentage et pourcentage du PIB) (AS15, AS16).
  - Exportations et importations de biens et de services (AS17, AS18).
  - Balance commerciale, marchandises (AS19) et Solde extérieur courant (AS20).
  - Investissement direct à l’étranger, net (AS21).
  - Taux de change effectifs réels et nominaux (AS22, AS23).
  - Dette extérieure publique par débiteur (AS24), Termes de l’échange, marchandises (AS25).
  - Réserves (AS26), Pénétration bancaire (AS27), Secteur bancaire : ratio prêts/dépôts (AS28).
- Les tableaux comportent des séries pays et des agrégats régionaux sur la période 2004–2018 (selon tableau), avec indications de notes méthodologiques et sources (voir page 76).

### Bibliographie et références utilisées
- Bibliographie extensive listant les principales références académiques et rapports cités (exemples extraits tels qu’ils figurent dans le document) :
  - Abdih, Y., and L. Medina. 2016. “The Informal Economy in the Caucasus and Central Asia: Size and Determinants.”
  - Feige, E. 1979. “How Big Is the Irregular Economy?” Challenge 22: 5–13.
  - Fox, L., C. Haines, J.H. Munoz, and A.H. Thomas. 2013. “Africa’s Got Work to Do; Employment Prospects in the New Century.” IMF Working Paper 13/201.
  - Kanbur, R., and M. Keen. 2014. “Thresholds, Informality, and Partitions of Compliance.” International Tax Public Finance 21: 536 –59; 2015. “Reducing Informality.” Finance and Development 52(1): 52–54.
  - Schneider, F., A. Buehn, and C. Montenegro. 2010. “Shadow Economies All over the World: New Estimates for 162 Countries from 1999 to 2007.” World Bank Policy Research Working Paper No. 5356.
  - Tanzi, V. 1980. “The Underground Economy in the United States: Estimates and Implications.” Banca Nazionale del Laboro 135: 427–53.
- La liste bibliographique inclut des articles académiques, des working papers, des études de la Banque mondiale, et des documents internes du FMI pertinents pour l’étude de l’économie informelle et des activités non observées.

*Source : sreo0517f - 3.  L’ÉCONOMIE INFORMELLE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE (PDF), données et notes internes du FMI figurant dans le document fourni.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/afr/2017/may/pdf/french/sreo0517f.pdf_
