## 1. Une reprise lente et des difficultés croissantes

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### Mesures de politique recommandées (résumé introductif)
- Réduire les vulnérabilités et augmenter le potentiel de croissance à moyen terme.
- Adopter une discipline budgétaire soutenue pour éviter toute accumulation excessive de dette publique.
- Mener une politique monétaire privilégiant une inflation faible.
- Ne pas reporter les réformes malgré le rebond conjoncturel des prix des produits de base.
- Appliquer des mesures structurelles visant à réduire les distorsions du marché pour promouvoir un environnement favorable aux investisseurs privés.
- Renforcer la mobilisation des recettes afin que les États puissent investir dans le capital matériel et humain, tout en protégeant les dépenses sociales — même en période d’assainissement des finances publiques.
- Renforcer la gouvernance et lutter contre la corruption pour améliorer la mobilisation des ressources (voir chapitre 2 pour la mobilisation des recettes).
- Renforcer le cadre réglementaire et la législation en matière d’insolvabilité, poursuivre la libéralisation des échanges et faciliter l’accès au crédit pour stimuler l’investissement privé (voir chapitre 3 pour le rôle de l’investissement privé).

### Conjoncture extérieure et prix des produits de base
- L’économie mondiale a connu une croissance de 3,8 percent en 2017, qui devrait atteindre 3,9 percent en 2018.
- Le renforcement de la reprise mondiale et l’assouplissement des conditions de financement ont amélioré la conjoncture extérieure pour l’Afrique subsaharienne.
- Les prix des produits de base ont augmenté, apportant un certain répit aux pays exportateurs de pétrole et à d’autres pays riches en ressources naturelles.
- Cours pétroliers : augmentation d’environ 20 percent entre août 2017 et mi-décembre 2017 pour s’établir à plus de 60 dollars le baril.
- Les prix des métaux (aluminium, cuivre et minerai de fer) et des matières premières agricoles (coton, thé et vanille) ont fortement grimpé depuis la mi-2017.
- Exception faite du pétrole et du minerai de fer, le prix de la plupart des produits de base devrait approcher, retrouver ou dépasser le niveau élevé de 2013 d’ici 2020.
- Certains produits ont vu leur prix baisser (ex. cacao).

### Dynamique des marchés financiers et accès au financement
- Conditions financières internationales restent accommodantes, provoquant un important rebond des émissions d’obligations souveraines et une forte compression des écarts de rendement.
- Émissions d’obligations :
  - Plusieurs pays préémergents de la région (Côte d’Ivoire, Nigéria et Sénégal) ont émis des obligations pour un total de 7,5 milliards de dollars en 2017, soit dix fois le niveau constaté en 2016.
  - Au premier trimestre de 2018, le Kenya, le Nigéria et le Sénégal ont émis des obligations pour un total de 6,7 milliards de dollars.
  - Plusieurs pays ont signalé leur intention d’émettre encore des obligations pour un total d’au moins 4,4 milliards de dollars dans le courant du deuxième trimestre de 2018 (donnée à la date du mois de mars 2018).
- Écarts sur les marchés préémergents d’Afrique subsaharienne : passés d’un pic d’environ 900 points de base en 2016 à environ la moitié de ce niveau; la prime en tant que catégorie d’actifs est passée de près de 600 points de base à environ 150 points.
- Entre 2015 et 2017, les écarts se sont remarquablement réduits même pour les pays présentant un ratio dette/PIB élevé.

### Croissance régionale : niveaux, disparités et tendances
- Croissance régionale :
  - Afrique subsaharienne : 2,8 percent en 2017 à 3,4 percent en 2018.
  - Hors Afrique du Sud et Nigéria : 4,6 percent en 2017 à 4,8 percent en 2018.
  - Reste de l’Afrique subsaharienne (sans pays exportateurs de pétrole ni Afrique du Sud) : croissance estimée à 5,9 percent en 2017.
  - Afrique du Sud : croissance estimée à 1,3 percent en 2017 et devrait atteindre 1,5 percent en 2018.
- Revenu par habitant : en 2017, le revenu par habitant a diminué dans douze pays abritant environ 33 percent de la population de l’Afrique subsaharienne (320 millions de personnes).
- Accélération de la croissance en 2018 : devrait concerner 29 pays sur 45, le chiffre le plus élevé depuis 2010.
- Exemples de pays :
  - Pays à forte croissance cités : Côte d’Ivoire, Sénégal, Ghana (où la production pétrolière devrait augmenter).
  - Pays fragiles bénéficiant de la remontée des cours : Guinée, Guinée Bissau et Madagascar.
  - Situations politiques ayant pesé sur la croissance en 2017 : Libéria, Togo, Zimbabwe; passation de pouvoir pacifique au Libéria et nouvelle situation politique au Zimbabwe ouvrent la voie à de meilleurs résultats.

### Conflits, impact humain et Sahel
- Conflits actuels ou récents (Burundi, République démocratique du Congo et Soudan du Sud) entraînant un nombre sans précédent de réfugiés ou de personnes déplacées, avec des répercussions négatives dans les pays voisins.
- Conflits et activité terroriste persistante au Sahel et dans certains territoires d’Afrique de l’Est ont entraîné des pénuries alimentaires et freinent l’amélioration des indicateurs de développement humain.
- Encadré 1.1 — Sahel :
  - Région de 150 millions d’habitants; environ 30 millions de personnes vivent dans l’insécurité alimentaire et 5 millions sont réfugiées ou déplacées dans leur propre pays.
  - Plus de la moitié des attaques terroristes en Afrique subsaharienne ont été perpétrées dans la région du Sahel.
  - Recommandations : renforcer la mobilisation des recettes intérieures; améliorer la gouvernance et l’efficience de l’investissement public; intensification prolongée et coordonnée des opérations sécuritaires tout en tenant compte du poids budgétaire sur les objectifs de développement durable.

### Intégration régionale et canaux de contagion
- Canaux de contagion : commerce extérieur, envois de fonds et circuits bancaires.
- Commerce intrarégional :
  - Représentait 6 percent du total des exportations en 1980 et a atteint 20 percent en 2016.
  - Effet empirique estimé : effet de 0,11 percent sur la croissance du PIB d’un pays pour chaque point de pourcentage de croissance de ses partenaires commerciaux (Arizala et al., 2018).
- Canal financier et bancaire : banques panafricaines basées en Afrique du Sud, au Nigéria et au Togo détiennent la totalité des actifs bancaires panafricains et environ 70 percent des actifs bancaires sous-régionaux.
- Canal des envois de fonds : contribution des envois de fonds régionaux passée à un tiers du total en 2015; cinq principaux pays d’origine constituent 55 percent du total des sorties de fonds.
- ZLECAf : pourrait approfondir l’intégration régionale et apporter des avantages économiques considérables si elle se traduit par une intégration accrue.

### ZLECAf — caractéristiques, portée et estimations d’impact
- Encadré 1.3 — Accord sur la Zone de libre-échange continentale :
  - Date de signature : 21 mars 2018.
  - Regrouper l’ensemble des 55 pays africains; PIB global représenté : environ 2.200 milliards de dollars; population couverte : plus de 1 milliard d’habitants.
  - Condition d’entrée en vigueur : ratification par au moins 22 des pays membres de l’Union africaine.
  - Phase I : élimination des droits de douane sur 90 percent des catégories de produits; libéralisation des services selon demandes/offres dans sept secteurs prioritaires.
  - Estimations d’impact :
    - Mevel et Karingi (2012) : élimination de tous les obstacles tarifaires et réduction de 50 percent des obstacles non tarifaires pourraient augmenter les échanges intra-africains d’environ 130 percent en cinq ans.
    - Chauvin et al. (2016) : ces changements pourraient accroître le PIB des pays africains de 5 points de pourcentage en 15 ans.
  - Contraintes : déficit d’infrastructures, inefficience des douanes, coût élevé des transports terrestres; pertes de recettes tarifaires nécessitant accélération du recouvrement des recettes intérieures.

### Positions extérieures, financements et réserves
- Déficits des transactions courantes :
  - Réduits de 4,1 percent du PIB en moyenne en 2016 à 2,6 percent en 2017, avec d’importantes disparités selon les groupes de pays.
  - CEMAC : déficit des transactions courantes estimé tombé de 13,8 percent du PIB en 2016 à 4,3 percent en 2017.
  - République du Congo : déficit estimé passé de 74 percent du PIB en 2016 à environ 13 percent en 2017.
- Réserves internationales :
  - Déséquilibres des comptes courants de plus en plus financés par des entrées d’investissements de portefeuille, atténuant la pression sur les réserves.
  - En 2017, le niveau des réserves des pays exportateurs de pétrole a augmenté pour la première fois depuis 2013.
  - UEMOA : couverture par les réserves stabilisée à environ quatre mois d’importations fin 2017.
  - Situations préoccupantes : réserves couvrant 0,1 mois d’importations au Soudan du Sud; environ 0,5 mois d’importations en République démocratique du Congo et au Zimbabwe.
- Nigéria : réserves internationales brutes fin 2017 à plus de 39 milliards de dollars (niveau le plus élevé en quatre ans), soutenues par amélioration de la balance commerciale, émissions d’obligations (dont 4,8 milliards de dollars en obligations internationales), échanges financiers et entrées de portefeuille.
- Angola : réserves de change ont fortement baissé en 2017, liées au rattachement de la monnaie au dollar avant assouplissement début 2018.

### Assainissement des finances publiques : résultats, hétérogénéité et perspectives
- Déficits budgétaires régionaux : passés de 4,6 % du PIB en 2016 à 5 % en 2017.
- Pays exportateurs de pétrole : situation budgétaire s’est dégradée à hauteur de 0,7 % du PIB (hausse des déficits de l’Angola et du Nigéria).
- CEMAC : réduction des déficits budgétaires de 7,6 % en 2016 à 3,5 % en 2017, mais situation tendue en Guinée équatoriale, République du Congo, Tchad, et arriérés en République centrafricaine et Gabon.
- UEMOA : en 2017, un seul État membre a respecté le critère de déficit budgétaire (moins de 3 % du PIB); moins de la moitié des pays de la CEMAC devraient atteindre cet objectif d’ici 2019.
- Pays ayant stabilisé leur situation budgétaire en 2017 : Ghana, Mali, Namibie, Gambie, Togo; Ouganda stabilisation partiellement due à sous‑utilisation involontaire des dépenses d’investissement.
- Perspectives 2018 : assainissement attendu dans certains pays pauvres en ressources naturelles via mesures de mobilisation des ressources (Éthiopie, Lesotho, Mozambique) et réductions des dépenses primaires courantes (Gambie, Madagascar, Malawi); Niger et Zimbabwe prévoient augmentation des recettes et réductions des dépenses courantes; certains pays exportateurs de pétrole devraient voir une amélioration légère grâce à la hausse des recettes pétrolières (Nigéria).

### Endettement public, composition des dépenses et durabilité
- Niveau de la dette :
  - Le niveau médian de la dette publique de l’Afrique subsaharienne dépassait 50 % du PIB fin 2017.
  - Par rapport à 2011–13, le niveau médian de la dette publique a augmenté de façon significative pour les trois groupes de pays, tout particulièrement pour les pays exportateurs de pétrole.
- Paiements d’intérêts et composition :
  - Paiements d’intérêts passés de 4 % des dépenses en 2013 à 12 % en 2017, hausse particulièrement prononcée en Angola, au Gabon et au Tchad.
  - Ratio paiements d’intérêts/recettes médian pour l’Afrique subsaharienne : pratiquement doublé, passant de 5 % à près de 10 % entre 2013 et 2017.
  - Pour les pays exportateurs de pétrole, ce ratio est passé de 2 % à plus de 15 % pendant la même période.
  - Hausses particulièrement fortes observées en Angola, Bénin, République du Congo, Gabon, Mozambique, Nigéria, Ouganda, Swaziland, Tchad et Zambie.
- Facteurs contribuant à la dégradation des ratios dette/PIB : déficits primaires élevés, charges d’intérêts, croissance négative (République du Congo, Guinée équatoriale, Tchad), dépréciations monétaires (Gambie, Sierra Leone), divulgation de dettes non déclarées (République du Congo, Mozambique), opérations hors bilan et arriérés (Cabo Verde, Gabon, Gambie, Guinée équatoriale, Sénégal, Sierra Leone).
- Dette libellée en devises :
  - Augmentation d’environ 40 % entre 2010–13 et 2017; représentait en moyenne environ 60 % du total de la dette publique en 2017.
  - Part variant entre environ 10 % en Afrique du Sud et 100 % aux Comores et au Zimbabwe.
  - Risques liés à la volatilité des taux de change et au refinancement.
- Surendettement et arriérés :
  - À la fin de 2017, six pays considérés comme surendettés : République du Congo, Érythrée, Mozambique, Soudan du Sud, Tchad, Zimbabwe.
  - Pour l’Éthiopie et la Zambie, le risque de surendettement est passé de « modéré » à « élevé ».
- Sources non traditionnelles : part croissante des emprunts commerciaux, intérieurs ou non traditionnels, exposant davantage aux risques de marché et complexifiant la résolution de la dette.

### Inflation, politique monétaire et régimes de change
- Inflation régionale : tombée de 12,5 % en 2016 à un peu plus de 10 % en 2017; devrait encore diminuer en 2018 en raison de la baisse des prix des denrées alimentaires et du durcissement des politiques monétaires dans les pays exportateurs de pétrole.
- Politique monétaire par pays :
  - Angola : politique monétaire stricte en 2017; inflation ramenée de 42 % en 2016 à 26,3 % en 2017.
  - Nigéria : durcissement, recours à des opérations d’open-market.
  - CEMAC : BEAC a relevé le taux directeur de 50 points de base en mars 2017 et maintenu un contrôle rigoureux du refinancement des banques.
  - Politique accommodante observée dans certains pays (Afrique du Sud, Ouganda, Rwanda, Tanzanie).
- Régimes de change et ajustements :
  - Assouplissement des régimes de change en Angola et Nigéria, contribuant à réduire les déséquilibres extérieurs.
  - Angola : en janvier 2018, autorisation d’une dépréciation du kwanza de l’ordre de 40 % par rapport au dollar américain; écart entre taux parallèle et officiel ramené de 150 % à 100 %.
  - Nigéria : nouvelle fenêtre de change IEFX en avril 2017; prime du taux de change sur le marché parallèle ramenée à 20 % début 2018, contre 60 % en février 2017.
  - Variations marquées ailleurs : dépréciations (République démocratique du Congo, Libéria), appréciations partielles (Mozambique).

### Systèmes bancaires, prêts improductifs et crédit au secteur privé
- Stabilité bancaire : systèmes généralement stables avec fonds propres et réserves de liquidités suffisants.
- Prêts improductifs : proportion en hausse; augmentation particulièrement marquée dans les pays riches en ressources naturelles (Angola, République du Congo, Mozambique); arriérés de l’État ont affecté le secteur bancaire (Zambie).
- Concentration : prêts improductifs généralement concentrés dans quelques banques (Angola, Nigéria) et parfois contractés principalement par des organismes publics (CEMAC).
- Décélération du crédit au secteur privé :
  - En 2017, le taux de croissance du crédit au secteur privé était négatif en termes réels dans de nombreux pays; dans plusieurs cas (Angola, Gabon, Zambie), il l’était également en termes nominaux.
  - Facteurs : demande affaiblie, faible liquidité (UEMOA), arriérés de l’État (Gabon), forte proportion de prêts improductifs (Angola), effet d’éviction par le secteur public (Zambie), contrôle des taux d’intérêt (Kenya).
- Risques : ralentissement du crédit menace la reprise; l’État empruntant auprès des banques risque d’évincer le secteur privé.
- Recommandations pour le secteur bancaire et le crédit :
  - Assainissement rapide des finances publiques.
  - Établissement de sauvegardes pour pallier les problèmes de liquidité.
  - Amélioration des contrôles de la qualité des actifs.
  - Recapitalisation rapide des banques en difficulté.
  - Renforcement de la transparence des entreprises, adoption de normes comptables rigoureuses, création de bureaux de crédit et registres de propriété.
  - Amélioration du cadre de résolution bancaire.
  - Rééquilibrage des dispositions fiscales favorisant la détention de titres d’État; application de mesures macroprudentielles pour limiter l’exposition à la dette souveraine; limitation progressive du refinancement des banques commerciales par les banques centrales.

### Principaux risques pesant sur les perspectives et scénarios alternatifs
- Risques extérieurs :
  - Normalisation de la politique monétaire des pays avancés pouvant durcir les conditions pour les pays d’Afrique subsaharienne, réduire l’offre de financement pour le secteur privé et inverser le récent afflux d’investissements de portefeuille.
  - Croissance plus faible que prévue dans certains pays avancés ou grands pays émergents (notamment Chine) affecterait les prix des produits de base, la demande d’exportations et les entrées d’IDE.
- Risques intérieurs :
  - Incertitude politique, problèmes de sécurité, élections et transitions politiques pouvant dissuader les réformes; conflits internes et coût socioéconomique des déplacements forcés.
  - Risque de politiques de repli sur soi si les conditions économiques se dégradent.
- Scénarios alternatifs :
  - Amélioration possible si les incertitudes débouchent sur un regain de confiance supérieur aux prévisions ou si les réformes progressent plus rapidement que prévu (Afrique du Sud, Nigéria).

### Politiques recommandées et priorités
- Assurer la stabilité macroéconomique :
  - Politique budgétaire prudente pour freiner l’accumulation de dette publique.
  - Politique monétaire visant à assurer une inflation peu élevée.
  - Renforcement des marges de manœuvre extérieures pour les pays bien placés pour tirer parti d’une accélération de la croissance mondiale.
  - Adapter les politiques macroéconomiques et réformes aux caractéristiques structurelles et à la position conjoncturelle des pays.
- Recommandations spécifiques :
  - Pays exportateurs de pétrole :
    - Poursuivre l’ajustement budgétaire et la diversification économique en profitant du répit offert par la hausse des prix des produits de base.
    - Augmenter les recettes non pétrolières et améliorer l’efficience des dépenses publiques.
    - Éliminer les restrictions de change et les pratiques de taux multiples pour les pays ayant assoupli leur régime de change; permettre au taux de change de s’adapter aux fondamentaux.
  - Pays importateurs de pétrole :
    - Passer le relais de l’investissement public au secteur privé.
    - Réduire les déséquilibres budgétaires pour assurer une croissance durable à moyen terme.
- Mobilisation des recettes :
  - Potentiel de mobilisation fiscale additionnelle de l’ordre de 3 à 5 percent du PIB dans les années à venir.
  - Conditions : politique fiscale bien conçue (élargissement de l’assiette de la TVA et de la fiscalité directe), administration fiscale compétente, plan à moyen terme, amélioration de la gouvernance et lutte contre la corruption.
- Relance de l’investissement privé :
  - Priorités : stabilité macroéconomique; renforcement de la législation en matière d’insolvabilité; libéralisation du commerce extérieur; élargissement de l’accès au crédit; investissement dans des infrastructures de qualité et une main-d’œuvre qualifiée; structures de financement innovantes (partenariats public–privé) avec évaluation des engagements conditionnels.

### Réformes régionales et institutionnelles (CEMAC, BEAC, contrôle bancaire)
- Plan d’action de la BEAC :
  1) simplifier ses instruments de politique monétaire,
  2) fonder la gestion des liquidités sur des projections de facteurs autonomes,
  3) renforcer les règles relatives aux réserves obligatoires,
  4) ajuster le cadre de garantie,
  5) mettre sur pied un dispositif de liquidité d’urgence.
- Renforcement du contrôle bancaire régional :
  - Plan d’action pour remédier aux prêts improductifs, renforcer l’application des règles prudentielles (concentration du risque, prêts entre parties liées) et procéder à la résolution des banques en difficulté.
- Réformes structurelles recommandées pour la CEMAC : tribunaux de commerce, guichets uniques, pépinières d’entreprises, révision du code des douanes, application du tarif extérieur commun, amélioration de la gouvernance et de la transparence budgétaire.
- Effet attendu : mise en œuvre combinée de stabilisation et réformes structurelles pourrait engendrer une reprise progressive de la croissance du PIB non pétrolier dans la CEMAC, atteignant 4,8 % en 2021.

### Progrès sociaux, défi démographique et transformation structurelle
- Progrès sociaux (2000–2014) :
  - Taux de sous-alimentation ramené de 25 % à 20 % de la population.
  - Taux de pauvreté ramené de 60 % à 40 %.
  - Taux de scolarisation a augmenté de 60 %.
- Défi démographique :
  - Pour tirer parti du dividende démographique, création d’environ 18 millions d’emplois par an jusqu’en 2035 nécessaire.
  - Nécessité de politiques pour promouvoir une transformation structurelle progressive et réallouer la main-d’œuvre à des activités plus productives.

### Encadré 1.5 — Protection des dépenses sociales dans les programmes soutenus par le FMI
- Depuis 2009, presque tous les programmes soutenus par le FMI dans les pays d’Afrique subsaharienne comportent des objectifs quantitatifs ou des repères structurels pour préserver ou augmenter les dépenses sociales (santé, éducation, protection sociale).
- Données :
  - Entre 2006 et 2009, près de 50 % des programmes au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance ont été assortis d’un plancher de dépenses sociales.
  - Depuis 2009, près de 90 % des programmes appuyés par le FMI pour les pays à faible revenu (dont 95 % pour des pays d’Afrique subsaharienne) comportent un tel plancher.
  - Les planchers de dépenses sociales ont été respectés dans plus de deux tiers des programmes.
  - Part des dépenses sociales protégée : augmentation d’environ 2,5 points de pourcentage entre 2010 et 2017 (de ~23,5 % à ~26 %) et d’environ un point de pourcentage de PIB (de ~6 % à ~7 %).

### Encadrés méthodologiques et données (extraits)
- Encadré 1.2 (retombées régionales) : commerce intrarégional, canal bancaire, envois de fonds; commerce intrarégional représentait 20 % en 2016; effet économique mesurable via corrélations entre partenaires commerciaux et croissance du crédit.
- Encadré 1.3 (ZLECAf) : données de commerce intra-africain et indicateurs d’infrastructures et logistique (extraits chiffrés tels que Trafic portuaire de conteneurs Afrique 0,09; Passagers aériens, par habitant Afrique 0,23; Délais d’exportation (jours) Afrique 29,3; Coût de l’exportation (dollars par conteneur) Afrique 2.149; etc.).
- Annexe 1.1 — Prix d’équilibre budgétaire du pétrole : définition, formulation et décomposition; variation logarithmique du prix d’équilibre égale à somme de la variation logarithmique du taux de change réel, de la variation logarithmique du solde budgétaire hors pétrole en monnaie nationale constante et d’une composante liée au volume d’exportations de pétrole et/ou au barème de la fiscalité pétrolière.

*Source : chap1f - 1. Une reprise lente et des difficultés croissantes (PDF).*

### 1. Une reprise lente et des difficultés croissantes

### 1. Une reprise lente et des difficultés croissantes

### Mesures de politique recommandées (résumé introductif)
- Réduire les vulnérabilités et augmenter le potentiel de croissance à moyen terme.
- Adopter une discipline budgétaire soutenue pour éviter toute accumulation excessive de dette publique.
- Mener une politique monétaire privilégiant une inflation faible.
- Ne pas reporter les réformes malgré le rebond conjoncturel des prix des produits de base.
- Appliquer des mesures structurelles visant à réduire les distorsions du marché pour promouvoir un environnement favorable aux investisseurs privés.
- Renforcer la mobilisation des recettes afin que les États puissent investir dans le capital matériel et humain, tout en protégeant les dépenses sociales — même en période d’assainissement des finances publiques.
- Renforcer la gouvernance et lutter contre la corruption pour améliorer la mobilisation des ressources (voir chapitre 2 pour la mobilisation des recettes).
- Renforcer le cadre réglementaire et la législation en matière d’insolvabilité, poursuivre la libéralisation des échanges et faciliter l’accès au crédit pour stimuler l’investissement privé (voir chapitre 3 pour le rôle de l’investissement privé).

### Conjoncture extérieure
- L’économie mondiale a connu une croissance de 3,8 percent en 2017, qui devrait atteindre 3,9 percent en 2018.
- Le renforcement de la reprise mondiale et l’assouplissement des conditions de financement ont amélioré la conjoncture extérieure pour l’Afrique subsaharienne.
- Les prix des produits de base ont augmenté, apportant un certain répit aux pays exportateurs de pétrole et à d’autres pays riches en ressources naturelles.
- Les conditions financières internationales restent accommodantes, provoquant un important rebond des émissions d’obligations souveraines et une forte compression des écarts de rendement.
- Plusieurs pays préémergents de la région (Côte d’Ivoire, Nigéria et Sénégal) ont émis des obligations pour un total de 7,5 milliards de dollars en 2017, soit dix fois le niveau constaté en 2016.
- Au premier trimestre de 2018, le Kenya, le Nigéria et le Sénégal ont émis des obligations pour un total de 6,7 milliards de dollars.
- Plusieurs pays ont signalé leur intention d’émettre encore des obligations pour un total d’au moins 4,4 milliards de dollars dans le courant du deuxième trimestre de 2018 (donnée à la date du mois de mars 2018).
- Les écarts sur les marchés préémergents d’Afrique subsaharienne sont passés d’un pic d’environ 900 points de base en 2016 à environ la moitié de ce niveau, et la prime en tant que catégorie d’actifs est passée de près de 600 points de base à environ 150 points.
- Entre 2015 et 2017, les écarts se sont remarquablement réduits même pour les pays présentant un ratio dette/PIB élevé.

### Prix des produits de base
- Les cours pétroliers ont augmenté d’environ 20 percent entre août 2017 et mi-décembre 2017 pour s’établir à plus de 60 dollars le baril.
- Les prix des métaux (aluminium, cuivre et minerai de fer) et des matières premières agricoles (coton, thé et vanille) ont fortement grimpé depuis la mi-2017.
- Exception faite du pétrole et du minerai de fer, le prix de la plupart des produits de base devrait approcher, retrouver ou dépasser le niveau élevé de 2013 d’ici 2020.
- Certains produits ont vu leur prix baisser (ex. cacao).

### Croissance régionale : niveaux et disparités
- La croissance de l’Afrique subsaharienne devrait passer de 2,8 percent en 2017 à 3,4 percent en 2018.
- Si l’on exclut l’Afrique du Sud et le Nigéria, la croissance dans le reste de la région devrait passer de 4,6 percent en 2017 à 4,8 percent en 2018.
- En 2017, le revenu par habitant a diminué dans douze pays abritant environ 33 percent de la population de l’Afrique subsaharienne (320 millions de personnes).
- L’accélération de la croissance en 2018 devrait concerner 29 pays sur 45, le chiffre le plus élevé depuis 2010.
- Afrique du Sud : croissance estimée à 1,3 percent en 2017 et devrait atteindre 1,5 percent en 2018.
- Reste de l’Afrique subsaharienne (sans pays exportateurs de pétrole ni Afrique du Sud) : croissance estimée à 5,9 percent en 2017.
- Pays à forte croissance cités : Côte d’Ivoire, Sénégal, Ghana (où la production pétrolière devrait augmenter).
- Pays fragiles bénéficiant de la remontée des cours des matières premières : Guinée, Guinée Bissau et Madagascar.
- La situation politique a pesé sur la croissance en 2017 au Libéria, au Togo et au Zimbabwe; la passation de pouvoir pacifique au Libéria et la nouvelle situation politique au Zimbabwe ouvrent la voie à de meilleurs résultats.

### Conflits et impact humain
- Les conflits actuels ou récents (Burundi, République démocratique du Congo et Soudan du Sud) entraînent un nombre sans précédent de réfugiés ou de personnes déplacées, avec des répercussions négatives dans les pays voisins.
- Les conflits et l’activité terroriste persistante au Sahel et dans certains territoires d’Afrique de l’Est ont entraîné des pénuries alimentaires et freinent l’amélioration des indicateurs de développement humain.

### Intégration régionale et canaux de contagion
- Les effets de contagion intrarégionaux se manifestent via le commerce extérieur, les envois de fonds et les circuits bancaires.
- La récente faiblesse de l’économie sud-africaine a freiné la croissance des pays voisins.
- Des pays comme la Côte d’Ivoire et le Kenya, hébergeant des groupes bancaires régionaux, stimulent la demande des exportations régionales.
- Les canaux de transmission identifiés incluent le commerce intrarégional (Union douanière d’Afrique australe et Union économique et monétaire ouest-africaine), le secteur bancaire (Botswana) et les envois de fonds (Libéria et Togo).
- La Zone de libre-échange continentale de l’Afrique (ZLECAf) pourrait approfondir l’intégration régionale et apporter des avantages économiques considérables si elle se traduit par une intégration accrue.

### Positions extérieures et sources de financement
- Les déficits des transactions courantes se sont réduits de 4,1 percent du PIB en moyenne en 2016 à 2,6 percent en 2017, avec d’importantes disparités selon les groupes de pays.
- Amélioration des soldes extérieurs pour les grands exportateurs de pétrole (Angola et Nigéria) liée à l’augmentation de la production pétrolière, à la hausse des cours pétroliers, au tassement des importations et aux mesures relatives au taux de change (Nigéria).
- Dans la CEMAC, le déficit des transactions courantes serait tombé de 13,8 percent du PIB en 2016 à 4,3 percent en 2017.
- République du Congo : déficit estimé passé de 74 percent du PIB en 2016 à environ 13 percent en 2017, en raison d’un assainissement rigoureux des finances publiques, de la remontée des prix pétroliers et de la hausse de la production pétrolière.
- Dans certains pays riches en ressources naturelles, l’amélioration provient de la hausse des exportations hors pétrole (Gabon, Guinée équatoriale, Tchad) et de la baisse des importations hors pétrole (Cameroun, Gabon, Guinée équatoriale).
- Certains pays ont vu leur déficit s’aggraver en 2017 en raison de la dégradation des termes de l’échange (Mali) ou de la forte baisse des transferts courants et des revenus payés (Libéria).
- Dans les pays non riches en ressources naturelles, les déficits des transactions courantes sont restés élevés en 2017 à cause de la hausse des importations alimentaires et de carburant (Kenya), du faible niveau des exportations et de niveaux élevés d’importations de biens d’équipement (Éthiopie, Sénégal), et de l’augmentation des importations liées aux projets d’infrastructures publiques (Ouganda).

### Financement des déséquilibres et réserves
- Les déséquilibres du solde des transactions courantes sont de plus en plus financés par des entrées d’investissements de portefeuille, atténuant la pression sur les réserves.
- En 2017, le niveau des réserves des pays exportateurs de pétrole a augmenté pour la première fois depuis 2013.
- Pour les autres pays riches en ressources naturelles, les entrées d’investissements de portefeuille demeurent la principale source de financement extérieur.
- Les pays moins pourvus en ressources naturelles ont principalement financé leurs déficits au moyen d’investissements directs étrangers.
- L’amélioration des soldes courants en 2017 s’est traduite par une augmentation des réserves internationales dans environ la moitié des pays de la région.

*Source : chap1f - 1. Une reprise lente et des difficultés croissantes*

### 1. UNE REPRISE LENTE ET DES DIFFICULTÉS CROISSANTES

### 1. UNE REPRISE LENTE ET DES DIFFICULTÉS CROISSANTES

### Réserves internationales et couverture des importations
- Certains pays conservent des réserves égales ou inférieures au seuil traditionnel de trois mois d’importations.
- Pour les pays exportateurs de pétrole, l’accumulation de réserves s’explique par la hausse des cours pétroliers et par d’autres facteurs spécifiques.
- Nigéria :
  - Les réserves internationales brutes ont atteint fin 2017 leur niveau le plus élevé en quatre ans (plus de 39 milliards de dollars), grâce à l’amélioration de la balance commerciale, aux émissions d’obligations publiques et privées (dont 4,8 milliards de dollars en obligations internationales), aux échanges financiers et aux entrées de portefeuille et d’autres investissements privés.
- Angola :
  - Les réserves de change ont fortement baissé en 2017, parce que les autorités ont rattaché la monnaie au dollar américain avant d’assouplir le régime de change début 2018.
- CEMAC :
  - Les réserves internationales ont commencé à se rétablir après que la BEAC et la COBAC ont mis en œuvre des mesures favorisant la reconstitution des réserves et que les pays ont mené des politiques d’assainissement des finances publiques.
- Si la récente hausse des cours pétroliers se maintient, elle pourrait accélérer l’accumulation de réserves.
- UEMOA :
  - Après une contraction en 2016, la couverture assurée par les réserves internationales s’est stabilisée à environ quatre mois d’importations fin 2017, grâce notamment aux euro-obligations émises par la Côte d’Ivoire, le Sénégal et la BOAD.
- Situations préoccupantes :
  - Réserves couvrant 0,1 mois d’importations au Soudan du Sud.
  - Réserves couvrant environ 0,5 mois d’importations en République démocratique du Congo et au Zimbabwe.

### Assainissement des finances publiques : résultats et hétérogénéité
- Déficits budgétaires régionaux :
  - Les déficits budgétaires se sont creusés dans l’ensemble de la région, passant de 4,6 % du PIB en 2016 à 5 % en 2017, avec de grandes différences selon les pays.
- Pays exportateurs de pétrole :
  - La situation budgétaire s’est dégradée à hauteur de 0,7 % du PIB, car la hausse des déficits de l’Angola et du Nigéria a été plus importante que la réduction des déficits des pays producteurs de la CEMAC.
  - Angola : déficit creusé en raison de la faiblesse des recettes et d’une légère reprise des dépenses d’investissement.
  - Nigéria : hausse en 2016 et 2017 principalement due au doublement des dépenses d’investissement alors que le recouvrement des recettes était insuffisant.
- CEMAC :
  - Réduction significative des déficits budgétaires (de 7,6 % en 2016 à 3,5 % en 2017) grâce à des mesures de mobilisation des recettes (Tchad), à la diminution des dépenses d’investissement (Cameroun, République du Congo, Gabon, Guinée équatoriale) et à la réduction des dépenses courantes (Cameroun, Gabon).
  - Situation budgétaire reste tendue en raison d’une contraction brusque et prolongée en Guinée équatoriale, du surendettement de la République du Congo et du Tchad, et du non-paiement des arriérés de la République centrafricaine et du Gabon.
- Autres grands pays :
  - Hausse des déficits due à l’augmentation des dépenses courantes et à des recettes inférieures aux prévisions (Afrique du Sud) ainsi qu’à des dérapages en matière de recettes (Éthiopie).
  - Détériorations observées en 2017 dans plusieurs pays riches en ressources naturelles (Burkina Faso, Libéria, Zambie, Zimbabwe) ou non (Burundi).
- UEMOA :
  - Situation budgétaire plus relâchée que prévu ; en 2017, un seul État membre a respecté le critère de convergence en matière de déficit budgétaire (moins de 3 % du PIB).
  - Selon les prévisions, moins de la moitié des pays de la CEMAC devraient atteindre cet objectif d’ici 2019.
- Pays ayant stabilisé leur situation budgétaire en 2017 :
  - Pays riches en ressources naturelles : Ghana, Mali, Namibie.
  - Pays non riches en ressources naturelles : Gambie, Togo.
  - Ouganda : stabilisation en partie due à une sous-utilisation involontaire du budget des dépenses d’investissement.

### Endettement public et composition des dépenses
- Niveau et évolution de la dette :
  - Compte tenu du niveau élevé du déficit budgétaire dans de nombreux pays, le niveau d’endettement continue d’augmenter.
  - Par rapport à 2011–13, le niveau médian de la dette publique a augmenté de façon significative pour les trois groupes de pays et tout particulièrement pour les pays exportateurs de pétrole.
  - Fin 2017, le niveau médian de la dette publique de l’Afrique subsaharienne dépassait 50 % du PIB.
- Paiements d’intérêts et composition des dépenses publiques :
  - La part des paiements d’intérêts a nettement progressé, affectant la capacité à financer des dépenses plus productives.
  - Paiements d’intérêts passés de 4 % des dépenses en 2013 à 12 % en 2017, hausse particulièrement prononcée en Angola, au Gabon et au Tchad.
  - La part des paiements d’intérêts a également augmenté dans d’autres pays riches en ressources naturelles et dans de nombreux pays pauvres en ressources naturelles (Côte d’Ivoire, Ghana, Namibie, Ouganda, Sénégal, Seychelles, Togo, Zambie).
- Facteurs contribuant à la dégradation des ratios dette/PIB :
  - Volume élevé des déficits primaires et des charges d’intérêts.
  - Taux de croissance négatif (République du Congo, Guinée équatoriale, Tchad).
  - Dépréciations monétaires (Gambie, Sierra Leone).
  - Divulgation de dettes non déclarées (République du Congo, Mozambique).
  - Opérations hors bilan, accumulation d’arriérés, comptabilisation incomplète d’opérations publiques, activités des entreprises publiques, report de crédits non utilisés (Cabo Verde, Gabon, Gambie, Guinée équatoriale, Sénégal, Sierra Leone).
- Paiements d’intérêts/recettes :
  - Pour l’ensemble de l’Afrique subsaharienne, le ratio paiements d’intérêts/recettes médian a pratiquement doublé, passant de 5 % à près de 10 % entre 2013 et 2017.
  - Pour les pays exportateurs de pétrole, ce ratio est passé de 2 % à plus de 15 % pendant la même période.
  - Hausses particulièrement fortes observées en Angola, au Bénin, en République du Congo, au Gabon, au Mozambique, au Nigéria, en Ouganda, au Swaziland, au Tchad et en Zambie.

### Dette en devises, marchés et viabilité
- Dette libellée en devises :
  - La dette publique libellée en devises a augmenté d’environ 40 % dans la région entre la période 2010–13 et l’année 2017.
  - Elle représentait en moyenne environ 60 % du total de la dette publique en 2017.
  - La part de la dette libellée en devises varie entre environ 10 % en Afrique du Sud et 100 % aux Comores et au Zimbabwe.
  - Le recours à l’emprunt en devises expose les pays à la volatilité des taux de change et accroît les risques liés au refinancement et au taux d’intérêt.
- Opportunités et risques :
  - Les conditions favorables du marché extérieur offrent l’occasion d’améliorer la structure des échéances de la dette et d’appliquer d’autres mesures stratégiques de gestion de la dette.
  - Les pays doivent veiller à ne pas emprunter de manière excessive alors que le service de la dette extérieure et les besoins bruts de financement tendent à augmenter.
  - L’offre accrue de financements extérieurs ne doit pas écarter les pays de leurs objectifs budgétaires à moyen terme.
- Sources non traditionnelles et risques :
  - Une part croissante des emprunts provient de sources commerciales, intérieures ou non traditionnelles, exposant davantage les pays aux risques de marché et compliquant les procédures de résolution de la dette.
- Arriérés extérieurs et surendettement :
  - Plusieurs pays, principalement des pays riches en ressources naturelles et en situation fragile, ont accumulé des arriérés extérieurs.
  - À la fin de 2017, six pays étaient considérés comme surendettés : République du Congo, Érythrée, Mozambique, Soudan du Sud, Tchad, Zimbabwe.
  - Pour l’Éthiopie et la Zambie, le risque de surendettement est passé de « modéré » à « élevé ».
  - Les causes du surendettement sont propres à chaque pays, souvent liées à la fragilité ou à un choc très ample sur le prix des principaux produits d’exportation.

### Inflation, politique monétaire et base monétaire
- Inflation régionale :
  - L’inflation annuelle est tombée de 12,5 % en 2016 à un peu plus de 10 % en 2017 ; elle devrait encore diminuer en 2018 en raison de la baisse des prix des denrées alimentaires et du durcissement des politiques monétaires dans les pays exportateurs de pétrole.
- Rôle de la politique monétaire :
  - Angola :
    - Politique monétaire stricte pendant la majeure partie de 2017, contraction de la base monétaire tout au long de l’année à mesure que les réserves internationales nettes diminuaient.
    - Inflation ramenée de 42 % en 2016 à 26,3 % en 2017.
  - Nigéria :
    - Durcissement de la politique monétaire, recours à des opérations d’open-market pour éponger la liquidité excédentaire.
  - CEMAC :
    - BEAC a maintenu une politique monétaire stricte, relevé le taux directeur de 50 points de base en mars 2017 et veillé à un contrôle rigoureux du refinancement des banques.
  - Autres pays confrontés à une inflation élevée ou croissante ont également maintenu une politique monétaire rigoureuse (Kenya).
  - Politique monétaire accommodante observée dans des pays où l’activité économique ou l’inflation ont diminué (Afrique du Sud, Ouganda, Rwanda, Tanzanie).
  - Parfois, l’évolution du taux de change a permis d’adopter une politique monétaire plus accommodante (Rwanda, Zambie).

### Régimes de change et ajustements
- Assouplissement des régimes de change :
  - Angola et Nigéria ont assoupli leurs politiques de change, contribuant à réduire les déséquilibres extérieurs.
  - Angola :
    - En janvier 2018, autorisation d’une dépréciation du kwanza de l’ordre de 40 % par rapport au dollar américain.
    - Écart entre taux de change parallèle et taux officiel ramené de 150 % à 100 %.
  - Nigéria :
    - Établissement en avril 2017 d’une nouvelle fenêtre de change pour les investisseurs et les exportateurs (IEFX).
    - Augmentation des entrées de devises due à la croissance des exportations pétrolières et des entrées de portefeuille.
    - Prime du taux de change sur le marché parallèle ramenée à 20 % début 2018, contre 60 % en février 2017.
- Variations importantes de taux de change observées dans d’autres pays :
  - Dépréciations liées à la dégradation de la conjoncture (République démocratique du Congo, Libéria).
  - Appréciations (Mozambique : renversement partiel d’une forte dépréciation en 2016).

### Systèmes bancaires, prêts improductifs et risque pour la reprise
- Stabilité bancaire :
  - Les systèmes bancaires sont généralement stables et disposent de suffisamment de fonds propres et de réserves de liquidités.
- Prêts improductifs :
  - La proportion de prêts improductifs a grimpé dans la région.
  - Augmentation particulièrement marquée dans les pays riches en ressources naturelles où la morosité économique a entraîné une dégradation de la qualité du crédit (Angola, République du Congo, Mozambique).
  - Les arriérés de l’État ont continué d’affecter le secteur bancaire (Zambie).
- Risque macroéconomique :
  - La multiplication des prêts improductifs menace la reprise.

*Source : chap1f - 1. UNE REPRISE LENTE ET DES DIFFICULTÉS CROISSANTES (PDF).*

### 1. UNE REPRISE LENTE ET DES DIFFICULTÉS CROISSANTES

### 1. UNE REPRISE LENTE ET DES DIFFICULTÉS CROISSANTES

### Prêts improductifs et vulnérabilités du secteur financier
- Les prêts improductifs sont généralement concentrés dans quelques banques (Angola, Nigéria) et, dans certains cas, contractés principalement par des organismes publics (CEMAC).
- Dans les pays tributaires des produits de base, les périodes de repli des cours tendent à aller de pair avec une détérioration du secteur financier, notamment une augmentation des prêts improductifs et du nombre de crises bancaires (FMI, 2015a).
- Recommandations et mesures immédiates :
  - Assainissement rapide des finances publiques.
  - Établissement de sauvegardes pour pallier les problèmes de liquidité dans le secteur bancaire.
  - Amélioration des contrôles de la qualité des actifs.
  - Recapitalisation rapide des banques en difficulté pour préserver la capacité du secteur bancaire à octroyer des prêts au secteur privé.
- Mesures à moyen terme pour encourager le crédit au secteur privé :
  - Renforcement de la transparence dans le secteur des entreprises.
  - Réduction de l’asymétrie de l’information (adoption de normes comptables rigoureuses, établissement de bureaux de crédit et de registres de propriété).
  - Amélioration du cadre de résolution bancaire.

### Décélération du crédit au secteur privé
- En 2017, le taux de croissance du crédit au secteur privé était négatif en termes réels dans de nombreux pays; dans plusieurs cas (Angola, Gabon, Zambie), il l’était également en termes nominaux.
- Facteurs simultanés expliquant la décélération :
  - Facteurs de la demande : secteur privé confronté aux séquelles de la crise.
  - Facteurs de l’offre : faible liquidité (UEMOA), arriérés de l’État (Gabon), forte proportion de prêts improductifs (Angola), effet d’éviction par le secteur public (Zambie), contrôle des taux d’intérêt (Kenya).
- Risque : le ralentissement du crédit au secteur privé menace la reprise, surtout dans les pays où l’espace budgétaire est comprimé par la charge croissante de la dette publique.
- L’État recourant aux banques nationales pour financer l’augmentation de la dette publique risque d’évincer le secteur privé et de nuire à la stabilité bancaire.
- Politiques recommandées pour corriger l’incitation à détenir de la dette souveraine :
  - Rééquilibrage des dispositions fiscales qui incitent à détenir des titres d’État et dissuadent l’octroi de crédit au secteur privé (déductibilité fiscale et exonérations, par exemple).
  - Application de mesures macroprudentielles pour limiter l’exposition à la dette souveraine.
  - Limitation progressive du refinancement des banques commerciales par les banques centrales (FMI, 2017a).

### Positions budgétaires et dynamique de la dette
- Perspectives 2018 :
  - Assainissement des finances publiques attendu dans certains pays pauvres en ressources naturelles via des mesures de mobilisation des ressources (Éthiopie, Lesotho, Mozambique) et des réductions des dépenses primaires courantes (Gambie, Madagascar, Malawi).
  - Niger et Zimbabwe prévoient d’augmenter la mobilisation des recettes et de réduire les dépenses courantes pour dégager des marges en faveur des dépenses d’investissement.
  - Certains pays exportateurs de pétrole devraient voir une amélioration légère des positions budgétaires grâce à la hausse des recettes pétrolières permise par l’augmentation des cours et le regain de production (Nigéria).
- Effet attendu : l’assainissement des finances publiques prévu et l’accélération de la croissance devraient permettre une réduction progressive de la dette à moyen terme.
- Conditions et risques : si l’un de ces facteurs ne se réalise pas, les vulnérabilités liées à la dette pourraient s’aggraver.
- Bonnes pratiques pour assurer la durabilité des assainissements :
  - Surveillance attentive des conséquences distributives des assainissements.
  - Préservation des dépenses prioritaires — caractéristique essentielle des récents programmes du FMI (encadré 1.5).
  - Structure des assainissements privilégiant des multiplicateurs à court terme peu élevés et des réformes budgétaires favorisant la croissance à long terme (FMI, 2015b, 2017b).

### Perspectives pour les pays exportateurs de pétrole
- Malgré les hausses récentes, les cours pétroliers restent trop bas pour équilibrer les budgets de la plupart des pays exportateurs de pétrole.
- Le prix d’équilibre budgétaire du pétrole a diminué entre 2014 et 2017 pour tous les pays exportateurs de pétrole d’Afrique subsaharienne, à l’exception du Gabon et du Nigéria.
- Dans la plupart des cas, ce prix d’équilibre budgétaire reste bien supérieur au prix actuel et au prix projeté du pétrole.
- Explications de la baisse du seuil de rentabilité :
  - Assainissement des finances publiques (réductions des dépenses et augmentations des recettes non pétrolières).
  - Dépréciation réelle par rapport au dollar américain.
- Exceptions :
  - Gabon et Nigéria : relèvement du prix d’équilibre budgétaire dû en partie à la baisse considérable des volumes de production; pour le Gabon, aussi dû à l’augmentation des dépenses publiques en termes réels.
- Note spécifique : pour le Cameroun, le prix d’équilibre budgétaire du pétrole est plus difficile à interpréter, le pétrole ne représentant qu’environ 13 percent des recettes publiques en 2017.

### Principaux risques pesant sur les perspectives
- Risques extérieurs :
  - La normalisation attendue de la politique monétaire des pays avancés pourrait durcir les conditions monétaires pour de nombreux pays d’Afrique subsaharienne, surtout ceux avec une dette publique déjà élevée, et réduire l’offre de financement pour le secteur privé.
  - Le récent afflux d’investissements de portefeuille étrangers pourrait s’inverser.
  - Une croissance plus faible que prévu dans certains pays avancés (par exemple en cas de recrudescence de politiques protectionnistes) ou dans de grands pays émergents, en particulier en Chine, affecterait les prix des produits de base, la demande d’exportations et les entrées d’investissements directs étrangers et autres sources de financement.
- Risques intérieurs :
  - Incertitude politique et problèmes de sécurité continuent de peser lourdement sur les perspectives (élections, transitions politiques pouvant dissuader les réformes, risque de nouveaux dérapages par rapport aux programmes économiques).
  - Conflits internes et coût socioéconomique des déplacements forcés dans certains pays (Burundi, République démocratique du Congo, Soudan du Sud, certaines parties du Sahel).
  - Risque de politiques de repli sur soi si les conditions économiques se dégradent.
- Scénarios alternatifs :
  - Amélioration possible des perspectives si les incertitudes débouchent sur une situation plus favorable à l’activité économique, si le regain de confiance est supérieur aux prévisions, ou si les réformes progressent plus rapidement que prévu (Afrique du Sud, Nigéria).

### Politiques recommandées
- Assurer la stabilité macroéconomique :
  - Politique budgétaire prudente pour freiner l’accumulation de dette publique.
  - Politique monétaire visant à assurer une inflation peu élevée.
  - Renforcement des marges de manœuvre extérieures pour les pays bien placés pour tirer parti d’une accélération de la croissance mondiale.
  - Adaptation des politiques macroéconomiques et des réformes d’appui aux caractéristiques structurelles et à la position conjoncturelle des pays.
- Recommandations spécifiques :
  - Pays exportateurs de pétrole :
    - Poursuivre l’ajustement budgétaire et la diversification économique en profitant du répit offert par la hausse des prix des produits de base.
    - Augmenter les recettes non pétrolières et améliorer l’efficience des dépenses publiques.
    - Éliminer les restrictions de change et les pratiques de taux multiples pour les pays ayant assoupli leur régime de change, et permettre au taux de change de s’adapter aux fondamentaux économiques.
  - Pays importateurs de pétrole :
    - Passer le relais de l’investissement public au secteur privé.
    - Réduire les déséquilibres budgétaires pour assurer une croissance durable à moyen terme.

### Mobilisation des recettes et espace budgétaire
- Besoin : mobilisation accrue de sources de financement durables en raison des besoins gigantesques en infrastructure et développement social et de la hausse des vulnérabilités liées à la dette.
- Potentiel : les pays d’Afrique subsaharienne pourraient mobiliser des recettes fiscales supplémentaires de l’ordre de 3 à 5 percent du PIB dans les années à venir, ce qui dégagerait des moyens pour investir dans les infrastructures et le capital humain (Gaspar et Selassie, 2017).
- Conditions de succès :
  - Mesures de mobilisation des recettes reposant sur une politique fiscale bien conçue, incluant l’élargissement de l’assiette de la TVA et de la fiscalité directe.
  - Mise en œuvre par une administration fiscale compétente.
  - Réformes de l’administration fiscale dans le cadre d’un plan à moyen terme.
  - Amélioration de la gouvernance, lutte contre la corruption et assurance de l’efficience et de la transparence des dépenses publiques pour inciter les contribuables à s’acquitter de leurs impôts.

### Relance des investissements privés et défi du rattrapage
- Constats :
  - La part de l’investissement privé dans le PIB est bien plus faible en Afrique subsaharienne que dans des régions comparables, et ce depuis longtemps.
  - À politiques inchangées, le taux de croissance à moyen terme de la région devrait être largement inférieur aux niveaux observés dans la première décennie des années 2000 et, si la croissance démographique se maintient, inférieur au seuil permettant de relever le niveau de vie.
  - Convergence des revenus difficile à atteindre pour de nombreux pays de la région.
- Priorités pour stimuler l’investissement privé et la convergence :
  - Assurer la stabilité macroéconomique.
  - Renforcer la législation en matière d’insolvabilité.
  - Libéraliser le commerce extérieur.
  - Élargir l’accès au crédit.
  - Investir dans des infrastructures de qualité et une main-d’œuvre qualifiée.
  - Envisager des structures de financement innovantes (partenariats public–privé), en évaluant attentivement les engagements conditionnels pour le secteur public.

_Contenu tiré du chapitre "1. UNE REPRISE LENTE ET DES DIFFICULTÉS CROISSANTES" (PDF fourni)._

### 1. UNE REPRISE LENTE ET DES DIFFICULTÉS CROISSANTES

### 1. UNE REPRISE LENTE ET DES DIFFICULTÉS CROISSANTES

### Tendances de la croissance et diversification des exportations
- Période d’observation et critères d’échantillon : période 1995–2016 ; les pays de l’échantillon présentent un taux de croissance moyen de la production réelle supérieur à 5 % et un taux de croissance du PIB réel par habitant supérieur à 3 %.
- Exclusions notées : l’Angola, le Cabo Verde et la Guinée équatoriale remplissent ces critères, mais l’Angola est exclu parce qu’il est lourdement tributaire des exportations pétrolières, tandis que le Cabo Verde et la Guinée équatoriale sont exclus en raison de la forte volatilité de la croissance de leur production.
- Diversification : de nombreux pays non largement tributaires des ressources naturelles ont progressé dans la diversification des exportations et les transformations structurelles, notamment vers l’industrie manufacturière. Toutefois, les pays exportateurs de produits de base montrent une spécialisation croissante dans les exportations de matières premières.
- Rôle des découvertes de ressources : la découverte d’importants gisements de pétrole explique plusieurs hausses exceptionnellement élevées du PIB par habitant (Angola, Guinée équatoriale, Nigéria, Tchad).
- Exemples de croissance soutenue sans dépendance exclusive aux ressources : Burkina Faso, Éthiopie, Ghana, Rwanda et Tanzanie ont atteint des taux de croissance relativement élevés depuis la moitié des années 90, et leur croissance élevée et prolongée ne découlait pas uniquement de l’exploitation des ressources naturelles.

### Déterminants et conditions d’une croissance soutenue
- Facteurs communs associés à la croissance en Afrique subsaharienne : amélioration des politiques et de la stabilité macroéconomiques ; renforcement des institutions ; niveau d’investissement élevé dans le capital physique et humain ; utilisation efficace de l’aide étrangère ; développement des marchés financiers.
- Environnement extérieur et politiques requises : maintien de la croissance lié à un environnement extérieur favorable (termes de l’échange ou conditions financières mondiales favorables), qualité des institutions, gestion saine des finances publiques évitant l’accumulation excessive de dette, politique monétaire ciblant un taux d’inflation peu élevé, politiques commerciales tournées vers l’extérieur, et politiques macrostructurelles visant à réduire les distorsions des marchés nationaux.
- Nécessité d’une stratégie de diversification adaptée à chaque pays pour tirer parti des points forts existants et pour donner au secteur privé les moyens de se développer.
- Risques contemporains affectant la transposabilité des modèles de croissance : robotisation rapide du secteur manufacturier et risque d’une vague de politiques isolationnistes, qui compliqueraient la compétitivité dans le secteur manufacturier.
- Mesures recommandées pour stimuler la productivité et l’activité privée : recenser et supprimer les obstacles et distorsions entravant l’activité privée ; améliorer le climat des affaires par des réformes qui améliorent la gouvernance, développent les marchés financiers et contribuent à la libéralisation des échanges.

### Défi démographique et transformation structurelle
- Dividende démographique : les tendances prévoient une augmentation rapide de la population en âge de travailler et une transition démographique.
- Besoin d’emplois : pour tirer parti du dividende, les pays d’Afrique subsaharienne devraient créer environ 18 millions d’emplois par an jusqu’en 2035.
- Politique requise : adopter des politiques mûrement réfléchies pour promouvoir une transformation structurelle progressive permettant de réaffecter à des activités plus productives des ressources actuellement consacrées au secteur informel de faible productivité.

### Progrès sociaux et limites de la croissance
- Avancées sociales associées à la croissance 2000–2014 :
  - Taux de sous-alimentation ramené de 25 % à 20 % de la population.
  - Taux de pauvreté ramené de 60 % à 40 %.
  - Taux de scolarisation a augmenté de 60 %.
- Limite : une accélération durable de la croissance, bien que nécessaire, ne suffira pas à elle seule à relever le niveau de vie et à permettre les progrès sociaux souhaités.

### Encadré 1.1 — Insécurité grandissante dans la région du Sahel
- Contexte et ampleur :
  - Région du Sahel : sous-région de 150 millions d’habitants confrontée à des taux de pauvreté élevés, des vulnérabilités liées au changement climatique et de graves pénuries en capital physique et humain.
  - Coûts humains : environ 30 millions de personnes vivent dans l’insécurité alimentaire et 5 millions sont réfugiées ou déplacées dans leur propre pays.
  - Incidence du terrorisme : plus de la moitié des attaques dont a été victime l’Afrique subsaharienne ont été perpétrées dans la région du Sahel ; le terrorisme y est beaucoup plus présent que dans d’autres régions (à l’exception du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord).
  - Évolution récente : en 2017, le nombre d’attaques terroristes de l’ensemble des pays du Sahel a pour la première fois dépassé celui dont a été victime le Nigéria.
- Causes et canaux de propagation : effondrement du gouvernement libyen en 2011 contribuant à l’armement de groupes militants ; attaques djihadistes traversant les frontières (Mali, Niger, Tchad, nord du Cameroun ; Boko Haram).
- Effets macroéconomiques et budgétaires :
  - Hausse des dépenses militaires et sécuritaires ; hausse de la part des dépenses militaires dans l’ensemble des dépenses publiques.
  - Baisse considérable des recettes fiscales dans certains pays producteurs de produits de base en raison de la chute des cours du pétrole et de l’uranium.
  - Difficultés d’accroissement des recettes intérieures hors ressources naturelles en raison du ralentissement économique et des perturbations commerciales (ex. : baisse des recettes douanières au Niger).
- Effets sur le climat des affaires et l’aide extérieure :
  - Détérioration du climat des affaires : hausse du coût des affaires dans la plupart des pays du Sahel.
  - Soutien des partenaires au développement en baisse.
- Principales réponses recommandées :
  - Renforcer la mobilisation des recettes intérieures.
  - Améliorer la gouvernance et accroître l’efficience de l’investissement public.
  - Poursuivre les priorités de développement (sécurité, programmes sociaux, infrastructures) via la création de marges de manœuvre budgétaires.
  - Mettre en place une riposte globale : intensification prolongée, bien adaptée et coordonnée des opérations sécuritaires, tout en tenant compte du poids des coûts budgétaires sur la réalisation des objectifs de développement durable.

### Encadré 1.2 — Retombées régionales : renforcement des liens intra-régionaux
- Constat général : après presque 20 ans de dynamisme, la croissance de l’Afrique subsaharienne a nettement ralenti à partir de la mi-2014 et a atteint son plus faible niveau en 2016 ; la reprise reste hétérogène, avec une croissance atone dans certaines grandes économies (Nigéria, Afrique du Sud).
- Canal commercial :
  - Commerce intrarégional : représentait 6 % du total des exportations en 1980 et a atteint 20 % en 2016.
  - Moteurs : croissance moyenne plus rapide en Afrique subsaharienne et accords commerciaux sous-régionaux réduisant les obstacles tarifaires.
  - Contraintes : infrastructures et liaisons de transport déficientes, régimes règlementaires inadaptés, commerce informel omniprésent.
  - Concentration de la demande régionale : 10 pays représentent 65 % de la demande totale d’exportations intrarégionales.
  - Effet empirique estimé : effet de 0,11 % sur la croissance du PIB d’un pays pour chaque point de pourcentage de croissance de ses partenaires commerciaux (Arizala et al., 2018).
- Canal financier et bancaire :
  - Banques panafricaines et sous-régionales : deuxième canal de transmission d’effets de contagion.
  - Concentration : groupes bancaires basés en Afrique du Sud, au Nigéria et au Togo détiennent la totalité des actifs bancaires panafricains et environ 70 % des actifs bancaires sous-régionaux.
  - Mécanismes de transmission : partage des dépôts, prêts syndiqués, liens de réputation entre maisons mères et filiales ; corrélation entre taux de croissance des pays des maisons mères et croissance du crédit dans les pays d’accueil.
- Canal des envois de fonds :
  - Importance croissante des envois de fonds intrarégionaux : contribution des envois de fonds régionaux passée à un tiers du total en 2015.
  - Concentration de l’origine : cinq principaux pays d’origine constituent 55 % du total des sorties de fonds.
  - Exposition : certains pays bénéficiaires sont fortement exposés aux entrées de fonds ; effets sur la croissance d’une force comparable à ceux transmis par les partenaires commerciaux (Arizala et al., 2018).
  - Conséquence : les pays d’Afrique de l’Ouest peuvent anticiper une augmentation des envois de fonds en provenance de pays à croissance rapide déjà sources importantes (ex. : Côte d’Ivoire, Ghana).
- Obstacles à l’intégration : échanges régionaux demeurent faibles par rapport aux pays avancés en raison surtout des infrastructures, de la réglementation et du commerce informel.

*Source : services du FMI.*

### 1. UNE REPRISE LENTE ET DES DIFFICULTÉS CROISSANTES

### 1. UNE REPRISE LENTE ET DES DIFFICULTÉS CROISSANTES

### Encadré 1.3 — Accord sur la Zone de libre-échange continentale pour l’Afrique : principales caractéristiques
- Date de signature : 21 mars 2018.
- Objectif d’adhésion : regrouper l’ensemble des 55 pays africains.
- PIB global représenté : environ 2.200 milliards de dollars (d’après la base de données des Perspectives de l’économie mondiale du FMI).
- Population couverte : plus de 1 milliard d’habitants.
- Condition d’entrée en vigueur : ratification par au moins 22 des pays membres de l’Union africaine.
- Origines et relais institutionnels : s’appuie sur les négociations de la Zone tripartite de libre-échange (TFTA) — SADC, COMESA, CAE — et vise à tirer parti du niveau d’intégration atteint par les communautés économiques régionales (CER).
- Quatre objectifs affichés :
  - mettre en place une union douanière continentale;
  - développer les échanges intra-africains;
  - résoudre les problèmes liés aux adhésions multiples à des CER;
  - stimuler la compétitivité.

### Portée de la phase I et calendrier
- Contenu de la phase I : cadre pour la libéralisation des échanges de biens et de services, mécanisme de règlement des différends.
- Commerce des biens : élimination des droits de douane sur 90 percent des catégories de produits.
- Traitement des 10 percent restants : possibilité d’application d’une baisse des droits de douane sur une période plus longue pour les biens critiques ou de maintien du même niveau d’imposition pour les produits exclus.
- Commerce des services : libéralisation selon une méthode des demandes et offres dans sept secteurs prioritaires — logistique et transport, services financiers, tourisme, services professionnels, services énergétiques, BTP et communication.
- Phase II (négociations distinctes, devant débuter fin 2018) : politique de la concurrence, investissement et droits de propriété intellectuelle.

### État actuel du commerce intra-africain (faits clés)
- Part des échanges intra-africains en 2016 : 18 percent du total des échanges de l’Afrique.
- En 2015, part des produits manufacturés dans les exportations de l’Afrique vers le reste du monde : 19 percent.
- Commerce intra-africain dominé par : produits manufacturés, services financiers et services de détail.
- Barrières tarifaires : droit moyen appliqué à la nation la plus favorisée des pays africains en 2016 : 14,5 percent (environ le double de celui appliqué aux pays de l’Union européenne).
- Droit maximal en Afrique subsaharienne (tous produits confondus) : avoisinait les 400 percent.
- Tarif moyen simple pour tous les produits : légèrement inférieur à 10 percent.
- Lignes tarifaires exonérées (articles en franchise de droits) : 28⅓ percent de l’ensemble des lignes tarifaires.
- Graphique (résumé) : les niveaux d’échanges intracommunautaires les plus élevés en 2016 provenaient de la SADC et de la CAE (plus de 20 percent du total pour ces groupements).

### Avantages potentiels de la ZLECAf (résultats d’études citées)
- Mevel et Karingi (2012) : l’élimination de tous les obstacles tarifaires et une réduction de 50 percent des obstacles non tarifaires pourraient augmenter les échanges entre pays africains d’environ 130 percent en cinq ans.
- Chauvin et al. (2016) : ces changements, assortis de progrès en matière de facilitation des échanges, pourraient accroître le PIB des pays africains de 5 points de pourcentage en 15 ans.
- Anderson et al. (2015) : l’interaction dynamique entre la croissance et la formation du capital peut augmenter les avantages statiques de la libéralisation du commerce de plus de 60 percent.
- Effet d’une union douanière continentale (Mevel et Karingi, 2012) : pourrait augmenter les échanges de l’Afrique subsaharienne avec le reste du monde de 4 percent en cinq ans.
- Distribution des bénéfices : il est peu probable que les avantages soient uniformes; activité susceptible de se déplacer vers les parties du continent où les coûts sont plus faibles.
- Mesures compensatoires nécessaires : formation des travailleurs et autres politiques pour garantir un redéploiement sans heurt de la main-d’œuvre et du capital.
- Perte de recettes : l’élimination des droits de douane entraînera des pertes de recettes tarifaires importantes, d’où la nécessité d’accélérer le recouvrement des recettes intérieures.

### Obstacles non tarifaires et besoins d’infrastructure
- Déficit d’infrastructures et climat des affaires à améliorer pour tirer pleinement parti de la ZLECAf.
- Indicateurs montrant des performances inférieures en Afrique (comparaisons régionales) : qualité des ports, transport aérien, efficience des infrastructures.
- Importance de la réduction des coûts des transports terrestres, compte tenu de la configuration géographique du continent, pour encourager le commerce intrarégional.
- Efficience des douanes et procédures administratives du commerce international : notées comme faibles.
- Progrès possibles selon la Banque mondiale : réduction du coût et des délais pour créer une nouvelle entreprise.
- Profondeur des marchés et inclusion financière : plus faibles en Afrique, rendant essentiel l’accès au crédit commercial et bancaire pour créer ou élargir des entreprises.

### Tableau 1.3.1 — Extraits chiffrés (comparaisons régionales ; valeurs telles que dans la source)
- Trafic portuaire de conteneurs (WDI) : Afrique 0,09 ; Afrique subsahar. 0,07 ; Pays avancés 0,75 ; Amérique du Nord 0,11 ; Amérique du Sud 0,12 ; Amérique centrale 0,38 ; Asie 0,65.
- Passagers aériens, par habitant (WDI) : Afrique 0,23 ; Afrique subsahar. 0,25 ; Pays avancés 2,61 ; Amérique du Nord 1,61 ; Amérique du Sud 1,43 ; Amérique centrale 0,93 ; Asie 1,18.
- Qualité des infrastructures portuaires (1 = faible à 7 = élevée) (WDI) : Afrique 3,64 ; Afrique subsahar. 3,64 ; Pays avancés 5,35 ; Amérique du Nord 5,21 ; Amérique du Sud 3,65 ; Amérique centrale 4,15 ; Asie 4,17.
- Indice de connectivité de la navigation de ligne (WDI) : Afrique 14,38 ; Afrique subsahar. 12,72 ; Pays avancés 50,64 ; Amérique du Nord 58,5 ; Amérique du Sud 12,4 ; Amérique centrale 16,36 ; Asie 35,11.
- Note de l’efficience des infrastructures (LPI) : Afrique 2,32 ; Afrique subsahar. 2,34 ; Pays avancés 3,75 ; Amérique du Nord 3,73 ; Amérique du Sud 2,56 ; Amérique centrale 2,43 ; Asie 2,92.
- Note de l’efficience des douanes (LPI) : Afrique 2,35 ; Afrique subsahar. 2,39 ; Pays avancés 3,58 ; Amérique du Nord 3,53 ; Amérique du Sud 2,52 ; Amérique centrale 2,5 ; Asie 2,88.
- Note de l’efficience de la navigation internationale (LPI) : Afrique 2,52 ; Afrique subsahar. 2,52 ; Pays avancés 3,56 ; Amérique du Nord 3,42 ; Amérique du Sud 2,76 ; Amérique centrale 2,81 ; Asie 3,01.
- Note du respect des délais (LPI) : Afrique 2,87 ; Afrique subsahar. 2,86 ; Pays avancés 4,09 ; Amérique du Nord 3,88 ; Amérique du Sud 3,21 ; Amérique centrale 3,13 ; Asie 3,44.
- Note de l’efficience globale de la logistique (LPI) : Afrique 2,49 ; Afrique subsahar. 2,51 ; Pays avancés 3,74 ; Amérique du Nord 3,68 ; Amérique du Sud 2,77 ; Amérique centrale 2,69 ; Asie 3,05.
- Bureaucratie douanière (1 = inefficiente à 7 = efficiente) (WDI) : Afrique 3,6 ; Afrique subsahar. 3,65 ; Pays avancés 4,6 ; Amérique du Nord 3,5 ; Amérique du Sud 3,7 ; Amérique centrale 4,3.
- Délais d’exportation (jours) (DB) : Afrique 29,3 ; Afrique subsahar. 30,9 ; Pays avancés 10,2 ; Amérique du Nord 9,8 ; Amérique du Sud 19,8 ; Amérique centrale 15,4 ; Asie 20.
- Délais d’importation (jours) (DB) : Afrique 36,4 ; Afrique subsahar. 38,5 ; Pays avancés 9,3 ; Amérique du Nord 8,7 ; Amérique du Sud 24 ; Amérique centrale 31,5 ; Asie 21,6.
- Coût de l’exportation (dollars par conteneur) (DB) : Afrique 2.149 ; Afrique subsahar. 2.302 ; Pays avancés 1.054 ; Amérique du Nord 1.395 ; Amérique du Sud 1.809 ; Amérique centrale 1.181 ; Asie 1.026.
- Coût de l’importation (dollars par conteneur) (DB) : Afrique 2.819 ; Afrique subsahar. 3.056 ; Pays avancés 1.102 ; Amérique du Nord 1.570 ; Amérique du Sud 2.020 ; Amérique centrale 1.329 ; Asie 1.092.
- Création d’une entreprise (jours) (DB) : Afrique 31,2 ; Afrique subsahar. 33,3 ; Pays avancés 11,2 ; Amérique du Nord 6,5 ; Amérique du Sud 7,2 ; Amérique centrale 6,93 ; Asie 0,5.
- Création d’une entreprise (coût en % du revenu par habitant) (DB) : Afrique 69,77 ; Afrique subsahar. 44 ; Pays avancés 4,17 ; Amérique du Nord 7,22 ; Amérique du Sud 739,8 ; Amérique centrale 24,1.

### Recommandations implicites et priorités de politique publique
- Combler le déficit d’infrastructures (ports, transport terrestre, transport aérien) pour réduire les coûts et délais du commerce intrarégional.
- Améliorer l’efficience des douanes et des procédures administratives du commerce international.
- Renforcer le climat des affaires : réduire le coût et les délais pour créer une entreprise.
- Développer la profondeur des marchés et l’inclusion financière pour faciliter l’accès au crédit commercial et bancaire.
- Mettre en place des mesures compensatoires (formation professionnelle, politiques actives du marché du travail) pour atténuer les effets différenciés de la libéralisation sur certains groupes.
- Accélérer les progrès en matière de recouvrement des recettes intérieures pour compenser les pertes tarifaires attendues après l’élimination des droits de douane.

*Encadré 1.3 rédigé par Paolo Cavallino, Nana Hammah, Garth Nicholls et Hector Perez‑Saiz.*

### 1. UNE REPRISE LENTE ET DES DIFFICULTÉS CROISSANTES

### 1. UNE REPRISE LENTE ET DES DIFFICULTÉS CROISSANTES

### Stabilisation macrofinancière et actions récentes
- La forte baisse du cours du pétrole avait permis de maintenir les dépenses publiques bien au-delà du niveau compatible avec la stabilité interne et, conjuguée au resserrement non contrôlé de l’agrégat monétaire et à la proportion élevée d’importations dans les dépenses d’infrastructure, ces avances ont causé de nouvelles pressions à la baisse sur les réserves extérieures.
- L’élimination fin 2017 de nouveaux crédits de la banque centrale à tout État a été une étape décisive pour le rétablissement de la discipline budgétaire et monétaire de la région.
- En 2018, la banque centrale poursuivra ses efforts de modernisation du cadre des opérations de la politique monétaire en vue de l’ancrer sur le taux directeur (plutôt que sur les agrégats monétaires), comme objectif intermédiaire, et, à terme, de renforcer son mécanisme de transmission.

### Plan d’action de la BEAC (Banque des États de l’Afrique Centrale)
- Objectifs opérationnels et mesures prévues :
  1) simplifier ses instruments de politique monétaire,
  2) fonder sa gestion des liquidités sur des projections de facteurs autonomes,
  3) renforcer les règles relatives aux réserves obligatoires,
  4) ajuster le cadre de garantie,
  5) mettre sur pied un dispositif de liquidité d’urgence.
- Actions complémentaires : appui au développement des marchés financiers, notamment en favorisant la création de bases de données sur le secteur financier (information financière, incidents de paiement et risques de crédit) et d’un bureau de crédit.

### Renforcement du contrôle bancaire régional
- L’autorité régionale de contrôle bancaire a adopté un plan d’action visant à accroître l’efficacité du contrôle bancaire :
  - aider les banques à remédier aux prêts improductifs élevés (clarification et meilleure application des règles de provisionnement),
  - renforcer l’exécution de certaines réglementations prudentielles (notamment règles relatives à la concentration du risque et aux prêts entre parties liées),
  - procéder à la résolution de banques en difficulté.
- Poursuite de la mise en œuvre d’un contrôle basé sur les risques via le plan stratégique de l’autorité de contrôle.

### Réformes structurelles recommandées
- Les politiques de stabilisation doivent être complétées par des réformes structurelles pour garantir une croissance plus inclusive et durable sur le moyen terme.
- Mesures du programme régional de réformes économiques et financières pour réduire la dépendance aux recettes pétrolières et connexes :
  - Amélioration du climat des affaires :
    1) mise en place de tribunaux de commerce pour faciliter le règlement des litiges commerciaux,
    2) établissement de guichets uniques pour réduire le temps et les fonds nécessaires pour créer une entreprise,
    3) création de pépinières pour favoriser la création d’entreprises grâce au partage de meilleures pratiques.
  - Mesures pour approfondir l’intégration régionale :
    1) réviser le code des douanes pour harmoniser et réduire les exonérations douanières,
    2) mettre pleinement en application le tarif extérieur commun,
    3) garantir la liberté d’entreprendre.
  - Nécessité d’améliorer la gouvernance, la transparence budgétaire et la gestion des finances publiques.
- Effet attendu : mettre en œuvre toutes ces réformes tout en améliorant la confiance des investisseurs grâce à une stabilisation macroéconomique durable permettrait d’engendrer une reprise progressive de la croissance du PIB non pétrolier dans la CEMAC, qui atteindrait 4,8 % en 2021.

### Encadré 1.5 — Protection des dépenses sociales dans les programmes soutenus par le FMI
- Depuis 2009, presque tous les programmes soutenus par le FMI dans les pays d’Afrique subsaharienne comportent des objectifs quantitatifs ou des repères structurels pour préserver ou augmenter les dépenses sociales, principalement en faveur de la santé, de l’éducation et de la protection sociale.
- Architecture et instruments :
  - La nouvelle architecture des facilités du FMI adoptée en 2009 a pour but explicite d’aider les pays à faible revenu à atteindre un équilibre macroéconomique stable et pérenne, permettant de réduire la pauvreté et d’accélérer la croissance.
  - Tous les instruments (facilité élargie de crédit, facilité de crédit de confirmation, facilité de crédit rapide et instrument de soutien à la politique économique) sont censés appuyer les politiques en faveur de la protection des dépenses sociales et d’autres dépenses prioritaires.
- Données et résultats observés :
  - Entre 2006 et 2009, près de 50 % des programmes approuvés au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance ont été assortis d’un plancher de dépenses sociales.
  - Depuis 2009, près de 90 % des programmes appuyés par le FMI approuvés pour les pays à faible revenu (dont 95 % pour des pays d’Afrique subsaharienne) comportent un tel plancher.
  - Certains programmes ont inclus des sauvegardes plus robustes (exclure les dépenses sociales des cibles de déficit ou permettre d’ajuster la cible pour accroître l’enveloppe des dépenses sociales).
  - Les planchers quantitatifs ont souvent été fixés en prenant uniquement en compte les dépenses sociales et autres dépenses prioritaires financées sur ressources intérieures.
  - Les planchers de dépenses sociales ont été respectés dans plus de deux tiers des programmes.
  - D’après un échantillon de pays, la part des dépenses sociales protégée par ces planchers a augmenté d’environ 2,5 points de pourcentage entre 2010 et 2017 (d’une moyenne d’environ 23,5 % à une moyenne de 26 %) et d’environ un point de pourcentage de PIB (d’une moyenne de 6 % à une moyenne de 7 %).
- Types de dépenses protégées : dépenses en matière de santé, d’éducation et de protection sociale (allocations pour enfants, prestations de maternité, allocations pour les femmes et les personnes âgées, allocations chômage des jeunes, transferts de sécurité sociale). Dans certains cas, dépenses protégées destinées à des projets indirects de réduction de la pauvreté (agriculture, électrification rurale, assainissement, égalité femmes–hommes, environnement).

### Annexe 1.1 — Prix d’équilibre budgétaire du pétrole : définition et décomposition
- Définition : le prix d’équilibre budgétaire du pétrole est une mesure standard utilisée pour évaluer la vulnérabilité budgétaire dans les pays exportateurs de pétrole ; c’est une mesure approximative du prix que le pétrole doit atteindre pour équilibrer le budget.
- Formulation : le prix d’équilibre budgétaire du pétrole est défini comme le solde budgétaire hors pétrole divisé par le nombre de barils de pétrole alloués à l’État (que l’on obtient en divisant les recettes budgétaires issues du pétrole par le prix du pétrole).
- Interprétation : suppose que les recettes non pétrolières ne dépendent pas du prix du pétrole et que la relation entre les recettes budgétaires issues du pétrole et le prix du pétrole est linéaire.
- Décomposition proposée : nouvelle méthode pour étudier la contribution de divers facteurs à la dynamique du prix d’équilibre budgétaire du pétrole, qui permet d’indiquer dans quelle mesure la dépréciation du taux de change réel et l’assainissement des finances publiques contribuent aux variations du prix d’équilibre.
- Variables et notation : le solde budgétaire hors pétrole exprimé en unités de monnaie nationale est noté S hors pétrole, e représente le taux de change nominal par rapport au dollar, p est le déflateur du PIB du pays exportateur étudié, et p* est le déflateur du PIB américain (ou indice des prix à la consommation des États-Unis) utilisé pour convertir en dollars constants.
- Résultat clé en termes de variation logarithmique : la variation logarithmique du prix d’équilibre budgétaire du pétrole en dollars constants est égale à la somme de la variation logarithmique du taux de change réel par rapport au dollar (dépréciation), de la variation logarithmique du solde budgétaire hors pétrole exprimé en unités de monnaie nationale constante (assainissement des finances publiques) et d’une composante reflétant la contribution des variations du volume d’exportations de pétrole (en logarithmes) et/ou des variations du barème de la fiscalité pétrolière.

_Extrait : chap1f - 1. UNE REPRISE LENTE ET DES DIFFICULTÉS CROISSANTES (PDF)._

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/afr/2018/may/pdf/french/chap1f.pdf_
