## Résumé analytique

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### Une reprise lente et des difficultés croissantes
- Croissance régionale :
  - Le taux de croissance moyen de la région devrait passer de 2,8 % en 2017 à 3,4 % en 2018.
  - À politiques inchangées, le taux de croissance pour la région ne devrait pas dépasser 4 % à moyen terme, soit à peine 1 % en termes de croissance par habitant.
- Facteurs provisoirement favorables :
  - Amélioration due à une croissance mondiale plus forte, à la progression des prix des produits de base et à l’amélioration de l’accès aux marchés.
- Vulnérabilités et déséquilibres :
  - Les déséquilibres extérieurs se sont réduits, mais l’assainissement des finances publiques donne des résultats mitigés.
  - Environ 40 % des pays à faible revenu de la région sont surendettés ou présentent un risque élevé de le devenir.
  - Les pays exportateurs de pétrole subissent encore les effets de la plus forte baisse des cours pétroliers depuis 1970, avec un taux de croissance bien inférieur aux tendances passées et un endettement en hausse.
  - Dans plusieurs pays (riches ou pauvres en ressources naturelles) ainsi que dans certains États fragiles, la croissance se maintient à 6 % ou au-delà.
  - L’économie de l’Afrique du Sud et du Nigéria tourne en dessous de la normale, pesant fortement sur la croissance régionale.
- Risques à moyen terme :
  - Le regain de croissance des pays avancés devrait s’essouffler.
  - Les conditions d’emprunt pour les marchés pré-émergents de la région devraient devenir moins favorables à mesure que la politique monétaire des États-Unis se normalise, coïncidant possiblement avec des besoins de refinancement accrus.
- Recommandations générales :
  - Contenir la dette publique par une politique budgétaire prudente.
  - La politique monétaire doit privilégier une inflation peu élevée.
  - Poursuivre des réformes pour réduire les distorsions du marché, promouvoir un environnement propice à l’investissement privé et renforcer la mobilisation des recettes.
  - Protéger les dépenses sociales même en période d’assainissement des finances publiques.
- Priorités par type de pays :
  - Pays exportateurs de pétrole :
    - Poursuivre l’ajustement budgétaire et la diversification économique.
    - Profiter du rebond des cours des produits de base pour augmenter les recettes non pétrolières et accroître l’efficience des dépenses publiques.
    - Éliminer les restrictions de change et les pratiques de taux multiples pour permettre au taux de change de s’adapter aux fondamentaux.
  - Pays importateurs de pétrole :
    - Passer le relais de l’investissement public au secteur privé.
    - Réduire les déséquilibres budgétaires pour atténuer les vulnérabilités résultant d’une forte hausse de l’endettement liée aux dépenses publiques d’investissement.
- Incertitudes politiques et conflits :
  - Le rebond des cours pétroliers, l’approche des élections et les transitions politiques pourraient dissuader des réformes et engendrer des dérapages.
  - Des conflits internes de longue durée persistent dans plusieurs pays, avec des conséquences humanitaires importantes.
  - Les perspectives pourraient s’améliorer sensiblement si le climat des affaires se renforce, que les incertitudes politiques se lèvent et que les pays progressent sur la voie de la stabilisation macroéconomique.

### Mobilisation des recettes fiscales en Afrique subsaharienne : quelles sont les possibilités ?
- Situation et potentiel :
  - Malgré des progrès depuis vingt ans, l’Afrique subsaharienne demeure la région où le ratio recettes/PIB reste le plus faible.
  - La région pourrait accroître, en moyenne, ses recettes fiscales de quelque 3 % à 5 % du PIB.
  - Ce potentiel est nettement supérieur aux montants reçus chaque année de l’aide au développement international.
- Mesures pour accroître les recettes :
  - Renforcer les régimes de TVA.
  - Rationaliser les exonérations.
  - Élargir l’assiette de l’impôt sur le revenu.
  - Développer de nouvelles sources d’imposition, telles que l’impôt foncier.
  - Exploiter les nouvelles technologies pour faciliter l’accès à des informations plus fiables.
- Stratégies institutionnelles et administratives :
  - Importance de stratégies à moyen terme pour renforcer les composantes de base d’une administration fiscale efficace.
  - Modernisation des procédures administratives et élargissement de l’assiette fiscale.
  - Convaincre l’opinion publique de la nécessité des réformes en s’engageant de façon crédible à améliorer la gouvernance et la transparence.
  - La mobilisation des recettes doit se poursuivre pendant des années avant de donner des résultats durables.

### Redynamiser la croissance par l’investissement privé
- Diagnostic :
  - L’investissement privé en Afrique subsaharienne est bien plus faible que partout ailleurs, alors que l’investissement public est comparable à d’autres régions.
  - Les décisions d’investissement des sociétés privées sont guidées avant tout par la vigueur de l’activité économique, observée ou escomptée.
- Réformes favorables à l’investissement privé :
  - Renforcement du cadre réglementaire et de la législation en matière d’insolvabilité.
  - Libéralisation des échanges.
  - Développement des marchés financiers.
- Instruments et vecteurs alternatifs :
  - Partenariats public–privé (PPP) :
    - Très courants dans la région.
    - Nécessité de gérer attentivement les risques et d’adopter des cadres institutionnels et juridiques pour évaluer et maîtriser les passifs conditionnels.
  - Zones économiques spéciales (ZES) :
    - Peuvent attirer des investisseurs, mais donnent de meilleurs résultats quand elles sont intégrées aux entreprises nationales et aux stratégies de développement national et régional.
  - Mécanismes pour attirer les investissements directs étrangers (IDE).
- Rôle d’initiatives internationales :
  - Initiatives récentes telles que le Pacte du G-20 avec l’Afrique et les nouvelles Routes de la soie pourraient soutenir l’investissement privé en encourageant des réformes institutionnelles favorables aux IDE et aux PPP.

*Source : Résumé analytique de l’édition d’avril 2018 des Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne (PER).*

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