## 2. Flux de capitaux vers l’Afrique subsaharienne : causes et conséquences

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### Évolution des mouvements de capitaux — tendances générales
- Les flux nets de capitaux non officiels vers l’Afrique subsaharienne :
  - 4 milliards de dollars (années 80–90) → 25 milliards de dollars en 2007 → environ 60 milliards de dollars en 2017.
- Rapportés au PIB :
  - 3 % du PIB (pointe 2015–2017) ; comparatif pays émergents : environ 2 % du PIB.
- Flux de capitaux de non-résidents (engagements) :
  - 70 milliards de dollars en 2007 → 113 milliards de dollars en 2017.
- Stocks et structure :
  - engagements extérieurs multipliés par 5 depuis 2000; stock de la dette extérieure plus que doublé.
  - part de la dette à court terme dans la dette extérieure totale : environ 8 % (début des années 2000) → 14 % (ces dernières années).
  - dette publique en part de la dette extérieure totale (2017) : environ 80 %.
- Composition :
  - l’IDE demeure le premier type de flux de capitaux de non-résidents, bien que les flux d’investissements de portefeuille (en particulier en titres de créance) aient notablement gonflé.

### Destinataires et composition des flux
- Redistribution géographique :
  - depuis la crise financière mondiale, la part des flux reçus par les pays pauvres en ressources naturelles (essentiellement des pays à faible revenu) s’est accrue.
  - Côte d’Ivoire, Éthiopie, Kenya et Maurice : destinations préférées, recevant au total plus de 40 % des afflux entre 2015 et 2017.
- Sorties des résidents :
  - se concentrent dans les catégories des investissements directs et des autres investissements; Maurice notable en tant que place financière internationale.
- Données et erreurs :
  - erreurs et omissions dans les balances des paiements bien plus nombreuses depuis 2005, en particulier de la part des exportateurs de pétrole.

### Volatilité des flux
- Tendances générales :
  - volatilité accrue au cours des deux dernières décennies, plus marquée pour les flux de non-résidents que pour les flux de résidents.
  - globalement, les flux de capitaux de non-résidents sont plus volatils; parmi les catégories, les « autres investissements », puis l’IDE, ont été les plus volatils.
- Nature de la volatilité de l’IDE :
  - résulte davantage d’une réduction de ces flux que de leur inversion : probabilité la plus faible d’observer des flux négatifs après des flux positifs concerne l’IDE; la plus forte concerne les autres investissements et les investissements de portefeuille en titres de créance.
- Destinations :
  - flux les plus volatils à destination des pays exportateurs de pétrole.
- Comparaison régionale :
  - flux de non-résidents et de résidents vers l’Afrique subsaharienne généralement plus instables que les flux vers les pays émergents.

### Moteurs des flux de capitaux (facteurs mondiaux et intérieurs)
- Facteurs mondiaux importants :
  - taux d’intérêt américains (rendement des obligations du Trésor à dix ans) et prix des produits de base.
- Effets chiffrés :
  - baisse de 100 points de base du rendement nominal des obligations du Trésor à dix ans → augmentation des flux nets d’environ 0,2 % à 0,4 % du PIB.
  - effet d’une baisse de 100 points de base du rendement des obligations du Trésor américain sur les flux de capitaux de non-résidents : environ 0,3 % à 0,5 % du PIB.
  - hausse de 10 % de l’indice des prix mondiaux des produits de base → augmentation des flux de capitaux de non-résidents d’environ 0,2 % à 0,3 % du PIB.
- Importance par type de flux :
  - taux d’intérêt américains et prix des produits de base influent davantage sur l’IDE entrant.
  - volatilité des marchés mondiaux exerce un effet statistiquement plus fort sur les investissements de portefeuille étrangers.
  - baisse de 100 points de base entraîne ≈ 0,2 % du PIB d’IDE et ≈ 0,03 % du PIB pour les investissements de portefeuille étrangers.
- Facteurs intérieurs favorisant les entrées :
  - croissance économique vigoureuse (croissance réelle du PIB), PIB réel par habitant plus élevé, plus grande ouverture commerciale, institutions de meilleure qualité.
  - une dette extérieure plus importante attire moins les capitaux de non-résidents.

### Facteurs influençant la survenue des afflux massifs et leur inversion
- Taux d’intérêt américain :
  - hausse de 100 points de base autour de la médiane :
    - abaisse la probabilité d’un épisode d’afflux massifs d’environ 2 points de pourcentage ;
    - augmente la probabilité d’une inversion importante de 2 points.
  - probabilité inconditionnelle d’afflux massifs et d’inversion dans l’échantillon estimé : environ 20 %.
- Prix mondiaux des produits de base :
  - détermine largement la probabilité d’un afflux massif dans les pays subsahariens ;
  - n’a d’effet statistiquement significatif que sur la probabilité d’une inversion dans les pays riches en ressources.
- Volatilité des marchés mondiaux (VIX) :
  - choc d’un écart-type diminue les flux de portefeuille d’environ 0,1 % du PIB, sans effet statistiquement significatif sur l’IDE (mention initiale).
  - volatilité a un effet statistiquement atténué sur la survenue d’épisodes d’afflux massifs et d’inversion comparé aux pays émergents.
- Facteurs intérieurs :
  - croissance du PIB réel plus soutenue, institutions de meilleure qualité et régime de change plus souple augmentent la probabilité d’afflux massifs et diminuent celle d’une inversion soudaine ; contrairement aux marchés émergents, les pays à régime de change plus souple dans la région ont plus de chances de bénéficier d’afflux massifs.

### Le cycle financier mondial et la sensibilité de la région (données mensuelles, 2000–2017)
- Effets moyens d’un choc d’un écart-type sur l’indice VIX (en logarithme) :
  - baisse des flux de fonds d’environ 0,4 % du PIB ;
  - hausse des rendements obligataires d’environ 20 points de base ;
  - diminution des rendements réels des actions d’environ 2 points de pourcentage.
- Effets d’une augmentation de 100 points de base du rendement des obligations du Trésor américain :
  - baisse des flux de fonds d’environ 1 % du PIB ;
  - hausse proportionnelle des rendements obligataires ;
  - diminution des rendements réels des actions d’environ 1 point de pourcentage.
- Évolution temporelle :
  - sensibilité des flux et des prix des actifs aux facteurs mondiaux généralement augmentée après la crise financière mondiale ;
  - exemple : hausse de 100 points de base du rendement des obligations du Trésor américain avait un effet statistiquement négligeable avant la crise, mais depuis la crise se traduit par une baisse des flux d’environ 1 % du PIB et par une augmentation des rendements obligataires d’environ 115 points de base.
- Comparaison avec pays émergents :
  - effets similaires en général, sauf pour les produits de base qui ont un impact nettement plus important dans l’échantillon subsaharien.

### Conséquences macroéconomiques et canaux d’impact
- Flux de portefeuille (effets moyens estimés) :
  - augmentation des entrées en portefeuille de 1 % du PIB associée à :
    - appréciation du taux de change réel de 0,3 point de pourcentage par rapport à la tendance ;
    - élargissement de l’écart entre la production réelle et la tendance de 0,2 point de pourcentage ;
    - hausse du crédit au secteur privé de 0,1 % du PIB.
  - ces évolutions (surévaluation, surchauffe, croissance rapide du crédit) sont corrélées à un risque accru de crise financière.
  - peu d’éléments montrent une corrélation statistiquement significative entre flux de portefeuille et investissement intérieur ou croissance économique ; corrélation existante avec une augmentation de la consommation publique (y compris dépenses sociales).
- Investissement direct étranger (IDE) :
  - hausse de l’IDE de 1 % du PIB entraîne une augmentation d’environ 0.5 point de pourcentage du ratio d’investissement.
  - IDE supérieur de 1 % du PIB augmente le taux de croissance à court terme de 0,1 point de pourcentage.
  - effet IDE–croissance statistiquement plus faible quand on utilise des moyennes quinquennales.
- Rôle des financements extérieurs non officiels :
  - indispensables pour remédier à l’insuffisance des ressources et promouvoir le développement économique régional, mais leur volatilité en fait une source moins sûre et potentiellement risquée.

### Recommandations de politique économique et mesures de gestion
- Principes généraux :
  - gestion macroéconomique rigoureuse des flux de capitaux tenant compte de la nature des capitaux (IDE, investissements de portefeuille, prêts, etc.), de leurs emplois et de leurs effets, et des types d’investisseurs et d’emprunteurs.
  - veiller à ce que les ressources empruntées sur les marchés internationaux soient bien utilisées, rehaussent la productivité et promeuvent la croissance économique.
- Taux de change et réserves :
  - considérer les conséquences pour les taux de change : volatilité et désalignements pouvant pénaliser le secteur des biens exportables et nuire à la compétitivité.
  - mesures structurelles réduisant les rigidités nominales et facilitant les ajustements des taux de change réels pourraient être utiles.
  - dans certains cas, interventions sur le marché des changes justifiées pour limiter les surévaluations et permettre la constitution de volants de réserve suffisants.
- Politiques macroprudentielles et anticycliques :
  - prendre garde à la surchauffe économique et à l’accumulation de facteurs de vulnérabilité dans les bilans publics et privés : adopter des politiques macroéconomiques anticycliques et des mesures d’ordre prudentiel.
  - préserver la viabilité de la dette pour atténuer le risque d’atterrissage brutal.
- Données et suivi :
  - impératif d’améliorer l’établissement et la transmission en temps opportun des données relatives aux balances des paiements pour suivre les flux en temps réel et mettre rapidement en œuvre les politiques souhaitables.
- Orientation vers l’IDE :
  - viser en priorité à attirer les investisseurs directs en s’appuyant sur des fondamentaux macroéconomiques intérieurs solides et un climat plus favorable aux affaires, l’IDE tendant moins à être un facteur de vulnérabilité et étant plus susceptible de rehausser l’investissement privé et la croissance.

### Statistiques et mesures clés citées
- Flux nets de capitaux non officiels : 4 milliards de dollars (années 80–90) → 25 milliards de dollars en 2007 → environ 60 milliards de dollars en 2017.
- Flux nets en pourcentage du PIB : 3 % du PIB (pointe 2015–2017) ; comparatif pays émergents : environ 2 % du PIB.
- Flux de capitaux de non-résidents (engagements) : 70 milliards de dollars en 2007 → 113 milliards de dollars en 2017.
- Stocks : engagements extérieurs multipliés par 5 depuis 2000; stock de la dette extérieure plus que doublé.
- Part de la dette à court terme : environ 8 % (début des années 2000) → 14 % (ces dernières années).
- Dette publique en part de la dette extérieure totale (2017) : environ 80 %.
- Effet moyen d’une baisse de 100 points de base du rendement des obligations du Trésor à dix ans sur les flux nets : ≈ 0,2 % à 0,4 % du PIB.
- Effet moyen d’une baisse de 100 points de base sur les flux de capitaux de non-résidents : ≈ 0,3 % à 0,5 % du PIB.
- Effet d’une hausse de 10 % de l’indice des prix mondiaux des produits de base sur les flux de non-résidents : ≈ 0,2 % à 0,3 % du PIB.
- Impact différencié par type de flux : baisse de 100 points de base entraîne ≈ 0,2 % du PIB d’IDE et ≈ 0,03 % du PIB d’investissements de portefeuille étrangers.
- Table 2.1 (volatilité des flux financiers) : valeurs fournies dans le document source :
  - Flux financiers nets : 5,663,075,734,133,983,76
  - IDE net : 2,161,092,36 / 1,441,131,21
  - Portefeuille net : 0,680,080,591,611,221,84
  - Autres investissements nets : 3,852,613,613,253,302,62
  - Flux d’engagements : 4,782,754,393,3 84,563,24
  - IDE (engagements) : 2,540,962,281,491,311,10
  - Portefeuille (engagements) : 0,280,030,351,530,891,57
  - Autres investissements (engagements) : 3,342,153,382,812,2 93,61
  - Flux d’actifs : 2,921,692,721,941,121,93
  - IDE (actifs) : 0,270,080,280,700,180,71
  - Portefeuille (actifs) : 0,210,030,180,780,200,83
  - Autres investissements (actifs) : 1,831,332,151,641,091,66

### Conclusion synthétique
- Les flux de capitaux non publics vers l’Afrique subsaharienne ont fortement augmenté depuis la crise financière mondiale, principalement en raison de l’évolution des flux relatifs aux engagements (plus instables que les flux relatifs aux actifs).
- Principaux moteurs : taux d’intérêt aux États-Unis et prix des produits de base ; sensibilité par type de flux (portefeuille vs IDE) ; facteurs intérieurs (performance macroéconomique, ouverture commerciale, qualité des institutions).
- Recommandations clés pour les décideurs :
  - gestion prudente et différenciée des flux selon leur nature ;
  - assurer l’usage productif des ressources empruntées ;
  - politiques structurelles pour réduire rigidités et faciliter ajustements ;
  - améliorer les données de balance des paiements ;
  - privilégier l’attraction d’IDE pour limiter les vulnérabilités et soutenir la croissance.

*Source : ssareo-fre-10-18-ch2 - 2. Flux de capitaux vers l’Afrique subsaharienne : contenu fourni.*

### 2. Flux de capitaux vers l’Afrique subsaharienne :

### 2. Flux de capitaux vers l’Afrique subsaharienne : causes et conséquences

### Évolution des mouvements de capitaux — tendances générales
- Les flux nets de capitaux non officiels vers l’Afrique subsaharienne sont passés d’environ 4 milliards de dollars pendant les années 80 et 90 à 25 milliards de dollars en 2007, puis à environ 60 milliards de dollars en 2017.
- Rapportés au PIB, les flux nets de capitaux vers les pays subsahariens ont atteint 3 % du PIB et ont dépassé le niveau des flux vers les pays émergents (d’environ 2 % du PIB) entre 2015 et 2017.
- Les flux de capitaux de non-résidents (ou d’engagements) ont augmenté de 70 milliards de dollars en 2007 à 113 milliards de dollars en 2017.
- Avec l’accumulation des flux, le stock des engagements extérieurs de l’Afrique subsaharienne a été multiplié par 5 depuis 2000, et le stock de la dette extérieure a plus que doublé.
- La part de la dette à court terme dans la dette extérieure totale est passée d’environ 8 % au début des années 2000 à 14 % ces dernières années.
- La dette extérieure subsaharienne est essentiellement celle du secteur public : la dette publique représentait en moyenne environ 80 % de la dette extérieure totale en 2017.
- L’IDE demeure le premier type de flux de capitaux de non-résidents vers la région, même si les flux d’investissements de portefeuille (en particulier en titres de créance) ont notablement gonflé.

### Destinataires et composition des flux
- Depuis la crise financière mondiale, la part des flux reçus par les pays pauvres en ressources naturelles (essentiellement des pays à faible revenu) s’est accrue.
- Parmi les pays dépourvus de ressources naturelles, la Côte d’Ivoire, l’Éthiopie, le Kenya et Maurice ont été les destinations préférées des investisseurs étrangers, recevant au total plus de 40 % des afflux entre 2015 et 2017.
- Les sorties des résidents intérieurs se concentrent dans les catégories des investissements directs et des autres investissements, Maurice étant un cas particulier en tant que place financière internationale.
- Les erreurs et omissions dans les balances des paiements ont été bien plus nombreuses depuis 2005, en particulier de la part des exportateurs de pétrole de la région.

### Volatilité des flux
- La volatilité des flux de capitaux vers l’Afrique subsaharienne s’est accrue au cours des deux dernières décennies, phénomène plus marqué pour les flux de non-résidents que pour les flux de résidents.
- Globalement, les flux de capitaux de non-résidents sont plus volatils; parmi les catégories, les « autres investissements », puis l’IDE, ont été les plus volatils.
- La volatilité de l’IDE résulte davantage d’une réduction de ces flux que de leur inversion : la probabilité la plus faible d’observer des flux négatifs après des flux positifs concerne l’IDE, et la plus forte concerne les autres investissements et les investissements de portefeuille en titres de créance.
- Les flux les plus volatils sont ceux à destination des pays exportateurs de pétrole de la région.
- Les flux de capitaux de non-résidents et de résidents vers l’Afrique subsaharienne sont généralement plus instables que les flux vers les pays émergents.

### Moteurs des flux de capitaux (facteurs mondiaux et intérieurs)
- Les facteurs mondiaux importants comprennent les taux d’intérêt américains (rendement des obligations du Trésor à dix ans) et les prix des produits de base.
- Une baisse de 100 points de base du rendement nominal des obligations du Trésor à dix ans se traduit en moyenne par une augmentation des flux nets d’environ 0,2 % à 0,4 % du PIB.
- L’effet d’une baisse de 100 points de base du rendement des obligations du Trésor américain sur les flux de capitaux de non-résidents est d’environ 0,3 % à 0,5 % du PIB.
- Une hausse de 10 % de l’indice des prix mondiaux des produits de base implique une augmentation des flux de capitaux de non-résidents d’environ 0,2 % à 0,3 % du PIB.
- L’importance relative des facteurs mondiaux dépend du type de flux :
  - Les taux d’intérêt américains et les prix des produits de base influent davantage sur l’IDE entrant.
  - La volatilité des marchés mondiaux exerce un effet statistiquement plus fort sur les investissements de portefeuille étrangers.
  - Une baisse de 100 points de base du rendement des obligations du Trésor américain entraîne une hausse de l’IDE d’environ 0,2 % du PIB, mais d’environ 0,03 % du PIB pour les investissements de portefeuille étrangers.
- Les facteurs intérieurs favorisant les entrées sont : une croissance économique vigoureuse (mesurée par la croissance réelle du PIB), un PIB réel par habitant plus élevé, une plus grande ouverture commerciale et des institutions de meilleure qualité; en revanche, une dette extérieure plus importante attire moins les capitaux de non-résidents.

### Conséquences macroéconomiques et canaux d’impact
- Les flux d’investissements de portefeuille sont susceptibles d’amener le taux de change et la production réels au-dessus de leurs niveaux tendanciels et d’alimenter la croissance du crédit, deux conséquences qui tendent à augmenter le risque de crise financière.
- Historiquement, les flux de portefeuille n’ont pas été étroitement corrélés à l’investissement intérieur ni à la croissance économique, même s’ils semblent effectivement doper la consommation publique (y compris les dépenses sociales).
- L’IDE entrant paraît stimuler directement l’investissement intérieur et, partant, soutenir la croissance économique.
- Les financements extérieurs non officiels sont indispensables pour remédier à l’insuffisance des ressources et promouvoir le développement économique régional, mais leur volatilité intrinsèque en fait une source de financement moins sûre et potentiellement risquée.

### Recommandations de politique économique et mesures de gestion
- La gestion macroéconomique rigoureuse des flux de capitaux est essentielle et doit tenir compte :
  - De la nature des capitaux (IDE, investissements de portefeuille, prêts, etc.).
  - De leurs emplois et de leurs effets au plan intérieur.
  - Des types d’investisseurs et d’emprunteurs.
- Les dirigeants doivent veiller à ce que les ressources empruntées sur les marchés internationaux soient bien utilisées, rehaussent la productivité et promeuvent la croissance économique.
- Il faut penser aux conséquences éventuelles pour les taux de change, notamment la volatilité et les désalignements pouvant pénaliser le secteur des biens exportables et nuire à la compétitivité.
- Des mesures structurelles réduisant les rigidités nominales et facilitant les ajustements des taux de change réels pourraient être utiles.
- Dans certains cas, des interventions sur le marché des changes pourraient se justifier pour limiter les surévaluations et permettre la constitution de volants de réserve suffisants.
- Il faut prendre garde à la surchauffe économique et à l’accumulation de facteurs de vulnérabilité dans les bilans publics et privés : adopter des politiques macroéconomiques anticycliques et des mesures d’ordre prudentiel pour limiter ces sources de vulnérabilité et préserver la viabilité de la dette.
- Il est impératif d’améliorer l’établissement et la transmission en temps opportun des données relatives aux balances des paiements pour suivre les flux en temps réel et mettre rapidement en œuvre les politiques souhaitables.
- Étant donné que l’IDE tend moins à être un facteur de vulnérabilité et qu’il est plus susceptible de rehausser l’investissement privé et la croissance, il faudrait viser en priorité à attirer les investisseurs directs en s’appuyant sur des fondamentaux macroéconomiques intérieurs solides et un climat plus favorable aux affaires.

### Statistiques et mesures clés citées
- Flux nets de capitaux non officiels : 4 milliards de dollars (années 80–90) → 25 milliards de dollars en 2007 → environ 60 milliards de dollars en 2017.
- Flux nets en pourcentage du PIB : 3 % du PIB (pointe 2015–2017) ; comparatif pays émergents : environ 2 % du PIB.
- Flux de capitaux de non-résidents (engagements) : 70 milliards de dollars en 2007 → 113 milliards de dollars en 2017.
- Stocks : engagements extérieurs multipliés par 5 depuis 2000; stock de la dette extérieure plus que doublé.
- Part de la dette à court terme dans la dette extérieure totale : environ 8 % (début des années 2000) → 14 % (ces dernières années).
- Dette publique en part de la dette extérieure totale (2017) : environ 80 %.
- Effet moyen d’une baisse de 100 points de base du rendement des obligations du Trésor à dix ans sur les flux nets : ≈ 0,2 % à 0,4 % du PIB.
- Effet moyen d’une baisse de 100 points de base sur les flux de capitaux de non-résidents : ≈ 0,3 % à 0,5 % du PIB.
- Effet d’une hausse de 10 % de l’indice des prix mondiaux des produits de base sur les flux de non-résidents : ≈ 0,2 % à 0,3 % du PIB.
- Impact différencié par type de flux : baisse de 100 points de base entraîne ≈ 0,2 % du PIB d’IDE et ≈ 0,03 % du PIB d’investissements de portefeuille étrangers.
- Table 2.1 (volatilité des flux financiers) : valeurs fournies dans le document source (présentées ici telles qu’énoncées dans la source) :
  - Flux financiers nets : 5,663,075,734,133,983,76
  - IDE net : 2,161,092,36 / 1,441,131,21
  - Portefeuille net : 0,680,080,591,611,221,84
  - Autres investissements nets : 3,852,613,613,253,302,62
  - Flux d’engagements : 4,782,754,393,3 84,563,24
  - IDE (engagements) : 2,540,962,281,491,311,10
  - Portefeuille (engagements) : 0,280,030,351,530,891,57
  - Autres investissements (engagements) : 3,342,153,382,812,2 93,61
  - Flux d’actifs : 2,921,692,721,941,121,93
  - IDE (actifs) : 0,270,080,280,700,180,71
  - Portefeuille (actifs) : 0,210,030,180,780,200,83
  - Autres investissements (actifs) : 1,831,332,151,641,091,66

*Source : ssareo-fre-10-18-ch2 - 2. Flux de capitaux vers l’Afrique subsaharienne : contenu fourni.*

### 2.  FLUX DE CAPITAUX VERS L’AFRIQUE SUBSAHARIENNE : CAUSES ET CONSÉQUENCES

### 2.  FLUX DE CAPITAUX VERS L’AFRIQUE SUBSAHARIENNE : CAUSES ET CONSÉQUENCES

### Facteurs influençant la survenue des afflux massifs et leur inversion
- Une hausse de 100 points de base du taux d’intérêt américain autour de la médiane :
  - abaisse la probabilité d’un épisode d’afflux massifs d’environ 2 points de pourcentage ;
  - augmente la probabilité d’une inversion importante de 2 points.
  - Probabilité inconditionnelle d’afflux massifs et d’inversion dans l’échantillon estimé : environ 20 %.
- Une hausse des prix mondiaux des produits de base :
  - détermine largement la probabilité d’un afflux massif dans les pays subsahariens ;
  - n’a d’effet statistiquement significatif que sur la probabilité d’une inversion dans les pays riches en ressources.
- Volatilité des marchés mondiaux (indice VIX / indice de volatilité) :
  - un choc d’un écart-type de l’indice de volatilité des marchés diminue les flux de portefeuille vers l’Afrique subsaharienne d’environ 0,1 % du PIB, mais sans effet statistiquement significatif sur l’IDE (mention initiale dans le texte) ;
  - la volatilité a un effet statistiquement atténué sur la survenue d’épisodes d’afflux massifs et d’inversion dans l’échantillon de pays subsahariens comparé aux pays émergents.
- Facteurs intérieurs :
  - une croissance du PIB réel plus soutenue, des institutions de meilleure qualité et un régime de change plus souple augmentent la probabilité d’enregistrer des afflux massifs et diminuent la probabilité d’une inversion soudaine des flux.
  - Contrairement aux marchés émergents, dans la région, les pays à régime de change plus souple ont plus de chances de bénéficier d’afflux massifs.

### Le cycle financier mondial et la sensibilité de la région (données mensuelles, 2000–2017)
- Effets moyens observés d’un choc d’un écart-type sur l’indice VIX (en logarithme) :
  - baisse des flux de fonds d’environ 0,4 % du PIB ;
  - hausse des rendements obligataires d’environ 20 points de base ;
  - diminution des rendements réels des actions d’environ 2 points de pourcentage.
- Effets moyens observés d’une augmentation de 100 points de base du rendement des obligations du Trésor américain :
  - baisse des flux de fonds d’environ 1 % du PIB ;
  - hausse proportionnelle des rendements obligataires ;
  - diminution des rendements réels des actions d’environ 1 point de pourcentage.
- Comparaison avec les pays émergents :
  - effets similaires en général, sauf pour les produits de base qui ont un impact nettement plus important dans l’échantillon subsaharien.
- Évolution temporelle (avant et après la crise financière mondiale) :
  - la sensibilité des flux de fonds et des prix des actifs aux facteurs mondiaux a généralement augmenté après la crise financière mondiale ;
  - exemple : une hausse de 100 points de base du rendement des obligations du Trésor américain avait un effet statistiquement négligeable avant la crise, mais depuis la crise se traduit par une baisse des flux d’environ 1 % du PIB et par une augmentation des rendements obligataires d’environ 115 points de base.

### Conséquences macroéconomiques des entrées de capitaux
- Caractère général :
  - l’instabilité des flux de capitaux complique la gestion macroéconomique, particulièrement lors de fortes diminutions.
  - limiter les vulnérabilités macroéconomiques et financières pendant les périodes d’intensification des flux peut réduire le risque d’un atterrissage brutal.
- Effets distincts selon le type de flux :
  - Flux de portefeuille des non-résidents (effets moyens estimés) :
    - une augmentation des entrées en portefeuille de 1 % du PIB est associée à :
      - appréciation du taux de change réel de 0,3 point de pourcentage par rapport à la tendance ;
      - élargissement de l’écart entre la production réelle et la tendance de 0,2 point de pourcentage ;
      - hausse du crédit au secteur privé de 0,1 % du PIB.
    - Ces évolutions (surévaluation, surchauffe, croissance rapide du crédit) sont généralement corrélées à un risque accru de crise financière.
    - Les progrès du crédit intérieur dans un contexte de faible développement financier peuvent être perçus positivement (amélioration de l’accès aux services financiers) ou comme source d’instabilité ; cela souligne le rôle du suivi et de la gestion du risque de crédit.
    - Peu d’éléments montrent une corrélation statistiquement significative entre flux de portefeuille et investissement intérieur (public ou privé) ou croissance économique ; toutefois, ces flux sont corrélés à une augmentation de la consommation publique (y compris dépenses sociales).
  - Investissement direct étranger (IDE) :
    - l’IDE est étroitement corrélé à l’investissement privé et à l’investissement total :
      - une hausse de l’IDE de 1 % du PIB entraîne une augmentation d’environ 0.5 point de pourcentage du ratio d’investissement.
    - un IDE supérieur de 1 % du PIB augmente le taux de croissance à court terme de 0,1 point de pourcentage.
    - L’effet IDE–croissance est statistiquement plus faible quand on utilise des moyennes quinquennales (note méthodologique).
- Facteurs complémentaires favorables à la croissance :
  - amélioration des termes de l’échange, ouverture commerciale et faible niveau de dette publique sont liés à de meilleures perspectives de croissance.

### Conclusion et implications pour la politique
- État des flux :
  - Les flux de capitaux non publics vers l’Afrique subsaharienne ont fortement augmenté depuis la crise financière mondiale.
  - L’augmentation tient essentiellement à l’évolution des flux relatifs aux engagements (envers des non-résidents), plus instables que les flux relatifs aux actifs (des résidents).
- Principaux moteurs :
  - facteurs mondiaux majeurs : taux d’intérêt aux États-Unis et prix des produits de base ;
  - sensibilité par type de flux : les flux de portefeuille plus sensibles à la volatilité des marchés financiers ; l’IDE davantage sensible aux taux mondiaux et aux prix des produits de base ;
  - facteurs intérieurs : meilleure performance macroéconomique, ouverture commerciale et qualité des institutions attirent davantage de flux et réduisent le risque de repli important.
- Recommandations et points d’attention pour les décideurs :
  - gestion prudente des flux de capitaux tenant compte de la nature des capitaux (IDE, portefeuille, prêts, etc.), de leurs usages et de leurs effets, ainsi que du type d’investisseur et d’emprunteur ;
  - s’assurer que les ressources empruntées sur les marchés internationaux soient bien utilisées, accroissent la productivité et favorisent la croissance économique ;
  - garder à l’esprit les conséquences des entrées de capitaux sur les taux de change, l’instabilité et les distorsions nuisibles au secteur des biens échangeables et à la compétitivité ;
  - adopter des politiques structurelles visant à assouplir les rigidités nominales et à faciliter [texte interrompu dans l’extrait].

*Source : ssareo-fre-10-18-ch2 - 2.  FLUX DE CAPITAUX VERS L’AFRIQUE SUBSAHARIENNE : CAUSES ET CONSÉQUENCES (extrait).*

### 2.  FLUX DE CAPITAUX VERS L’AFRIQUE SUBSAHARIENNE : CAUSES ET CONSÉQUENCES

### 2.  FLUX DE CAPITAUX VERS L’AFRIQUE SUBSAHARIENNE : CAUSES ET CONSÉQUENCES

### Résumé des enjeux principaux
- Les flux de capitaux vers la région peuvent conduire à une surévaluation du taux de change réel, créant des tensions sur la compétitivité externe.
- Une accumulation excessive de vulnérabilités financières, dans les secteurs public et privé, augmente le risque d’un atterrissage brutal de l’économie en cas de repli des flux.
- L’IDE est généralement moins susceptible d’engendrer des vulnérabilités que d’autres types de flux et tend à stimuler l’investissement privé et la croissance.
- La solidité des paramètres fondamentaux à l’échelle nationale deviendra de plus en plus déterminante pour l’attractivité des pays, notamment si les conditions financières mondiales se durcissent avec la normalisation de la politique monétaire dans les pays avancés.

### Mesures de politique recommandées
- Interventions sur les changes :  
  - Dans certains cas, une intervention sur les changes visant à limiter la surévaluation de la monnaie et à constituer des réserves suffisantes peut être justifiée.
- Politiques prudentielles et macroéconomiques contracycliques :  
  - Adopter des politiques contracycliques pour limiter l’accumulation de vulnérabilités financières dans les secteurs public et privé.  
  - Préserver la viabilité de la dette pour atténuer le risque d’atterrissage brutal.
- Promotion de l’IDE :  
  - S’employer en priorité à attirer l’investissement direct dans la région par la promotion de la stabilité macroéconomique et l’amélioration du climat des affaires, en raison du profil de risque et des bénéfices de l’IDE par rapport à d’autres flux.
- Amélioration des données et du suivi :  
  - Améliorer la compilation et le délai de diffusion des données relatives à la balance des paiements pour assurer un suivi des flux en temps réel et appliquer des politiques opportunes rapidement.

### Observations contextuelles et implications
- Le renforcement de la surveillance des flux et des vulnérabilités est essentiel pour gérer les cycles de capitaux.
- L’orientation des flux vers l’IDE devrait être privilégiée compte tenu de son moindre potentiel de création de vulnérabilités et de sa contribution à l’investissement privé et à la croissance.
- L’environnement financier externe (normalisation de la politique monétaire dans les pays avancés) peut durcir, rendant la gouvernance macroéconomique et les fondamentaux nationaux plus importants pour l’attractivité des pays.

*Source : ssareo-fre-10-18-ch2 - 2.  FLUX DE CAPITAUX VERS L’AFRIQUE SUBSAHARIENNE : CAUSES ET CONSÉQUENCES (IMF, chap. 2).*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/afr/2018/october/pdf/french/ssareo-fre-10-18-ch2.pdf_
