## 1. Faire face à l’incertitude

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### Équipe et objet du chapitre
- Préparé sous la direction de Seung Mo Choi, comprenant Michael Gorbanyov, Cleary Haines, Siddharth Kothari, Andresa Lagerborg, Nkunde Mwase, Malika Pant et Torsten Wezel; supervisé par Papa N’Diaye et Catriona Purfield.
- Le chapitre examine : 1) les défis posés par les conjonctures mondiale et régionale pour l’Afrique subsaharienne, 2) les faiblesses des bilans de la région, et 3) les grandes priorités d’action.

### Conjoncture mondiale et effets sur la région
- Croissance mondiale :
  - 3,0 percent en 2019.
  - 3,4 percent en 2020.
  - À moyenne échéance : 3,6 percent, principalement tirée par les pays émergents.
- Risques principaux : tensions commerciales et technologiques entraînant incertitude politique et baisse des volumes d’échanges.
- Prix des produits de base :
  - Baisse attendue de la plupart des prix des produits de base sur la période 2019–20 par rapport à 2018, à l’exception des métaux.
  - Effets : bénéfices pour pays importateurs de produits de base; effets négatifs sur pays exportateurs (environ les deux tiers de la population régionale).
  - Facteurs de risque : hausse de la production américaine de pétrole de schiste; perturbations d’approvisionnement dans des pays comme l’Iran et le Venezuela.
- Conditions financières mondiales :
  - Assouplissement depuis début 2019 (accompagnement monétaire des principales banques centrales).
  - Réafflux de capitaux vers marchés d’obligations de la région malgré volatilité et primes élevées.
  - Émissions internationales d’euro-obligations par pays préémergents de la région : plus de 10,5 milliards de dollars en 2019 jusqu’à présent.

### Chocs régionaux récents et conséquences
- Chocs météorologiques :
  - Sécheresses liées à El Niño touchant Angola, Botswana, Éthiopie, Kenya, Lesotho, Namibie, Zambie, Zimbabwe — conséquences : insécurité alimentaire, migrations, tensions inflationnistes, tensions budgétaires, pénuries d’électricité, diminution des soldes commerciaux.
  - Cyclones Idai et Kenneth (mars et avril) : ont causé plus de 2 milliards de dollars de dégâts et perturbé ports et activité économique.
- Épidémies :
  - République démocratique du Congo : environ 3 000 cas d’Ebola signalés en septembre 2019, dont 2 000 mortels; vaccination a assuré une relative protection; l’épidémie a gagné Goma (ville de plus de 2 millions d’habitants).
  - Burundi : près de la moitié de la population touchée par l’épidémie de paludisme; environ 1 800 personnes sont décédées (chiffre de juillet).
- Sécurité au Sahel :
  - Actes terroristes signalés en hausse de 75 percent en 2019 (base annualisée, janvier–septembre); principales cibles : Burkina Faso, Mali, Niger.
  - Répercussions budgétaires : perte de recettes et augmentation des dépenses militaires et de sécurité; ces dépenses ont doublé en 2019 dans Burkina Faso, Mali et Niger, représentant environ 4 percent du PIB et absorbant 20 percent des recettes budgétaires.

### Perspectives de croissance régionale et disparités
- Croissance régionale :
  - 3,2 percent en 2019.
  - 3,6 percent en 2020.
  - Projections révisées à la baisse de 0,3 et 0,1 point de pourcentage par rapport aux prévisions d’avril.
- Hétérogénéité :
  - Pays pauvres en ressources naturelles : croissance proche de 6,0 percent en 2019.
  - Pays exportateurs de pétrole : 2,1 percent en 2019.
  - Autres pays riches en ressources naturelles : 2,7 percent en 2019.
  - À moyen terme : environ 6½ percent pour pays pauvres en ressources naturelles; environ 3 percent pour pays riches en ressources naturelles.
- Trois grandes économies :
  - Nigéria : croissance attendue à 2,5 percent en 2020, contre 2,3 percent en 2019; croissance par habitant stagnante; causes identifiées.
  - Afrique du Sud : croissance prévue à 1,1 percent en 2020, contre 0,7 percent en 2019; croissance à moyen terme légèrement inférieure à 2 percent.
  - Éthiopie : croissance prévue à 7,2 percent en 2020, contre 7,4 percent en 2019; fléchissement à moyen terme autour de 6,5 percent.
- Autres éléments :
  - Pays pauvres en ressources naturelles devraient maintenir une croissance voisine de 5½ percent en 2020 (hormis l’Éthiopie).
  - À moyen terme, croissance régionale proche de 4 percent et environ 1½ percent par habitant.
  - Sans l’Afrique du Sud et le Nigéria, la croissance régionale serait supérieure à 5 percent.
  - En 2019, la croissance par habitant serait inférieure à la moyenne mondiale dans 21 des 45 pays de la région; croissance par habitant négative dans 12 d’entre eux (représentant environ un tiers de la population régionale).
  - 24 pays représentant environ 500 millions de personnes verront leur revenu par habitant augmenter plus vite que dans le reste du monde.
- Secteurs moteurs : services (communications, commerce de gros et de détail, services financiers) et services de construction — croissance annuelle moyenne de plus de 5 percent entre 2013 et 2017.

### Inflation
- Inflation moyenne régionale :
  - 8,5 percent en 2018.
  - 8,4 percent en 2019.
  - 8,0 percent en 2020.
- Disparités : accélération dans pays en conflit ou à forte dépréciation (Angola, Liberia), pays ayant connu sécheresse (Kenya, Lesotho, Namibie, Zambie, Zimbabwe) ou déficits budgétaires croissants; inflation faible dans UEMOA et CEMAC; certains pays de l’UEMOA pourraient connaître un épisode de déflation.

### Fragilité des bilans et vulnérabilités liées à la dette
- Bilan public :
  - La dette publique de la région rapportée au PIB s’est stabilisée à environ 55 percent en moyenne.
- Vulnérabilités :
  - Ratios d’endettement élevés et capacité de remboursement limitée.
  - Faible niveau des réserves de change dans plusieurs pays.
  - Bilans fragiles des entreprises financières et non financières limitant l’espace pour des politiques contracycliques.

### Ajustement budgétaire et vulnérabilités de la dette
- Pays exportateurs de pétrole : soldes budgétaires ont chuté d’environ 10 points de PIB depuis 2016; ajustement via compression des dépenses.
- Déficit budgétaire primaire hors produits de base : réduction de près de 14 points de PIB sur 2013–18, principalement imputable aux coupes dans les investissements publics.
- Situation des pays à faible revenu et en développement :
  - Sept pays (représentant 3 percent du PIB régional) sont surendettés : Érythrée, Gambie, Mozambique, République du Congo, Sao Tomé-et-Principe, Soudan du Sud, Zimbabwe.
  - Neuf pays (16 percent du PIB régional) présentent un risque élevé de surendettement : Burundi, Cabo Verde, Cameroun, Éthiopie, Ghana, République centrafricaine, Sierra Leone, Tchad, Zambie.
  - Dans les 19 autres pays à faible revenu et en développement, vulnérabilités liées à la dette faibles à modérées.
- Composition de la dette publique :
  - Stocks essentiellement d’origine commerciale.
  - Plus de la moitié provient de créanciers intérieurs.
  - Environ 15 percent provient d’euro-obligations.
  - Dette officielle bilatérale et multilatérale : environ un quart du total en 2017, en net recul par rapport au début des années 2000.
- Risques liés à la composition : exposition accrue au risque de refinancement et de change; dette intérieure pouvant évincer le financement privé.

### Réserves de change et comptes extérieurs
- Déficit courant moyen (simple) : 6.2 percent du PIB en 2018 à environ 7.2 percent en 2019.
- Réserves de change fin 2019 : devraient demeurer comprises entre 3 et 4 mois d’importations, avec fortes variations entre pays.
- Positions extérieures hétérogènes :
  - Après la chute des prix pétroliers en 2014–15, déficits courants des exportateurs de pétrole réduits à environ 1 percent du PIB en 2018.
  - Pour pays non exportateurs de pétrole, déficits élevés reflètent l’écart entre épargne publique et investissement public.
- Perspectives : avec politiques actuelles, déficits courants ne diminueraient que légèrement; niveaux de réserves bas exposant plusieurs pays au risque de chocs sur les termes de l’échange.

### Fragilité des bilans bancaires et du crédit
- Ratios de prêts improductifs : 11 percent en moyenne.
- Accumulation d’arriérés intérieurs a réduit la capacité des fournisseurs à honorer leurs engagements vis‑à‑vis des banques.
- Croissance du crédit : très inférieure à sa moyenne à long terme (proche de 10 percent entre 2006 et 2019).
- Ratios de fonds propres bancaires : 21 percent en moyenne au troisième trimestre 2018, avec fortes variations; certaines banques sous-capitalisées.
- Autres préoccupations : asymétries de liquidités en devises (Angola), concentration des prêts (Bénin, Eswatini, Lesotho, Malawi), hausse de l’endettement des ménages et des sociétés (Namibie).

### Risques pesant sur les perspectives
- Principaux risques extérieurs à court terme :
  1. Montée du protectionnisme.
  2. Envolée des primes de risque.
  3. Ralentissement plus rapide que prévu en Chine et dans la zone euro.
- Principaux risques intérieurs à court terme : chocs climatiques, intensification des problèmes de sécurité, propagation de l’épidémie d’Ébola, dérapages budgétaires, insuffisance des réformes.
- Scénario mixte : si les trois chocs extérieurs se matérialisaient, la croissance régionale pourrait baisser d’environ 1 percent la première année et d’environ ½ percent l’année suivante.
- Catastrophes naturelles : fréquence et intensité accrues depuis 30 ans; fréquence des inondations multipliée par 6 entre les années 80 et la première décennie 2000 en Afrique.

### Risques et vulnérabilités immédiats
- El Niño attendu au début de 2020 : risques d’inondations et de sécheresses.
- Dépendance à l’agriculture pluviale rendant la région vulnérable aux catastrophes climatiques.
- Épidémie d’Ébola en RDC : risque de pertes humaines, affaiblissement de la confiance et de l’investissement, déstabilisation de l’activité commerciale si propagation aux métropoles/pays voisins.

### Politiques macroéconomiques : enjeux généraux
- Réalisation des ODD à l’horizon 2030 : surcroît de dépenses considérable — en moyenne 15 percent du PIB annuel selon les estimations.
- Besoin d’emploi : environ 20 millions (chiffre net) de personnes doivent entrer sur le marché du travail chaque année d’ici 2030; environ le double du chiffre annuel d’emplois créés dans la région de 2017 à 2019.
- Importance de réformes favorables à la croissance et à la création d’emplois pour préserver stabilité macroéconomique et développement.

### Dosage de la politique économique à court terme
- Durcissement de la politique budgétaire dans plusieurs pays; certains ont assoupli la politique monétaire.
- Pays ayant abaissé les taux d’intérêt en 2019 : Afrique du Sud, Angola, Botswana, Eswatini, Gambie, Ghana, Lesotho, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Nigéria, République démocratique du Congo, Rwanda.
- Marge de manœuvre pour soutenir la croissance réside essentiellement dans la politique monétaire et se limite aux pays où :
  - les tensions inflationnistes sont contenues; et
  - la croissance est inférieure à son potentiel.
- Recalibrage possible des politiques budgétaire et monétaire si risques défavorables se matérialisent, en tenant compte des financements disponibles et d’un plan d’ajustement à moyen terme crédible.
- Priorités selon contexte :
  - Pays à croissance lente : ajustements plus progressifs, sous réserve de financements disponibles.
  - Pays à croissance rapide mais très endettés : priorité à la reconstitution des amortisseurs.

### Mesures à moyen terme pour renforcer la résilience et rehausser la croissance
- Nécessité d’une nouvelle vague de réformes pour doper la croissance à moyen terme, créer des emplois et se rapprocher des ODD.
- Démarrage de la ZLECAf comme possible catalyseur : la ZLECAf devrait établir un marché unique unifié de 1,2 milliard de personnes représentant un PIB cumulé de 2,500 milliards de dollars.

### Renforcer la résilience : réduire les vulnérabilités liées à la dette publique
- Améliorer la dynamique de la dette : poursuivre l’assainissement des finances publiques à moyen terme.
- Différentiels taux d’intérêt/croissance : négatifs pour la majorité des pays (–6 percent en moyenne).
- Maîtriser les déficits primaires : essentiel pour contrôler la dynamique de la dette.
- Objectifs spécifiques :
  - Pays exportateurs de pétrole : réduire d’environ 3 points leur déficit budgétaire primaire hors produits de base.
  - Autres pays riches en ressources naturelles : réduction d’environ 1½ point de pourcentage de PIB.
  - Pays pauvres en ressources naturelles : réduction d’environ 1 point de pourcentage de PIB.

### Promouvoir la mobilisation des recettes intérieures
- Recettes moyennes : n’ont augmenté chaque année que de 0,2 percent du PIB depuis 2016; mobilisation possible estimée à 3 percent à 5 percent du PIB.
- Obstacles : taux d’imposition bas (Angola, Nigéria), bases d’imposition étroites (Éthiopie, Nigéria, République du Congo, Sao Tomé-et-Principe), large éventail d’exonérations (Angola, Cameroun, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Nigéria, Tchad).
- Capacités limitées des services fiscaux, secteur informel important, contraintes sécuritaires.
- Mesures recommandées : améliorer l’administration fiscale (numéros d’identification, registres fonciers, renforcement de l’audit fiscal, administration des douanes, gestion de l’observance des gros contribuables) et réformes pour élargir l’assiette des recettes, y compris limitation des exonérations.

### Supprimer les subventions inefficaces
- Subventions et autres transferts de l’État : en moyenne plus de 5 percent du PIB (ou 25 percent des dépenses) en 2017 pour pays disposant de données.
- Effets négatifs des subventions aux carburants : mal ciblées, favorisent la surconsommation, réduisent l’investissement et la maintenance, évincement de dépenses publiques productives.
- Recommandations : profiter de la baisse des prix du pétrole pour diminuer les subventions (exemples cités : Mozambique, Soudan du Sud, Burkina Faso) et réexaminer l’efficacité d’autres subventions.
- Facteurs de succès pour réformes des subventions :
  1) programme de réforme global;
  2) stratégie de communication ambitieuse et transparente;
  3) calendrier judicieux de hausse des prix de l’énergie, modulable par produit;
  4) amélioration de l’efficience des entreprises publiques;
  5) mesures ciblées pour protéger les plus pauvres;
  6) réformes institutionnelles pour dépolitiser la tarification de l’énergie.

### Améliorer la gestion des finances publiques
- Carences contribuant à l’accumulation d’arriérés intérieurs et à une moindre efficience des investissements publics.
- Recommandations : mécanismes de surveillance des arriérés, stratégies d’apurement préservant la stabilité macroéconomique et basées sur une croissance inclusive.
- Progrès observés : cadres de dépenses à moyen terme (Angola, Botswana), compte unique du Trésor (Côte d’Ivoire, Guinée, République du Congo, Sierra Leone, Tanzanie), budgétisation fondée sur les résultats (Botswana), contrôles internes (Angola, Ouganda), meilleures pratiques de sélection de projets (Seychelles).

### Renforcer les cadres de gestion de la dette
- Besoin d’accroître la transparence et de renforcer les cadres face aux risques de change et de refinancement.
- Mesures observées : rachats de dette et reprofilage (Côte d’Ivoire, Ghana), harmonisation de la monnaie des remboursements avec recettes en devises (Seychelles), émission d’euro-obligations en plusieurs tranches.

### Établir des cadres budgétaires crédibles à moyen terme
- Nécessité de règles budgétaires soutenues par des systèmes de gestion des finances publiques adaptés.
- Recours recommandé à des instruments financiers modulables et, pour pays exportateurs de produits de base, cadre institutionnel pour gérer les recettes des ressources naturelles.

### Accroître la résilience du secteur extérieur
- Favoriser la diversification économique : stabilité macroéconomique, meilleur accès au crédit, infrastructures, réglementation propice, main-d’œuvre qualifiée.
- Importance de réformes du marché du travail pour aligner productivité et salaires.
- Encourager des politiques de soutien aux secteurs tournés vers l’exportation si mises en œuvre rigoureusement.
- Promouvoir la flexibilité des taux de change là où les asymétries de devises ne posent pas de problème; pour pays à régime fixe (CEMAC, UEMOA), flexibilité reposera sur ajustements des prix relatifs et réformes structurelles; ces pays devraient disposer de réserves de change.

### Gérer les flux de capitaux
- Afflux de capitaux peuvent aider au financement du développement mais la volatilité crée des défis macroéconomiques.
- Risques des afflux importants : pression à la hausse sur la monnaie, risque de surévaluation, accumulation de déséquilibres financiers.
- Risques des sorties importantes : pression à la baisse, augmentation de l’inflation, durcissement des conditions de financement, contraction de l’activité.
- Recommandations :
  - Politiques macroéconomiques et macroprudentielles de compensation.
  - Réserver interventions de change pour remédier à une désorganisation temporaire du marché.
  - Attirer l’IDE comme source de financement plus stable.

### Améliorer l’efficacité de la politique monétaire et redynamiser la croissance du crédit
- Problème : croissance du crédit en perte de vitesse (référence graphique 1.26).
- Mesures tentées et conséquences : encadrement des taux (ex. Kenya) → diminution de l’offre; ratio prêts/dépôts obligatoire (Nigéria) → risque d’affaiblissement des bilans.
- Mesures susceptibles de stimuler le crédit : création de registres du crédit, résolution des prêts improductifs, apurement des arriérés intérieurs, réorientation de l’investissement public vers le secteur privé.
- Renforcer le mécanisme de transmission monétaire : opérations d’open-market, développement des marchés secondaires, corridors de taux liés au taux directeur, objectif d’inflation à moyen terme, indépendance opérationnelle des banques centrales, meilleure information entre gouvernement et banque centrale.
- Exemple : Zimbabwe — normalisation de la politique monétaire a réduit l’écart entre taux officiels et taux parallèles jusqu’en août 2019.

### Assainir les bilans bancaires et renforcer la résilience du secteur bancaire
- Réduire les prêts improductifs pour redynamiser le crédit.
- Mesures adoptées : amortissements accélérés (Comores, Maurice, Sierra Leone, Tanzanie); transferts de créances à des gestionnaires de portefeuille (Angola, Guinée Bissau, Zimbabwe); apurement des arriérés intérieurs (Eswatini, Gabon); restructuration/liquidation de banques (Côte d’Ivoire, Ghana, Kenya); facilitation des saisies ou résolutions extrajudiciaires (Cameroun).
- Renforcer la résilience : utilisation judicieuse de mesures macroprudentielles et microprudentielles; recommandations pour règles sur risques de concentration et pondérations réalistes pour emprunts des entreprises publiques.
- Normes de Bâle : environ 32 percent des pays ayant répondu à l’enquête BEI (2018) respectent Bâle III, 41 percent y travaillent; 64 percent respectent Bâle II, 36 percent y travaillent.

### Limiter la transmission des risques financiers extérieurs et développer les relations de correspondant bancaire
- Essor des banques panafricaines a amélioré concurrence et inclusion financière; risque d’arbitrages réglementaires si supervision transfrontalière insuffisante.
- Recommandations : meilleure coordination internationale entre autorités de supervision; harmonisation des procédures prudentielles; mécanisme pour redresser institutions transfrontalières non viables.
- Développer relations de correspondant bancaire : renforcer cadre de stabilité financière et traiter les risques LBC/FT pour atténuer les pertes de relations de correspondant bancaire.

### Renforcer la résilience aux catastrophes naturelles
- Approche : renforcer résilience structurelle, résilience financière et investir dans plans d’urgence.
- Actions structurelles : cultures résistantes, récupération eaux de pluie (Burkina Faso); technologies mobiles pour prévisions et assurances récoltes (Éthiopie, Kenya, Rwanda); réinstallation hors zones inondables (Sao Tomé-et-Principe, Zambie); diversification énergétique (Kenya).
- Résilience financière : dotation d’amortisseurs budgétaires, instruments financiers préétablis; African Risk Capacity — assurance souveraine mutuelle créée en 2013.
- Plans d’urgence et financement : améliorer accès au financement et aux assurances, renforcer filets de protection sociale et système de santé publique.
- Coordination internationale : intensifier et cibler l’aide des donateurs et institutions financières internationales; coordination entre pays pour la résilience durable face aux chocs climatiques.

### Rehausser la croissance à long terme : intégration, compétitivité et inclusion
- Réformes de grande ampleur nécessaires pour doper productivité et investissements dans capital physique et humain.
- Intégration régionale et mondiale :
  - Développement des chaînes de valeur; ratio valeur ajoutée étrangère/total des exportations : 20 percent en Afrique subsaharienne.
  - Intensifier les échanges intrarégionaux dans le cadre de la ZLECAf en s’attaquant aux obstacles tarifaires et non tarifaires et aux coûts logistiques.
  - Connecter systèmes de paiement internationaux; réformes structurelles inspirées d’autres accords régionaux.
- Compétitivité : intensification de la concurrence, ouverture au commerce et à l’IDE, réduction des formalités, institutions garantissant primauté du droit.
- Quatrième révolution industrielle : construire infrastructure numérique (plus faible taux de pénétration d’Internet au monde), adapter systèmes éducatifs, promouvoir urbanisation intelligente.
- Croissance inclusive :
  - Transition vers une fiscalité plus progressive pour financer éducation et santé.
  - Remplacement des dépenses régressives par des filets sociaux mieux ciblés.
  - Promouvoir l’égalité femmes–hommes; améliorer accès aux services et inclusion financière pour stimuler l’activité féminine.
  - Améliorer résultats du marché du travail pour les jeunes via instruction, formation et réformes structurelles.
  - Rendre services financiers plus accessibles tout en préservant stabilité (protection des consommateurs, cybersécurité); renforcer rôle de la région en services bancaires mobiles.

### Encadré — ZLECAf : enseignements tirés d’autres accords commerciaux régionaux
- Contexte :
  - En 2018, plus de 400 accords commerciaux régionaux notifiés à l’OMC.
  - La ZLECAf est l’ACR le plus important du monde par le nombre de signataires et la population couverte.
  - Objectifs : créer un marché unique de biens et services, faciliter la circulation des personnes, réformes en concurrence, investissement, droits de propriété intellectuelle.
- Effets macroéconomiques observés des ACR :
  - Création d’échanges commerciaux avec minimum d’effets de détournement.
  - Facilitation de la participation aux chaînes de valeur mondiales; ALENA et AFTA ont stimulé le commerce; Mercosur a présenté quelques détournements.
  - Renforcement de la croissance via effets d’échelle et diffusion technologique; augmentation de l’IDE.
- Leçons et recommandations pour la ZLECAf :
  - Conception : baisse progressive des droits NPF; coordination pour tarif extérieur commun (TEC) raisonnable; éviter règles d’origine restrictives.
  - Mise en œuvre : renforcer les institutions de la ZLECAf, créer mécanisme de suivi et d’exécution effectif et dispositif disciplinaire pour pays retardataires.
  - Programme de réforme accompagnant l’accord :
    - Priorités nationales : stabilité macroéconomique, environnement propice au privé, suppression des distorsions du marché du travail, protection sociale, mobilisation des recettes.
    - Priorités régionales : intensifier investissements dans les infrastructures et créer une commission régionale de la concurrence.

*Source : ch1 - 1. Faire face à l’incertitude (PDF).*

### 1. Faire face à l’incertitude

### 1. Faire face à l’incertitude

### Équipe et objet du chapitre
- Ce chapitre a été préparé sous la direction de Seung Mo Choi, comprenant Michael Gorbanyov, Cleary Haines, Siddharth Kothari, Andresa Lagerborg, Nkunde Mwase, Malika Pant et Torsten Wezel, et supervisé par Papa N’Diaye et Catriona Purfield.
- Le chapitre examine : 1) les défis posés par les conjonctures mondiale et régionale pour l’Afrique subsaharienne, 2) les faiblesses des bilans de la région, et 3) les grandes priorités d’action.

### Conjoncture mondiale et effets sur la région
- Croissance mondiale :
  - 3,0 percent en 2019.
  - 3,4 percent en 2020.
  - À moyenne échéance : 3,6 percent, principalement tirée par les pays émergents.
- Risques principaux : tensions commerciales et technologiques entraînant incertitude politique et baisse des volumes d’échanges.
- Prix des produits de base :
  - Baisse attendue de la plupart des prix des produits de base sur la période 2019–20 par rapport à 2018, à l’exception des métaux.
  - Effets : bénéfices pour pays importateurs de produits de base (positions budgétaires et extérieures); effets négatifs sur pays exportateurs, qui représentent environ les deux tiers de la population régionale.
  - Facteurs de risque : hausse de la production américaine de pétrole de schiste d’un côté ; perturbations d’approvisionnement dans des pays comme l’Iran et le Venezuela de l’autre.
- Conditions financières mondiales :
  - Assouplissement depuis début 2019 (accompagnement monétaire des principales banques centrales).
  - Réafflux de capitaux vers marchés d’obligations de la région malgré volatilité et primes élevées.
  - Émissions internationales d’euro-obligations par pays préémergents de la région : plus de 10,5 milliards de dollars en 2019 jusqu’à présent.

### Chocs régionaux récents et conséquences
- Chocs météorologiques :
  - Sécheresses liées à El Niño touchant Angola, Botswana, Éthiopie, Kenya, Lesotho, Namibie, Zambie, Zimbabwe — conséquences : insécurité alimentaire, migrations, tensions inflationnistes (limitations de l’offre), tensions budgétaires, pénuries d’électricité, diminution des soldes commerciaux.
  - Cyclones Idai et Kenneth (mars et avril) : ont frappé des millions de personnes au Mozambique et dans d’autres pays d’Afrique australe, causant plus de 2 milliards de dollars de dégâts, perturbant ports et activité économique.
- Épidémies :
  - République démocratique du Congo : environ 3 000 cas d’Ebola signalés en septembre 2019, dont 2 000 mortels; vaccination a assuré une relative protection; l’épidémie a gagné Goma (ville de plus de 2 millions d’habitants).
  - Burundi : près de la moitié de la population touchée par l’épidémie de paludisme; environ 1 800 personnes sont décédées cette année (chiffre de juillet).
- Sécurité au Sahel :
  - Actes terroristes signalés en hausse de 75 percent en 2019 (base annualisée, janvier–septembre); principales cibles : Burkina Faso, Mali, Niger.
  - Répercussions budgétaires : perte de recettes et augmentation des dépenses militaires et de sécurité; ces dépenses ont doublé en 2019 dans Burkina Faso, Mali et Niger, représentant environ 4 percent du PIB et absorbant 20 percent des recettes budgétaires.

### Perspectives de croissance régionale et disparités
- Croissance régionale :
  - 3,2 percent en 2019.
  - 3,6 percent en 2020.
  - Projections révisées à la baisse de respectivement 0,3 et 0,1 point de pourcentage par rapport aux prévisions d’avril.
- Hétérogénéité des trajectoires :
  - Pays pauvres en ressources naturelles : croissance proche de 6,0 percent en 2019 (près de trois fois plus rapide que pays exportateurs de pétrole et autres pays riches en ressources naturelles).
  - Pays exportateurs de pétrole : 2,1 percent en 2019.
  - Autres pays riches en ressources naturelles : 2,7 percent en 2019.
  - À moyen terme : croissance d’environ 6½ percent pour pays pauvres en ressources naturelles; environ 3 percent pour pays riches en ressources naturelles.
- Exemples des trois plus grandes économies de la région :
  - Nigéria : croissance attendue à 2,5 percent en 2020, contre 2,3 percent en 2019; croissance par habitant stagnante; causes : ajustement insuffisant des politiques, déficit infrastructurel, faible investissement privé, vulnérabilités bancaires.
  - Afrique du Sud : croissance prévue à 1,1 percent en 2020, contre 0,7 percent en 2019; croissance à moyen terme légèrement inférieure à 2 percent (à peine supérieure à la croissance démographique); contraintes structurelles (coûts, rigidités, inefficience des entreprises publiques).
  - Éthiopie : croissance prévue à 7,2 percent en 2020, contre 7,4 percent en 2019; fléchissement à moyen terme autour de 6,5 percent en raison d’un durcissement des politiques budgétaire et monétaire pour corriger déséquilibres extérieurs.
- Autres éléments :
  - Pays pauvres en ressources naturelles devraient maintenir une croissance rapide voisine de 5½ percent en 2020 (hormis l’Éthiopie).
  - À moyen terme, croissance régionale proche de 4 percent et environ 1½ percent par habitant.
  - Sans l’Afrique du Sud et le Nigéria, la croissance régionale serait supérieure à 5 percent.
  - En 2019, la croissance par habitant serait inférieure à la moyenne mondiale dans 21 des 45 pays de la région; croissance par habitant négative dans 12 d’entre eux (représentant environ un tiers de la population régionale).
  - 24 pays représentant environ 500 millions de personnes (majoritairement pauvres en ressources naturelles) verront leur revenu par habitant augmenter plus vite que dans le reste du monde.

- Secteurs moteurs :
  - Services (communications, commerce de gros et de détail, services financiers) et services de construction : croissance annuelle moyenne de plus de 5 percent entre 2013 et 2017; continueront probablement de stimuler la croissance.

### Inflation
- Inflation moyenne régionale :
  - 8,5 percent en 2018.
  - 8,4 percent en 2019.
  - 8,0 percent en 2020.
- Disparités : accélération de l’inflation dans pays en conflit ou à forte dépréciation monétaire (Angola, Liberia), pays ayant connu sécheresse (Kenya, Lesotho, Namibie, Zambie, Zimbabwe) ou déficits budgétaires croissants; inflation faible dans les unions monétaires (UEMOA et CEMAC); certains pays de l’UEMOA pourraient connaître un épisode de déflation.

### Fragilité des bilans et vulnérabilités liées à la dette
- Bilan public :
  - La dette publique de la région rapportée au PIB s’est stabilisée à environ 55 percent en moyenne.
- Vulnérabilités :
  - Ratios d’endettement élevés et capacité de remboursement limitée.
  - Faible niveau des réserves de change dans plusieurs pays.
  - Bilans fragiles des entreprises financières et non financières limitant l’espace pour des politiques contracycliques.

*Source : ch1 - 1. Faire face à l’incertitude (PDF) — Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne.*

### 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE

### 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE

### Ajustement budgétaire et vulnérabilités de la dette
- Dans les pays exportateurs de pétrole, les soldes budgétaires ont chuté d’environ 10 points de PIB depuis 2016; l’ajustement a consisté à comprimer les dépenses.
- Réduction de près de 14 points de PIB du déficit budgétaire primaire hors produits de base sur la période 2013–18, principalement imputable aux coupes dans les investissements publics et, dans une moindre mesure, aux dépenses primaires courantes; les recettes hors produits de base ont légèrement baissé (graphique 1.11).
- Parmi les pays d’Afrique subsaharienne à faible revenu et en développement :
  - Sept pays (représentant 3 percent du PIB régional) sont surendettés : Érythrée, Gambie, Mozambique, République du Congo, Sao Tomé-et-Principe, Soudan du Sud, Zimbabwe (graphique 1.12).
  - Neuf pays (16 percent du PIB régional) présentent un risque élevé de surendettement : Burundi, Cabo Verde, Cameroun, Éthiopie, Ghana, République centrafricaine, Sierra Leone, Tchad, Zambie (graphique 1.12).
  - Dans les 19 autres pays à faible revenu et en développement, les vulnérabilités liées à la dette sont faibles à modérées.
- Pour la plupart des pays à revenu intermédiaire ou élevé, l’endettement public reste tenable dans le scénario de référence.
- Composition de la dette publique :
  - Les stocks de dette publique sont essentiellement d’origine commerciale.
  - Plus de la moitié provient de créanciers intérieurs.
  - Environ 15 percent provient d’euro-obligations (graphique 1.13).
  - La dette officielle bilatérale et multilatérale représentait environ un quart du total de la dette publique en 2017, en net recul par rapport au début des années 2000.
- Risques liés à la composition : recours accru à la dette publique commerciale exposant à des risques accrus de refinancement et de change; augmentation de la dette auprès de créanciers intérieurs pouvant évincer le financement privé.

### Réserves de change et comptes extérieurs
- Déficit courant moyen (simple) de la région attendu : 6.2 percent du PIB en 2018 à environ 7.2 percent en 2019, en raison du creusement des déficits dans les pays exportateurs de pétrole (lié à la baisse prévue des prix pétroliers) et dans les pays subissant des chocs climatiques (Lesotho, Mozambique).
- À la fin de 2019, les réserves de change devraient demeurer comprises entre 3 et 4 mois d’importations, avec de fortes variations entre pays.
- Positions extérieures hétérogènes :
  - Après la chute des prix pétroliers en 2014–15, les déficits courants des exportateurs de pétrole ont notablement diminué, à environ 1 percent du PIB en moyenne en 2018, grâce à l’assainissement des finances publiques.
  - L’ajustement du compte courant a principalement reflété une réduction de la demande intérieure et une amélioration des termes de l’échange; taux de change et prix relatifs ont joué un rôle mineur.
  - Pour les pays non exportateurs de pétrole, les déficits courants élevés reflètent surtout l’augmentation des écarts entre épargne publique et investissement public.
- Perspectives : avec les politiques actuelles, les déficits courants devraient ne diminuer que légèrement en raison des besoins de développement persistants; niveau des réserves de change devrait rester bas, exposant plusieurs pays au risque de chocs sur les termes de l’échange (graphique 1.15).

### Fragilité des bilans bancaires et du crédit
- Ratios de prêts improductifs demeurent élevés, de 11 percent en moyenne, reflétant des carences de gestion des risques, les conséquences de la chute des prix des produits de base et les fragilités des bilans publics.
- Accumulation d’arriérés intérieurs a réduit la capacité des fournisseurs à honorer leurs engagements vis-à-vis des banques (graphique 1.16).
- Le niveau élevé des prêts improductifs, les emprunts publics et les évolutions réglementaires ont contribué à ralentir le crédit au secteur privé (graphique 1.17), au détriment de l’activité économique.
- Croissance du crédit très inférieure à sa moyenne à long terme (proche de 10 percent entre 2006 et 2019), en partie en raison de l’introduction de normes prudentielles conformes à Bâle II/III obligeant banques à augmenter provisions et fonds propres (UEMOA).
- Ratios de fonds propres bancaires : 21 percent en moyenne au troisième trimestre 2018, avec fortes variations selon pays et banques; certaines banques demeurent sous-capitalisées.
- Sources additionnelles de préoccupation : asymétries de liquidités en devises (Angola), concentration des prêts (Bénin, Eswatini, Lesotho, Malawi), hausse de l’endettement des ménages et des sociétés (Namibie).

### Risques pesant sur les perspectives
- Principaux risques extérieurs à court terme :
  1. Montée du protectionnisme.
  2. Envolée des primes de risque.
  3. Ralentissement plus rapide que prévu en Chine et dans la zone euro.
- Principaux risques intérieurs à court terme : chocs climatiques, intensification des problèmes de sécurité, propagation vers les pays voisins de l’épidémie d’Ébola en République démocratique du Congo, dérapages budgétaires (y compris avant les élections), insuffisance des réformes dans des pays clés.
- Montée du protectionnisme : nouveaux obstacles commerciaux et technologiques susceptibles de réduire l’investissement, perturber les chaînes d’approvisionnement mondiales et diminuer les prix des produits de base, affectant négativement les pays riches en ressources naturelles; tensions commerciales ont déjà nui à la croissance des exportations régionales (graphique 1.18).
- Envolée des primes de risque : un choc de confiance mondial pourrait provoquer une envolée des primes de risque et un retournement des flux de portefeuille, augmentant le coût du service de la dette publique, accentuant les pressions de dépréciation et affaiblissant les bilans bancaires; la part importante de la dette en devises étrangères dans plusieurs pays exacerbe ces risques (graphique 1.19).
- Décélération en Chine ou en zone euro : Chine et zone euro représentent respectivement 20 percent et 30 percent environ du commerce total; un ralentissement pourrait fortement réduire la demande de produits de base en provenance d’Afrique subsaharienne.
- Scénario mixte de chocs extérieurs : si les trois chocs précités se matérialisaient, la croissance de la région pourrait baisser d’environ 1 percent la première année et d’environ ½ percent l’année suivante (graphique 1.20).
- Catastrophes naturelles : fréquence et intensité accrues depuis 30 ans; la fréquence des inondations a été multipliée par 6 entre les années 80 et la première décennie 2000 en Afrique, accentuant les risques climatiques pour la région.

*Source : ch1 - 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE (PDF).*

### 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE

### 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE

### Risques et vulnérabilités immédiats
- Le phénomène El Niño attendu au début de 2020 est synonyme de risques importants d’inondations et de sécheresses dans diverses régions.
- La forte dépendance de l’Afrique subsaharienne à l’égard de l’agriculture pluviale la rend vulnérable aux catastrophes d’origine climatique (sécheresses, cyclones et précipitions abondantes (FMI, 2016a)).
- L’épidémie de maladie à virus Ébola en République démocratique du Congo pourrait, si elle se propage aux métropoles et aux pays voisins :  
  - provoquer des pertes humaines terribles ;  
  - saper la confiance et l’investissement ;  
  - déstabiliser l’activité commerciale dans la région.

### Politiques macroéconomiques : enjeux généraux
- Réalisation des ODD à l’horizon 2030 implique un surcroît de dépenses considérable : en moyenne 15 percent du PIB annuel selon les estimations.
- Besoin d’emploi : il faudra augmenter notablement la création d’emplois pour permettre chaque année à environ 20 millions (chiffre net) de personnes d’entrer sur le marché du travail d’ici 2030 ; c’est environ le double du chiffre annuel des emplois créés dans la région de 2017 à 2019.
- Importance de promouvoir des réformes favorables à la croissance et à la création d’emplois pour préserver la stabilité macroéconomique et le développement.

### Dosage de la politique économique à court terme
- Plusieurs pays ont durci leur politique budgétaire pour corriger des facteurs de vulnérabilité et pour certains ont assoupli leur politique monétaire.
- Les taux d’intérêt ont été abaissés en 2019 en Afrique du Sud, en Angola, au Botswana, en Eswatini, en Gambie, au Ghana, au Lesotho, au Malawi, à Maurice, au Mozambique, en Namibie, au Nigéria, en République démocratique du Congo et au Rwanda.
- À l’avenir, la marge de manœuvre pour soutenir la croissance réside essentiellement dans la politique monétaire et se limite aux pays où :  
  - les tensions inflationnistes sont contenues ; et  
  - la croissance est inférieure à son potentiel.
- Si les risques défavorables se matérialisent, les politiques budgétaire et monétaire pourraient être recalibrées pour soutenir la croissance sans nuire à la viabilité de la dette, en tenant compte des financements disponibles et dans le cadre d’un plan d’ajustement à moyen terme crédible.
- Priorités selon contexte :  
  - Pays à croissance lente : rythme des ajustements plus progressif, sous réserve de financements disponibles.  
  - Pays à croissance rapide mais très endettés : priorité à la reconstitution des amortisseurs.

### Mesures à moyen terme pour renforcer la résilience et rehausser la croissance
- Nécessité d’une nouvelle vague de réformes pour doper la croissance à moyen terme, créer des emplois et se rapprocher des ODD.
- Démarrage de la ZLECAf comme possible catalyseur : la ZLECAf devrait établir un marché unique unifié de 1,2 milliard de personnes représentant un PIB cumulé de 2,500 milliards de dollars.

### Renforcer la résilience : réduire les vulnérabilités liées à la dette publique
- Améliorer la dynamique de la dette : poursuivre l’assainissement des finances publiques à moyen terme afin de réduire les vulnérabilités liées à la dette et dégager un espace budgétaire pour le développement.
- Différentiels entre taux d’intérêt et croissance : négatifs pour la majorité des pays (–6 percent en moyenne), ce qui confère une certaine souplesse budgétaire mais n’empêche pas le gonflement de la dette.
- Maîtriser les déficits primaires : contrôler la dynamique de la dette implique aussi de maîtriser les déficits primaires.
- Objectifs spécifiques :  
  - Pays exportateurs de pétrole : rester concentrés sur leur objectif de réduire d’environ 3 points leur déficit budgétaire primaire hors produits de base.  
  - Autres pays riches en ressources naturelles : réduction d’environ 1½ point de pourcentage de PIB.  
  - Pays pauvres en ressources naturelles : réduction d’environ 1 point de pourcentage de PIB.

### Promouvoir la mobilisation des recettes intérieures
- Recettes moyennes : n’ont augmenté chaque année que de 0,2 percent du PIB depuis 2016, alors que la mobilisation possible est en moyenne de 3 percent à 5 percent du PIB (FMI, 2018a).
- Obstacles identifiés : taux d’imposition bas (Angola, Nigéria), bases d’imposition étroites (Éthiopie, Nigéria, République du Congo, Sao Tomé-et-Principe), large éventail d’exonérations (Angola, Cameroun, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Nigéria, Tchad).
- Capacités limitées des services fiscaux et problèmes de gouvernance ; secteur informel important (Angola, Guinée, Nigéria, République centrafricaine, Tchad) ; contraintes sécuritaires entravant le recouvrement (Burkina Faso, Mali).
- Mesures recommandées : améliorer l’administration fiscale (par exemple attribuer des numéros d’identification aux importateurs commerciaux, améliorer les registres fonciers, renforcer l’audit fiscal, l’administration des douanes et la gestion de l’observance fiscale des gros contribuables) et conduire des réformes pour élargir l’assiette des recettes, y compris en limitant les exonérations (FMI, 2019a).

### Supprimer les subventions inefficaces
- Les subventions et autres transferts de l’État représentaient en moyenne plus de 5 percent du PIB (ou 25 percent des dépenses) en 2017 dans les pays d’Afrique subsaharienne pour lesquels des données sont disponibles.
- Effets négatifs des subventions aux carburants : mal ciblées, favorisent la surconsommation, réduisent l’investissement et la maintenance dans les secteurs connexes, évincement de dépenses publiques plus productives.
- Recommandations : profiter de la baisse des prix du pétrole pour diminuer les subventions aux carburants (exemples cités : Mozambique, Soudan du Sud, Burkina Faso) et réexaminer l’efficacité d’autres subventions (ex. programme malawien de subventions aux intrants agricoles).
- Facteurs augmentant les chances de succès des réformes des subventions :  
  1) un programme de réforme global ;  
  2) une stratégie de communication ambitieuse s’appuyant sur une plus grande transparence ;  
  3) un calendrier judicieux de hausse des prix de l’énergie, modulable par produit ;  
  4) une amélioration de l’efficience des entreprises publiques visant à réduire les subventions aux producteurs ;  
  5) des mesures ciblées pour protéger les plus pauvres ;  
  6) des réformes institutionnelles pour dépolitiser la tarification de l’énergie (par exemple introduction de mécanismes de tarification automatiques) (Clements et al., 2013).

### Améliorer la gestion des finances publiques
- Carences contribuant à l’accumulation d’arriérés intérieurs, diminution de l’efficience des investissements publics et des dépenses sociales, fragilisation des bilans du secteur public.
- Recommandations : introduire des mécanismes de surveillance des arriérés intérieurs, assortis de mesures pour apurer les arriérés et éviter leur accumulation ; stratégies d’apurement devant préserver la stabilité macroéconomique, se fonder sur une croissance inclusive et être mises en œuvre dans la transparence.
- Progrès observés : perfectionnement des cadres de dépenses à moyen terme (Angola, Botswana), introduction d’un compte unique du Trésor (Côte d’Ivoire, Guinée, République du Congo, Sierra Leone, Tanzanie), budgétisation fondée sur les résultats (Botswana), contrôles internes (Angola, Ouganda), meilleures pratiques de sélection des projets d’équipement (Seychelles).
- Meilleure gouvernance considérée comme susceptible d’augmenter l’efficacité de l’investissement public.

### Renforcer les cadres de gestion de la dette
- Besoin essentiel d’accroître la transparence et de renforcer les cadres face à des risques de change et de refinancement plus importants.
- Exemples de mesures entreprises : rachats de dette pour atténuer les risques de refinancement à court terme et reprofilage de la dette extérieure (Côte d’Ivoire, Ghana), harmonisation de la monnaie des remboursements avec les recettes en devises (Seychelles), émission d’euro-obligations en plusieurs tranches.

### Établir des cadres budgétaires crédibles à moyen terme
- Nécessité de règles budgétaires soutenues par des systèmes adaptés de gestion des finances publiques.
- Préconisation d’un recours plus fréquent aux instruments financiers modulables selon la situation du pays et, pour les pays exportateurs de produits de base, d’un cadre institutionnel adéquat pour gérer les recettes issues des ressources naturelles.

### Accroître la résilience du secteur extérieur
- Favoriser la diversification de l’économie : stabilité macroéconomique, meilleur accès au crédit, bonnes infrastructures, réglementation propice et main-d’œuvre qualifiée favorisent la diversification, rendant la région plus résistante aux chocs des prix des produits de base (FMI, 2017a).
- Importance de réformes du marché du travail pour aligner productivité et salaires et faciliter la réaffectation des ressources entre secteurs.
- Encourager, si mise en œuvre rigoureuse, des politiques de soutien aux secteurs tournés vers l’exportation pour développer de nouvelles branches de production.
- Promouvoir la flexibilité des taux de change : permettre une plus grande flexibilité des taux de change là où les asymétries de devises dans les bilans ne posent pas de problème favoriserait les ajustements en cas de fortes fluctuations des prix des produits de base et un essor des produits exportables.
- Dans les pays à régime de change fixe (dont les pays de la CEMAC et de l’UEMOA), la flexibilité découlerait principalement d’ajustements des prix relatifs ; il faudrait donc d’autres réformes structurelles pour accroître la flexibilité des salaires et des prix. Les autorités de ces pays devraient prendre des mesures afin de disposer de réserves de change.

*Source : ch1 - 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE (PDF).*

### 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE

### 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE

### Gérer les flux de capitaux
- Les conditions financières mondiales favorables et les afflux connexes de capitaux vers les pays préémergents de la région peuvent aider à financer les besoins de développement, mais la volatilité de ces flux engendre des défis macroéconomiques importants.
- Risques liés aux afflux importants : pression à la hausse sur la monnaie, risque de surévaluation et d’accumulation de déséquilibres financiers.
- Risques liés aux sorties importantes : pression à la baisse, augmentation de l’inflation, durcissement des conditions de financement intérieures, forte contraction de l’activité.
- Pays mieux dotés en fondamentaux et réserves sont mieux à même de maîtriser ces risques.
- Recommandations :
  - Appliquer des politiques macroéconomiques et macroprudentielles de compensation en attendant la reconstitution des amortisseurs.
  - Réserver les interventions de change pour remédier à une désorganisation temporaire du marché des changes en tenant compte de la nécessité de reconstituer les volants de réserves.
  - Attirer des entrées d’investissement direct étranger (IDE) comme sources de financement plus stables et à plus long terme.

### Améliorer l’efficacité de la politique monétaire et redynamiser la croissance du crédit
- Constat : la croissance du crédit est en perte de vitesse (référence graphique 1.26, crédit bancaire au secteur privé, 2006–18).
- Mesures tentées et conséquences :
  - Encadrement des taux d’intérêt pour réduire le coût du crédit (ex. Kenya) → diminution de l’offre au crédit.
  - Obligation pour les banques de respecter un ratio minimal prêts/dépôts (Nigéria) → risque d’affaiblissement des bilans et incidence sur le coût des financements.
- Mesures susceptibles de stimuler la croissance du crédit :
  - Création de registres du crédit ou des garanties.
  - Résolution des prêts improductifs et apurement des arriérés intérieurs (ex. Libéria, Mali, Zimbabwe).
  - Réorienter l’investissement public en faveur du secteur privé, en particulier dans les pays pauvres en ressources naturelles.
- Renforcer le mécanisme de transmission de la politique monétaire :
  - Éponger les liquidités excédentaires et développer les circuits interbancaires, des marchés secondaires efficaces et les opérations de pension pour les titres de dette publics (CEMAC, UEMOA).
  - Recourir aux opérations d’open-market ou relever le niveau des réserves obligatoires dans les zones à liquidités surabondantes (CEMAC, Namibie).
  - Pour les pays axant la politique monétaire sur les taux d’intérêt, guider les taux courts à l’aide de corridors liés au taux directeur central (Malawi, Maurice, Rwanda, Seychelles).
  - Rendre la politique monétaire plus efficace en limitant la prééminence de la politique budgétaire, en fixant un objectif d’inflation à moyen terme et en garantissant l’indépendance opérationnelle de la banque centrale (FMI, 2015b).
  - Améliorer les échanges d’informations rapides et fiables entre le gouvernement et la banque centrale pour ancrer les anticipations inflationnistes et la gestion macroéconomique.
- Exemple : mesures récentes au Zimbabwe pour normaliser la politique monétaire (limiter le déficit budgétaire et déréglementer le marché des changes) ont réduit l’écart entre taux officiels et taux parallèles jusqu’en août 2019.

### Assainir les bilans bancaires et renforcer la résilience du secteur bancaire
- Réduire le volume de prêts improductifs pour redynamiser le crédit et appuyer la croissance.
- Mesures adoptées par divers pays :
  - Amortissements accélérés (Comores, Maurice, Sierra Leone, Tanzanie).
  - Transfert des créances non remboursées à des gestionnaires de portefeuille (Angola, Guinée Bissau, Zimbabwe).
  - Apurement des arriérés intérieurs (Eswatini, Gabon).
  - Restructuration ou liquidation des banques défaillantes (Côte d’Ivoire, Ghana, Kenya).
  - Facilitation des saisies ou résolutions extrajudiciaires avec les débiteurs (Cameroun).
  - Combinaisons de ces mesures (Malawi, Mali, Togo).
- Renforcer la résilience :
  - Utiliser plus judicieusement les mesures macroprudentielles et microprudentielles.
  - Données : les 25 pays de la région interrogés avaient en moyenne 5 mesures macroprudentielles à leur disposition à fin 2016 (référence graphique 1.27).
  - Mesures courantes en Afrique subsaharienne : restrictions applicables aux positions de change des banques, réserves obligatoires, exigences de fonds propres.
  - Depuis 2017, nouveaux pays (Angola, Ghana, Mozambique, Tanzanie) ont relevé leurs exigences de fonds propres pour préserver la stabilité financière.
  - Renforcer les règles relatives aux risques de concentration, notamment en prescrivant des pondérations réalistes pour les risques d’insuffisance des fonds propres applicables aux emprunts des entreprises publiques.
- Normes de Bâle : environ 32 percent des pays d’Afrique subsaharienne ayant répondu à l’enquête de la BEI (2018) respectent les normes de Bâle III, et 41 percent y travaillent. Soixante-quatre percent respectent les normes de Bâle II, et 36 percent y travaillent. (En 2016, seulement 46 percent avaient indiqué être en conformité avec Bâle II.)

### Limiter la transmission des risques financiers extérieurs et développer les relations de correspondant bancaire
- Essor des banques panafricaines a amélioré la concurrence et soutenu l’inclusion financière, tendance renforcée par la libéralisation des services financiers transfrontaliers dans le cadre de la ZLECAf.
- Risque d’arbitrages réglementaires en l’absence d’une supervision transfrontalière suffisante sur une base consolidée.
- Recommandations :
  - Améliorer la coordination internationale entre autorités de supervision des pays d’origine et d’accueil.
  - Accélérer l’harmonisation des procédures réglementaires et prudentielles, y compris la mise en conformité avec les normes fondamentales de Bâle.
  - Instaurer un mécanisme approprié afin de redresser les institutions financières transfrontalières non viables.
- Développer les relations de correspondant bancaire :
  - Les réformes pour renforcer le cadre de stabilité financière et traiter les risques liés à la LBC/FT devraient atténuer le risque de nouvelles pertes de relations de correspondant bancaire.

### Renforcer la résilience aux catastrophes naturelles
- Approche globale : renforcer la résilience structurelle, la résilience financière et investir dans des plans d’urgence et mesures connexes (FMI, 2019c).
- Exemples d’actions structurelles :
  - Introduction de nouvelles variétés de cultures résistantes aux sécheresses et au stress hydrique, récupération des eaux de pluie (Burkina Faso).
  - Utilisation des technologies mobiles pour fournir des prévisions de précipitations et souscrire des assurances récoltes (Éthiopie, Kenya, Rwanda).
  - Réinstallation des populations hors des zones inondables (Sao Tomé-et-Principe, Zambie).
  - Diversification de la production d’énergie pour réduire la part de l’hydroélectricité (Kenya).
- Renforcer la résilience financière :
  - Dotation d’amortisseurs budgétaires et utilisation d’instruments financiers préétablis pour préserver la viabilité budgétaire et gérer les coûts de la reprise.
  - Exemple régional : African Risk Capacity, dispositif régional d’assurance souveraine mutuelle créé en 2013, couvre les risques de sécheresse et autres phénomènes météorologiques extrêmes.
- Plans d’urgence et financement :
  - Améliorer l’accès des ménages et des entreprises aux financements et à des assurances d’un bon rapport coût–efficacité.
  - Renforcer les filets de protection sociale et améliorer le système de santé publique pour faciliter le transfert des risques.
- Coordination internationale :
  - Intensification et ciblage des concours fournis par les donateurs et les institutions financières internationales aideraient la région à devenir plus résiliente.
  - Pour une résilience durable face aux chocs climatiques, coordination entre pays compte tenu des externalités liées aux émissions de carbone.

### Rehausser la croissance à plus long terme : intégration, compétitivité et inclusion
- Nécessité de réformes de grande ampleur pour doper la productivité et les investissements dans le capital physique et humain pour améliorer les perspectives de croissance à moyen terme.
- Promouvoir l’intégration régionale et mondiale :
  - Développement des chaînes de valeur comme vecteur d’industrialisation et d’accélération de la croissance.
  - Constat : en Afrique subsaharienne, le ratio valeur ajoutée étrangère/total des exportations est de 20 percent, moins qu’en Europe et en Asie, et stagne depuis les années 90 (référence graphique 1.28).
  - Favoriser l’intensification des échanges commerciaux intrarégionaux dans le cadre de la ZLECAf en s’attaquant aux obstacles tarifaires et non tarifaires, y compris aux coûts de l’activité commerciale et aux coûts logistiques.
  - Mesures complémentaires : connecter les principaux systèmes de paiement internationaux pour faciliter les paiements intrarégionaux ; réformes structurelles inspirées par d’autres accords commerciaux régionaux.
- Promouvoir la compétitivité :
  - Intensification de la concurrence pour améliorer la productivité, rendre les exportations plus compétitives et faire baisser les prix.
  - Nécessité d’une stratégie de réforme globale : cadre de concurrence efficace, ouverture des secteurs au commerce et à l’investissement direct étranger, réduction des formalités administratives, conditions d’égalité entre entreprises.
  - Importance d’institutions solides garantissant le strict respect des contrats et la primauté du droit.
  - Capitaliser sur la quatrième révolution industrielle :
    - Construire l’infrastructure numérique (la région a le plus faible taux de pénétration d’Internet au monde).
    - Adapter les systèmes éducatifs aux nouvelles qualifications et promouvoir l’apprentissage tout au long de la vie.
    - Promouvoir une urbanisation intelligente pour construire des pôles d’innovation.
- Garantir une croissance inclusive :
  - Partager plus équitablement les bénéfices de la croissance via égalité d’accès à l’emploi et aux formations, meilleure offre et accès aux services de santé et financiers.
  - Recommandations budgétaires :
    - Transition vers une fiscalité plus progressive pour financer un accès plus large à l’éducation et la santé de qualité.
    - Remplacement des dépenses régressives (subventions aux carburants, par exemple) par des filets de protection sociale plus efficaces et plus ciblés (FMI, 2017b).
  - Promouvoir l’égalité femmes–hommes pour un meilleur partage des bénéfices de la croissance :
    - Constat : inégalités entre les sexes parmi les plus fortes au monde (référence graphique 1.29).
    - Améliorer l’accès aux services de santé et d’éducation et promouvoir l’inclusion financière, surtout dans les zones rurales et mal desservies, pour stimuler le taux d’activité féminine, en particulier dans les secteurs à plus forte valeur ajoutée.
  - Améliorer les résultats du marché du travail pour les jeunes en promouvant l’instruction et la formation et en poursuivant les réformes structurelles pour doper la croissance (FMI, 2015c).
  - Rendre les services financiers plus accessibles en soutenant l’innovation financière tout en préservant la stabilité financière (protection des consommateurs, cybersécurité) ; renforcement du rôle de la région en matière de services bancaires mobiles (nombre de comptes bancaires mobiles par habitant, points de vente mobiles, volume des transactions bancaires mobiles).

*Source : ch1 - 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE (PDF).*

### 1. FAIRE FACE À L’INCERTITUDE

### 1. FAIRE FACE À L’INCERTITUDE

### Encadré 1.2 — Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf) : enseignements tirés d’autres accords commerciaux régionaux
- En 2018, plus de 400 ACR avaient été notifiés à l’Organisation mondiale du commerce (OMC).
- La ZLECAf est l’ACR le plus important du monde par le nombre de ses signataires et la population couverte.
- L’accord sur la ZLECAf vise, entre autres, à créer un marché unique de biens et de services et à faciliter la circulation des personnes, et il envisage des réformes relatives à la politique de la concurrence, à l’investissement et aux droits de propriété intellectuelle.

### Effets macroéconomiques observés des ACR
- Création d’échanges commerciaux, avec un minimum d’effets de détournement du commerce (Freund et Ornelas, 2010 ; Vicard, 2011).
  - Les ACR ont facilité la participation aux chaînes de valeur mondiales (CVM).
  - ALENA et AFTA ont stimulé le commerce de façon substantielle.
  - Quelques effets de détournement des échanges ont été signalés pour le Mercosur.
- Renforcement de la croissance lié aux effets d’échelle et à la diffusion des technologies (Berthelon, 2004 ; Schiff et Wang, 2003).
  - L’adhésion à un ACR peut rendre la croissance moins volatile (Kpodar et Imam, 2017).
- Augmentation de l’investissement direct étranger (IDE), grâce à l’expansion du marché intérieur et aux dispositions favorisant l’intégration poussée (Lim et al., 2001 ; Lederman et al., 2005 ; Medvedev, 2012).

### Leçons et recommandations pour la ZLECAf
- Conception de l’accord :
  - Compléter la création de la ZLECAf par une baisse progressive des droits applicables à la nation la plus favorisée (NPF).
  - Coordonner entre pays à stades de développement différents pour convenir d’un tarif extérieur commun (TEC) raisonnable, sans mécanisme de compensation.
    - Fixer le TEC à un niveau qui ne fasse pas augmenter le coût de la vie, en particulier pour les ménages modestes (BAfD, 2019, page 90).
  - Éviter des règles d’origine restrictives : les règles d’origine devraient se limiter à prévenir le détournement des échanges ou le transbordement, afin de réduire les coûts administratifs et faciliter la mise en œuvre.
    - Les règles d’origine complexes et strictes ont découragé les échanges dans certains ACR (Conconi et al., 2016).
    - Les pays à faible revenu seraient désavantagés si des règles d’origine favorisant les secteurs en amont à haute intensité de capital les obligeaient à s’approvisionner auprès de membres vendant plus cher (BAfD, 2019, page 128).
- Mise en œuvre de l’accord :
  - Renforcer les institutions de la ZLECAf pour créer un mécanisme de suivi et d’exécution effectif.
    - Un dispositif disciplinaire est nécessaire pour identifier les pays retardataires, comme dans l’Union européenne et la Communauté de l’Afrique de l’Est.
- Élaboration d’un vaste programme de réforme accompagnant l’accord :
  - Priorités nationales : préserver la stabilité macroéconomique, favoriser des environnements propices au secteur privé, supprimer les distorsions du marché du travail, renforcer la protection sociale et améliorer la mobilisation des recettes intérieures.
  - Priorités régionales : intensifier les investissements dans les infrastructures du continent et créer une commission régionale de la concurrence.

*Encadré préparé par Garth Peron Nicholls, Malika Pant, Hector Perez-Saiz et José Nicolás Rosas Garcia. Sources : FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale ; FMI, Direction of Trade Statistics ; calculs des services du FMI.*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/afr/2019/october/french/ch1.pdf_
