## sreo1019

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### Évolution et perspectives macroéconomiques
- Croissance régionale prévue : 3,2 % en 2019 et 3,6 % en 2020.
- Croissance par groupe de pays en 2019 :
  - pays pauvres en ressources naturelles : environ 6 %;
  - pays exportateurs de pétrole : 2,1 %;
  - autres pays riches en ressources naturelles : 2,7 %.
- 24 pays, représentant une population d’environ 500 millions de personnes, verront leur revenu par habitant augmenter plus vite que dans le reste du monde.
- 21 pays riches en ressources devraient se situer au-dessous de la moyenne mondiale pour la croissance rapportée au nombre d’habitants.
- Croissance à moyen terme attendue :
  - « un peu plus de 2,5 % » en moyenne, croissance par habitant en stagnation;
  - pour la région dans son ensemble : proche de 4 % (soit d’environ 1½ % par habitant);
  - pays pauvres en ressources naturelles : environ 6½ % à moyen terme (hors Éthiopie).
- Objectif d’emploi : créer des emplois pour les 20 millions (chiffre net) de personnes arrivant sur le marché du travail chaque année.
- Inflation moyenne régionale prévue : 8,5 % en 2018, 8,4 % en 2019, 8,0 % en 2020.
- Déficit courant moyen (simple) : passage de 6,2 % du PIB en 2018 à environ 7,2 % du PIB en 2019.
- Réserves de change fin-2019 : devraient demeurer comprises entre 3 et 4 mois d’importations (fortes variations entre pays).
- Ratio dette publique/PIB régional : stabilisé à environ 55 % en moyenne.
- Composition de la dette publique (2017) :
  - créanciers intérieurs : plus de la moitié;
  - euro-obligations : environ 15 %;
  - dette officielle bilatérale et multilatérale : environ un quart du total.

### Principaux risques pesant sur les perspectives
- Risques externes amplifiés depuis avril :
  - menace d’une montée du protectionnisme;
  - forte hausse des primes de risque ou inversion des entrées de capitaux due au resserrement des conditions financières mondiales;
  - ralentissement plus rapide que prévu en Chine et dans la zone euro.
- Risques régionaux à court terme :
  - chocs climatiques (El Niño attendu début 2020; graves sécheresses d’El Niño affectant Angola, Botswana, Éthiopie, Kenya, Lesotho, Namibie, Zambie et Zimbabwe; cyclones Idai et Kenneth ont causé plus de 2 milliards de dollars de dégâts);
  - intensification des problèmes de sécurité (insécurité au Sahel : actes terroristes en hausse de 75 % en 2019, base annualisée, janvier–septembre);
  - propagation d’épidémies (Ébola en République démocratique du Congo : en septembre 2019, environ 3 000 cas signalés, dont 2 000 mortels; épidémie gagnant Goma).
- Risques politiques et de gouvernance :
  - dérapages budgétaires, notamment à la veille d’élections;
  - manque de réformes dans de grands pays pouvant accentuer les pressions sur déficits et dettes.
- Scénario mixte estimé : la croissance de la région pourrait baisser d’environ 1 % la première année et d’environ ½ % l’année suivante en cas de combinaison de tensions commerciales, ralentissement mondial et resserrement financier.

### Politiques macroéconomiques — stratégie et orientation
- Stratégie à trois volets proposée :
  1. Calibrer rigoureusement la politique économique à moyen terme :
     - marge de manœuvre limitée en raison d’amortisseurs faibles et vulnérabilité élevée liée à la dette;
     - action surtout monétaire dans les pays où l’inflation est modérée et la croissance inférieure au potentiel;
     - re-calibrage budgétaire et monétaire possible si les risques se matérialisent, compatible avec la viabilité de la dette et le financement disponible;
     - dans les pays à croissance faible, ajustement plus progressif si financement disponible; dans pays à croissance rapide mais endettés, priorité à la reconstitution des amortisseurs.
  2. Renforcer la résilience :
     - accroître les recettes intérieures;
     - rationaliser les subventions inefficientes;
     - améliorer la gestion des finances publiques;
     - promouvoir la diversification économique;
     - améliorer les cadres de politique macroéconomique;
     - réduire les prêts improductifs.
  3. Accélérer la croissance à moyen terme :
     - relever les taux de croissance par habitant, en particulier dans les pays riches en ressources naturelles;
     - s’attaquer aux obstacles tarifaires et non tarifaires dans le cadre de la ZLECAf;
     - développer les chaînes de valeur régionales;
     - mettre en œuvre des réformes pour stimuler l’investissement et la compétitivité.
- Dosage à court terme : la marge de manœuvre pour soutenir la croissance réside essentiellement dans la politique monétaire et est limitée aux pays où l’inflation est contenue et la croissance inférieure au potentiel.
- Mesures monétaires observées en 2019 : taux d’intérêt abaissés en Afrique du Sud, Angola, Botswana, Eswatini, Gambie, Ghana, Lesotho, Malawi, Maurice, Mozambique, Namibie, Nigéria, République démocratique du Congo et Rwanda.

### Concurrence, compétitivité et gains potentiels
- Niveau de concurrence :
  - Plus de 70 % des pays de la région se situent au-dessous de la médiane mondiale des indicateurs de concurrence;
  - Plus de 40 % des pays dans le quartile inférieur mondial de l’indicateur de concurrence.
- Marges et rentabilité :
  - Marges brutes des entreprises en Afrique subsaharienne supérieures d’environ 11 % à celles d’autres pays à stade comparable;
  - Rentabilité moyenne des entreprises supérieure de 10–20 % par rapport à autres pays émergents et pays en développement.
  - Marges et rentabilité plus élevées dans les pays exportateurs de pétrole : marges brutes +16 %; rentabilité +8 %.
  - Afrique centrale : marges brutes +8 %; rentabilité +18 % par rapport aux autres régions d’Afrique subsaharienne.
- Effets quantifiés d’une intensification de la concurrence :
  - Passage de la médiane régionale au quartile supérieur mondial de l’indicateur d’intensité de la concurrence → hausse moyenne d’environ 1 point de pourcentage du taux de croissance du PIB réel par habitant.
  - Vecteurs de transmission agrégés pour ce changement :
    - Exportations (pourcentage du PIB) : hausse de 1,7 % du PIB;
    - Croissance de la productivité du travail : accélération d’environ 1 point de pourcentage;
    - Investissement privé (pourcentage du PIB) : lien positif mais statistiquement faible.
- Effets sur les prix :
  - Panier individuel du consommateur supérieur de 20 % en Afrique subsaharienne par rapport à autres pays à stade similaire de développement.
  - Intensification de la concurrence locale (médiane → quartile supérieur) estimée réduire :
    - prix des produits alimentaires et boissons d’environ 8 %;
    - services de santé d’environ 14 %;
    - panier individuel de consommation d’environ 10 %.

### Cadre institutionnel et réformes pour stimuler la concurrence
- Composantes d’un cadre efficace :
  - loi de la concurrence adaptée et autorité d’exécution indépendante et dotée de ressources suffisantes;
  - ouverture aux échanges et à l’investissement direct étranger;
  - réformes des marchés de produits pour réduire barrières à l’entrée et à la sortie;
  - politiques budgétaires, fiscales et de passation des marchés publiques non discriminatoires.
- État des lieux des autorités de concurrence :
  - pays dotés d’une loi sur la concurrence : passage de 12 en 2000 à 31 en 2019;
  - budgets annuels variables (de moins de 0,001 % du PIB à 0,06 % du PIB); Afrique du Sud : 22 millions de dollars (0,01 % du PIB) en 2017–18; Kenya : 6 millions de dollars.
  - activités : en moyenne deux enquêtes par an; Afrique du Sud et Kenya mènent près de 500 affaires par an.
- Libéralisation commerciale :
  - une réforme tarifaire peut réduire les marges brutes cumulativement d’environ 4,5 % sur cinq ans.
- Recommandations prioritaires :
  - poursuivre réformes des marchés de produits pour réduire obstacles structurels et réglementaires;
  - mettre en place un cadre de concurrence comprenant loi et autorité indépendante, suffisament financée et dotée en personnel;
  - mesures complémentaires en matière de commerce et d’IDE;
  - renforcer coopération régionale entre autorités nationales de la concurrence, notamment dans le contexte de la ZLECAf.

### Arriérés intérieurs — ampleur, causes et impacts
- Prévalence et niveau :
  - Au 31 décembre 2018, 24 des 30 pays avec données présentaient des arriérés;
  - Encours moyen des arriérés : 3,3 % du PIB;
  - Encours maximal observé : 18 % du PIB (République du Congo);
  - Arriérés non reconnus estimés agrégés : 2 % du PIB à la fin 2018.
- Groupes les plus affectés :
  - pays exportateurs de pétrole : arriérés d’environ 8,5 % du PIB;
  - pays à régime de change fixe : 4,4 % du PIB;
  - pays fragiles : 4,1 % du PIB.
- Causes :
  - Faiblesses des systèmes de gestion des finances publiques (budgets non réalistes, contrôle insuffisant des engagements, mauvaise gestion de la trésorerie);
  - Chocs macroéconomiques (baisse des cours des produits de base, catastrophes naturelles, conflits, resserrement brutal des conditions financières);
  - Cycle électoral : déficits budgétaires supérieurs en année électorale, pouvant entraîner accumulation d’arriérés.
- Effets macroéconomiques et sectoriels (estimations empiriques) :
  - Une augmentation de 1 point de pourcentage des arriérés est associée à :
    - baisse d’environ 0,3 point de pourcentage de la croissance du PIB réel par habitant;
    - dégradation du ratio prêts improductifs/prêts bruts d’environ 0,3 point de pourcentage;
    - baisse d’environ 0,6 point de pourcentage de la proportion de la population ayant accès à l’électricité;
    - impacts négatifs sur chiffre d’affaires, productivité et création d’emplois des entreprises.
- Résultats de régressions de panel (2005–18) — effet d’un choc d’un écart-type sur l’encours d’arriérés intérieurs (en points de pourcentage du PIB) :
  - recul d’un écart-type de la croissance du PIB décalée → +0,9 point de pourcentage;
  - recul d’un écart-type des termes de l’échange des produits de base décalés → +0,6 point de pourcentage;
  - recul d’un écart-type de l’indicateur de stabilité politique → +1 point de pourcentage;
  - baisse d’un écart-type de la part du PIB pétrolier dans un pays à régime de change fixe → +4,3 points de pourcentage (impact plus marqué quand la gouvernance est faible : +3,3 points pour pays à gouvernance faible vs +1,2 point pour pays à bonne gouvernance).

### Régularisation et prévention des arriérés — principes et options
- Trois étapes de régularisation : vérification, hiérarchisation (stratégie de paiement) et liquidation.
  - Vérification : audit indépendant et exhaustif, couvrir ministères, entreprises publiques et collectivités locales; certaines vérifications ont rejeté une part considérable de l’encours initial (Ghana 2017, République du Congo 2019).
  - Élaboration d’une stratégie de paiement : évaluer financements disponibles, viabilité de la dette et impact macroéconomique; création possible d’une commission des arriérés.
  - Options de liquidation (seules ou combinées) :
    - paiement en numéraire (quand ressources disponibles);
    - accord bilatéral/reprofilage avec créanciers (transformer arriérés en dette contractuelle);
    - titrisation (transformer arriérés en instruments négociables);
    - dispositifs de compensation (annulation mutuelle des créances).
- Hiérarchisation recommandée si échelonnement nécessaire :
  1) salaires et petits fournisseurs fragiles;
  2) entreprises actives et particuliers avec dettes bancaires;
  3) fournisseurs de services sociaux essentiels.
- Prévention : réformes de gestion des finances publiques (budgets crédibles, contrôle des engagements, bonne gestion de la trésorerie, sanctions), constitution d’amortisseurs, mobilisation des recettes intérieures, recours opportun au financement extérieur pour pays vulnérables.
- Conditionnalité FMI : 78 des 111 accords conclus par le FMI avec 36 pays d’Afrique subsaharienne depuis 2002 comprenaient une conditionnalité relative aux arriérés intérieurs.

### Bilans bancaires, crédit et stabilité financière
- Ratios de prêts improductifs : 11 % en moyenne.
- Croissance du crédit au secteur privé : très inférieure à sa moyenne à long terme (proche de 10 % entre 2006 et 2019).
- Ratios de fonds propres bancaires : 21 % en moyenne au troisième trimestre 2018 (avec fortes variations et banques sous-capitalisées).
- Mesures prudentielles et macroprudentielles :
  - introduction de normes Basel II/III dans certaines juridictions (UEMOA) obligeant à relever provisions et fonds propres;
  - en 2016, 25 pays disposaient en moyenne de 5 mesures macroprudentielles;
  - recommandations : utiliser outils macroprudentiels, renforcer règles sur risques de concentration, harmoniser supervision transfrontalière pour banques panafricaines.
- Mesures d’assainissement des bilans bancaires observées : amortissements accélérés, transfert de créances à gestionnaires de portefeuille, apurement d’arriérés intérieurs, restructuration ou liquidation de banques défaillantes, facilitation des saisies ou résolutions extrajudiciaires.
- Relations de correspondant bancaire : difficultés persistantes pour certaines juridictions; renforcement des cadres LBC/FT attendu pour améliorer accès.

### Résilience aux catastrophes naturelles et croissance inclusive
- Renforcer la résilience structurelle et financière ; exemples de mesures structurelles :
  - introduction de variétés de cultures résistantes à la sécheresse;
  - récupération des eaux de pluie (ex. Burkina Faso);
  - technologies mobiles pour prévisions et assurances récoltes (Éthiopie, Kenya, Rwanda);
  - diversification énergétique (ex. Kenya : réduction de la part de l’hydroélectricité).
- Instruments financiers et dispositifs régionaux : African Risk Capacity créé en 2013 (assurance souveraine mutuelle).
- Croissance inclusive : politiques recommandées
  - fiscalité plus progressive pour financer éducation et santé;
  - remplacer subventions aux carburants par filets ciblés;
  - promouvoir égalité femmes–hommes et inclusion financière;
  - améliorer résultats du marché du travail pour les jeunes et formation continue.
- ZLECAf comme catalyseur : marché unique projeté de 1,2 milliard de personnes représentant un PIB cumulé de 2 500 milliards de dollars.

### Données, couverture et méthodologie
- Période de couverture principale pour analyses empiriques : 2000–17 (chapitre sur concurrence) et 2005–18 (arrière des arriérés).
- Échantillons cités :
  - Données WBES : plus de 10 000 entreprises de 39 pays (2006–18);
  - Données Orbis : près de 9 000 entreprises de 18 pays (2000–17).
- Données et projections macroéconomiques : estimations des services du FMI au 30 septembre 2019 pour l’édition d’octobre 2019 des Perspectives de l’économie mondiale; couverture : 45 pays d’Afrique subsaharienne.
- Classification des pays et règles d’agrégation précisées pour tableaux AS1–AS4 dans l’appendice statistique.

_Source : Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne, édition d’octobre 2019 (extraits fournis; chapitres 1–3)._

### 1. Faire face à l’incertitude ..........................................................................................

### 1. Faire face à l’incertitude

### Évolution et perspectives macroéconomiques
- La croissance en Afrique subsaharienne devrait se maintenir à 3,2 % en 2019 et s’accélérer à 3,6 % en 2020.
- La croissance devrait être plus lente que prévu pour environ deux tiers des pays de la région.
- La croissance devrait rester vigoureuse dans les pays pauvres en ressources naturelles, pour avoisiner en moyenne 6 %.
  - En conséquence, 24 pays, comptant environ 500 millions d’habitants, verront leur revenu par habitant augmenter plus vite que le reste du monde.
- La croissance devrait rester lente dans les pays riches en ressources naturelles (2½ %).
  - En conséquence, 21 pays devraient enregistrer une croissance par habitant plus faible que la moyenne mondiale.
- L’inflation devrait fléchir.
- Si la charge de la dette moyenne à l’échelle de l’Afrique subsaharienne se stabilise, la vulnérabilité élevée liée à la dette publique et la faiblesse des amortisseurs extérieurs continueront de limiter la marge de manœuvre dans plusieurs pays.

### Risques pesant sur les perspectives
- Les vents contraires externes se sont intensifiés par rapport à avril dernier :
  - menace d’une montée du protectionnisme;
  - forte hausse des primes de risque ou inversion des entrées de capitaux due au resserrement des conditions financières mondiales;
  - ralentissement plus rapide que prévu en Chine et dans la zone euro.
- Risques régionaux à court terme :
  - chocs climatiques;
  - intensification des problèmes de sécurité;
  - propagation de l’épidémie de maladie à virus Ébola en dehors de la République démocratique du Congo.
- Risques politiques et de gouvernance :
  - dérapages budgétaires, notamment à la veille d’élections dans certains pays;
  - manque de réformes dans des grands pays pouvant accentuer les pressions sur les déficits et les dettes.
- Opportunité à moyen terme :
  - une bonne mise en œuvre de réformes, notamment dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine, pourrait conduire à une forte révision à la hausse des perspectives de croissance.

### Politiques macroéconomiques
- Stratégie à trois volets proposée pour réduire les risques et encourager une croissance soutenue :
  1. Calibrer rigoureusement le dosage de la politique économique à moyen terme :
     - sur fond d’amortisseurs limités et d’une vulnérabilité élevée liée à la dette, les dirigeants disposent de peu de marge de manœuvre pour faire face aux vents contraires externes.
     - Pour soutenir la croissance, les possibilités d’action restent principalement d’ordre monétaire, et n’existent que dans les pays où les tensions inflationnistes sont modérées et où la croissance est inférieure à son potentiel.
     - Si des risques de dégradation se concrétisent, les politiques budgétaires et monétaires pourraient être soigneusement recalibrées pour soutenir la croissance, tout en étant compatibles avec la viabilité de la dette et le financement disponible, et dans le cadre d’une stratégie crédible d’ajustement à moyen terme.
     - Dans les pays où la croissance est faible, le rythme de l’ajustement pourrait être plus progressif, à condition que des financements soient disponibles; sa composition pourrait aussi être ajustée de manière à réduire au minimum son impact sur la croissance.
     - Dans les pays à croissance rapide qui font face à une vulnérabilité élevée liée à leur dette, il reste prioritaire de reconstituer les amortisseurs.
  2. Renforcer la résilience :
     - accroître les recettes intérieures;
     - rationaliser les subventions inefficientes;
     - améliorer la gestion des finances publiques (voir le chapitre 3) afin de renforcer les bilans souverains et de créer un espace budgétaire pour les besoins de développement;
     - promouvoir la diversification des économies;
     - améliorer les cadres de politique macroéconomique;
     - réduire les prêts improductifs.
  3. Accélérer la croissance à moyen terme :
     - relever les taux de croissance par habitant, en particulier dans les pays riches en ressources naturelles, pour améliorer les résultats sociaux et créer des emplois pour les 20 millions (chiffre net) de nouveaux arrivants sur les marchés du travail chaque année;
     - s’attaquer aux obstacles tarifaires et non tarifaires dans le contexte de la Zone de libre-échange continentale africaine;
     - développer les chaînes de valeur régionales;
     - mettre en œuvre des réformes pour stimuler l’investissement et la compétitivité (voir le chapitre 2).

*Source : Perspectives économiques régionales : Afrique subsaharienne, édition d’octobre 2019 (Chapitre 1).*

### 2. CONCURRENCE, COMPÉTITIVITÉ ET CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### 2. CONCURRENCE, COMPÉTITIVITÉ ET CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### Situation de la concurrence sur les marchés de produits
- Plus de 70 % des pays de la région figurent dans la moitié inférieure des pays du monde pour ce qui est des indicateurs de concurrence.
- Les marges brutes des entreprises dans les pays d’Afrique subsaharienne sont supérieures d’environ 11 % à celles observées dans les autres pays émergents et pays en développement, et sont plus persistantes.
- Les entreprises publiques sont plus répandues dans la région.

### Effets attendus d’une intensification de la concurrence
- Une intensification de la concurrence peut accélérer la croissance du PIB réel par habitant d’environ 1 point de pourcentage en stimulant :
  - la compétitivité des exportations;
  - la croissance de la productivité;
  - l’investissement.
- La concurrence peut accroître sensiblement le pouvoir d’achat des consommateurs en réduisant les prix des biens et services, en particulier des produits alimentaires et autres biens essentiels.
- La concurrence contribue à accroître la part du travail dans la production, avec des implications importantes pour la distribution du revenu.

### Diagnostique des arriérés intérieurs (chapitre 3 résumé lié)
- Les arriérés intérieurs sont omniprésents dans bon nombre de pays d’Afrique subsaharienne, résultant de la mauvaise gestion des finances publiques.
- Les arriérés ont augmenté ces dernières années et avoisinent 3,3 % du PIB en 2018.
- Les arriérés nuisent à l’activité du secteur privé et à la fourniture des services sociaux, accroissent la vulnérabilité du secteur bancaire et sapent la confiance des citoyens dans l’État.
- Les arriérés affaiblissent la capacité de la politique budgétaire à soutenir la croissance; le recours au financement par les arriérés pour éviter des compressions de dépenses est mis en doute.
- Approches examinées pour régulariser les arriérés : vérification, hiérarchisation, liquidation.
- Mesures pour éviter l’accumulation d’arriérés : réformes de la gestion des finances publiques, constitution d’amortisseurs, obtention d’une aide extérieure en temps opportun.

### Perspectives de croissance et risques macroéconomiques régionaux
- Croissance régionale prévue : 3,2 % en 2019 et 3,6 % en 2020.
- La croissance en 2019 est moins rapide que prévu en avril dans environ deux tiers des pays de la région.
- Variations selon groupes de pays en 2019 :
  - pays pauvres en ressources naturelles : environ 6 %;
  - pays exportateurs de pétrole : 2,1 %;
  - autres pays riches en ressources naturelles : 2,7 %.
- Quelque 24 pays, représentant une population d’environ 500 millions de personnes, verront leur revenu par habitant augmenter plus vite que dans le reste du monde.
- 21 pays riches en ressources devraient se situer au-dessous de la moyenne mondiale pour la croissance rapportée au nombre d’habitants.
- Objectif d’emploi : créer des emplois pour les 20 millions (chiffre net) de personnes qui arriveront sur le marché du travail chaque année.
- Les projections ont été révisées à la baisse de respectivement 0,3 et 0,1 point de pourcentage pour 2019 et 2020 par rapport à avril.

### Chocs récents et vulnérabilités
- Chocs climatiques : graves sécheresses d’El Niño affectant Angola, Botswana, Éthiopie, Kenya, Lesotho, Namibie, Zambie et Zimbabwe.
- Cyclones Idai et Kenneth : ont causé plus de 2 milliards de dollars de dégâts et perturbé ports importants.
- Épidémie d’Ébola en République démocratique du Congo : en septembre 2019, environ 3 000 cas signalés, dont 2 000 mortels; l’épidémie a gagné Goma (ville de plus de 2 millions d’habitants).
- Au Burundi, près de la moitié de la population touchée par l’épidémie de paludisme; environ 1 800 personnes ont succombé (chiffre de juillet).
- Insécurité au Sahel : actes terroristes signalés en hausse de 75 % en 2019 (base annualisée, janvier–septembre); dans Burkina Faso, Mali et Niger, les dépenses consacrées à l’armée et à la sécurité ont doublé en 2019, représentant environ 4 % du PIB et absorbant 20 % des recettes budgétaires.
- Conditions financières mondiales : assouplies depuis début 2019; émissions internationales d’obligations souveraines par les pays préémergents de la région pour plus de 10,5 milliards de dollars en 2019 jusqu’à présent.
- Prix des produits de base : baisse attendue de la plupart des prix, à l’exception des métaux; modération des prix pénalisant majoritairement les pays exportateurs (qui représentent environ les deux tiers de la population régionale).

### Recommandations de politique pour intensifier la concurrence et soutenir la croissance
- Mettre en œuvre une stratégie de réforme globale pour intensifier la concurrence, comprenant :
  - mesures visant à réduire les obstacles structurels et réglementaires;
  - un cadre d’action efficace pour la politique de la concurrence, comprenant une solide loi sur la concurrence, accompagnée d’une autorité de la concurrence indépendante et dotée de ressources suffisantes;
  - des politiques du commerce et de l’investissement qui encouragent la concurrence étrangère;
  - des politiques d’accompagnement sur le plan des finances publiques et de la passation des marchés publics.
- Stratégie en trois volets pour atténuer les risques et promouvoir une croissance soutenue :
  - calibrer avec soin les mesures à brève échéance (politique monétaire et budgétaire réétalonnée selon viabilité de la dette et financements disponibles);
  - accroître la résilience par mobilisation des recettes intérieures, rationalisation des subventions et amélioration de la gestion des finances publiques (chapitre 3);
  - rehausser la croissance à moyen terme via réduction des obstacles tarifaires et non tarifaires dans le cadre de la ZLECAf, développement des chaînes de valeur régionales et réformes pour doper l’investissement et la compétitivité (chapitre 2).

*Source : Chapitre 2 du document fourni.*

### 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE

### 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE

### Perspectives de croissance
- La croissance à moyen terme est attendue à "un peu plus de 2,5 %", de sorte que la croissance par habitant devrait stagner.
- Afrique du Sud :
  - Croissance prévue à 0,7 % en 2019 et 1,1 % en 2020.
  - Croissance à moyen terme légèrement au-dessous de 2 %, à peine supérieure à la croissance démographique.
- Éthiopie :
  - Croissance prévue à 7,4 % en 2019 et 7,2 % en 2020.
  - Croissance attendue à moyen terme d’environ 6,5 % en raison d’un durcissement des politiques budgétaire et monétaire.
- Nigéria et Afrique du Sud : l’atonie de leur croissance limitera les effets secondaires positifs chez leurs partenaires commerciaux (envois de fonds, activité du secteur financier et demande d’importations).
- Pays pauvres en ressources naturelles :
  - Croissance attendue voisine de 5½ % en 2020 (hormis l’Éthiopie).
  - À moyen terme, croissance soutenue d’environ 6½ % pour ces pays, contre environ 3 % pour les pays riches en ressources naturelles.
- Afrique subsaharienne dans son ensemble :
  - Croissance à moyen terme devrait être proche de 4 %, soit d’environ 1½ % par habitant.
  - Sans l’Afrique du Sud et le Nigéria, la croissance régionale serait légèrement supérieure, à plus de 5 %.
- Distribution et disparités :
  - Rapportée au nombre d’habitants, la croissance serait inférieure à la moyenne mondiale dans 21 des 45 pays de la région.
  - Croissance par habitant négative dans 12 pays en 2019 (qui représentent environ un tiers de la population régionale).
  - 24 pays, représentant une population d’environ 500 millions de personnes et majoritairement des pays pauvres en ressources naturelles, verront leur revenu par habitant augmenter plus vite qu’ailleurs dans le monde.
- Secteurs moteurs : l’essor rapide des services — notamment communications, commerce de gros et de détail, services financiers et services de construction — a connu une croissance annuelle moyenne de plus de 5 % entre 2013 et 2017 et continuera sans doute à stimuler la croissance.

### Modération de l’inflation
- Inflation moyenne régionale prévue :
  - 8,5 % en 2018,
  - 8,4 % en 2019,
  - 8,0 % en 2020.
- L’inflation devrait s’accélérer dans les pays ayant subi conflits ou troubles politiques et de fortes dépréciations monétaires (Angola, Libéria), dans ceux ayant connu des épisodes de sécheresse (Kenya, Lesotho, Namibie, Zambie, Zimbabwe) ou dans ceux où les déficits budgétaires se creusent.
- L’inflation devrait rester basse dans les unions monétaires (UEMOA et CEMAC). Certains pays de l’UEMOA pourraient connaître un épisode de déflation.

### Fragilité des bilans
- Dans de nombreux pays, d’importants facteurs de vulnérabilité des bilans limitent la marge de manœuvre des politiques macroéconomiques (ratios d’endettement élevés, capacité de remboursement limitée, faible niveau des réserves de change).
- Bilans des entreprises financières et non financières également fragiles.

### Vulnérabilités liées à la dette publique
- Ratio dette publique/PIB de la région : stabilisé à environ 55 % en moyenne.
- Pays exportateurs de pétrole : taux d’endettement en baisse d’environ 10 points de PIB depuis 2016.
- Ajustement budgétaire dans les pays exportateurs de pétrole : compression des dépenses.
- Évolution du déficit primaire hors produits de base entre 2013 et 2018 : réduction d’à peu près 14 points de PIB, largement imputable aux coupes dans les investissements publics et, dans une moindre mesure, dans les dépenses primaires courantes; les recettes hors produits de base ont légèrement baissé.
- Pays pauvres en ressources naturelles : creusement du déficit budgétaire primaire dû à une baisse des recettes rapportées au PIB, contribuant à l’augmentation des ratios d’endettement.
- Pays à risque de surendettement et surendettés (pays d’Afrique subsaharienne à faible revenu et en développement) :
  - Surendettés (sept pays, représentant 3 % du PIB régional) : Érythrée, Gambie, Mozambique, République du Congo, Sao Tomé-et-Principe, Soudan du Sud, Zimbabwe.
  - Risque élevé de surendettement (neuf pays, 16 % du PIB régional) : Burundi, Cabo Verde, Cameroun, Éthiopie, Ghana, République centrafricaine, Sierra Leone, Tchad, Zambie.
  - Dans les 19 autres pays à faible revenu et en développement, les vulnérabilités liées à la dette sont faibles à modérées.
  - Pour la plupart des pays à revenu intermédiaire ou élevé, l’endettement public reste tenable dans le scénario de référence.
- Composition de la dette publique (2017) :
  - Stocks de dette essentiellement d’origine commerciale.
  - Pour plus de la moitié, créanciers intérieurs.
  - Environ 15 % en euro-obligations.
  - Dette officielle bilatérale et multilatérale : environ un quart du total.
- Conséquences : recours accru à la dette commerciale expose les bilans souverains à des risques de refinancement et de change; augmentation de la dette intérieure peut évincer le financement privé.

### Positions extérieures et réserves de change
- Déficit courant moyen (simple) : passage de 6,2 % du PIB en 2018 à environ 7,2 % en 2019, en raison du creusement des déficits chez les exportateurs de pétrole (baisse prévue des prix pétroliers) et chez les pays subissant des chocs climatiques (Lesotho, Mozambique).
- Réserves de change à la fin de 2019 : devraient demeurer comprises entre 3 et 4 mois d’importations, avec de fortes variations d’un pays à l’autre.
- Exportateurs de pétrole : déséquilibres extérieurs marqués après la chute des prix pétroliers en 2014–15; déficits courants réduits à environ 1 % du PIB en moyenne en 2018 grâce à l’assainissement des finances publiques.
- Caractéristique de l’ajustement courant : il a davantage procédé par compression de la demande intérieure que par une réaffectation des ressources vers des secteurs exportateurs; taux de change et prix relatifs ont joué un rôle mineur.
- Pass-through des variations de change sur l’inflation estimé à environ 40 %.
- À l’avenir, avec les politiques actuelles, les déficits courants ne devraient que légèrement diminuer, et le niveau des réserves de change devrait rester bas, exposant plusieurs pays au risque de chocs sur les termes de l’échange.

*Source : sreo1019 - 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE (PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE).*

### 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE

### 1. FAIRE FACE À L’INCERTITUDE

### Bilans bancaires et crédit
- Ratios de prêts improductifs demeurent élevés, de 11 % en moyenne.
- Les prêts improductifs reflètent parfois : carences des pratiques de gestion des risques, chute des prix des produits de base, fragilités des bilans publics et arriérés intérieurs.
- L’accumulation d’arriérés a réduit la capacité des fournisseurs à honorer leurs engagements vis-à-vis des banques.
- La croissance du crédit au secteur privé est ralentie (graphique 1.17) ; la croissance du crédit reste très inférieure à sa moyenne à long terme (proche de 10 % entre 2006 et 2019).
- Introduction de nouvelles normes prudentielles conformes aux dispositifs de Bâle II//III a obligé les banques à augmenter leurs provisions et leurs fonds propres (UEMOA).
- Ratios de fonds propres bancaires : 21 % en moyenne au troisième trimestre 2018, avec de fortes variations entre pays et banques ; certaines banques demeurent sous-capitalisées.
- Autres sources de préoccupation : asymétries de liquidités en devises étrangères (Angola), concentration des prêts (Bénin, Eswatini, Lesotho, Malawi), hausse de l’endettement des ménages et des sociétés (Namibie).

### Principaux risques pesant sur les perspectives
- Risques extérieurs à court terme : 1) montée du protectionnisme, 2) envolée des primes de risque, 3) ralentissement plus rapide que prévu en Chine et dans la zone euro.
- Risques intérieurs à court terme : chocs climatiques, intensification des problèmes de sécurité, propagation de l’épidémie de maladie à virus Ébola de la République démocratique du Congo vers les pays voisins, et dérapages budgétaires (y compris juste avant les élections).
- À moyen terme : une mise en œuvre réussie des réformes, notamment dans le cadre de la ZLECAf, pourrait sensiblement améliorer les perspectives.

### Montée du protectionnisme
- Nouveaux obstacles commerciaux et technologiques et menace de nouvelles actions pèseraient sur la croissance mondiale en réduisant l’investissement, en perturbant les chaînes d’approvisionnement mondiales et en entamant la confiance, provoquant de la volatilité sur les marchés financiers.
- Ces tensions feraient sans doute baisser les prix des produits de base, affectant négativement les pays riches en ressources naturelles.
- Les tensions commerciales actuelles ont été préjudiciables à la croissance des exportations régionales (graphique 1.18).

### Envolée des primes de risque
- Un repli de l’appétit pour le risque (en cas d’intensification des tensions commerciales, de nouvelles difficultés dans les pays émergents ou d’un Brexit désordonné) pourrait provoquer :
  - une envolée des primes de risque,
  - un tarissement soudain ou un retournement des flux de portefeuille vers la région,
  - une augmentation du coût du service de la dette publique dans les pays préémergents,
  - une accentuation des tensions de change et un affaiblissement des bilans bancaires.
- Dans bon nombre de ces pays, une part importante de la dette publique est libellée en devises étrangères, les exposant aux risques de refinancement et de change (graphique 1.19).
- Un durcissement subit des conditions financières mondiales pourrait contraindre des ajustements drastiques des dépenses intérieures et nuire à la croissance.

### Décélération plus rapide que prévu en Chine ou dans la zone euro
- La Chine et la zone euro représentent respectivement 20 % et 30 % environ du commerce total.
- Un ralentissement dans ces économies (par exemple en cas de Brexit désordonné pour la zone euro) réduirait fortement la demande de produits de base en provenance d’Afrique subsaharienne, freinant la croissance des pays exportateurs de matières premières.
- Scénario mixte (enchère des tensions commerciales, ralentissement mondial, resserrement des conditions financières mondiales) : la croissance de la région pourrait baisser d’environ 1 % la première année et d’environ ½ % l’année suivante (graphique 1.20).

### Catastrophes naturelles et risques sanitaires
- Les catastrophes naturelles sont plus fréquentes et plus intenses depuis 30 ans ; la fréquence des inondations a été multipliée par 6 entre les années 80 et la première décennie 2000 en Afrique subsaharienne (graphique 1.21).
- Le phénomène El Niño attendu au début de 2020 représente des risques importants d’inondations et de sécheresses dans diverses régions.
- La forte dépendance de l’Afrique subsaharienne à l’agriculture pluviale la rend vulnérable aux sécheresses, cyclones et précipitations abondantes.
- Propagation de l’épidémie d’Ébola depuis la République démocratique du Congo vers les métropoles et les pays voisins pourrait provoquer des pertes humaines importantes, saper la confiance et l’investissement, et déstabiliser l’activité commerciale.

### Politiques macroéconomiques : défis et besoins de développement
- Réalisation des objectifs de développement durable (ODD) à l’horizon 2030 impliquera un surcroît de dépenses considérable (en moyenne 15 % du PIB annuel selon les estimations) pour les secteurs public et privé et le recours à des financements officiels multilatéraux et bilatéraux.
- D’ici 2030, il faudra créer environ 20 millions (chiffre net) d’emplois par an pour absorber les entrants sur le marché du travail — environ le double du chiffre annuel des emplois créés dans la région de 2017 à 2019 (graphique 1.22).
- Nécessité de promouvoir des réformes favorisant la croissance et la création d’emplois pour préserver la stabilité macroéconomique et le développement.

### Dosage de la politique économique à court terme
- Beaucoup de pays disposent de réserves limitées et sont très vulnérables en raison de l’endettement ; l’éventail des options pour contrer les vents contraires est restreint.
- La plupart des pays ont continué de durcir leur politique budgétaire pour corriger les vulnérabilités, et plusieurs ont assoupli leur politique monétaire.
- Taux d’intérêt abaissés en 2019 en Afrique du Sud, en Angola, au Botswana, en Eswatini, en Gambie, au Ghana, au Lesotho, au Malawi, à Maurice, au Mozambique, en Namibie, au Nigéria, en République démocratique du Congo et au Rwanda (graphique 1.23).
- À l’avenir, la marge de manœuvre pour soutenir la croissance réside essentiellement dans la politique monétaire et se limite aux pays où les tensions inflationnistes sont contenues et la croissance inférieure à son potentiel.
- Si les risques se matérialisent, politiques budgétaire et monétaire pourraient être recalibrées pour soutenir la croissance sans nuire à la viabilité de la dette, en tenant compte des financements disponibles et dans le cadre d’un plan d’ajustement à moyen terme crédible.
- Dans les pays à croissance lente, les ajustements pourraient être plus progressifs si des financements sont disponibles ; dans les pays à croissance rapide mais très endettés, priorité à la reconstitution des amortisseurs.

### Mesures à moyen terme pour renforcer la résilience et rehausser la croissance
- Poursuivre une nouvelle vague de réformes pour doper la croissance à moyen terme, créer des emplois pour les nouveaux entrants et se rapprocher des ODD.
- La ZLECAf pourrait être un catalyseur de réformes ; elle devrait établir un marché unique unifié de 1,2 milliard de personnes représentant un PIB cumulé de 2 500 milliards de dollars.
- Pérenniser et stimuler la croissance implique d’accroître la résilience aux chocs extérieurs en : réduisant les vulnérabilités liées à la dette, améliorant la flexibilité de l’économie, modernisant la politique macroéconomique et assainissant les bilans.
- Les politiques devraient aussi renforcer la résilience aux catastrophes naturelles et améliorer les institutions politiques et de gouvernance pour réduire les risques d’insécurité.
- L’ordre de priorité et le calendrier des mesures varieront selon les contextes nationaux et les capacités de mise en œuvre.

### Renforcer la résilience : réduire les vulnérabilités liées à la dette publique
- Améliorer la dynamique de la dette : poursuivre l’assainissement des finances publiques à moyen terme afin de réduire les vulnérabilités liées à la dette et dégager un espace budgétaire pour le développement.
- Différentiels entre taux d’intérêt et croissance : négatifs pour la majorité des pays (–6 % en moyenne), conférant une certaine souplesse budgétaire mais insuffisants pour empêcher le gonflement de la dette.
- Contrôler la dynamique de la dette implique de maîtriser les déficits primaires (graphique 1.24).
- Objectif particulier : les pays exportateurs de pétrole devraient rester concentrés sur la réduction d’environ 3 points de leur déficit budgétaire primaire hors produits de base.

*Source : sreo1019 - 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE (PDF).*

### 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE

### 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE

### Mobiliser les recettes intérieures
- Les pays riches en ressources naturelles et les pays pauvres en ressources naturelles devraient en faire de même, à hauteur d’environ 1½ et 1 point de pourcentage de PIB, respectivement (graphique 1.25).
- Les recettes moyennes n’ont augmenté chaque année que de 0,2 % du PIB depuis 2016, alors que les pays ont la possibilité de mobiliser des recettes équivalant en moyenne de 3 % à 5 % du PIB (FMI, 2018a).
- Problèmes identifiés :
  - Taux d’imposition bas (Angola, Nigéria).
  - Bases d’imposition étroites (Éthiopie, Nigéria, République du Congo, Sao Tomé-et-Principe).
  - Large éventail d’exonérations (Angola, Cameroun, Côte d’Ivoire, Éthiopie, Nigéria, Tchad).
  - Réformes proposées non adoptées (Guinée équatoriale) ou partiellement mises en œuvre (Gabon, Niger, Sénégal, Sao Tomé-et-Principe).
  - Capacités des services fiscaux médiocres et problèmes de gouvernance.
  - Importance du secteur informel (Angola, Guinée, Nigéria, République centrafricaine, Tchad).
  - Insécurité empêchant le recouvrement de l’impôt (Burkina Faso, Mali).
- Mesures recommandées :
  - Améliorer l’administration fiscale (attribuer des numéros d’identification aux importateurs commerciaux, améliorer les registres fonciers, renforcer l’audit fiscal, l’administration des douanes et la gestion de l’observance fiscale des gros contribuables).
  - Conduire des réformes pour élargir l’assiette des recettes, y compris en limitant les exonérations (FMI, 2019a).

### Supprimer les subventions inefficaces
- Les subventions et autres transferts de l’État représentaient en moyenne plus de 5 % du PIB (ou 25 % des dépenses) en 2017 dans les pays d’Afrique subsaharienne pour lesquels des données sont disponibles.
- Effets négatifs des subventions aux carburants : mauvaise ciblage, surconsommation, réduction de l’investissement et de la maintenance, éviction de dépenses publiques plus productives.
- Recommandations et bonnes pratiques observées :
  - Profiter de la baisse des prix du pétrole pour diminuer les subventions aux carburants (exemples : Mozambique, Soudan du Sud, Burkina Faso).
  - Réexaminer l’efficacité d’autres subventions (exemple : programme malawien de subventions aux intrants agricoles).
  - Facteurs augmentant les chances de succès des réformes : 1) programme de réforme global ; 2) stratégie de communication ambitieuse et transparence ; 3) calendrier judicieux de hausse des prix de l’énergie, modulable par produit ; 4) amélioration de l’efficience des entreprises publiques visant à réduire les subventions aux producteurs ; 5) mesures ciblées pour protéger les plus pauvres ; 6) réformes institutionnelles pour dépolitiser la tarification de l’énergie (par ex. introduction de mécanismes de tarification automatiques) (Clements et al., 2013).

### Améliorer la gestion des finances publiques
- Problèmes constatés : accumulation d’arriérés de paiement intérieurs, moindre efficience des investissements publics et des dépenses sociales, fragilisation des bilans du secteur public.
- Actions recommandées :
  - Introduire des mécanismes de surveillance des arriérés intérieurs et mesures particulières pour apurer les arriérés et éviter leur accumulation.
  - Mettre en œuvre des stratégies d’apurement préservant la stabilité macroéconomique, fondées sur une croissance inclusive et réalisées dans la transparence.
  - Renforcer la politique budgétaire et les institutions et constituer des amortisseurs.
- Initiatives en cours dans certains pays :
  - Perfectionnement des cadres de dépenses à moyen terme (Angola, Botswana).
  - Introduction d’un compte unique du Trésor (Côte d’Ivoire, Guinée, République du Congo, Sierra Leone, Tanzanie).
  - Adoption de la budgétisation fondée sur les résultats (Botswana).
  - Contrôles internes (Angola, Ouganda).
  - Amélioration de la sélection des projets d’équipement pour accroître l’efficience des investissements publics et réduire les risques liés aux entreprises publiques et aux partenariats public–privé (Seychelles).
- Impact attendu : une meilleure gouvernance rendrait l’investissement public plus efficace, avec des retombées non négligeables en termes de croissance (FMI, 2015a).

### Renforcer les cadres de gestion de la dette et cadres budgétaires
- Il est essentiel de renforcer les cadres de gestion de la dette et d’accroître la transparence face à des risques de change et de refinancement plus importants.
- Mesures observées :
  - Rachats de dette et reprofilage de la dette extérieure pour atténuer les risques de refinancement à court terme (Côte d’Ivoire, Ghana).
  - Harmonisation de la monnaie des remboursements avec les recettes en devises (Seychelles).
  - Émission d’euro-obligations en plusieurs tranches.
- Besoins :
  - Règles budgétaires soutenues par des systèmes adaptés de gestion des finances publiques.
  - Recours plus fréquent aux instruments financiers modulables selon la situation du pays.
  - Pour les pays exportateurs de produits de base, cadre institutionnel adéquat pour gérer les recettes issues des ressources naturelles.

### Accroître la résilience du secteur extérieur
- Favoriser la diversification de l’économie :
  - Facteurs favorisant la diversification : stabilité macroéconomique, meilleur accès au crédit, bonnes infrastructures, réglementation propice, main-d’œuvre qualifiée.
  - Réformes du marché du travail pour aligner productivité et salaires et faciliter la réaffectation des ressources entre secteurs.
  - Politiques de soutien aux secteurs tournés vers l’exportation mises en œuvre avec rigueur.
- Promouvoir la flexibilité des taux de change :
  - Plus grande flexibilité là où les asymétries de devises dans les bilans ne posent pas de problème.
  - Dans les pays à régime de change fixe (dont la CEMAC et l’UEMOA), la flexibilité doit découler d’ajustements des prix relatifs et d’autres réformes structurelles (flexibilité des salaires et des prix).
  - Les autorités doivent disposer de réserves de change suffisantes et veiller à la compatibilité de la situation budgétaire avec le régime de change fixe.
- Gérer les flux de capitaux :
  - Les afflux peuvent aider à financer les besoins de développement mais leur volatilité pose des défis macroéconomiques (FMI, 2018c).
  - Risques en cas d’afflux substantiels : surévaluation de la monnaie et accumulation de déséquilibres financiers.
  - Risques en cas de sorties importantes : hausse de l’inflation, durcissement des conditions de financement intérieures, forte contraction de l’activité.
  - Pays avec fondamentaux solides et réserves confortables mieux placés pour maîtriser ces risques.
  - En attendant la reconstitution des amortisseurs : appliquer des politiques macroéconomiques et macroprudentielles de compensation ; interventions de change réservées pour remédier à une désorganisation temporaire du marché des changes.
  - Les entrées d’investissement direct étranger (IDE) sont des sources de financement plus stables et à plus long terme.

### Améliorer l’efficacité de la politique monétaire
- Redynamiser la croissance du crédit :
  - La croissance du crédit est en perte de vitesse (graphique 1.26).
  - Certains pays ont encadré les taux d’intérêt pour réduire le coût du crédit, avec pour effet une diminution de l’offre au crédit (Kenya).
  - Le Nigéria oblige les banques à respecter un ratio minimal prêts/dépôts, pouvant affaiblir leurs bilans et diminuer le coût des financements.
  - Mesures stimulantes possibles : création de registres du crédit ou de garanties, résolution des prêts improductifs, apurement des arriérés intérieurs (Libéria, Mali, Zimbabwe).
  - Réorienter l’investissement public au profit du secteur privé pour favoriser l’essor du crédit au secteur privé, notamment dans les pays pauvres en ressources naturelles.
- Renforcer le mécanisme de transmission de la politique monétaire :
  - Dans de nombreux pays, la transmission entre les taux directeurs et les conditions de prêt fonctionne mal.
  - Actions recommandées : éponger les liquidités excédentaires, développer les circuits interbancaires, marchés secondaires efficaces et opérations de pension pour les titres de dette publics (CEMAC, UEMOA).
  - Mesures pour zones à liquidités surabondantes (CEMAC, Namibie) : opérations d’open-market ou relèvement des réserves obligatoires.
  - Pays axant la politique monétaire sur les taux d’intérêt : continuer de guider les taux courts à l’aide de corridors liés au taux directeur central (Malawi, Maurice, Rwanda, Seychelles).
  - Efficacité accrue si la politique budgétaire est moins prééminente, si un objectif d’inflation à moyen terme est fixé, et si l’indépendance opérationnelle de la banque centrale est garantie (FMI, 2015b).
  - Mesures récentes au Zimbabwe pour normaliser la politique monétaire (limiter le déficit budgétaire et déréglementer le marché des changes) ont réduit l’écart entre taux officiels et taux parallèles jusqu’en août 2019.

### Assainir les bilans bancaires
- Réduire le volume de prêts improductifs :
  - Stratégies adoptées : amortissements accélérés (Comores, Maurice, Sierra Leone, Tanzanie) ; transfert des créances non remboursées à des gestionnaires de portefeuille (Angola, Guinée Bissau, Zimbabwe) ; apurement des arriérés intérieurs (Eswatini, Gabon) ; restructuration ou liquidation de banques défaillantes (Côte d’Ivoire, Ghana, Kenya) ; facilitation des saisies ou résolutions extrajudiciaires (Cameroun) ; combinaisons de mesures (Malawi, Mali, Togo).
- Améliorer la résilience du secteur bancaire :
  - À fin 2016, les 25 pays de la région interrogés disposaient en moyenne de 5 mesures macroprudentielles.
  - Mesures couramment utilisées : restrictions sur positions de change des banques, réserves obligatoires, exigences de fonds propres.
  - Depuis 2017, de nouveaux pays (Angola, Ghana, Mozambique, Tanzanie) ont relevé leurs exigences de fonds propres.
  - Recommandations : utiliser les outils macroprudentiels pour empêcher l’accumulation des risques ; renforcer les règles relatives aux risques de concentration, y compris des pondérations réalistes pour les risques liés aux emprunts des entreprises publiques.
- Limiter la transmission des risques financiers extérieurs :
  - L’essor des banques panafricaines a amélioré la concurrence et soutenu l’inclusion financière.
  - Risque d’arbitrages réglementaires en l’absence de supervision transfrontalière consolidée.
  - Mesures souhaitables : 1) améliorer la coordination internationale entre autorités de supervision des pays d’origine et d’accueil ; 2) accélérer l’harmonisation des procédures réglementaires et prudentielles, y compris la mise en conformité avec les normes fondamentales de Bâle ; 3) instaurer un mécanisme approprié pour redresser les institutions financières transfrontalières non viables.
- Développer les relations de correspondant bancaire :
  - Certaines juridictions rencontrent encore des difficultés pour s’assurer des relations de correspondant bancaire.
  - Les réformes visant à renforcer le cadre pour la stabilité financière et traiter les risques liés à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme (LBC/FT) devraient aider à remédier à ce problème.

*Sources : FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale ; calculs des services du FMI. Source : FMI (2018d).*

### 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE

### 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE

### Renforcer la résilience aux catastrophes naturelles
- Approche globale : renforcer la résilience structurelle et la résilience financière, et investir dans des plans d’urgence et autres mesures connexes (FMI, 2019c).
- Mesures structurelles citées :
  - Introduction de nouvelles variétés de cultures plus résistantes aux sécheresses et au stress hydrique.
  - Récupération des eaux de pluie à l’échelle locale (exemple : Burkina Faso).
  - Utilisation des technologies mobiles pour fournir des prévisions de précipitations et pour souscrire des assurances récoltes (Éthiopie, Kenya, Rwanda).
  - Réinstallation des populations loin des zones inondables (Sao Tomé-et-Principe, Zambie).
  - Diversification de la production d’énergie pour réduire la part de l’hydroélectricité au profit du gaz et de la géothermie (Kenya).
- Mesures financières :
  - Renforcement des amortisseurs budgétaires et utilisation d’instruments financiers préétablis pour préserver la viabilité budgétaire et gérer les coûts de la reprise.
  - Exemple régional : African Risk Capacity, dispositif régional d’assurance souveraine mutuelle créé en 2013, couvrant les risques de sécheresse et autres phénomènes météorologiques extrêmes.
- Mesures complémentaires :
  - Plans d’urgence et investissements pour garantir une riposte rapide après une catastrophe.
  - Améliorer l’accès des ménages et des entreprises aux financements et à des assurances d’un bon rapport coût–efficacité pour faciliter le transfert des risques.
  - Renforcer les filets de protection sociale, y compris en améliorant le système de santé publique.
  - Coordination internationale nécessaire en raison des externalités liées aux émissions de carbone ; intensification et ciblage de l’aide des donateurs et institutions financières internationales pour accroître la résilience des pays d’Afrique subsaharienne.

### Rehausser la croissance à plus long terme
- Nécessité de réformes de grande ampleur pour doper la productivité et les investissements dans le capital physique et humain (référence générale aux mesures à prendre pour améliorer les perspectives de croissance à moyen terme de la région).
- Mesures possibles selon contexte national :
  - Intégration plus poussée dans les marchés commerciaux et financiers régionaux et mondiaux.
  - Accroissement de la compétitivité.
  - Approfondissement de l’inclusion.

### Promouvoir l’intégration régionale et mondiale
- Opportunité : développement des chaînes de valeur pour promouvoir l’industrialisation et accélérer la croissance.
- Fait chiffré : le ratio valeur ajoutée étrangère/total des exportations en Afrique subsaharienne est de 20 % et stagne depuis les années 90.
- Développement des CVM via l’intensification des échanges intrarégionaux dans le cadre de la ZLECAf.
- Obstacles à lever : droits de douane et barrières non tarifaires, coûts de l’activité commerciale et coûts logistiques (FMI, 2019b).
- Rôle des banques centrales : connecter les principaux systèmes de paiement internationaux pour faciliter les paiements intrarégionaux.
- Réformes structurelles nécessaires pour accompagner l’intégration régionale (voir encadré 1.2 pour enseignements tirés d’autres accords régionaux).

### Promouvoir la compétitivité
- Effet attendu : intensification de la concurrence → amélioration de la productivité, exportations plus compétitives, baisse des prix.
- Situation : la concurrence entre entreprises reste moins importante en Afrique subsaharienne que dans le reste du monde (chapitre 2).
- Stratégie de réforme recommandée :
  - Cadre de concurrence efficace.
  - Ouverture des secteurs au commerce et à l’investissement direct étranger.
  - Réduction des formalités administratives.
  - Création de conditions d’égalité entre les entreprises.
  - Institutions solides garantissant le strict respect des contrats et la primauté du droit.
- Quatrième révolution industrielle :
  - Trois axes de stratégie de développement :
    1) construire l’infrastructure numérique (la région a le plus faible taux de pénétration d’Internet au monde),
    2) adapter les systèmes éducatifs aux nouvelles qualifications et promouvoir l’apprentissage tout au long de la vie,
    3) promouvoir une urbanisation intelligente pour construire un pôle d’innovation.

### Garantir une croissance inclusive
- Objectif : partager les bénéfices de la croissance de manière plus équitable (égalité d’accès à l’emploi et à la formation, meilleure offre et accès aux services de santé et financiers).
- Recommandations de politique :
  - Politique budgétaire en faveur d’une fiscalité plus progressive pour financer un accès plus large à des services d’enseignement et de santé de qualité ; remplacer les dépenses régressives (subventions aux carburants) par des filets de protection sociale plus efficaces et ciblés (FMI, 2017b).
  - Promouvoir l’égalité femmes–hommes pour un meilleur partage des bénéfices de la croissance ; la région affiche parmi les inégalités entre les sexes les plus fortes au monde (graphique 1.29).
  - Améliorer l’accès aux services de santé et d’éducation et promouvoir l’inclusion financière, en particulier dans les zones rurales et mal desservies, pour stimuler le taux d’activité féminine dans les secteurs à plus forte valeur ajoutée.
  - Améliorer les résultats du marché du travail pour les jeunes, compte tenu du dividende démographique (FMI, 2015c) ; promouvoir l’instruction, la formation et les réformes structurelles pour doper la croissance (Ahn et al., 2019).
  - Soutenir l’innovation financière tout en préservant la stabilité financière (protection accrue des consommateurs, cybersécurité) pour renforcer l’accès aux services financiers. La région est déjà chef de file sur certains plans : nombre de comptes bancaires mobiles par habitant, nombre de points de vente mobiles et volume des transactions bancaires mobiles (Sy et al., 2019).

### Encadré 1.1 — Améliorer la gouvernance en Afrique subsaharienne (points saillants)
- Impact : si l’Afrique subsaharienne atteignait la moyenne du reste du monde en gouvernance, sa croissance augmenterait d’environ 1 % du PIB (Hammadi et al., 2019).
- Conséquences de la corruption : fraude fiscale, baisse des recettes, modification de la composition des dépenses publiques, moindre efficacité des dépenses publiques, coûts de passation des marchés plus élevés, augmentation des financements de banque centrale, plus grande instabilité financière (FMI, 2018f).
- Mesures à court terme et principes fondamentaux :
  - Amélioration de la qualité de la réglementation.
  - Augmentation de l’efficacité de l’État.
  - Renforcement des institutions budgétaires et de lutte contre la corruption.
  - Respect de la législation existante et des règles de gestion des finances publiques pour améliorer la procédure budgétaire et réduire les failles qui alourdissent le coût de passation des marchés.
  - Contrôle plus rigoureux des entreprises publiques pour améliorer leurs résultats et circonscrire les risques budgétaires.
  - Préservation de l’indépendance des banques centrales pour une meilleure surveillance du système financier.
  - Renforcement du cadre LBC/FT par des mesures de vigilance à l’égard de la clientèle, des bénéficiaires effectifs, des déclarations de patrimoine et des personnes politiquement exposées.

### Encadré 1.2 — ZLECAf : enseignements tirés d’autres accords commerciaux régionaux
- Rappel : en 2018, plus de 400 ACR avaient été notifiés à l’OMC. La ZLECAf est l’ACR le plus important du monde par le nombre de signataires et la population couverte ; l’accord vise à créer un marché unique de biens et de services, faciliter la circulation des personnes et réformer la politique de la concurrence, l’investissement et les droits de propriété intellectuelle.
- Effets macroéconomiques positifs généraux des ACR :
  - Création d’échanges commerciaux, avec un minimum d’effets de détournement du commerce (références : Freund et Ornelas, 2010 ; Vicard, 2011).
  - Facilitation de la participation aux chaînes de valeur mondiales ; exemples : ALENA et AFTA ont stimulé le commerce ; Mercosur a montré quelques effets de détournement.
  - Renforcement de la croissance lié aux effets d’échelle et diffusion des technologies.
  - Augmentation de l’investissement direct étranger (IDE) grâce à l’expansion du marché intérieur et aux dispositions favorisant l’intégration.
- Pour que la ZLECAf réussisse, trois niveaux d’action sont nécessaires :
  1) Conception de l’accord :
     - Compléter la création de la ZLECAf par une baisse progressive des droits applicables à la nation la plus favorisée (NPF).
     - Fixer un tarif extérieur commun (TEC) raisonnable et gérer les différences de développement sans mécanisme de compensation.
     - Éviter des règles d’origine restrictives ; les règles d’origine complexes peuvent décourager les échanges (exemples : ALENA).
  2) Mise en œuvre de l’accord :
     - Renforcer les institutions de la ZLECAf et établir un mécanisme de suivi et d’exécution pour identifier les pays retardataires, à l’instar de l’Union européenne et de la Communauté de l’Afrique de l’Est.
  3) Élaboration d’un vaste programme de réforme accompagnant l’accord :
     - Priorités : préserver la stabilité macroéconomique, favoriser un environnement propice au secteur privé, supprimer les distorsions du marché du travail, renforcer la protection sociale et améliorer la mobilisation des recettes intérieures.
     - Efforts régionaux : intensifier les investissements dans les infrastructures du continent et créer une commission régionale de la concurrence.

*Source : sreo1019 - 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE (extraits fournis).*

### 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE

### 1. FAIRE FACE À L’INCERTITUDE

### Contexte et portée
- Chapitre préparé par une équipe dirigée par Jesus Gonzalez-Garcia; équipe composée de Reda Cherif, Sandesh Dhungana, Xiangming Fang, Miguel Pereira Mendes, Yuanchen Yang, Mustafa Yenice et Jung Eun Yoon, sous la supervision de Mahvash Qureshi et David Robinson.
- Objectif principal : mieux comprendre la situation de la concurrence sur les marchés de produits en Afrique subsaharienne en rassemblant des données macro- et microéconomiques pour analyser quatre questions fondamentales :
  - Comment la concurrence a-t-elle évolué dans le temps et comment se compare-t-elle à celle d’autres régions ?
  - Quelles sont les conséquences macroéconomiques de la concurrence pour la compétitivité extérieure, la croissance économique et la qualité de vie du consommateur ?
  - Comment la concurrence influe-t-elle sur le comportement et la performance des entreprises pour générer les résultats macroéconomiques observés ?
  - Quel rôle joue la politique macroéconomique, notamment celle de la concurrence, pour promouvoir la concurrence dans la région ?

### Données et échantillon
- Échantillon : 39 pays d’Afrique subsaharienne.
- Période couverte : 2000–17.

### Principales constatations empiriques
- Niveau relatif de concurrence :
  - La concurrence en Afrique subsaharienne reste généralement faible par rapport au reste du monde.
  - Plus de 70 percent des pays de la région se situent dans la moitié inférieure mondiale des indicateurs de la concurrence intérieure et extérieure.
  - La région accuse un retard par rapport aux pays avancés et pays émergents en matière de concurrence intérieure comme extérieure, mais se situe au même niveau que d’autres pays en développement.
- Facteurs structurels expliquant la faible concurrence intérieure :
  - Domination des marchés par un petit nombre de grandes entreprises.
  - Absence ou piètre application d’une politique de la concurrence.
  - Obstacles structurels et réglementaires à l’entrée.
  - Effets de distorsion des régimes fiscaux.
- Freins à la concurrence extérieure :
  - Fortes barrières commerciales qui limitent également l’accès aux biens intermédiaires et peuvent freiner la concurrence intérieure.
- Marques de faible concurrence au niveau des entreprises :
  - Les marges brutes et la rentabilité des entreprises sont en général beaucoup plus élevées, et plus persistantes, dans les pays d’Afrique subsaharienne que dans d’autres pays émergents et pays en développement.
  - Les marges brutes et la rentabilité varient considérablement selon les secteurs et les groupes de pays, tendant à être les plus élevées :
    - Dans les secteurs des services (hôtellerie et restauration, information et communications, transports, etc.).
    - Dans les pays exportateurs de pétrole par rapport aux autres groupes de pays.
- Liens entre structure du marché et comportement des entreprises :
  - Il existe en général un lien étroit entre le nombre de concurrents d’une entreprise et ses niveaux de marge brute et de rentabilité.
  - Une réduction des barrières à l’entrée des entreprises peut être déterminante pour stimuler la concurrence et améliorer la dynamique du marché.

### Effets macroéconomiques quantifiés
- Gains potentiels d’une intensification de la concurrence :
  - Un passage de la valeur médiane pour les pays d’Afrique subsaharienne au quartile supérieur de la répartition mondiale de l’indicateur d’intensité de la concurrence est associé à une hausse moyenne d’environ 1 point de pourcentage du taux de croissance du PIB réel par habitant, essentiellement grâce à une amélioration de la compétitivité à l’exportation et de la croissance de la productivité.
- Impact sur les prix et la qualité de vie :
  - Une comparaison internationale des niveaux de prix indique que, notamment pour les produits de première nécessité, les prix sont en moyenne supérieurs de quelque 20 percent dans les pays d’Afrique subsaharienne à ceux d’autres pays émergents et pays en développement.
  - Données additionnelles citées (Banque mondiale, 2016) : les prix au détail des produits alimentaires de première nécessité sont supérieurs de 24 percent au moins dans les villes africaines à ceux des autres grandes villes du monde; les prix du ciment sont, en moyenne, supérieurs d’environ 183 percent aux prix mondiaux.
- Effets au niveau des entreprises :
  - Une baisse des marges brutes des entreprises est nettement liée à :
    - Une hausse de l’investissement.
    - Une hausse des exportations.
    - Une hausse de la croissance de la productivité.
    - Une hausse de la part du travail dans la production.
  - Les effets des marges brutes sont plus prononcés :
    - Dans le secteur manufacturier que dans les services.
    - Pour les entreprises nationales que pour celles à capitaux majoritairement étrangers.

### Implications de politique et orientation
- Conclusion générale : l’Afrique subsaharienne a beaucoup à gagner d’une intensification de la concurrence.
- Approche recommandée : la concurrence étant fonction de plusieurs facteurs, il est essentiel d’adopter une démarche globale.
  - (Le texte se termine en indiquant la nécessité d’une démarche globale sans détailler dans l’extrait fourni les éléments spécifiques composant cette démarche.)

*Source : sreo1019 - 1.  FAIRE FACE À L’INCERTITUDE (extrait fourni).*

### 2.  CONCURRENCE, COMPÉTITIVITÉ ET CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### 2.  CONCURRENCE, COMPÉTITIVITÉ ET CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### Cadre institutionnel et réformes complémentaires
- Un cadre efficace de politique de la concurrence nécessite :
  - une loi de la concurrence adaptée et un organisme d’exécution indépendant;
  - l’ouverture aux échanges et à l’investissement direct étranger;
  - des réformes des marchés de produits visant à réduire les barrières à l’entrée et à la sortie des entreprises.
- Ces mesures se renforcent mutuellement : la libéralisation des échanges et de l’investissement stimule la concurrence, mais un cadre de concurrence efficace est indispensable pour que les avantages de l’ouverture se concrétisent et pour éviter la domination par un petit nombre de grandes entreprises aux pratiques déloyales.
- La politique budgétaire, la fiscalité et les systèmes de passation des marchés publics doivent être conçus pour ne pas fausser la concurrence.
- La coopération entre autorités de la concurrence doit être resserrée pour lutter contre les pratiques anticoncurrentielles des entreprises d’envergure régionale, compte tenu des liens croissants entre échanges et investissements régionaux.

### Concurrence sur les marchés de produits : constats régionaux
- Niveau comparatif :
  - Plus de 40 % des pays d’Afrique subsaharienne se situent dans le quartile inférieur de la répartition mondiale de l’indicateur de concurrence.
  - Plus de 70 % se situent au-dessous de la médiane mondiale.
  - L’indicateur du Forum économique mondial varie de 1 à 7 : plus la note est élevée, plus la concurrence est forte.
- Origines du faible niveau de concurrence :
  - Concurrence intérieure faible due à la domination des marchés par un petit nombre d’entreprises, à l’absence d’une politique de concurrence efficace, à des barrières structurelles et réglementaires à l’entrée, et aux effets de distorsion des régimes budgétaires.
  - Concurrence extérieure faible liée à des barrières commerciales (tarifaires et non tarifaires) qui restent relativement élevées malgré une réduction significative ces vingt dernières années.
- Hétérogénéité :
  - Les pays pauvres en ressources naturelles ont en général des structures de marché plus ouvertes à la concurrence.
  - Les pays exportateurs de pétrole présentent les structures les moins favorables (faible diversification, forte protection des importations, prédominance d’un petit nombre de grandes entreprises extractives).
  - Par sous-région, la concurrence est beaucoup plus faible en Afrique centrale et la plus forte dans l’ensemble des pays d’Afrique australe.
- Évolution :
  - La concurrence intérieure semble s’être accrue ces dix dernières années dans tous les groupes de pays; les pays pauvres en ressources naturelles ont enregistré la progression la plus forte, surtout via l’amélioration de la réglementation des affaires.

### Concurrence au niveau des entreprises : marges et rentabilité
- Sources de données :
  - Enquête de la Banque mondiale auprès des entreprises (WBES) : informations transversales sur plus de 10 000 entreprises de 39 pays d’Afrique subsaharienne, période 2006–18.
  - Base de données Orbis : informations chronologiques sur près de 500 entreprises de 18 pays d’Afrique subsaharienne, période 2000–17, pour un total proche de 9 000 entreprises.
- Constats empiriques :
  - La rentabilité moyenne des entreprises dans les pays d’Afrique subsaharienne est nettement plus élevée (10–20 %) que dans d’autres pays émergents et pays en développement.
  - Les marges brutes sont supérieures d’environ 11 % à celles d’autres pays à un stade similaire de développement.
  - Les marges brutes et la rentabilité sont corrélées positivement entre elles et avec d’autres mesures de concentration du marché (par exemple, le nombre de concurrents rapporté par les entreprises).
  - Dans les pays où une plus grande proportion d’entreprises déclarent un petit nombre de concurrents, la rentabilité et les marges brutes sont en moyenne plus élevées.
  - Pour une proportion donnée d’entreprises déclarant un petit nombre de concurrents, la rentabilité et les marges brutes ont tendance à être plus élevées en Afrique subsaharienne que dans d’autres pays émergents et pays en développement — le pouvoir de marché est donc relativement plus fort dans la région.
- Différences par type de pays et par région :
  - Les marges brutes et la rentabilité moyennes des entreprises des pays exportateurs de pétrole sont supérieures de 16 % et 8 % respectivement à celles des autres pays.
  - Les pays d’Afrique centrale ont des marges et une rentabilité supérieures d’environ 8 % et 18 % respectivement à celles d’autres régions d’Afrique subsaharienne.
- Dynamique temporelle :
  - Les marges brutes semblent avoir augmenté dans un certain nombre de pays, notamment l’Afrique du Sud et le Nigéria.
  - Les marges brutes sont très persistantes en Afrique subsaharienne : la demi-vie des marges est d’environ 1 an dans l’échantillon de pays d’Afrique subsaharienne, contre 6 mois dans d’autres pays émergents et pays en développement.
- Hétérogénéité par type d’entreprise :
  - Les entreprises détenues en majorité par l’État ou l’étranger ont tendance à afficher des marges plus élevées que les autres, surtout dans le secteur manufacturier.
  - Les petites entreprises ont tendance à avoir des marges brutes plus faibles que les moyennes et grandes entreprises.
  - La proportion d’entreprises majoritairement détenues par l’État dans l’échantillon d’Afrique subsaharienne est pratiquement le double de celle d’autres pays émergents et pays en développement.

### Concurrence sectorielle
- Variations sectorielles importantes : la rentabilité et la marge brute varient considérablement d’un secteur à l’autre en Afrique subsaharienne; certaines branches affichent les marges et la rentabilité les plus élevées de la région (détails sectoriels présentés dans le texte principal et annexes).

### Indicateurs et valeurs clefs extraites
- Indicateur de concurrence du Forum économique mondial : échelle 1 à 7 (indice).
- Proportions et comparaisons :
  - Plus de 40 % des pays d’Afrique subsaharienne dans le quartile inférieur mondial de l’indicateur de concurrence.
  - Plus de 70 % des pays d’Afrique subsaharienne au-dessous de la médiane mondiale.
- Effet sur marges et rentabilité :
  - Rentabilité moyenne supérieure de 10–20 % par rapport à autres pays émergents et pays en développement.
  - Marges brutes supérieures d’environ 11 % par rapport à autres pays à stade similaire de développement.
  - Écart pour pays exportateurs de pétrole : marges brutes +16 %; rentabilité +8 %.
  - Écart pour Afrique centrale (région) : marges brutes +8 %; rentabilité +18 %.
- Tableaux de marges brutes et rentabilité (valeurs telles que présentées dans le texte) :
  - Par richesse en ressources naturelles :
    - Pays exportateurs de pétrole : 0, 820, 51
    - Autres pays riches en ressources naturelles : 0, 690, 45
    - Pays pauvres en ressources naturelles : 0, 640, 42
  - Par région :
    - Afrique centrale : 0, 820, 51
    - Afrique de l’Est : 0, 660, 44
    - Afrique australe : 0, 620, 43
    - Afrique de l’Ouest : 0, 650, 42
    - Pays émergents et pays en développement (hors AfSS) : 0, 570, 39
  - Note : Ces valeurs correspondent aux séries « Marges brutes » et « Rentabilité » telles que reportées dans le tableau du texte.

_Contenu résumé à partir du chapitre 2 du document fourni._

### 2.  CONCURRENCE, COMPÉTITIVITÉ ET CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### 2.  CONCURRENCE, COMPÉTITIVITÉ ET CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### Marges sectorielles et intensité de la concurrence
- Les marges brutes sont généralement plus élevées dans les secteurs des biens non échangeables (hôtellerie et restauration, commerce de gros et de détail, construction) et dans certains services (information et communication, intermédiation financière, transports).
- En moyenne, les marges brutes ont tendance à être plus faibles dans le secteur manufacturier, notamment chez les producteurs de textile et de cuir.
- Comparaison régionale : la concurrence est plus faible dans pratiquement tous les secteurs de l’Afrique subsaharienne, avec un écart moyen des marges brutes de l’ordre de 7 %.
- Il existe une forte corrélation positive d’environ 0,9 entre les marges brutes sectorielles dans les pays d’Afrique subsaharienne et celles des autres pays, indiquant une structure sectorielle de concurrence similaire à l’échelle mondiale.
- À l’intérieur de l’Afrique subsaharienne, les marges sont corrélées positivement d’un groupe de pays à l’autre, sauf en Afrique centrale où les marges ont tendance à être plus élevées dans la plupart des secteurs manufacturiers et dans les services.
- Les pays exportateurs de produits de base ont en moyenne des marges brutes plus élevées dans le secteur manufacturier que les pays pauvres en ressources naturelles.

### Concurrence et résultats macroéconomiques — relations empiriques
- Estimation principale : une progression depuis le niveau médian pour les pays d’Afrique subsaharienne au quartile supérieur de la répartition mondiale de l’indice d’intensité de la concurrence (niveau local du Forum économique mondial) entraîne une accélération moyenne de la croissance du PIB réel par habitant d’environ 1 point de pourcentage.
- Contexte : le taux de croissance moyen du PIB réel par habitant en Afrique subsaharienne a été de 1 % après 2010.
- Résultats de robustesse : les résultats persistent lorsque l’on prend en compte des tests d’endogénéité par d’autres méthodes économétriques.

### Vecteurs de transmission (exportations, investissement, productivité)
- Effets agrégés pour un passage de la médiane au quartile supérieur de l’indicateur de concurrence :
  - Exportations (pourcentage du PIB) : hausse de 1,7 % du PIB.
  - Croissance de la productivité du travail : accélération d’environ 1 point de pourcentage.
  - Investissement privé (pourcentage du PIB) : lien positif mais statistiquement faible.
- Mécanismes : la concurrence stimule l’innovation et la maturité technologique, ce qui améliore la compétitivité-prix à l’exportation et la productivité.
- Indicateurs du Forum économique mondial : l’intensification de la concurrence nationale est associée à une forte progression de l’innovation et des capacités technologiques.

### Concurrence et qualité de vie — effets sur les prix
- Les niveaux de prix mesurés par le programme de comparaison internationale montrent :
  - Les prix des produits alimentaires, de l’habillement et des services de santé sont nettement supérieurs en Afrique subsaharienne par rapport aux autres pays émergents et pays en développement.
  - Les prix des biens intermédiaires (services publics, machines et équipements) sont aussi bien plus élevés dans la région.
  - Niveau moyen : le panier individuel du consommateur est supérieur de 20 % en Afrique subsaharienne à celui d’autres pays à un stade similaire de développement.
- Effets estimés d’une intensification de la concurrence locale (passage de la médiane au quartile supérieur) sur les prix :
  - Produits alimentaires et boissons : diminution d’environ 8 %.
  - Services de santé : diminution d’environ 14 %.
  - Panier individuel de consommation : réduction d’environ 10 %.
- La concurrence extérieure (ouverture aux échanges et IDE) contribue également à faire baisser les prix, mais les indicateurs de concurrence intérieure et extérieure n’expliquent pas entièrement le différentiel de prix, laissant place à d’autres facteurs macrostructurels.

### Dynamique des entreprises et incidence des marges
- Données firmes (WBES) — associations estimées (contrôles pour caractéristiques des entreprises et effets fixes pays/année) :
  - Une baisse des marges brutes de 1 % s’accompagne d’une hausse de l’investissement d’environ 0,7 % de la valeur ajoutée de l’entreprise.
  - Une baisse des marges brutes de 1 % s’accompagne d’une hausse des exportations d’environ 0,2 % de la valeur ajoutée.
  - Une baisse des marges brutes de 1 % entraîne une augmentation proportionnée de la part du travail dans la production.
- Données Orbis (dimension temporelle) — associations estimées en neutralisant caractéristiques fixes et variables au niveau des entreprises, secteurs et pays :
  - Une baisse des marges brutes de 1 % est associée à une hausse de 1–1,4 % du ratio investissement/valeur ajoutée des entreprises.
  - Une baisse des marges brutes de 1 % est associée à une augmentation d’environ 1 % de la part du travail dans la production des entreprises.
  - Une diminution de la marge de 1 % entraîne une accélération du taux de croissance de la productivité de 0,8 point de pourcentage.
- Comparaisons sectorielles et de gouvernance :
  - L’association entre marges brutes et investissements/parts du travail/croissance de la productivité est presque deux fois plus forte dans le secteur manufacturier que dans les services.
  - Aucune différence statistiquement significative des marges brutes entre entreprises publiques et privées ; toutefois, pour un accroissement donné de la marge brute, les entreprises nationales ont des investissements et des parts du travail nettement plus faibles que les entreprises étrangères.
- Mesure du nombre de concurrents : les entreprises ayant moins de concurrents ont, en moyenne, des exportations, des parts du travail et des investissements plus faibles (association statistiquement significative principalement pour les exportations).

### Stimuler la concurrence sur les marchés intérieurs — axes de politique
- Éléments essentiels d’un cadre de politique de la concurrence :
  - Libéralisation des marchés de produits.
  - Adoption d’une loi appropriée sur la concurrence.
  - Mise en place d’un organisme d’exécution indépendant.
  - Promotion active de la concurrence.
- Autres mesures à considérer : politiques commerciales, budgétaires et réglementaires susceptibles de réduire les barrières à l’entrée et de renforcer la concurrence (détails empiriques et techniques dans l’annexe).

*Source : estimations et analyses des services du FMI, d’après les bases de données WBES et Orbis et le programme de comparaison internationale de la Banque mondiale.*

### 2. Données Orbis

### 2. Données Orbis

### Données et résultats empiriques
- Les bâtons des graphiques représentent l’impact estimé d’une baisse de 1 % des marges brutes des entreprises, définies par le ratio logarithmique du chiffre d’affaires aux coûts en plage 1, et par le ratio logarithmique de l’élasticité de la production aux moyens de production par rapport à la part des dépenses des moyens de production dans le chiffre d’affaires en plage 2.
- Les pays émergents et pays en développement incluent l’Afrique subsaharienne.
- *** indique une signification statistique au niveau du 1 %.
- Les données d’enquête WBES confirment que :
  - Une baisse des marges brutes des entreprises est associée de manière significative à une hausse de l’investissement, des exportations, de la croissance de la productivité et de la part du travail dans la production des entreprises.
  - Ces effets sont plus prononcés dans le secteur manufacturier que dans les services.
  - Ces effets ont tendance à être plus marqués pour les entreprises nationales que pour les entreprises à capitaux étrangers.
- Une analyse empirique indique qu’une diminution des obstacles tarifaires et non tarifaires est associée à une baisse significative des marges brutes des entreprises ; plus précisément, des réformes commerciales consistant à réduire les tarifs douaniers peuvent abaisser de près de 4,5 % les marges brutes des entreprises pendant les cinq années qui suivent leur mise en place.

### Libéralisation des marchés de produits
- Historique et portée :
  - Avant les années 80, la plupart des économies d’Afrique subsaharienne étaient dominées par des entreprises publiques.
  - Des réformes ont été entamées : libéralisation des échanges commerciaux au début des années 80, puis des comptes courants et financiers dans les années 90.
  - La libéralisation des marchés de produits (notamment télécommunications, électricité et agriculture) a rapidement suivi à la fin des années 90.
- Effets et limites :
  - Ces réformes ont généralement contribué à accélérer la productivité et la croissance dans les pays en développement, notamment en Afrique subsaharienne (Ostry, Prati et Spilimbergo, 2009 ; Robinson, Gaertner et Papageorgiou, 2011).
  - La dynamique de réforme s’est ralentie ces dix dernières années et les entreprises publiques continuent de dominer de nombreux marchés, en particulier services publics et transports.
- Observations sectorielles :
  - Dans les industries de réseau, il est recommandé de dégrouper les activités (production, transport, distribution) et d’ouvrir à la concurrence les segments les plus susceptibles de l’être.
  - Des réformes de dégroupage ont été lancées en Éthiopie, au Ghana, au Kenya et au Nigéria.

### Politiques de la concurrence
- Adoption et capacité institutionnelle :
  - Le nombre de pays dotés d’une loi sur la concurrence a plus que doublé, passant de 12 en 2000 à 31 en 2019.
  - Pour bien fonctionner, un dispositif antitrust nécessite : une loi antitrust, une autorité indépendante, des ressources financières suffisantes et un personnel qualifié.
  - Selon la Banque mondiale (2016), dans près d’un tiers des pays de la région dotés d’une loi sur la concurrence, les autorités correspondent relèvent d’un autre organisme public, ce qui peut compromettre leur indépendance.
- Ressources et activité :
  - Les budgets annuels des autorités de la concurrence varient considérablement (de moins de 0,001 % du PIB à 0,06 % du PIB).
  - En 2017–18, la Commission de la concurrence d’Afrique du Sud a eu le budget le plus élevé, avec 22 millions de dollars en termes nominaux (0,01 % du PIB), suivie du Kenya (6 millions de dollars).
  - Par rapport à la taille de l’économie, la Commission des pratiques commerciales loyales aux Seychelles avait le budget le plus élevé.
  - Le personnel technique disponible varie fortement : la Commission de la concurrence d’Afrique du Sud dispose d’un service technique de plus de 130 personnes, près d’un tiers des pays étudiés ont déclaré employer moins de dix personnes.
  - En moyenne, les autorités de la concurrence dans la région déclarent mener deux enquêtes par an, à l’exception de l’Afrique du Sud et du Kenya, qui enquêtent sur près de 500 affaires par an.
- Efficacité perçue :
  - Selon l’indicateur d’efficacité de la politique antimonopole du Forum économique mondial, l’Afrique du Sud et le Kenya sont parmi les pays les plus performants de la région, tandis que les pays exportateurs de pétrole sont loin derrière.
  - Dans les pays exportateurs de pétrole de la région, l’efficacité perçue des structures antitrust a diminué ces dix dernières années.
- Dimension régionale :
  - La petite taille des marchés intérieurs favorise l’expansion de grandes entreprises dans plusieurs pays et facilite la formation de cartels à dimension régionale (ex. : secteur du ciment où neuf entreprises régionales assurent plus de 50 % de la production).
  - Coopération bilatérale et supranationale en cours : échanges d’informations, protocoles d’accord, régimes régionaux de contrôle des fusions (COMESA, UEMOA).
  - Il est nécessaire de resserrer la coopération régionale pour lutter contre monopoles et cartels d’envergure régionale, surtout avec la ZLECAf.

### Autres politiques influençant la concurrence
- Commerce et investissement :
  - Les barrières commerciales tarifaires et non tarifaires nuisent à la concurrence et à la compétitivité.
  - La ZLECAf vise à supprimer les droits de douane sur la plupart des marchandises, à libéraliser le commerce des principaux services et à réduire les obstacles non tarifaires.
- Politiques budgétaires et passation des marchés publics :
  - Un traitement fiscal de faveur ou un régime de passation des marchés publics discriminatoire peut fausser la concurrence.
  - Dans les cas de subventions pour biens publics, il convient d’analyser clairement les coûts et avantages.
- Administrations douanières :
  - Des administrations douanières inefficientes peuvent nuire au commerce et à la concurrence étrangère ; il est recommandé de renforcer et moderniser ces administrations.

### Conclusions et recommandations politiques
- Constats clés :
  - La concurrence sur les marchés de produits en Afrique subsaharienne est faible par rapport au reste du monde : plus de 70 % des pays de la région se situent au-dessous de la médiane de la répartition mondiale des indicateurs de concurrence.
  - Les marges brutes des entreprises sont en moyenne plus élevées dans les pays d’Afrique subsaharienne que dans d’autres pays émergents et pays en développement, en particulier dans les services.
  - Les prix dans la région sont relativement plus élevés que dans d’autres régions à stade de développement similaire, ce qui peut s’expliquer en partie par la faiblesse de la concurrence.
- Recommandations prioritaires :
  - Poursuivre des réformes des marchés de produits pour réduire les obstacles structurels et réglementaires à la participation du secteur privé aux marchés de biens et services et faciliter la conduite des affaires.
  - Mettre en place un cadre efficace de politique de la concurrence comprenant une loi appropriée et une autorité chargée de son application, indépendante, suffisamment financée et dotée en personnel.
  - Mettre en œuvre des mesures complémentaires en matière de commerce et d’investissement direct étranger pour renforcer la concurrence étrangère et améliorer l’accès aux biens intermédiaires.
  - Concevoir des politiques budgétaires et des régimes de passation des marchés publics qui ne favorisent pas un petit nombre d’acteurs du marché.
  - Renforcer la coopération régionale entre autorités nationales de la concurrence pour lutter contre les pratiques anticoncurrentielles d’entreprises d’envergure régionale, dans le contexte de l’intégration commerciale accrue (ZLECAf).
- Approche intégrée :
  - Les politiques recommandées sont complémentaires : la libéralisation du commerce et de l’investissement stimule la concurrence, mais un cadre efficace de politique de la concurrence est indispensable pour garantir que les gains se concrétisent et pour éviter la domination du marché par un petit nombre d’entreprises.
  - Les politiques de développement sectoriel doivent être conçues pour ne pas réduire la concurrence ni accroître le pouvoir de marché d’acteurs privilégiés.

*Source : estimations des services du FMI et contenu du chapitre "CONCURRENCE, COMPÉTITIVITÉ ET CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE" (2. Données Orbis).*

### 2.  CONCURRENCE, COMPÉTITIVITÉ ET CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### 2.  CONCURRENCE, COMPÉTITIVITÉ ET CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE

### Encadré 2.1 — Marges brutes des entreprises et libéralisation des échanges
- La libéralisation des échanges expose les entreprises à la concurrence directe étrangère, facilite l’accès aux biens intermédiaires et élargit l’accès aux marchés mondiaux.
- Effets observés de la libéralisation des échanges : stimulation de l’innovation, de la productivité et de l’efficacité des entreprises, baisse des prix des produits et des coûts pour les entreprises, impact sur les marges brutes.
- Estimation empirique (pays émergents et pays en développement) :
  - Une réforme des tarifs douaniers, mesurée par le score tarifaire moyen de la base de données de l’Institut Fraser, entraîne une baisse cumulée des marges brutes de l’ordre de 4,5 % sur une période de cinq ans après sa mise en œuvre (graphique 2.1.1).
  - La réduction des tarifs douaniers dans le secteur des services a un effet plus prononcé sur les marges brutes que dans le secteur manufacturier.
  - Les résultats sont robustes à d’autres mesures de l’ouverture aux importations (taux tarifaires sectoriels, ratio des importations au PIB).
- Autres déterminants des marges brutes :
  - L’amélioration de la qualité des institutions et des infrastructures de transport est associée à des marges brutes nettement plus faibles (stimulation de la concurrence via investissement et activité des entreprises).
  - Une incertitude accrue de la politique économique entraîne aussi une baisse des marges brutes (ralentissement de l’activité économique et baisse des prix).
- Note méthodologique : *** indiquent la signification statistique au niveau de 1 %.

*Encadré rédigé par Yuanchen Yang.*

### Chapitre 3 — Arriérés intérieurs en Afrique subsaharienne : causes, symptômes et solutions — synthèse
- Contexte : Les arriérés intérieurs (paiements en souffrance sur des obligations financières découlant des dépenses primaires) ont augmenté ces dernières années dans de nombreux pays d’Afrique subsaharienne et constituent un enjeu crucial de politique économique pour la régularisation de l’encours et la prévention de nouveaux arriérés.
- Causes fréquemment évoquées : carences des systèmes de gestion des finances publiques et absence d’engagement politique envers les politiques financières convenues. Toutefois, l’ampleur et la fréquence des arriérés suggèrent que les chocs macroéconomiques (baisse des cours des produits de base, instabilité politique, resserrement brutal des conditions financières) jouent un rôle important.
- Effets macroéconomiques et sectoriels :
  - Les arriérés nuisent aux performances du secteur privé.
  - Ils accentuent la vulnérabilité des banques.
  - Ils augmentent les coûts des marchés publics.
  - Ils conduisent à des services publics insuffisants.
  - L’accumulation d’arriérés non enregistrés peut alourdir la charge de la dette et accroître la vulnérabilité des pays à faible espace budgétaire.
  - Le multiplicateur budgétaire diminue lorsque les arriérés sont le principal mode de financement des dépenses publiques et peut devenir négatif si le secteur privé est fortement contraint en liquidité et que la régularisation est lente.
- Principes de résolution et de prévention :
  - La stratégie de régularisation doit être compatible avec la stabilité macroéconomique et axée sur la croissance inclusive, mise en œuvre de manière transparente.
  - En cas de rééchelonnement, priorité aux paiements qui optimisent l’impact sur la croissance et ont un effet redistributif positif.
  - Prévention : renforcer les institutions budgétaires (y compris les systèmes de gestion des finances publiques), constituer des réserves, recourir à des financements extérieurs en cas de choc exogène majeur (si disponibles), instaurer des mécanismes de surveillance des arriérés au fur et à mesure de l’amélioration des institutions.

### Montant, composition et évolution des arriérés intérieurs — constats clés
- Fait n° 1 : Omniprésence des arriérés
  - Au 31 décembre 2018, 24 des 30 pays pour lesquels des données étaient disponibles présentaient des arriérés.
  - Encours moyen des arriérés : 3,3 % du PIB.
  - Encours maximal observé : 18 % du PIB (République du Congo).
  - Arriérés particulièrement élevés pour :
    - pays exportateurs de pétrole : environ 8,5 % du PIB,
    - pays dotés d’un régime de change fixe : 4,4 % du PIB,
    - pays fragiles : 4,1 % du PIB.
  - Les pays fortement endettés et dont l’analyse de viabilité de la dette (AVD) fait apparaître un risque élevé ont généralement plus d’arriérés.
  - Les scores PEFA relatifs à l’encours des arriérés corroborent la fréquence des arriérés (un score élevé indique un moindre encours).
- Fait n° 2 : Arriérés « non reconnus »
  - Les arriérés non reconnus (non enregistrés officiellement) sont très répandus : plus de la moitié des pays d’Afrique subsaharienne ont procédé à des vérifications depuis 2005 pour déterminer s’ils ont des arriérés légitimes non enregistrés.
  - Plus de la moitié des pays présentent actuellement des arriérés non vérifiés.
  - Estimation agrégée : les arriérés non reconnus atteignaient 2 % du PIB à la fin 2018, avec quelques pays potentiellement bien plus élevés.
  - Sources possibles : budgets non réalistes, contrôles insuffisants des engagements, incapacité à surveiller les dépenses hors administration centrale (collectivités locales, entreprises publiques), non-respect de la réglementation.
- Fait n° 3 : Évolution récente
  - Après une diminution régulière à la fin de la première décennie des années 2000, l’encours moyen des arriérés a augmenté pour culminer à près de 4 % du PIB en 2016.
  - Depuis 2012, l’encours des arriérés a augmenté, surtout dans les pays exportateurs de pétrole après la forte chute des cours du pétrole en 2014/15.
  - Les rapports des services du FMI montrent une augmentation de l’emploi de termes relatifs aux arriérés intérieurs après 2013, atteignant des niveaux record en 2016 et 2017, particulièrement pour les exportateurs de pétrole.
- Fait n° 4 : Composition des arriérés
  - À la fin 2018, la majorité des pays avaient des arriérés vis-à-vis de fournisseurs privés de biens et de services.
  - Arriérés à l’égard des entreprises publiques également fréquents.
  - Arriérés à l’égard des fonctionnaires relativement rares.
  - Ventilation par catégorie de dépenses (part des pays concernés) :
    - dépenses de biens et de services : 53 %,
    - transferts : 31 %,
    - investissements : 24 %,
    - traitements et salaires : moins fréquent (observé surtout en cas de forte instabilité politique ou de chocs de grande ampleur sur les termes de l’échange).

### Observations méthodologiques et remarques
- Définition utilisée : Les arriérés intérieurs sont des paiements en souffrance sur des obligations financières découlant des dépenses primaires.
- Méthodologie : Nouvel ensemble de données constitué pour le chapitre ; analyses complémentaires incluant fouille de textes des rapports des services du FMI et enquêtes des économistes du département Afrique du FMI.
- Note : Les évaluations PEFA utilisent des seuils d’encours d’arriérés de dépenses en pourcentage des dépenses totales pour attribuer des scores (1 si ≤ 2 %, 2 si entre 2 % et 6 %, 3 si entre 6 % et 10 %, 4 si > 10 %).

*Source : Extraits du chapitre "2.  CONCURRENCE, COMPÉTITIVITÉ ET CROISSANCE EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE" (PDF fourni).*

### 1. Arriérés intérieurs par catégorie de dépense2. Arriérés intérieurs par agent économique

### 1. Arriérés intérieurs par catégorie de dépense2. Arriérés intérieurs par agent économique

### Aperçu et ampleur
- Graphique présenté : encours des arriérés intérieurs en Afrique subsaharienne, 2005–17 (source : calculs des services du FMI).
- Note méthodologique : résultats inchangés après neutralisation de l’évolution de l’échantillon (données disponibles pour 19 pays en 2005 et pour 30 pays en 2018).

### Conditionnalité des accords du FMI
- Fait n° 5 : Deux tiers des programmes soutenus par le FMI en Afrique subsaharienne comportent une conditionnalité relative aux arriérés intérieurs.
- Depuis 2002, une conditionnalité relative aux arriérés intérieurs est incluse dans plus des deux tiers des accords approuvés par le FMI en Afrique subsaharienne (graphique 3.9).
- Dans plus de la moitié des programmes de la région, la conditionnalité prend la forme d’objectifs quantitatifs (prévention, maintien ou réduction des arriérés).
- Les conditionnalités structurelles, moins fréquentes, portent principalement sur les audits des arriérés intérieurs ou des mesures visant à mieux surveiller/éviter l’accumulation d’arriérés.
- Chiffre précis mentionné : Soixante-dix-huit des 111 accords conclus par le FMI avec 36 pays d’Afrique subsaharienne depuis 2002 comprenaient une conditionnalité relative aux arriérés.

### Causes de l’accumulation d’arriérés intérieurs
- Causes structurelles (faiblesses des systèmes de gestion des finances publiques) :
  - Budgets non réalistes, contrôle insuffisant des engagements, mauvaise gestion de la trésorerie, retards dans le traitement des paiements, différé délibéré des paiements, sanctions inadéquates en cas de non-respect.
  - L’encours d’arriérés est négativement corrélé aux indicateurs qui mesurent les recettes et les dépenses réelles par rapport aux projections initiales, à l’efficacité des contrôles exercés sur les dépenses et à la gestion des liquidités (graphique 3.11).
  - L’encours d’arriérés est positivement corrélé au niveau de la dette publique et à la volatilité à long terme des déficits budgétaires (graphique 3.12).
- Causes cycliques (chocs amplifiant les faiblesses institutionnelles) :
  - Exemples de chocs : ralentissements économiques, chocs sur les cours des produits de base, resserrement des conditions de financement extérieur, catastrophes naturelles, conflits et instabilité politique.
  - Pour certains pays exportateurs de pétrole de la CEMAC (Cameroun, Gabon, Guinée équatoriale, République du Congo et Tchad), la chute spectaculaire des cours du pétrole en 2014/15 a conduit à une forte baisse des recettes budgétaires et à une accumulation d’arriérés (graphique 3.13).
  - Exemple : Lesotho a enregistré en 2016 une baisse soudaine de ses recettes provenant de la SACU, représentant à peu près un tiers des recettes publiques, conduisant à des arriérés accrus.

### Résultats empiriques et effets des chocs
- Méthodologie : modèle de régression de panel international avec effets fixes pays et année sur 45 pays pour la période 2005–18 (services du FMI). Voir annexes en ligne pour détails.
- Résultats clés (graphique 3.14) — effet d’une augmentation d’un écart-type sur l’encours d’arriérés intérieurs (variable dépendante : encours d’arriérés intérieurs, en pourcentage du PIB) :
  - Un recul d’un écart-type de la croissance du PIB décalée entraîne une augmentation de 0,9 point de pourcentage du ratio arriérés intérieurs/PIB.
  - Un recul d’un écart-type des termes de l’échange des produits de base décalés entraîne une augmentation de 0,6 point de pourcentage du ratio arriérés intérieurs/PIB.
  - Un recul d’un écart-type de l’indicateur de stabilité politique et d’absence de violence entraîne une augmentation de 1 point de pourcentage du ratio arriérés intérieurs/PIB.
- Chocs pétroliers et régimes de change :
  - Une baisse d’un écart-type de la part du PIB pétrolier dans le PIB total dans les pays dotés d’un régime de change fixe est associée à une augmentation de 4,3 points de pourcentage du ratio arriérés intérieurs/PIB.
  - Les chocs pétroliers produisent un impact plus marqué sur l’encours des arriérés intérieurs dans les pays où la gouvernance est faible : baisse d’un écart-type de la part du PIB pétrolier entraîne une augmentation de 3,3 points de pourcentage du ratio arriérés intérieurs/PIB pour les pays à gouvernance faible et de 1,2 point de pourcentage pour les pays à bonne gouvernance.
- Cycle électoral :
  - Les déficits budgétaires sont plus élevés en année électorale, les dépenses de consommation exerçant une pression susceptible de déclencher une accumulation des arriérés en l’absence de contrôles budgétaires solides.
  - Les données montrent une légère hausse des arriérés dans certains pays d’Afrique subsaharienne où ont lieu des élections présidentielles ou législatives.

### Symptômes et effets macroéconomiques des arriérés de paiement intérieurs
- Canaux de transmission (graphique 3.15) : accumulation d’arriérés → financement forcé par le secteur privé, les fonctionnaires et les entreprises publiques → contraintes de liquidité pour fournisseurs privés, salariés et EP → effets sur secteur réel, secteur financier, et secteur social.
- Effets observés :
  - Croissance et secteur réel : une augmentation de 1 point de pourcentage des arriérés accumulés est associée à une baisse d’environ 0,3 point de pourcentage de la croissance du PIB réel par habitant (régression). La méthode des contrôles synthétiques produit un résultat similaire, indiquant une nette décélération de la croissance du PIB réel par habitant à la suite d’une forte accumulation d’arriérés.
  - Secteur financier : effet sur le ratio prêts improductifs/prêts bruts totaux estimé autour de 0,3 point de pourcentage, traduisant une dégradation de la qualité des actifs bancaires.
  - Recettes fiscales : l’accumulation d’arriérés de paiement de l’État entraîne une baisse des recettes fiscales (les entreprises créancières peuvent bloquer les transferts fiscaux).
  - Accès aux services publics : une hausse de 1 point de pourcentage des arriérés accumulés est associée à une baisse d’environ 0,6 point de pourcentage de la proportion de la population ayant accès à l’électricité.
  - Secteur des entreprises : accumulation d’arriérés diminue productivité, chiffre d’affaires et capacité à créer des emplois ; effet hétérogène :
    - Croissance du chiffre d’affaires des entreprises : coefficients graphiques indiquent impacts plus importants pour entreprises exposées aux marchés publics et/ou à l’emprunt bancaire (exemples de coefficients : –6,9 ; –4,1 ; –3 ; –2,2 ; –1,9 ; –1,2 ; –0,4 ; –2,6 ; –2,1, selon sous-groupes).
    - Croissance de l’emploi des entreprises : coefficients graphiques montrent effets négatifs significatifs (ex. –4,68*** ; –2,54** ; –5,43*** selon variables).
  - Fourniture des services publics : l’État paie des prix d’achat plus élevés, réduisant les ressources disponibles pour l’investissement social ; risques de retard de fourniture des intrants pour projets publics et hausse des coûts des marchés publics.
  - Risques sociaux et gouvernance : perte de confiance dans l’État, exposition à la corruption, recours à des paiements informels.
- Effets budgétaires secondaires : cercle vicieux possible — arriérés → activité plus faible → tensions budgétaires accrues → écarts de financement plus élevés → accumulation d’arriérés.

*Source : PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE (extraits fournis), calculs et analyses des services du FMI.*

### 3. ARRIÉRÉS INTÉRIEURS EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE : CAUSES, SYMPTÔMES ET SOLUTIONS

### 3. ARRIÉRÉS INTÉRIEURS EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE : CAUSES, SYMPTÔMES ET SOLUTIONS

### Effets macroéconomiques, sectoriels et sociaux
- L’accumulation d’arriérés agit comme un vecteur financier de transmission vers la création d’emplois : les entreprises dont une part élevée du chiffre d’affaires est payée à l’avance souffrent moins.
- L’effet négatif de l’accumulation d’arriérés sur le secteur des entreprises est aggravé par la présence de procédures réglementaires pesantes.
- L’accumulation d’arriérés peut saper la légitimité de l’État en influençant l’opinion publique concernant la confiance, la corruption et la fourniture de services publics (graphique 3.18).
  - La corrélation entre l’encours d’arriérés intérieurs et les indicateurs d’opinion publique d’Afrobaromètre16 montre que plus les arriérés sont élevés, moins les citoyens ont confiance dans leurs dirigeants et dans leur capacité à gérer l’économie.
  - Les individus tendent davantage à percevoir une corruption généralisée parmi les fonctionnaires et à signaler des difficultés d’accès aux services de santé de base.
- Le recours à l’accumulation d’arriérés pour financer les dépenses nuit à l’efficacité de la politique budgétaire :
  - Il entraîne généralement un transfert de ressources du créancier à l’État assimilable à un impôt, car, en général, aucun intérêt n’est versé à ceux qui financent les arriérés.
  - L’effet dépend de trois facteurs : la part des dépenses financée par des arriérés, le délai de remboursement des arriérés et l’ampleur des contraintes de liquidité du secteur privé.
  - Plus les arriérés sont élevés, plus ils restent dus longtemps, et moins il y a de liquidité dans l’économie, plus le multiplicateur de la dépense est faible; dans des circonstances extrêmes, il peut même être négatif.
  - Dans les pays dont le secteur bancaire est en difficulté et qui présentent des arriérés, recourir à de nouveaux arriérés pour financer la dépense peut avoir un effet de contraction.
- L’encadré 3.2 utilise un modèle dynamique d’équilibre général stochastique pour montrer l’incidence des arriérés intérieurs sur le multiplicateur budgétaire en Afrique subsaharienne.
- Graphique et données temporelles mentionnées : période 2005–18 ; note : l’encours d’arriérés est décalé d’un an.

### Régularisation : vérification, stratégie de paiement et liquidation
- La régularisation s’effectue en trois temps : vérification, élaboration d’une stratégie de paiement par ordre de priorité des remboursements et liquidation.
- Vérification
  - Une vérification indépendante et exhaustive des arriérés est la première étape.
  - Durant la période d’accumulation où les contrôles sont faibles, la corruption est souvent très répandue et peut conduire à des créances illégitimes.
  - Des audits au Ghana (2017) et en République du Congo (2019) ont conduit au rejet d’une part considérable de l’encours initial d’arriérés.17
  - La vérification doit classer les arriérés par montant et type de dépense, par créancier, par date d’exposition et par probabilité d’une sanction.
  - La vérification doit couvrir la plus grande partie possible du secteur public (par ex., entreprises publiques et collectivités locales), pas seulement les ministères de tutelle.
- Élaboration d’une stratégie de remboursement
  - Après vérification, une stratégie établissant un ordre de priorité pour les paiements doit être élaborée et approuvée par les autorités budgétaires compétentes; la création d’une commission des arriérés peut être opportune.
  - Il est rarement possible de payer l’intégralité de l’encours en une seule fois pour des raisons de viabilité de la dette ou de stabilité macroéconomique.
  - Scénarios stylisés (graphique 3.19) : évaluation de la disponibilité des financements et de la soutenabilité de la dette → choix entre rembourser, reclasser, restructurer selon stabilité interne/externe et contraintes de financement.
- Principes pour le choix de l’option
  - Rembourser rapidement est souhaitable lorsque le financement de marché ou des donateurs est disponible, que la viabilité de la dette est assurée et que le remboursement n’entrave pas d’autres objectifs macroéconomiques (ex. faible inflation, stabilité externe).
  - Si le financement disponible est minime ou si la viabilité de la dette est préoccupante, envisager un ajustement budgétaire, vente d’actifs ou remboursement progressif compatible avec la stabilité macroéconomique.
  - Lorsque la capacité de remboursement de l’État est trop faible même à moyen terme, une restructuration (reclassification et/ou décote) peut être nécessaire ; ce processus doit être transparent et impliquer un échange d’informations avec les créanciers.
  - Traitement uniforme des créanciers et prise en compte de leurs préférences facilitent la participation volontaire ; priorité à la stabilité du secteur financier.
  - Tests de résistance des établissements bancaires pour évaluer l’impact des scénarios de restructuration ; si la restructuration dégrade le capital des banques, un plan de recapitalisation sera nécessaire en minimisant les coûts budgétaires.
  - Exemple : l’accumulation d’arriérés dans les pays membres de la CEMAC a accru la pression sur les banques; les tests de résistance pour la République du Congo révèlent les risques financiers découlant de très fortes décotes.18
  - Les résultats montrent que si les pertes du secteur bancaire sont trop lourdes, l’État pourra se trouver contraint de recapitaliser les banques, souvent avec un coût budgétaire élevé.19
- Hiérarchisation des créances si échelonnement nécessaire
  - Critères guidés par l’impact sur la stabilité macroéconomique et la croissance inclusive, par exemple :
    1) Remboursement des arriérés de salaires et des arriérés vis-à-vis de petits fournisseurs (Togo, 2018) dont le bilan est fragile — cela peut alléger les contraintes de liquidité, soutenir la demande globale et diminuer le risque de tensions sociales.
    2) Remboursement des arriérés vis-à-vis des entreprises encore en activité et des particuliers qui n’ont pas honoré leurs emprunts bancaires, surtout si le secteur bancaire présente des vulnérabilités et n’a pas provisionné ces pertes.
    3) Remboursement des arriérés vis-à-vis des fournisseurs de services sociaux essentiels comme la santé.
  - L’ancienneté des créances doit mettre en balance équité et effet sur l’activité économique, en particulier si des créanciers ont passé les créances en pertes en tout ou en partie.
  - Autres facteurs : sanctions financières et risques juridiques associés au report du paiement; établir les priorités de manière transparente pour lutter contre la corruption.
- Options de liquidation des arriérés (seules ou combinées)
  - Paiement en numéraire : solution simple et efficace lorsque des ressources sont disponibles (donateurs, ajustement budgétaire, sources intérieures); exemple : Lesotho qui régularise certains arriérés par paiements directs prélevés sur liquidités levées par de nouvelles émissions de dette nationale.
  - Accord bilatéral avec les créanciers : transformer les arriérés en dette contractuelle explicite ou annoncer un nouvel échéancier (ex. Libéria après le conflit); options : remboursement anticipé contre décote, remboursement intégral sur un délai plus long, encourager les banques à payer les emprunteurs en contrepartie d’une créance vis‑à‑vis de l’État; exemple : Gabon et l’accord du Club de Libreville.
  - Titrisation : transformer les arriérés en dette souveraine négociable (billets à ordre, bons du Trésor, obligations) directement aux créanciers (ex. Madagascar en 2016); risque : marchés secondaires peu liquides pouvant entraîner de fortes décotes en période de crise.
  - Dispositifs de compensation : annulation mutuelle des créances si le créancier doit aussi de l’argent à l’État; répandus entre entités du secteur public mais nuisent à la transparence et à la responsabilisation et peuvent compromettre le respect futur des obligations fiscales.

### Prévention : réformes de gestion des finances publiques et politique budgétaire
- Prévenir l’accumulation d’arriérés demande d’associer des réformes de la gestion des finances publiques à une politique budgétaire saine et à une volonté politique.
- Mesures de gestion des finances publiques
  - Budget établi sur des hypothèses crédibles.
  - Contrôles plus efficaces des engagements et des dépenses.
  - Bonne gestion des liquidités.
  - Sanctions appropriées en cas de non-respect par les ministères de tutelle.
  - Suivi régulier des arriérés par les autorités budgétaires; enquêtes auprès des ministères de tutelle pour compléter le suivi dans les pays où les achats publics sont réalisés hors des canaux officiels d’établissement du budget.
  - Une fois les arriérés formellement reconnus, le bureau de la dette doit superviser leur régularisation.
  - Définir expressément les arriérés dans la législation et prévoir le paiement d’intérêts lorsque les engagements sont officiellement en retard.
- Mesures budgétaires et structurelles
  - Une politique budgétaire saine doit accompagner les réformes pour assurer une protection contre les chocs.
  - Les pays très dépendants des ressources naturelles devraient accroître leurs recettes intérieures et diversifier leurs sources de revenus.
  - Constituer des amortisseurs en période favorable pour les utiliser en cas de ralentissement; une règle budgétaire pourrait mener une politique budgétaire contracyclique et étayer la crédibilité du budget.
  - Pour les pays avec peu d’espace budgétaire, il est souvent essentiel de disposer de financements extérieurs des donateurs au moment opportun pour prévenir l’accumulation d’arriérés à la suite de graves chocs exogènes.
  - Cas des pays fragiles (République centrafricaine, République démocratique du Congo, Tchad) : faibles amortisseurs, capacité d’ajustement restreinte, gestion déficiente des finances publiques; un financement extérieur officiel peut faciliter la transition lorsque le choc est temporaire et que les systèmes de gestion des finances publiques sont en cours de renforcement.
  - Risque d’intervention tardive du financement officiel : il arrive souvent que le financement officiel ne soit pas fourni assez rapidement et qu’il intervienne après l’accumulation d’un encours élevé d’arriérés intérieurs due à un choc exogène et sur fond d’une gestion déficiente des finances publiques.
  - Exemple chiffré : au Tchad, à la suite d’un choc brutal sur les cours du pétrole en 2014–15 et faute de soutien des donateurs, le pays a accumulé des arriérés dépassant 3 % du PIB en dépit de baisses brutales des dépenses (de plus de 10 % du PIB non pétrolier).

*Source : extrait du chapitre "3. ARRIÉRÉS INTÉRIEURS EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE : CAUSES, SYMPTÔMES ET SOLUTIONS" (PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE).*

### CONCLUSION

### CONCLUSION

### Jeu de données et suivi
- Un nouvel ensemble de données sur les arriérés intérieurs en Afrique subsaharienne a été constitué à partir des données communiquées par les autorités nationales de la région et sert de point de départ.
- Les données couvrent la période 2005–18.
- Le suivi des arriérés est insuffisant et de nombreux pays présentent des arriérés non enregistrés qui peuvent constituer une importante source de passifs conditionnels.
- Des travaux complémentaires sont nécessaires pour constituer une base de données complète des arriérés fondée sur des systèmes de déclaration et de suivi plus réguliers et plus méthodiques.

### Prévalence, causes et corrélats
- Le financement des dépenses publiques par les arriérés est courant dans de nombreux pays de la région, mais ne leur est pas propre.
- L’accumulation d’arriérés intérieurs est liée à des faiblesses des institutions budgétaires et des systèmes de gestion des finances publiques, et s’accélère en période difficile.
- Les encours d’arriérés élevés résultent souvent de facteurs exogènes comme des chocs sur les termes de l’échange et l’instabilité politique, qui réduisent l’espace budgétaire et les leviers d’action.
- L’encours d’arriérés intérieurs a augmenté ces dernières années, en particulier dans les pays exportateurs de pétrole après le choc de 2014–15.
- Les arriérés tendent à être plus élevés dans les pays dotés d’un régime de change fixe et dans les pays en situation de fragilité qui ont peu de solutions de financement.

### Effets économiques et non économiques
- Les arriérés intérieurs ont de multiples effets défavorables :
  - Ils ralentissent l’activité du secteur privé.
  - Ils sapent la stabilité financière.
  - Ils diminuent la capacité de la politique budgétaire à soutenir l’économie en réduisant l’effet multiplicateur des dépenses publiques (qui peut même devenir négatif dans certaines circonstances).
- Au-delà des ramifications économiques, les arriérés sapent la crédibilité de l’État : les institutions publiques sont jugées moins dignes de confiance, plus prédisposées à la corruption et moins capables de fournir des services publics.
- L’étendue et la profondeur des conséquences font douter de l’intérêt de recourir aux arriérés comme forme de financement.

### Résultats du modèle sur les multiplicateurs budgétaires (encadré 3.2)
- Hypothèses principales du modèle stochastique dynamique d’équilibre général :
  1) les dépenses publiques sont financées par l’impôt et les arriérés vis-à-vis des entreprises privées ;
  2) les entreprises manquant de liquidités empruntent auprès des banques et utilisent leur capital comme garantie ;
  3) à chaque fois que l’État accumule des arriérés intérieurs, les banques appliquent une décote plus importante sur les garanties des entreprises, réduisant leur accès au crédit ;
  4) l’État régularise les arriérés après une ou plusieurs périodes sur la base de leur valeur faciale sans compenser l’inflation.
- Calibration utilisée : dépenses publiques égales à 25 % du PIB et encours d’arriérés de 5 % du PIB.
- Simulation : impact sur le PIB d’une augmentation des dépenses publiques non anticipée de 1 % du PIB.
- Résultats clés :
  - Le multiplicateur budgétaire est plus faible lorsque les dépenses publiques sont financées par l’accumulation d’arriérés intérieurs ; plus les arriérés sont anciens, plus le multiplicateur est faible.
  - La situation de liquidité du secteur privé amplifie cet effet : si le secteur privé est contraint en liquidité et que le secteur bancaire ne peut répondre à la demande de crédit accrue, le multiplicateur diminue davantage.
  - Le multiplicateur budgétaire peut être nettement plus faible voire négatif si :
    - les dépenses publiques sont principalement financées par des arriérés accumulés sur une longue période, et
    - le secteur privé connaît des contraintes de liquidité.
  - Paramètres conduisant à un multiplicateur négatif sont généralement extrêmes, mais peuvent se retrouver dans des pays déjà en tension (par ex. service de la dette élevé et arriérés conséquents).

### Recommandations de politique
- La régularisation des arriérés doit figurer en priorité dans les programmes d’action des pays :
  - Mener une vérification indépendante et exhaustive des arriérés, incluant une vérification soigneuse de la validité des créances pour répondre aux préoccupations de gouvernance.
  - Élaborer une stratégie de paiement basée sur une évaluation des financements disponibles, de la viabilité de la dette et de l’impact macroéconomique de la régularisation.
  - Si les remboursements doivent être échelonnés, la hiérarchisation des créances doit être guidée par l’impact sur la stabilité macroéconomique et la croissance inclusive, et négociée et communiquée au public en toute transparence.
- Renforcer les systèmes de gestion des finances publiques pour éviter l’accumulation de nouveaux arriérés :
  - Compléter les réformes de la gestion des finances publiques par une politique budgétaire saine.
  - Protéger contre de futurs chocs en constituant des réserves, en accroissant les recettes et en diversifiant les sources de revenus.
- Un financement extérieur en temps opportun est important, en particulier pour les pays frappés par de graves chocs exogènes ayant peu d’accès au marché, et pour les pays en situation de fragilité :
  - La mise à disposition rapide de financements extérieurs par les donateurs après des chocs graves, ainsi que des efforts pour renforcer la gestion des finances publiques et les institutions budgétaires, sont souvent essentiels pour éviter l’accumulation d’arriérés.

### Besoin d’amélioration des données et de suivi
- De meilleures données et un effort concerté des autorités nationales, des organisations internationales et du grand public sont requis pour renforcer le suivi et la déclaration des arriérés intérieurs.
- L’impact macroéconomique des arriérés est trop important pour être ignoré.

*Source: sreo1019 - CONCLUSION.*

### 3. ARRIÉRÉS INTÉRIEURS EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE : CAUSES, SYMPTÔMES ET SOLUTIONS

### 3. ARRIÉRÉS INTÉRIEURS EN AFRIQUE SUBSAHARIENNE : CAUSES, SYMPTÔMES ET SOLUTIONS

### Données, couverture et vintage
- Les données et projections utilisées reposent sur les estimations des services du FMI au 30 septembre 2019 et correspondent à celles qui ont servi pour l’édition d’octobre 2019 des Perspectives de l’économie mondiale (PEM).
- La base de données et les projections couvrent 45 pays d’Afrique subsaharienne qui relèvent du département Afrique.
- Le manque de données limite, dans certains cas, la portée des comparaisons internationales.

### Classification des pays (critères exacts)
- Pays exportateurs de pétrole : pays où les exportations nettes de pétrole représentent au moins 30 % des exportations totales.
- Autres pays riches en ressources naturelles : pays où les ressources naturelles non renouvelables représentent au moins 25 % des exportations totales.
- Pays pauvres en ressources naturelles : pays qui n’appartiennent ni au groupe des exportateurs de pétrole, ni au groupe des autres pays riches en ressources naturelles.
- Pays à revenu intermédiaire : revenu national brut par habitant qui dépassait 1 025,00 dollars sur la période 2016–18 (Banque mondiale, méthode Atlas).
- Pays à faible revenu : revenu national brut par habitant égal ou inférieur à 1 025,00 dollars sur la période 2016–18 (Banque mondiale, méthode Atlas).
- Pays en situation de fragilité : note ÉPIN moyenne égale ou inférieure à 3,2 sur la période 2016–18 et/ou mission de maintien ou de rétablissement de la paix dans les trois dernières années.

### Groupements régionaux (énumération des organes de coopération)
- Zone franc (comprend l’UEMOA et la CEMAC), COMESA, CAE–5, CEDEAO, SADC, SACU.
- Les agrégats CAE-5 comprennent des données afférentes au Rwanda et au Burundi, devenus membres en 2007.

### Méthodes d’agrégation (règles exactes)
- Pour les tableaux AS1 et AS3 :
  - Chiffres composites sur la croissance du PIB réel et la masse monétaire au sens large = moyenne arithmétique des données de chaque pays, pondérée par le PIB calculé à parité de pouvoir d’achat (PPA) et exprimé en pourcentage du PIB du groupe.
  - Pondérations de la PPA tirées de la base de données des PEM.
- Pour le tableau AS1 (prix à la consommation) :
  - Moyenne géométrique des données de chaque pays, pondérée par la PPA et exprimée en pourcentage du PIB du groupe.
- Pour les tableaux AS2–AS4, à l’exception de la masse monétaire au sens large :
  - Chiffres composites = moyenne arithmétique des données de chaque pays pondérée par le PIB converti en dollars aux taux de change du marché et exprimé en pourcentage du PIB du groupe considéré.

### Notes méthodologiques et particulières
- Note explicite : "Note : ... indique que les données ne sont pas disponibles."
- Zimbabwe : En février 2019, le Zimbabwe a adopté une nouvelle unité de monnaie locale, le dollar RTGS, désormais la monnaie officielle du pays. La révision et la mise à jour de l’ensemble des comptes nationaux pour tenir compte de ce changement sont en cours. Les données actuelles sont basées sur les estimations par les services du FMI de l’évolution des prix et des taux de change en dollars (et en dollars RTGS). Les estimations des services du FMI peuvent différer de celles des autorités.
- Sources principales des tableaux AS1–AS4 : FMI, base de données de surveillance commune ; base de données des Perspectives de l’économie mondiale, octobre 2019.

### Tableaux et indicateurs disponibles dans l’appendice statistique
- AS1. Croissance du PIB réel et prix à la consommation (Variation annuelle en pourcentage).
- AS2. Solde budgétaire global, dons compris, et dette publique (En pourcentage du PIB).
- AS3. Masse monétaire au sens large et solde extérieur courant, dons compris (En pourcentage du PIB).
- AS4. Dette extérieure publique par débiteur et réserves (En pourcentage du PIB; Mois d’importations de biens et de services).
- Données pays par pays et agrégats régionaux détaillés figurent dans les tableaux AS1–AS4 (valeurs interannuelles et moyennes 2010–15, 2016, 2017, 2018, 2019, 2020).

### Références citées (sélection d’entrées présentes dans la bibliographie)
- Abadie, A., A. Diamond, and J. Hainmueller. 2010. “Synthetic Control Methods for Comparative Case Studies: Estimating the Effect of California’s Tobacco Control Program.” Journal of the American Statistical Association 105 (490): 493–505.
- Abadie, A., and J. Gardeazabal. 2003. “The Economic Costs of Conflict: A Case Study of the Basque Country.” The American Economic Review 93 (1):113 –32.
- Checherita-Westphal, C., A. Klemm, and P. Viefers. 2015. “Governments’ Payment Discipline: The Macroeconomic Impact of Public Payment Delays and Arrears.” IMF Working Paper 15/13.
- Flynn, S., and M. Pessoa. 2014. “Prevention and Management of Government Expenditure Arrears.” IMF Technical Notes and Manuals.
- Ramos, Albert. 1998. “Government Expenditure Arrears: Securitization and Other Solutions.” IMF Working Paper 98/70.

*Source : PERSPECTIVES ÉCONOMIQUES RÉGIONALES : AFRIQUE SUBSAHARIENNE, appendice statistique et bibliographie (estimations des services du FMI au 30 septembre 2019).*

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_Source: https://www.imf.org/-/media/files/publications/reo/afr/2019/october/french/sreo1019.pdf_
